Domanova

Blog du Journal de l'Alliance

26 janvier 2013

BENOÎT XVI – JOURNEE POUR LA PAIX 2013

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 15 h 42 min

 

BENOÎT XVI - JOURNEE POUR LA PAIX 2013 dans ACTES PETRINIENS benoit-xvi-disc.

MESSAGE DE SA SAINTETÉ

BENOÎT XVI

POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2013

Commentaire de P-C Aubrit St Pol

Sa Sainteté Benoît XVI, à l’occasion de la Journée Mondiale pour la Paix, adressa un message dans lequel sa lucidité, sa rigueur et sa compassion illuminent sa pensée.

Le commentaire, que nous vous proposons, a pour objet de montrer le développement de la Doctrine Sociale de l’Église, et combien il est regrettable qu’elle ne soit pas retenue comme substance dans le gouvernement de la cité.

Heureux les artisans de paix :

Elle rappelle l’importance que fut la convocation du IIe Concile du Vatican dont nous célébrons le cinquantième anniversaire de son ouverture. Il demeure le signe visible de la charité de l’Église au milieu de la cité de l’homme que prolongent les synodes. Elle affirme sa sollicitude envers tous les hommes portant leurs préoccupations. En effet, c’est par son humanisme intégral qu’elle accueille et aime l’homme dans sa totalité avec ses contradictions, ses blessures. Elle le reçoit dans toute sa vérité et non pas selon l’idée qu’elle s’en ferait. L’Église n’est pas une monstruosité idéologique, elle ne contraint pas le sujet à se conformer à l’idée qu’elle aurait de lui ; bien au contraire, elle l’accompagne dans son histoire, car Dieu a voulu demeurer présent, au milieu de sa société, proche de lui, par le mystère indicible de son amour – le sacrement de l’Eucharistie – , car elle est l’unique chemin de Salut :

« À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. »

Le Pontife souligne les causes qui empêchent d’établir la paix et la mettent en danger ; un sentiment de précarité préoccupant. C’est dans la recherche du bien commun pour tous les hommes, sans aucune discrimination, que surgissent les conditions optimales pour l’établissement de la paix :

« Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. »

Nous nous demandons si nos responsables ont encore l’intelligence du bien commun ? Et dans quelle mesure ils cherchent à l’établir ?

Il s’impose à notre entendement que nos personnels politiques poursuivent des buts très éloignés des préoccupations du peuple ; c’est très paradoxal puisque nous sommes dirigés selon les principes démocratiques. On observe, depuis la révolution de 1789, que nos responsables ne cessent de multiplier les épreuves et les souffrances jusqu’à atteindre les fondations les plus essentielles de la cité. Ils s’éloignent de leurs citoyens tant ils sont éloignés de Dieu.

Les béatitudes évangéliques :

Le Pape revient sur le sens profond des béatitudes ; elles sont un programme de vie intérieure qui s’implique dans la cité et dont les fruits sont perceptibles dès ici bas :

« La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. »

Les béatitudes sont les vitamines et oligoéléments de la Doctrine Sociale. Il y a urgence à reconsidérer le concept d’humanisme qui, pour être viable, ne peut se dresser contre Dieu ni nier la nécessaire transcendance. Il est besoin de réapprendre à accueillir l’homme dans son intégralité, sa vérité ; ce n’est possible que si nous nous ouvrons à la présence de Dieu. Il ne faut craindre ni d’affirmer notre foi, ni de surmonter le respect humain ni les ricanements, ni les violences qui sont les apanages des impuissances du monde. Soyons les porte-voix de la vérité, les témoins actifs de l’amour, c’est l’attitude qui attire Dieu au milieu de la cité :

« Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11). »

Il condamne sans ambiguïté le relativisme qu’il nous demande de démanteler ; mais seuls les orthodoxes et les catholiques peuvent y parvenir, car pour cela il faut anéantir le cartésianisme1. C’est une nécessité de charité ! La vie de l’homme est un absolu !

La paix : don de Dieu et œuvre de l’homme…

La paix ne résume pas ni ne se réduit au seul silence des armes. En observant ce qui s’établit et se passe dans l’Union européenne, nous voyons bien que la paix est devenue un paravent pour forger un cadre institutionnel à l’intérieur duquel sévit une rare violence contre les consciences, contre la justice sociale, contre la solidarité, contre les peuples, leur dignité, leur conscience nationale et morale. Violence contre leur identité culturelle, spirituelle, elles s’organisent en puissances infernales poussant l’homme dans l’infra-humain.

La paix se construit en veillant à ce que chacun s’épanouisse en toute vérité et liberté de conscience. On ne peut prétendre réaliser la paix et s’opposer à la liberté religieuse par des moyens sournois qui tendent à faire du croyant un citoyen de seconde zone et encore moins en suscitant artificiellement des conflits inter-religieux. L’homme religieux comme le non-religieux ne doit pas se trouver empêché d’exprimer sa liberté de conscience et de conviction :

« La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice. »

La vérité sur l’homme ne peut se dissocier de la Vérité que Dieu nous donne à contempler de Lui-même, car qui s’éloigne de Dieu s’éloigne de l’homme. Le chrétien n’œuvre efficacement à la paix qu’à la condition qu’il s’engage sur le chemin de la sainteté. Nous ne pouvons être artisans de paix et nous établir dans le péché, car la paix est tout sauf ce faux sentiment de sécurité, cette recherche maladive de sa tranquillité, du doux soupir de sa bonne conscience.

Sa Sainteté souligne l’importance de la famille, comme cellule humaine obligée pour la formation réaliste à la paix. Il n’y a pas d’autre cadre plus légitime que la famille composée d’un papa et d’une maman pour former le petit d’homme.

La paix est de l’ordre du possible, à la condition d’accepter de passer par les voies qui servent au Bien Commun, ce qui induit que nous respections les lois morales naturelles et le droit moral :

« La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes [3]. »

La paix en soi-même et en la cité demande de reconsidérer la connaissance que nous avons de nous-mêmes ; il faut revenir à la métaphysique qui peut être mis à la porté de tous avec un effort pédagogique adapté. La connaissance de soi est un allié important dans la vie de prière ; c’est une condition pour rechercher la vie d’union au Christ source et don de la paix véritable :

« C’est justement pourquoi l’Église est convaincue qu’existe l’urgence d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. »

Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans intégralité :

Le Saint Père souligne un point de la loi morale naturelle ; tuer est un acte grave, car la vie est sacrée. La vie porte en elle l’interdit de tuer qui participe aux fondations régulatrices de la société dès le premier embryon de société que constitua le foyer, la famille d’Adam et Ève, quand bien même la mort la frappa dès la seconde génération :

« Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie. »

Le droit a pour origine non pas exclusivement la coutume [le droit coutumier], mais le droit familial, car toute organisation sociale a pour socle la famille. Il se révèle alors qu’il est interdit de tuer en dehors des raisons considérées comme légitimes par la famille qui agit en fonction de sa survie, y compris le sacrifice humain qui, dans un contexte d’ignorance moral crasse, peut se justifier dans ce seul contexte. Dans toutes les cultures, l’acte de tuer doit être justifié. On peut considérer que toute société s’organise autour de la vie, de son respect, concept universel subissant le poids des cultures. On observe que le mal et le bien sont identifiés, selon les meurs et cultures, que le mal subit la sanction de l’interdit et que le bien peut avoir un cadre juridique même élémentaire pour le réguler. Le mal, en droit, n’a donc aucune reconnaissance positive ; il est interdit.

Il n’existe pas de société fusse-t-elle primitive qui ne s’articule, s’organise sur le respect de la vie même si cette notion s’altère en fonction des mœurs. C’est sur ce socle que repose le droit moral naturel et légitime de la peine de mort qui est concomitant avec le respect de la vie. L’organisation économique, militaire et politique s’élabore sur cet impératif, le respect de la vie :

« Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? »

Il y a contradiction entre l’exigence naturelle et surnaturelle du respect de la vie et les lois contre-naturelles qui renversent ce principe. La loi morale naturelle et le droit moral naturel n’apportent aucune légitimité au législateur qui renverse cet ordre. Il n’existe pas de mandat légitime et en aucune façon la volonté de quelques uns ni d’une majorité ne peut et ne pourra jamais justifier un usage aussi perverti du pouvoir politique et législatif. Il n’y a pas d’excuse possible.

Qu’une société s’autorise à l’abrogation de la loi morale naturelle, elle ne peut plus alors prétendre à l’espoir de la paix ; elle devient fatalement un instrument de guerre, de violence. C’est une automutilation, elle s’emploie à s’autodétruire.

Nous savons que les effets des lois comme la dépénalisation de l’avortement se répandent sournoisement et inexorablement dans toutes les couches de la société, altérant profondément les notions de bien et de mal, produisant l’effondrement du sens moral le plus élémentaire chez les plus faibles :

« Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. »

Il est évident que le projet aberrant du « Mariage pour tous », projet contraire au droit onusien de l’enfant, causera des dommages irréparables dans la société ; nous ne devons pas douter que, sous des formes multiples, les actes de délinquance vont se développer ; le nombre de suicides deviendra exponentiel. Le temps arrivera ou l’arbitraire prendra le dessus sur l’état de droit. Il sera justice que les premières victimes se trouvassent chez les promoteurs de ces renversements, de ces bouleversements sociétaux. Comportements radicalement abominatoires !

« La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.»

Le combat de l’Église pour le respect de l’ordre naturel de la société n’est pas de nature prioritairement religieuse, mais il se fonde sur la nécessité de promouvoir le bien commun à tout le genre humain :

« Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. »

Benoît XVI déplore les atteintes aux libertés religieuses qui se multiplient surtout dans les sociétés démocratiques par haine du christianisme au profit utilitariste d’autres religions2.

Il importe d’affirmer notre foi et notre culture chrétienne ; témoignage très important au regard de la majorité silencieuse de nos frères musulmans dont la bienveillance pour Jésus croît de jour en jour. Les puissances infernales se dissimulent derrière des hommes politiques, syndicaux, culturels, économiques ainsi que derrière de prétendus principes de laïcité. Il nous faut tenir bon, ne rien céder et envisager le martyr. L’avenir fera gronder les armes de plus en plus, mais ne nous y trompons pas, il s’agit avant tout d’un combat spirituel qui réunira les hommes de justice et de grandeur contre la majorité d’insignifiants ; Dieu a toujours fait éclater sa victoire au milieu des petits.

L’une des atteintes les plus grandes contre la dignité de l’homme est le manque de travail pour tous, car le sujet se sent socialement inutile, sentiment à la charge bien plus lourde que la pauvreté. Jamais comme aujourd’hui le droit au travail ne s’est trouvé à ce point bafoué… Ces atteintes ne trouvent pas la moindre légitimité, en fait elles sont toutes le produit d’une appétence illimitée pour l’enrichissement de quelques uns aux dépends de la majorité de l’humanité. La relation pervertie entre travail et enrichissement illustre le recul de la connaissance de l’homme et la paranoïa d’une société tournée sur elle-même :

« Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous » [4]. »

Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions…

Le Pape revient sur la famille, son rôle premier quant à l’élaboration de la société . Il s’agit d’une institution naturelle qui est irremplaçable pour l’éducation des enfants. Il rappelle qu’elle est l’un des plus naturel et efficace régulateur des activités économiques et de la production, c’est bien à cause de ce pouvoir naturel et légitime que, depuis le XVIIIe siècle, la famille fait l’objet d’attaques ciblées et progressives pour en arriver aujourd’hui à l’aberration que nous connaissons :

« Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable. »

La famille et les religions, surtout monothéistes, sont les remparts contre tous les renversements d’ordre que nous affrontons présentement. Il n’est pas niable que les exorbitants pouvoirs des banques et autres consortiums sont responsables de la promotion de lois qui atteignent la famille, Les familles éclatées, des foyers monoparentaux sont des facteurs de consommation d’autant plus efficaces qu’ ils tendent à compenser par des appétences désordonnées et impulsives leur fragilité psychoaffective ; ils deviennent des sujets vulnérables, malléables pour ces prédateurs d’espoir et d’espérance, experts dans l’art de la manipulation :

« Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour [6]. »

Il apparaît évident que toute atteinte contre la famille soit par l’inversion des normes matrimoniales, soit par des dispositions de la loi ou décrets administratifs et dérogations ainsi que des dispositions fiscales sont autant d’agressions contre la dignité de l’homme, de ses droits et contre la société elle-même.

Le Souverain Pontife invite les autorités publiques à une remise à jour de la pensée selon des critères objectifs, de manière à évacuer les oppressions idéologiques de toute nature :

« Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix. »

Nous pensons ici à cette attitude particulièrement néfaste qui consiste constamment à mettre en accusation celui qui ne pense pas comme soi ; c’est là une pratique malheureuse qui tend à humilier l’opposant et, in fine, lui dénie le doit d’émettre une pensée différente de celle que l’on veut imposer. Elle est la réplique parfaite de Lucifer qui est désigné comme « l’accusateur de nos frères ». En fait, toute révolution, et non la révolte, est d’inspiration luciférienne.

Une pédagogie de l’artisan de paix :

Sa Sainteté, dans sa conclusion, propose de promouvoir une véritable pédagogie de la paix. Il semble difficile de voir une telle réalisation dans les sociétés occidentales dont l’athéisme est devenu une contre culture et dans lesquelles les idéologies dominent. Les sociétés africaines, si douloureusement éprouvées, peuvent

trouver les ressorts pour élaborer cette pédagogie encore faudrait-il que les puissances extérieures cessent d’interférer pour des raisons égoïstes, mercantiles. Mais il apparaît que les religions soient plus préparées à cette initiative :

« En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. »

La responsabilité du chrétien catholique et de tous ceux qui appartiennent à une Église instituée est totalement engagée puisque jouissant de la Miséricorde efficiente de Dieu, ils ont obligation par tout moyen d’être des artisans de paix :

« L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. »

Elle renouvelle sa mise en garde contre le relativisme triomphant et les idéologies :

« Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance. »

Benoît XVVI termine son message de paix sur la figure du Christ qui peut déverser en nous ses puissances de paix pour autant qu’on Lui demande.

Notre entrée dans ce nouveau millénaire est paradoxale, car qu’il s’agisse de conflits armés ou de fausses paix derrière lesquelles s’élaborent des concepts sociaux et politiques d’une grande violence, il semble que nos responsables ne maîtrisent plus rien. D’où notre question que nous avons posée au début de notre commentaire : y-a-t-il encore des responsables qui sachent ce qu’est véritablement la recherche du bien commun ? S’ils le savent, ont-ils la droite intention de s’y engager ?

Nous redoutons la réponse, car nous savons que Dieu retire son assistance à nos gouvernants ; ceux-ci semblent livrés à leur aveuglant orgueil comme pharaon en face de Moïse…

1Le cartésianisme est le développement de la pensée de Descartes qui pose le principe du doute raisonnable en toute chose ; rejette Dieu comme l’essence de la vie : « Je pense donc je suis. »

2Il ne faut pas s’y laissé prendre, la manipulation des religions n’a d’autre but que de toutes les affaiblir pour permettre à une élite de dominer la majorité de l’humanité selon un ordre consciencieusement luciférien. Ces esprits blasphémateurs veulent la venue de l’Antéchrist !

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