Domanova

Blog du Journal de l'Alliance

24 mai 2013

Le Pape François Interpelle l’Episcopat d’Italie – Louis Frigoule

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 17 h 20 min

 

 

Le Pape François

Interpelle l’Episcopat d’Italie (texte sur Gloria.tv)

Introduction à l’homélie du Pape François

de

Louis Frigoule

Le Pape François, dans son adresse méditative aux évêques italiens réunis au tour de sa Sainteté en la basilique du Vatican, confirme son esprit libre et sa réappropriation de sa liberté de parole pour la plus grande inquiétude de son secrétariat et la joie étonnée du peuple de Dieu.

Le Pape réaffirme la nature profonde de l’évêque, de sa mission. Il rappelle que l’épiscope se doit d’être à tous dans la libre obéissance à l’Evangile et sans aucune compromission aux esprits du monde. Ils ne doivent pas tarir de charité, de patience et d’humilité ; c’est la condition pour un apostolat fructueux. Ils doivent conserver l’obligation de faire leur salut , car ils seront jugés non seulement sur l’usage des grâces baptismales, mais sur l’exercice de leur prêtrise et de leur charge d’évêque reçue de Jésus Lui-même.

Cette homélie s’applique aux évêques de France qui, en ces temps singuliers, annonciateurs de beaucoup d’épreuves, ne doivent rien céder aux pouvoirs blasphémateurs de notre pays, l’Evangile s’annonce sans concession. On n’est du Christ ou l’on est du monde et de ses ténèbres , il faut choisir…

 Le Pape François  Interpelle l'Episcopat d'Italie - Louis Frigoule dans ACTES PETRINIENS francois

PROFESSION DE FOI
Avec les évêques de l’italien

Basilique Vaticane
Jeudi 23 mai 2013

Chers Frères dans l’épiscopat, (texte intégral en italien)

La lecture de la Bible que nous avons entendue, nous fait réfléchir. Je crois. Je l’ai fait comme une méditation pour nous, évêques, d’abord pour moi, Evêque comme vous, et je partage votre charge avec vous.

Il est significatif – et je suis particulièrement heureux – que notre première réunion ait lieu ici même, sur le site qui abrite non seulement la tombe de Pierre, mais la mémoire vivante de son témoignage de foi, de son service à la vérité et de son engagement au martyre pour l’Evangile et pour l’Eglise.

Ce soir, cet autel de la Confession devient notre lac de Tibériade, sur les rives duquel nous écoutons le merveilleux dialogue entre Jésus et Pierre, avec la question adressée à l’Apôtre, qui devrait résonner dans notre cœur d’évêque.

«M’aimes-tu ? , Je vous aime ami ? » (Cf. Jn 21:15 et sv.)

La question est adressée à un homme qui, en dépit de protestations, s’est laissé prendre par la peur et à nié.

«M’aimes-tu ? , Je vous aime ami? ».

La question s’adresse à moi et à chacun de nous, chacun de nous : évitons de répondre avec trop de hâte et superficiellement, car elle nous encourage à regarder à l’intérieur de nous-mêmes.

«M’aimes-tu ? , Je vous aime ami ? ».

Celui qui sonde les cœurs (cf. Rm 8:27) devient un mendiant de l’amour et nous interroge sur la seule question qui est vraiment très essentielle et sur la manière de nourrir les brebis et les agneaux qui sont l’Église. Chaque ministère est basé sur cette intimité avec le Seigneur, cette capacité à demeurer en lui, elle est la mesure de notre service dans l’Église, qui est exprimée dans la promptitude à obéir, humblement, comme nous l’avons entendu dans la Lettre aux Philippiens, le don total de soi (cf. 2 0,6 à 11).

En outre, la conséquence d’aimer le Seigneur donne tout – absolument tout, jusqu’à la vie même – pour lui : c’est ce que nous devons distinguer de notre ministère pastoral, il est le test décisif qui dit à quelle profondeur nous avons adopté le cadeau reçu en réponse à l’appel de Jésus et comment nous sommes liés aux personnes et communautés qui nous ont été confiées. Nous ne sommes pas l’expression d’une structure ou un besoin organisationnel : même avec le service de notre autorité, nous sommes appelés à être un signe de la présence et de l’action du Ressuscité, à construire, alors, la communauté dans la charité fraternelle.

Non pas que cela soit évident : même le plus grand amour, en fait, quand il est alimenté en continu, diminue et s’éteint. L’Apôtre Paul nous avertit : «Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a institué en tant que gardiens, et à être des bergers de l’Eglise de Dieu, qui a été achetée avec le sang de son propre Fils » (Actes 20.28).

Le manque de vigilance – nous le savons – fait le berger tiède et distrait, oublieux et même impatient, il est séduit par la perspective de sa carrière, l’attrait de l’argent et de compromis avec l’esprit du monde, la paresse, le transformant en un fonctionnaire ecclésiastique inquiet plus de lui-même, de son organisation et des structures, que du vrai bien pour le peuple de Dieu qui est en danger, alors, comme l’Apôtre Pierre, il renie le Seigneur, même si officiellement il se présente et parle en son nom ; il obscurcit la sainteté de la hiérarchie de l’Eglise Mère, la rendant moins fertile.

Qui sommes-nous, frères, devant Dieu ? Quels sont nos actes ? Nous avons beaucoup de soucis, chacun de nous le reconnaît. Ce que Dieu nous dit à travers eux ? À propos de ce que nous faisons pour les surmonter ?
silence, histoire, Pape, 2vêques, épiscopes, épiscopat, marcher, troupeau,
Quant à Pierre, la question insistante de Jésus et d’une sincère tristesse qui peut nous laisser plus conscient de la faiblesse de notre liberté ; il est assailli par mille contraintes internes et externes, ce qui provoque souvent la confusion, la frustration, même incrédulité.

Ce ne sont certainement pas les sentiments et les attitudes que le Seigneur est censé éveiller, mais plutôt, ils profitent à l’ennemi, au diable, il nous isole dans l’amertume, dans la plainte et le découragement.

Jésus, le Bon Pasteur, n’humilie pas ni n’abandonne aux remords : il parle de la tendresse du Père qui réconforte et nous relance, laissez-passer le désarrois de la honte – honte vraiment parce qu’il tombe par faiblesse – il redonne courage et confiance, confie à nouveau la responsabilité, et le confirme dans sa mission.

Pierre, qui a été purifié par le feu du pardon humblement peut dire : «Seigneur, tu sais tout, tu sais que Je t’aime » (Jn 21,17). Je suis sûr que nous pouvons tous le dire dans un cœur à cœur. Et Pierre purifié, dans sa première lettre nous exhorte à nourrir « le troupeau de Dieu [...], la surveillance non par contrainte, mais volontairement [...], pas pour les intérêts honteux, mais avec générosité d’esprit, pas comme les maîtres du peuple qui nous sont confiés, mais en faisant les modèles du troupeau »(1 Pierre 5,2-3).

Oui, cela signifie qu’être pasteurs c’est croître chaque jour dans la grâce et la force qui vient du Seigneur, en dépit de notre faiblesse, et assume pleinement la responsabilité de la marche en avant du troupeau, libéré des contraintes qui entravent la bonne santé apostolique rapidement et sans hésitation pour le guide, pour faire entendre notre voix qui est reconnaissable par ceux qui ont embrassé la foi, même par ceux qui «ne sont pas de cette bergerie» (Jean 10:16), nous sommes appelés à réaliser le songe de Dieu, dont la maison ne fait pas exception des personnes ou des nations, comme l’a annoncé prophétiquement Isaïe dans la première lecture (cf. Is 2:2-5).

Par conséquent, étant pasteur, c’est aussi être prêt à marcher au milieu et derrière le troupeau, capable d’écouter l’histoire silencieuse de la souffrance et de soutenir le pas de ceux qui craignent de ne pas réussir; avoir soin de soulever, de rassurer et inspirer l’espoir. En partageant notre foi avec l’humble, elle sort toujours renforcée : mettons de côté, par conséquent, toute forme d’arrogance, et penchons-nous sur ceux que le Seigneur a confiés à nos soins. Parmi ceux-ci, une place particulière, tout à fait particulière, doit être réservée à nos prêtres, spécialement pour eux, nos cœurs, nos mains et nos portes restent ouvertes en tout temps. Ils sont les premiers des fidèles que nous, évêques, avons en charge. Aimons-les ! Laissez-nous les aimer beaucoup! Ce sont nos enfants et nos frères!

Chers frères, la profession de foi que renouvelons maintenant ensemble n’est pas un acte formel, mais vise à renouveler notre réponse au « Suivez-Moi » qui conclut l’Évangile de Jean (21:19): et porte à déployer leur vie selon le projet de Dieu, s’engageant totalement à la suite du Seigneur Jésus. De là ressort que le discernement sait et prend en charge les pensées, les attentes et les besoins des hommes de notre temps.

Dans cet esprit, je remercie sincèrement chacun d’entre vous pour votre service et votre amour pour l’Église.

Et la mère est là! Je vous demande, et je me demande aussi, de nous mettre sous le manteau de Marie, Notre-Dame.

Mère de silence qui protège le mystère de Dieu,
délivre-nous de l’idolâtrie du présent, en condamnant ceux qui oublient.
Purifier les yeux de tes pasteurs avec les gouttes de mémoire :
nous reviendrons à la fraîcheur des débuts pour une Eglise en prière et en pénitence.

Mère de la beauté qui s’épanouit à partir de la loyauté envers le travail quotidien,
délivre-nous du sommeil de la paresse, la mesquinerie et du défaitisme.
Revêts tes Pasteurs de compassion qui unifie et maintient : qu’ils redécouvrent la joie d’une Église servante, humble et fraternelle.

Mère de tendresse, qui enveloppe de patience et de miséricorde,
Aidez-nous à brûler la tristesse, l’impatience et la rigidité de ceux qui n’adhèrent pas.
Intercède auprès de ton Fils afin que nous soyons agiles nos mains, de nos pieds et de nos cœurs : pour construire l’Eglise dans la vérité et dans l’amour.
Mère, nous sommes le Peuple de Dieu en pèlerinage vers le Royaume. Amen

25 février 2013

BENOÎT : UN PAPE ESCHATOLOGIQUE

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 19 h 46 min

BENOIT XVI

 BENOÎT : UN PAPE ESCHATOLOGIQUE dans ACTES PETRINIENS benoi-xvi-2

LE PAPE ESCHATOLOGIQUE !

Le renoncement de Benoît XVI a surpris l’Église et le monde ; les médias, revenus de leur étonnement, essayèrent de minimiser ce pontificat comme à son début avec la même malhonnêteté et en appelèrent à une ère nouvelle de progrès dans l’Église, invitant tout ce qui comptent de progressistes et d’anti-catholiques à exprimer leur docte point de vue, comme Lenoir.

Il était difficile d’ignorer la lucidité et le courage de ce Pape, riche d’un solide bon sens. Voici qu’un homme au sommet de son pouvoir moral et spirituel accomplit l’esprit de pauvreté dans une grande perfection ; peu d’hommes parviennent à cette hauteur.

Il se retire dans le silence, dans la présence de Dieu, au cœur de feu de la Miséricorde ; il sera le suppliant pour l’humanité qu’il a si bien servie : « Dieu m’a demandé de me consacrer à la prière et à la méditation. », ce dimanche, angélus du 24/02/2013.

Des catholiques, des frères d’autres églises instituées et des justes non-chrétiens furent parcourus d’une crainte, car ils soupçonnèrent dans leur cœur que cette décision se chargeait des puissances eschatologiques. Elle n’est pas anecdotique, elle est majeure et ne se renouvellera pas.

Benoît XVI convoque l’Église militante au carrefour de sa conscience morale et spirituelle ; un carrefour en prise avec le Monde Nouveau à venir, si proche. Ce geste est dans la ligne droite et la logique du Second Saint Concile du Vatican1.

Il a mis un terme aux dérives lancinantes de l’application du concile, et malheur à ceux qui n’ont pas voulu le suivre. Il a délivré les bonnes armes nécessaires à la guerre spirituelle maintenant ouverte ; guerre eschatologique. Il y est parvenu en défonçant les portes infernales qui empêchaient les puissances intellectuelles de s’exprimer. Son discours à l’université de Ratisbonne est la marque de son pontificat, il fut libérateur et exigeant, car l’intellectuel est au service de la vérité.

Ce pape réaffirmera l’importance et le respect inconditionnel de la liturgie ; il souhaitera que le Peuple de Dieu reste à sa place et le célébrant à la sienne. Il est illicite que les laïcs s’approprient des gestes liturgiques qui n’appartiennent qu’au prêtre pas plus qu’il ne soit concevable que le prêtre laisse l’Eucharistie seule sur l’autel. La gloire de Dieu doit être célébrée exclusivement. Dieu est un Dieu jaloux ! Le laïc qui s’approprie les gestes du célébrant prend le risque d’une rupture de grâce qui favorise la rupture d’unité intérieure avec des répercutions possibles sur sa santé. Dans cette gestuelle usurpée s’insinue un sentiment d’égalité, un principe d’autorité égalitaire qui est un obstacle déterminant à la vie intérieure. Il faut se souvenir que cette pratique fut encouragée par les mouvements charismatiques, tous d’origine réformée, et empreints de sensibleries, soumis par la dictature des affects.

Il essayera de faire revenir la pratique traditionnelle de la réception du sacrement de l’Eucharistie qui, lorsqu’elle est reçue sur la main, est une transgression sacramentelle. « Il est à noter qu’à Rome, l’interdiction de la réception de l’Eucharistie sur la main est toujours en vigueur. »Rien dans l’histoire liturgique de l’Église ne justifie cette transgression dont les conséquences sont multiples, mais marquées par quatre effets majeurs :

  • difficultés à une vie de prière

  • atteinte métamorphique à l’unité de l’Église et à l’unité de l’humanité

  • influence majeure quant à la consommation de la Troisième Transgression (clonage reproductif humain)

  • affaissement des résistances morales et intellectuelles, multiplications des maux psychiques, enfoncement dans l’infra-humain avec un développement fulgurent des pratiques magiques, occultes jusqu’aux sacrifices humains et envoûtements ou maléfices2.

Sainte Mère Térésa de Calcutta, à la sortie de sa réception du prix Nobel de la paix, répondit à une question de journaliste  : « Quelle est la source principale du mal dans le monde ? » Elle répondit : «Que des chrétiens reçoivent la communion sacramentelle sur la main.»

Les fidèles ne sont pas coupables de cette transgression, ce sont les prêtres et les évêques qui font un abus d’autorité, employant celle-ci dans un dévoiement réfléchi et illicite ; il en est de même pour ceux qui interdisent à leurs fidèles de s’agenouiller, comme on a pu le voir en Angleterre. La distribution de la communion par les laïcs lors des messes n’est pas licite, elle procède du même esprit transgressif que pour la communion sur la main.

La beauté liturgique est une nécessité impérative, elle répond aux appétences légitimes de la vie spirituelle et contribue à l’intériorisation des mystères. Elle participe à la sociabilité de la personne, elle en est une grande pédagogue, mais il est évident que si les normes ne sont pas respectées à la lettre – ce qui exprime une désobéissance résolue ou au mieux une inconcevable ignorance – ses fruits sont moindres ou nuls quand ils ne sont pas radicalement inversés.

Benoît XVI a porté son attention à sa mission première, l’unité de l’Église, il y travailla avec générosité et une grande lucidité, posant un acte de bienveillance en enlevant l’excommunication des évêques ordonnés par Mgr Lefèbvre. Les responsables de la fraternité Saint Pie X s’y sont soustrait, échec dû à la charge de leur orgueil et leur manque d’espérance. Quant à l’Église orthodoxe Russe, il y a eu beaucoup d’avancées. On pourrait encore avoir des surprises d’ici le conclave. Elle jouera un grand rôle dans cette guerre, car en elle l’esprit de pauvreté s’est renouvelé dans le sang encore chaud des martyrs du communisme.

Ce pape dans sa charge ordinaire de docteur commun, au-delà de son immense intelligence, a maintenu la pureté doctrinale. Il est resté fidèle à son baptême, il a témoigné et enseigné avec constance et clarté la Vérité, il s’est gardé de l’adapter à l’esprit du monde. En agissant ainsi, il a veillé à ce que la Vérité demeure la substance de la Liberté sans corruption.

Benoît XVI en exposant avec force et humilité les fondements de la vie de l’Église, en nettoyant de ses scories idéologiques et autres immondices la signalétique pour le Peuple de Dieu, nous a donné matière à renforcer notre identité de catholiques, de fils de Dieu. Il a éclairé la voie qui remet notre relation, jailli du baptistère, dans l’amitié trinitaire avec Jésus-Christ. Ce Saint Pontife a tracé le chemin du renouvellement de la théologie de l’Alliance, a remis à sa place le christo-centrisme. En agissant ainsi, il aura repris l’intention initiale des Pères de l’Église qui était de réhabiliter la théologie et la pastorale de l’Alliance, théologie qui avait substantiellement nourri les premiers siècles de l’Église et continué de le faire pour nos frères orthodoxes et orientaux. Là où les Pères du concile ont échoué à cause de l’oppression idéologique, associant les tenants de l’évolutionnisme aux idéologues, le Pape, dans la trame de son discours de Ratisbonne, a montré la voie de la liberté de pensée renouvelée et fait exploser les portes infernales qui nous enserraient depuis le Siècle des Lumières au combien maléfique, malfaisant.

Il dépose entre les mains des fidèles le trésor restauré pour que nous pussions nous revêtir des armes pauliniennes sans complexe pour le combat, cette guerre spirituelle, eschatologique qui est ouverte…

Quelle est la nature et la cause de cette guerre ouverte ?

Benoît XVI, avant d’être élu pape, d’accepter la succession de Pierre, était en charge de la Doctrine de la Foi. A ce titre, lui revenait le suivi et le développement des grandes questions et défis que pose le monde surtout dans le champ vaste des applications des découvertes scientifiques associées à l’idéologie ambiante de cet humanisme hédoniste et eugéniste qui renforce les relativismes cartésiens tout en hypertrophiant l’individualisme.

Au sujet de la question de la science génétique et biogénétique, il subit de plein fouet les pressions aliénantes de ceux qui défendaient l’animation tardive et finit, dans des circonstances à étudier, par se soumettre à leurs arguments, en prenant partie pour eux, contre les défenseurs de l’animation immédiate.(Ce passage est inexact comme je l’ai corrigé dans ma vidéo.)

Il ne comprit que trop tard la catastrophe dans laquelle il avait été entraîné, trompé qu’il fut par la procession d’experts mal intentionnés et résolument associés aux politiques et sociétés occultes. Certains membres de la fondation Jérôme Lejeune sont responsables de cette pression et cachèrent leur opposition à l’animation immédiate, ce qui nous porte à penser que leur opposision à la loi de bioéthique n’étaient qu’apparences, car ils ne pouvaient ignorer les conséquences de leur intransigeance envers les défenseurs de l’animation immédiate et sur l’aggravation des perversions de cette loi. La fondation fut bien récompensé de son soutien par de généreuses subventions, ce qui lui permit de se développer en d’autres lieux en France. Elle fut un allié objectif de Matteï, ministre de la santé d’alors et père maudit de cette loi.

La position de la Congrégation de la Doctrine de la Foi contribua à paralyser l’autorité du Magistère ; le discours du Pape Jean-Paul II à l’Académie Pontificale pour la Vie n’eut pas l’écho qu’il méritait. En France, les tenants de l’animation tardive, veillèrent à le couvrir d’une chape de plomb, et l’entourage du Père Marie-Dominique Philippe alla jusqu’à s’en moquer ; à leur tête, il y avait et a toujours le Père Samuel Rouvillois.

Ceux qui s’opposèrent au projet de loi de bioéthique, et en comprirent la perversité, la dangerosité majeure, n’eurent pas l’appui de la Congrégation que dirigeait Ratzinger (Benoît XVI) et durent faire face à une opposition singulièrement agressive, allant de rétorsions disciplinaires abusives aux menaces de mort et tentatives d’assassinats – dont un incendie volontaire à base de deux bombes incendiaires au phosphore qui firent fondre un congélateur et un réfrigérateur). C’est un membre de la communauté Saint Jean (les Petits gris) qui, sur ordre de Mgr Seguy, entreprit de défendre l’animation immédiate et ce qui a permis de mettre au jour les vices cachés et effroyables de cette Loi de bioéthique ; c’est donc dans la plus parfaite obéissance à l’Eglise que cet éminent métaphysicien fit tout ce travail dans des conditions héroïques. Les conséquences néfastes de ces alliés objectifs à la Loi de bioéthique accrurent les difficultés à exposer les vices cachés de ce projet de loi, maintenant aggravés par la révision de 2011 et le projet de loi au Sénat voté le 4 décembre dernier ainsi que la loi pour le « Mariage pour tous ».

Pourquoi la guerre eschatologique est-elle ouverte ?

La « Troisième Transgression » annoncée par l’archange Gabriel au prophète Daniel est aujourd’hui consommée et ce, en France3 ; car derrière la formule abusive et mensongère de « clonage thérapeutique » se cache la réalité du « clonage reproductif humain ». L’actualité de cette pratique a été confirmée par le docteur en médecine et député Bernard Debré, frère de l’actuel Président du Conseil Constitutionnel, et récemment encore membre du Comité National d’Éthique. Il confirma la nouvelle lors de l’émission du vendredi 22 février 2013 sur la chaîne de télévision publique la Cinq. Donc les défenseurs de l’animation immédiate avaient hélas raison, la loi de bioéthique 2004 révisée 2011 est bien le cadre juridique qui permet impunément et malgré l’apparence de la loi de pratiquer le « clonage reproductif humain ». Leurs opposants, les tenants de l’animation tardive, qui ne pouvaient ignorer ce projet réel, dissimulé habilement dans le corps de la loi, sont des « collabos », ils sont associés à cette « Transgression » et connaîtront un sort identique quel que soit leur état de vie. Ils sont devenus des alliés objectifs de ceux qui, par cette loi, continuent le projet consistant au renversement et à la destruction des grâces messianiques dont a tant besoin l’humanité.

Pourquoi s’agit-il de la « Troisième Transgression »? Parce que l’homme fou d’orgueil intervient à l’instant même où Dieu Créateur se tient réellement en personne présent en l’homme pour créer l’âme qui va produire l’animation. La création de l’âme se fait à l’instant où se constitue le génome, c’est-à-dire juste après l’union fécondante des 23 chromosomes du papa et de la maman et que s’unissent et se fondent les deux ADN contenant l’héritage génétique des ascendants pour n’en former qu’un. C’est ce que désigne en hébreu archaïque le terme de : « shiqoutsim meshomèm ».Il s’agit de l’agression contre Dieu dans son Acte Pur de Création faite dans l’homme, car la constitution du génome produit ipso facto l’homme dans toute sa puissance de développement. Le législateur a veillé à ce qu’un cadre juridique, subtilement dissimulé, permette l’intervention de l’homme en vue du « clonage reproductif humain » dans la période précise de quatre jours, distance temporelle entre l’instant où se forme le génome et se constitue l’embryon. (voir photos)

Le but de cette « Troisième Transgression », au-delà d’une avancée médicale et thérapeutique douteuses, et au vu des acteurs qui la voulurent, s’avèrent bien de contribuer au renversement et à la mise en échec des grâces messianique, combat dont je vous ai entretenu dans mes vidéos conférences portant titre « Vers le gouvernement mondial ».

Nous sommes bien en présence d’une guerre eschatologique annoncée par Benoît XVI récemment, en 2012, lors d’un repas avec des cardinaux : « Nous sommes en guerre spirituelle, nous connaissons notre ennemi, nous connaissons ses armes, ses objectifs, mais qu’avons-nous à craindre puisque nous sommes assis dans sa victoire. » Il ne fait aucun doute que le pape a pris la mesure des enjeux et du drame que représente la « Troisième Transgression 4», ce que confirme la rédaction d’une encyclique prête à la publication et dans laquelle il expose les faits et demande pardon au nom de l’Église. La question est : pourquoi n’est-elle pas encore publiée ?

Dans cette affaire, le rôle de certains membres de la Conférence Nationale des Évêques de France est immense, leur complicité active pour certains est établie pour d’autres, il s’agit d’un suivisme rassurant pour ne pas devoir s’affronter entre collègues, leurs responsabilités n’en sont pas moins graves et déterminantes.

Les effets progressifs et implacables sont,, pour nos dirigeants, de se retrouver dans la même situation d’aveugles et de sourds que fut celle de pharaon devant Moïse. Dieu leur retire son assistance ; quoiqu’ils fassent ils ne pourront pas éviter l’effondrement économique, spirituel, morale et sociétal du peuple de France, ce qui entraînera l’ensemble des peuples5. C’est toute l’humanité qui pâtira de ses péchés…

La renonciation de Benoît XVI à sa mission de Pontife Universel s’éclaire d’un jour nouveau et d’une lumière tragique, mais également riche d’espérance. En déposant sa mission, il exprime sa connaissance que c’est maintenant le Christ-Jésus qui reprend la main sur L’Église, qu’il n’a plus les forces physiques pour assumer ce temps de début eschatologique… C’est pourquoi, il faut croire que sa décision n’est certainement pas anecdotique qu’elle se charge d’une dimension eschatologique aussi prenante que la mission d’un Moïse ou de celle de saint Pierre qui passa de pécheurs de poissons à pécheur d’hommes. Il est certain que les temps de la Miséricorde touchent à leur fin et que s’approchent ceux de la Justice. Il y a une fin à tout, comme tout ce qui est temporel, le scandale du péché lui aussi sera retiré du temps de l’homme afin que l’humanité se renouvelle, par l’action de Dieu le Père, et mérite le retour du Rédempteur, le Fils d’Homme venant sur la nuée.

La question qui s’impose aux chrétiens, surtout aux membres de l’Église et des églises instituées ainsi qu’aux justes et de se positionner face au Mal, aux esprits massivement mauvais que le monde génère. De quel côté allons-nous décider d’être ? Il n’y a pas de place pour une réponse aléatoire, il ne s’agit plus de s’asseoir entre deux chaises en se disant : « on ne sait jamais ! »

Grâce aux pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI nous avons les armes pour affronter ces temps de purifications à nous de nous en saisir. Il y a une autre condition que j’appelle de mes vœux depuis longtemps, c’est de renouveler les solidarités spirituelles, morales, intellectuelles et matérielles en constituant de petites communautés informelles, ce que ne dit rien d’autre Benoît XVI. Serai-je entendu ?

Il faut se tenir informé, lire entre les lignes en s’appuyant sur l’enseignement des Pères de l’Église : il y aura assez rapidement un antipape. Il marchera avec l’Antéchrist. Le pouvoir sacramentel sera retiré. L’Église sera conduite au désert. Nous vivrons une période où seule la foi nous restera, alors dès maintenant veillons à la nourrir. Les événements qui nous touchent sont en fait riches d’une charge d’espérance inouïe pour ceux qui se veulent à côté de la Vierge Marie au pied de la Croix, ne nous trompons pas de lieu de rendez-vous avec le Christ, il ne se renouvellera pas.

1Dans 7 ans, on célébrera le 150e anniversaire d ela clôture du 1er saint concile du Vatican.

2On constate, depuis la réception de l’Eucharistie sur la main et sur plusieurs décennies, un développement, une intrusion des sciences occultes dans les milieux catholiques y compris pratiquants et ultras ainsi que leur égarement dans des sociétés dites de para-psychologies qui dissimulent des activités que le droit canon condamne.

3Certes, d’autres pays l’ont permis, mais en France la puissance de la loi en relation avec la mission divine de notre pays, rend toute loi plus emblématique et lui donne une résonance universelle, car l’infidélité provisoire de notre pays n’empêche pas celle de Dieu de persévérer.

4Clonage humain et Abomination de la Désolation. Synthèse : Si l’agression contre l’innocence et la dignité humaine (tri embryonnaire, congélation après Fivete, après diagnostic prénatal, ou pré- implantatoire, avortements, stérilets, pilules abortives, recherche destructive d’embryons) blessent indirectement la présence continuelle de Dieu (CESHE Pdf)… … elle vient ici se muer en agression directe contre la Présence vivante de Dieu et en abomination dans le Sanctuaire de la vie. Une libéralisation légalisée du clonage humain quelle que soit sa fin est caractéristique de cette agression contre l’Arbre de la vie et rend la Collectivité humaine toute entière solidaire de cette abomination transcendantale… (Institut Nazareth)

5Bientôt, les dernières monarchies tomberont ; elles ne sont plus utiles puisqu’elles auront permis d’atteindre les objectifs, qu’ont-elles encore à voir avec la foi chrétienne ?

26 janvier 2013

BENOÎT XVI – JOURNEE POUR LA PAIX 2013

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 15 h 42 min

 

BENOÎT XVI - JOURNEE POUR LA PAIX 2013 dans ACTES PETRINIENS benoit-xvi-disc.

MESSAGE DE SA SAINTETÉ

BENOÎT XVI

POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2013

Commentaire de P-C Aubrit St Pol

Sa Sainteté Benoît XVI, à l’occasion de la Journée Mondiale pour la Paix, adressa un message dans lequel sa lucidité, sa rigueur et sa compassion illuminent sa pensée.

Le commentaire, que nous vous proposons, a pour objet de montrer le développement de la Doctrine Sociale de l’Église, et combien il est regrettable qu’elle ne soit pas retenue comme substance dans le gouvernement de la cité.

Heureux les artisans de paix :

Elle rappelle l’importance que fut la convocation du IIe Concile du Vatican dont nous célébrons le cinquantième anniversaire de son ouverture. Il demeure le signe visible de la charité de l’Église au milieu de la cité de l’homme que prolongent les synodes. Elle affirme sa sollicitude envers tous les hommes portant leurs préoccupations. En effet, c’est par son humanisme intégral qu’elle accueille et aime l’homme dans sa totalité avec ses contradictions, ses blessures. Elle le reçoit dans toute sa vérité et non pas selon l’idée qu’elle s’en ferait. L’Église n’est pas une monstruosité idéologique, elle ne contraint pas le sujet à se conformer à l’idée qu’elle aurait de lui ; bien au contraire, elle l’accompagne dans son histoire, car Dieu a voulu demeurer présent, au milieu de sa société, proche de lui, par le mystère indicible de son amour – le sacrement de l’Eucharistie – , car elle est l’unique chemin de Salut :

« À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. »

Le Pontife souligne les causes qui empêchent d’établir la paix et la mettent en danger ; un sentiment de précarité préoccupant. C’est dans la recherche du bien commun pour tous les hommes, sans aucune discrimination, que surgissent les conditions optimales pour l’établissement de la paix :

« Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. »

Nous nous demandons si nos responsables ont encore l’intelligence du bien commun ? Et dans quelle mesure ils cherchent à l’établir ?

Il s’impose à notre entendement que nos personnels politiques poursuivent des buts très éloignés des préoccupations du peuple ; c’est très paradoxal puisque nous sommes dirigés selon les principes démocratiques. On observe, depuis la révolution de 1789, que nos responsables ne cessent de multiplier les épreuves et les souffrances jusqu’à atteindre les fondations les plus essentielles de la cité. Ils s’éloignent de leurs citoyens tant ils sont éloignés de Dieu.

Les béatitudes évangéliques :

Le Pape revient sur le sens profond des béatitudes ; elles sont un programme de vie intérieure qui s’implique dans la cité et dont les fruits sont perceptibles dès ici bas :

« La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. »

Les béatitudes sont les vitamines et oligoéléments de la Doctrine Sociale. Il y a urgence à reconsidérer le concept d’humanisme qui, pour être viable, ne peut se dresser contre Dieu ni nier la nécessaire transcendance. Il est besoin de réapprendre à accueillir l’homme dans son intégralité, sa vérité ; ce n’est possible que si nous nous ouvrons à la présence de Dieu. Il ne faut craindre ni d’affirmer notre foi, ni de surmonter le respect humain ni les ricanements, ni les violences qui sont les apanages des impuissances du monde. Soyons les porte-voix de la vérité, les témoins actifs de l’amour, c’est l’attitude qui attire Dieu au milieu de la cité :

« Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11). »

Il condamne sans ambiguïté le relativisme qu’il nous demande de démanteler ; mais seuls les orthodoxes et les catholiques peuvent y parvenir, car pour cela il faut anéantir le cartésianisme1. C’est une nécessité de charité ! La vie de l’homme est un absolu !

La paix : don de Dieu et œuvre de l’homme…

La paix ne résume pas ni ne se réduit au seul silence des armes. En observant ce qui s’établit et se passe dans l’Union européenne, nous voyons bien que la paix est devenue un paravent pour forger un cadre institutionnel à l’intérieur duquel sévit une rare violence contre les consciences, contre la justice sociale, contre la solidarité, contre les peuples, leur dignité, leur conscience nationale et morale. Violence contre leur identité culturelle, spirituelle, elles s’organisent en puissances infernales poussant l’homme dans l’infra-humain.

La paix se construit en veillant à ce que chacun s’épanouisse en toute vérité et liberté de conscience. On ne peut prétendre réaliser la paix et s’opposer à la liberté religieuse par des moyens sournois qui tendent à faire du croyant un citoyen de seconde zone et encore moins en suscitant artificiellement des conflits inter-religieux. L’homme religieux comme le non-religieux ne doit pas se trouver empêché d’exprimer sa liberté de conscience et de conviction :

« La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice. »

La vérité sur l’homme ne peut se dissocier de la Vérité que Dieu nous donne à contempler de Lui-même, car qui s’éloigne de Dieu s’éloigne de l’homme. Le chrétien n’œuvre efficacement à la paix qu’à la condition qu’il s’engage sur le chemin de la sainteté. Nous ne pouvons être artisans de paix et nous établir dans le péché, car la paix est tout sauf ce faux sentiment de sécurité, cette recherche maladive de sa tranquillité, du doux soupir de sa bonne conscience.

Sa Sainteté souligne l’importance de la famille, comme cellule humaine obligée pour la formation réaliste à la paix. Il n’y a pas d’autre cadre plus légitime que la famille composée d’un papa et d’une maman pour former le petit d’homme.

La paix est de l’ordre du possible, à la condition d’accepter de passer par les voies qui servent au Bien Commun, ce qui induit que nous respections les lois morales naturelles et le droit moral :

« La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes [3]. »

La paix en soi-même et en la cité demande de reconsidérer la connaissance que nous avons de nous-mêmes ; il faut revenir à la métaphysique qui peut être mis à la porté de tous avec un effort pédagogique adapté. La connaissance de soi est un allié important dans la vie de prière ; c’est une condition pour rechercher la vie d’union au Christ source et don de la paix véritable :

« C’est justement pourquoi l’Église est convaincue qu’existe l’urgence d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. »

Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans intégralité :

Le Saint Père souligne un point de la loi morale naturelle ; tuer est un acte grave, car la vie est sacrée. La vie porte en elle l’interdit de tuer qui participe aux fondations régulatrices de la société dès le premier embryon de société que constitua le foyer, la famille d’Adam et Ève, quand bien même la mort la frappa dès la seconde génération :

« Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie. »

Le droit a pour origine non pas exclusivement la coutume [le droit coutumier], mais le droit familial, car toute organisation sociale a pour socle la famille. Il se révèle alors qu’il est interdit de tuer en dehors des raisons considérées comme légitimes par la famille qui agit en fonction de sa survie, y compris le sacrifice humain qui, dans un contexte d’ignorance moral crasse, peut se justifier dans ce seul contexte. Dans toutes les cultures, l’acte de tuer doit être justifié. On peut considérer que toute société s’organise autour de la vie, de son respect, concept universel subissant le poids des cultures. On observe que le mal et le bien sont identifiés, selon les meurs et cultures, que le mal subit la sanction de l’interdit et que le bien peut avoir un cadre juridique même élémentaire pour le réguler. Le mal, en droit, n’a donc aucune reconnaissance positive ; il est interdit.

Il n’existe pas de société fusse-t-elle primitive qui ne s’articule, s’organise sur le respect de la vie même si cette notion s’altère en fonction des mœurs. C’est sur ce socle que repose le droit moral naturel et légitime de la peine de mort qui est concomitant avec le respect de la vie. L’organisation économique, militaire et politique s’élabore sur cet impératif, le respect de la vie :

« Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? »

Il y a contradiction entre l’exigence naturelle et surnaturelle du respect de la vie et les lois contre-naturelles qui renversent ce principe. La loi morale naturelle et le droit moral naturel n’apportent aucune légitimité au législateur qui renverse cet ordre. Il n’existe pas de mandat légitime et en aucune façon la volonté de quelques uns ni d’une majorité ne peut et ne pourra jamais justifier un usage aussi perverti du pouvoir politique et législatif. Il n’y a pas d’excuse possible.

Qu’une société s’autorise à l’abrogation de la loi morale naturelle, elle ne peut plus alors prétendre à l’espoir de la paix ; elle devient fatalement un instrument de guerre, de violence. C’est une automutilation, elle s’emploie à s’autodétruire.

Nous savons que les effets des lois comme la dépénalisation de l’avortement se répandent sournoisement et inexorablement dans toutes les couches de la société, altérant profondément les notions de bien et de mal, produisant l’effondrement du sens moral le plus élémentaire chez les plus faibles :

« Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. »

Il est évident que le projet aberrant du « Mariage pour tous », projet contraire au droit onusien de l’enfant, causera des dommages irréparables dans la société ; nous ne devons pas douter que, sous des formes multiples, les actes de délinquance vont se développer ; le nombre de suicides deviendra exponentiel. Le temps arrivera ou l’arbitraire prendra le dessus sur l’état de droit. Il sera justice que les premières victimes se trouvassent chez les promoteurs de ces renversements, de ces bouleversements sociétaux. Comportements radicalement abominatoires !

« La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.»

Le combat de l’Église pour le respect de l’ordre naturel de la société n’est pas de nature prioritairement religieuse, mais il se fonde sur la nécessité de promouvoir le bien commun à tout le genre humain :

« Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. »

Benoît XVI déplore les atteintes aux libertés religieuses qui se multiplient surtout dans les sociétés démocratiques par haine du christianisme au profit utilitariste d’autres religions2.

Il importe d’affirmer notre foi et notre culture chrétienne ; témoignage très important au regard de la majorité silencieuse de nos frères musulmans dont la bienveillance pour Jésus croît de jour en jour. Les puissances infernales se dissimulent derrière des hommes politiques, syndicaux, culturels, économiques ainsi que derrière de prétendus principes de laïcité. Il nous faut tenir bon, ne rien céder et envisager le martyr. L’avenir fera gronder les armes de plus en plus, mais ne nous y trompons pas, il s’agit avant tout d’un combat spirituel qui réunira les hommes de justice et de grandeur contre la majorité d’insignifiants ; Dieu a toujours fait éclater sa victoire au milieu des petits.

L’une des atteintes les plus grandes contre la dignité de l’homme est le manque de travail pour tous, car le sujet se sent socialement inutile, sentiment à la charge bien plus lourde que la pauvreté. Jamais comme aujourd’hui le droit au travail ne s’est trouvé à ce point bafoué… Ces atteintes ne trouvent pas la moindre légitimité, en fait elles sont toutes le produit d’une appétence illimitée pour l’enrichissement de quelques uns aux dépends de la majorité de l’humanité. La relation pervertie entre travail et enrichissement illustre le recul de la connaissance de l’homme et la paranoïa d’une société tournée sur elle-même :

« Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous » [4]. »

Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions…

Le Pape revient sur la famille, son rôle premier quant à l’élaboration de la société . Il s’agit d’une institution naturelle qui est irremplaçable pour l’éducation des enfants. Il rappelle qu’elle est l’un des plus naturel et efficace régulateur des activités économiques et de la production, c’est bien à cause de ce pouvoir naturel et légitime que, depuis le XVIIIe siècle, la famille fait l’objet d’attaques ciblées et progressives pour en arriver aujourd’hui à l’aberration que nous connaissons :

« Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable. »

La famille et les religions, surtout monothéistes, sont les remparts contre tous les renversements d’ordre que nous affrontons présentement. Il n’est pas niable que les exorbitants pouvoirs des banques et autres consortiums sont responsables de la promotion de lois qui atteignent la famille, Les familles éclatées, des foyers monoparentaux sont des facteurs de consommation d’autant plus efficaces qu’ ils tendent à compenser par des appétences désordonnées et impulsives leur fragilité psychoaffective ; ils deviennent des sujets vulnérables, malléables pour ces prédateurs d’espoir et d’espérance, experts dans l’art de la manipulation :

« Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour [6]. »

Il apparaît évident que toute atteinte contre la famille soit par l’inversion des normes matrimoniales, soit par des dispositions de la loi ou décrets administratifs et dérogations ainsi que des dispositions fiscales sont autant d’agressions contre la dignité de l’homme, de ses droits et contre la société elle-même.

Le Souverain Pontife invite les autorités publiques à une remise à jour de la pensée selon des critères objectifs, de manière à évacuer les oppressions idéologiques de toute nature :

« Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix. »

Nous pensons ici à cette attitude particulièrement néfaste qui consiste constamment à mettre en accusation celui qui ne pense pas comme soi ; c’est là une pratique malheureuse qui tend à humilier l’opposant et, in fine, lui dénie le doit d’émettre une pensée différente de celle que l’on veut imposer. Elle est la réplique parfaite de Lucifer qui est désigné comme « l’accusateur de nos frères ». En fait, toute révolution, et non la révolte, est d’inspiration luciférienne.

Une pédagogie de l’artisan de paix :

Sa Sainteté, dans sa conclusion, propose de promouvoir une véritable pédagogie de la paix. Il semble difficile de voir une telle réalisation dans les sociétés occidentales dont l’athéisme est devenu une contre culture et dans lesquelles les idéologies dominent. Les sociétés africaines, si douloureusement éprouvées, peuvent

trouver les ressorts pour élaborer cette pédagogie encore faudrait-il que les puissances extérieures cessent d’interférer pour des raisons égoïstes, mercantiles. Mais il apparaît que les religions soient plus préparées à cette initiative :

« En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. »

La responsabilité du chrétien catholique et de tous ceux qui appartiennent à une Église instituée est totalement engagée puisque jouissant de la Miséricorde efficiente de Dieu, ils ont obligation par tout moyen d’être des artisans de paix :

« L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. »

Elle renouvelle sa mise en garde contre le relativisme triomphant et les idéologies :

« Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance. »

Benoît XVVI termine son message de paix sur la figure du Christ qui peut déverser en nous ses puissances de paix pour autant qu’on Lui demande.

Notre entrée dans ce nouveau millénaire est paradoxale, car qu’il s’agisse de conflits armés ou de fausses paix derrière lesquelles s’élaborent des concepts sociaux et politiques d’une grande violence, il semble que nos responsables ne maîtrisent plus rien. D’où notre question que nous avons posée au début de notre commentaire : y-a-t-il encore des responsables qui sachent ce qu’est véritablement la recherche du bien commun ? S’ils le savent, ont-ils la droite intention de s’y engager ?

Nous redoutons la réponse, car nous savons que Dieu retire son assistance à nos gouvernants ; ceux-ci semblent livrés à leur aveuglant orgueil comme pharaon en face de Moïse…

1Le cartésianisme est le développement de la pensée de Descartes qui pose le principe du doute raisonnable en toute chose ; rejette Dieu comme l’essence de la vie : « Je pense donc je suis. »

2Il ne faut pas s’y laissé prendre, la manipulation des religions n’a d’autre but que de toutes les affaiblir pour permettre à une élite de dominer la majorité de l’humanité selon un ordre consciencieusement luciférien. Ces esprits blasphémateurs veulent la venue de l’Antéchrist !

19 décembre 2012

Quand la théologie se remet sous le patronage de l’Immaculée

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 21 h 53 min


« Quand la Théologie se remet sous le Patronage de L’Immaculée »

Quand la théologie se remet sous le patronage de l'Immaculée dans ACTES PETRINIENS pierre-charles-aubrit-saint-pol1

(Commentaire de P.C. A. St P. suivi du discours de Benoît XVI)

Lors de l’Assemblée Plénière de la Commission Théologique Internationale, ses membres, pour la Fête de l’Immaculée Conception, se sont rendus en pèlerinage à la basilique Sainte-Marie-Majeure. C’est une démarche qui n’a rien d’anecdotique ; elle est exemplaire et s’adresse à l’ensemble des théologiens confirmés et ceux éternellement en herbe. Ils ont confié leur mission et travaux à la Vierge Marie, la « bienheureuse parce qu’elle a cru [1]». Ce n’est pas une simple démarche pieuse, mais c’est le renouvellement d’une reconnaissance envers celle qui fut proclamée maîtresse et rempart contre les hérésies : « Confier son travail, ainsi que celui de tous les théologiens catholiques, à la Vierge fidèle, proclamée « bienheureuse parce qu’elle a cru », modèle des croyants et rempart de la vraie foi.[2] ». C’est revenir aux sources profondes de la Révélation Chrétienne : « Sa mère dit aux serviteurs: « Faites tout ce qu’il vous dira. » [3]» L’Immaculée est la pédagogue par excellence et la voie royale pour aller à Jésus.

Le Pape rappelle que la science théologique a besoin impérativement de la foi pour l’aborder ; le théologien ne peut se distendre d’elle, car elle est la science de la Vérité qui s’est faite Homme. Les Pères du 1er concile  du Vatican ont enseigné que l’on pouvait découvrir Dieu sans avoir la foi, tel le philosophe, mais pour comprendre Dieu et le faire connaître, la foi est exigée.

Enfin, nous sortons des pollutions soixante-huitardes et celles dues à la crise post-conciliaire : «Il sortait de l’ordinaire parce que la mode courante – extérieure à l’Église, mais présente même en son sein – attribue à la théologie et à la qualité de théologien une signification sans lien avec la foi, correspondant uniquement à la connaissance « scientifique » de la religion. [4]» La théologie n’est en rien une science ordinaire, « elle est la reine de toutes les sciences » selon l’expression de Marcel Clément.

La théologie est la science de Dieu, c’est donc la science de la Vérité dans l’intégralité de ses dimensions qui dépasseront toujours l’entendement humain ; pourtant c’est une science rationnelle autant que confessionnelle. Elle a bien évidemment toute sa place dans l’institution universitaire. En effet, la science théologique appelle à elle toutes les autres sciences, car pour comprendre la vérité, pour l’enseigner, il convient de tenir compte de toutes les avancées surtout quand il s’agit de rappeler l’homme au respect de la vie.

La théologie chrétienne est une science rigoureuse, car elle est au service de la Vérité qui n’est pas une chose, mais une Personne, Jésus-Christ. Elle est la science de l’amour de charité.

Le Pape rappelle avec vigueur la nécessité de la philosophie dans sa partie la plus pointue, la plus exigence et ô combien rationnelle ! la métaphysique. Quel grand dommage que cette matière majeure de la philosophie ait été retirée des programmes pour cause d’idéologie. Ce qui prouve qu’elle est une des armes déterminantes contre toutes les dérives monstrueuses que nous connaissons aujourd’hui.  Je salue ici le travail remarquable du Père de Vergeron qui contribue à donné un éclairage très précis et puissant sur tous les défis concernant les sciences génétiques et le respect conjoint de la vie et de la dignité de l’homme.

La théologie est une nécessité de vie pour assoir tout projet de ré-évangélisation, qui est toujours de témoigner de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme. C’est la Vérité qui nous libère, elle est substance de notre liberté, de notre dignité comme la morale.

===================

 

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI
À LA COMMISSION THÉOLOGIQUE INTERNATIONALE
À L’OCCASION DE SA SESSION PLÉNIÈRE ANNUELLE

benoit-xvi Benoît XVI dans ACTES PETRINIENS 

Salles des Papes, 07/12/2012

 

Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce, illustres professeurs et chers collaborateurs,

C’est avec une grande joie que je vous accueille au terme des travaux de votre session plénière annuelle. Je salue de tout cœur votre nouveau président, Mgr Gerhard Ludwig Müller, que je remercie des paroles qu’il m’a adressées au nom de tous, de même que le nouveau secrétaire général, le père Serge-Thomas Bonino.

Votre session plénière s’est déroulée dans le contexte de l’Année de la foi, et je suis heureux que la Commission théologique internationale ait voulu manifester son adhésion à cet événement ecclésial à travers un pèlerinage à la basilique papale Sainte-Marie-Majeure, pour confier à la Vierge Marie, praesidium fidei, les travaux de votre Commission et pour prier pour tous ceux qui, in medio Ecclesiae, se consacrent à faire fructifier l’intelligence de la foi pour le bénéfice et la joie spirituelle de tous les croyants. Merci pour ce geste extraordinaire. J’exprime mon appréciation pour le Message que vous avez rédigé à l’occasion de cette Année de la foi. Celui-ci met bien en lumière la façon spécifique dont les théologiens, en servant fidèlement la vérité de la foi, peuvent participer à l’élan évangélisateur de l’Eglise.

Ce Message reprend les thèmes que vous avez développés plus amplement dans le document «La théologie aujourd’hui. Perspectives, principes et critères», publié au début de cette année. Prenant acte de la vitalité et de la variété de la théologie après le Concile Vatican II, ce document entend présenter, pour ainsi dire, le code génétique de la théologie catholique, c’est-à-dire les principes qui définissent son identité et, par conséquent, garantissent son unité dans la diversité de ses réalisations. Dans ce but, le texte éclaire les critères en vue d’une théologie authentiquement catholique, et à ce titre capable de contribuer à la mission de l’Eglise, à l’annonce de l’Evangile à tous les hommes. Dans un contexte culturel où certains sont tentés de priver la théologie d’un statut universitaire, à cause de son lien intrinsèque avec la foi, ou de faire abstraction de la dimension croyante et confessionnelle de la théologie, avec le risque de la confondre et de la réduire aux sciences religieuses, votre document rappelle opportunément que la théologie est inséparablement confessionnelle et rationnelle et sa présence à l’intérieur de l’institution universitaire garantit, ou devrait garantir, une vision ample et intégrale de la raison humaine elle-même.

Parmi les critères de la théologie catholique, le document mentionne l’attention que les théologiens doivent réserver au sensus fidelium. Il est très utile que votre Commission se soit concentrée aussi sur ce thème qui est d’une importance particulière pour la réflexion sur la foi et pour la vie de l’Eglise. Le Concile Vatican II, en réaffirmant le rôle spécifique et irremplaçable qui revient au Magistère, a souligné rien de moins que le fait que l’ensemble du peuple de Dieu participe à la mission prophétique du Christ, en réalisant ainsi le désir inspiré, exprimé par Moïse: «Puisse tout le peuple du Seigneur être prophète, le Seigneur leur donnant son Esprit!» (Nb 11, 29). La Constitution dogmatique Lumen gentium enseigne à cet égard: «La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs, elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel» (n. 12). Ce don, le sensus fidei, constitue chez le croyant une sorte d’instinct surnaturel qui a une connaturalité vitale avec l’objet même de la foi. Nous observons que précisément les simples fidèles portent en eux cette certitude, cette sécurité du sens de la foi. Le sensus fidei est un critère pour discerner si une vérité appartient ou non au dépôt vivant de la tradition apostolique. Il présente aussi une valeur de proposition car l’Esprit Saint ne cesse de parler aux Eglises et de les guider vers la vérité tout entière. Aujourd’hui, toutefois, il est particulièrement important de préciser les critères qui permettent de distinguer le sensus fidelium authentique de ses copies contrefaites. En réalité, celui-ci n’est pas une sorte d’opinion publique ecclésiale, et il n’est pas pensable de pouvoir le mentionner pour contester les enseignements du Magistère, car le sensus fìdei ne peut se développer authentiquement chez le croyant que dans la mesure où il participe pleinement à la vie de l’Eglise, et cela exige l’adhésion responsable à son Magistère, au dépôt de la foi.

Aujourd’hui, ce même sens surnaturel de la foi des croyants conduit à réagir avec vigueur aussi contre le préjugé selon lequel les religions, et en particulier les religions monothéistes, seraient intrinsèquement propagatrices de violence, en particulier à cause de leur prétention à affirmer l’existence d’une vérité universelle. Certains estiment que seul le «polythéisme des valeurs» garantirait la tolérance et la paix civile et serait conforme à l’esprit d’une société démocratique pluraliste. Dans cette direction, votre étude sur le thème «Dieu Trinité, unité des hommes, christianisme et monothéisme» est d’une grande actualité. D’une part, il est essentiel de rappeler que la foi dans le Dieu unique, Créateur du ciel et de la terre, rencontre les exigences rationnelles de la réflexion métaphysique, qui ne se trouve pas affaiblie mais renforcée et approfondie par la Révélation du mystère du Dieu-Trinité. D’autre part, il faut souligner la forme que la Révélation définitive du mystère du Dieu unique prend dans la vie et la mort de Jésus Christ qui va au-devant de la Croix comme «l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir» (Is 53, 7). Le Seigneur atteste du refus radical de toute forme de haine et de violence en faveur du primat absolu de l’agape. Par conséquent si, dans l’histoire, il y a eu ou il continue d’y avoir des formes de violences faites au nom de Dieu, celles-ci ne doivent pas être attribuées au monothéisme, mais à des causes historiques, principalement aux erreurs des hommes. C’est plutôt précisément l’oubli de Dieu qui plonge les sociétés humaines dans une forme de relativisme, qui engendre inéluctablement la violence. Lorsque l’on nie la possibilité à tous de se référer à une vérité objective, le dialogue est rendu impossible et la violence, déclarée ou cachée, devient la règle des rapports humains. Sans l’ouverture au transcendant, qui permet de trouver des réponses aux interrogations sur le sens de la vie et sur la manière de vivre de manière morale, sans cette ouverture, l’homme devient incapable d’agir selon la justice et de s’engager pour la paix.

Si la rupture du rapport des hommes avec Dieu porte en elle un profond déséquilibre dans les relations entre les hommes eux-mêmes, la réconciliation avec Dieu opérée par la Croix du Christ, «notre paix» (Ep 2, 14) est la source fondamentale de l’unité et de la fraternité. C’est dans cette perspective que s’inscrit aussi votre réflexion sur le troisième thème, celui de la doctrine sociale de l’Eglise dans l’ensemble de la doctrine de la foi. Elle confirme que la doctrine sociale n’est pas un ajout extrinsèque, mais, sans négliger la contribution d’une philosophie sociale, elle puise ses principes de fond aux sources mêmes de la foi. Une telle doctrine s’efforce de rendre effectif, dans la grande diversité des situations sociales, le commandement nouveau que le Seigneur Jésus nous a laissé: «Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres» (Jn 13, 34).

Prions la Vierge Immaculée, modèle de celui qui écoute et médite la Parole de Dieu, d’obtenir pour vous la grâce de toujours servir joyeusement l’intelligence de la foi au bénéfice de toute l’Eglise. En renouvelant l’expression de ma profonde gratitude pour votre service ecclésial, je vous assure de ma proximité constante dans la prière et je vous donne de tout cœur à tous ma Bénédiction apostolique.

 © Copyright 2012 – Libreria Editrice Vaticana


[1] Lc 1, 45

[2] Discours de Benoît XVI 14/12/2012

[3] Jn 2, 5

[4] Discours de Benoît XVI

28 novembre 2012

PASTORALE PETRINIENNE

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 15 h 56 min

 

PASTORALE PETRINIENNE dans ACTES PETRINIENS consistoire
ARCHIVES DU CONSISTOIRE DE FÉVRIER 2012

 

LE NOUVEAU CONSISTOIRE

Pierre-Charles Aubrit St Pol

 

Le terme « cardinal » signifie point d’appui universel. Un cardinal s’engage, de manière exemplaire, à soutenir et défendre l’autorité du Pape, du Vicaire du Christ jusqu’au don de sa vie. Une dignité qui prophétise la permanence du don de soi jusqu’au sacrifice suprême. Il ne s’agit pas d’une dignité nouvelle, honorifique, une sorte de maréchalat, ce qui en soit n’aurait aucun sens ; elle est intimement liée au témoignage de la Vérité et à la fidélité inconditionnelle au successeur de Pierre. Il ne s’agit pas d’une autorité plus grande, mais d’une mission plus haute.

La singularité de ce nouveau consistoire est que les six nouveaux cardinaux ne sont ni italiens, ni européens. Benoît XVI a voulu mettre l’accent sur l’universalité de l’Eglise et montrer qu’elle ne se réduisait pas à l’Occident.

En même temps, le Saint Père rappelle que la souffrance de l’Eglise à telle endroit est portée par toute l’Eglise ; il n’y a pas une église africaine, française, allemande ; il y a l’Eglise en Allemagne, en France, en Afrique… C’est la même et unique Eglise : « autour des Apôtres fleurissent les communautés chrétiennes, mais elles sont l’Eglise, qui, à Jérusalem, à Antioche ou à Rome, est toujours la même, une et universelle. Et quand les Apôtres parlent d’Eglise, ils ne parlent pas d’une communauté particulière, ils parlent de l’Église du Christ, et ils insistent sur cette identité unique, universelle et totale de la « catholica », qui se réalise dans chaque Eglise locale. » ( extrait du discours au consistoire du 24 novembre20112.)

Il appartient à chaque cardinal de rappeler à ses frères évêques et au peuple de Dieu la nécessité de l’unité autour du Vicaire du Christ ; unité voulue par le Christ lui-même. Le cardinal n’est pas là pour faire beau ; il est là pour rappeler la royauté du Christ, royauté d’un royaume qui a sa source dans la Croix et de laquelle toute dignité découle et il n’y en a pas d’autre.

Il n’est plus acceptable de voir flotter les décorations des Etats blasphémateurs en place de la Croix. Les boutonnières messieurs les cardinaux, évêques et prêtres et laïcs doivent être vierges[1] ; il n’est plus admissible d’afficher des signes qui sont en contradiction avec la Croix du Christ. Il ne peut plus y avoir de compromission, le message évangélique doit être clair.

Ecoutons encore notre Pape qui conclut son discours aux cardinaux en ces termes : « A vous, chers et vénérés frères Cardinaux, est confiée cette lourde responsabilité : rendre témoignage au règne de Dieu, à la vérité. Cela signifie faire émerger toujours la priorité de Dieu et de sa volonté face aux intérêts du monde et à ses puissances. Soyez les imitateurs  de Jésus, qui, devant Pilate, dans la situation humiliante décrite par l’Evangile, a manifesté sa gloire : celle d’aimer jusqu’au bout, en donnant sa propre vie pour les personnes qu’il aime. C’est la révélation du règne de Jésus. Et c’est pourquoi, d’un seul cœur et d’une seule âme, prions : adeniat regnum tuum, que ton règne vienne »[2].

 En ces temps troublés, enfermés dans des esprits confus, désordonnés, qui sont pour nous des temps de combat, de résistance, nous attendons de nos cardinaux et évêques qu’ils montrent l’exemple de la fidélité doctrinale et de la fidélité à Pierre. Nous avons toute légitimité d’attendre que notre hiérarchie cesse de se compromettre avec le pouvoir politique, avec toutes les formes de pouvoirs visibles ou occultes qui, de plus en plus, montre un visage dure et de rejet à l’Evangile et à l’Eglise du Christ. Votre honneur est aussi celui du plus pauvre d’entre nous, honneur qui ne peut être flétri par des calculs trop humains pour s’en serrer dans la dignité et l’honneur du Christ-Jésus.

 

 


[1] On rapporte que Mitterrand avait suggéré à Arletty de solliciter la légion d’honneur, elle lui aurait répondu : « J’aime les boutonnières vierges ».

[2] Les citations  sont tirées de Sandro Magister.

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Le Vicaire du Christ… Ch.1er

Pierre-Charles Aubrit St Pol

Le  Vicaire du Christ n’aura jamais été à ce point attaqué depuis le schisme protestant tant de l’intérieur de l’Eglise que du monde extérieur occidental. C’est une situation paradoxale ! Le pape, en tant que chef de l’Eglise, est aujourd’hui universellement et implicitement reconnu comme le signe et le sommet de la hiérarchie spirituelle et morale, (Cf. Mat. 16,13-20)

L’institution pontificale fait partie des normes universelles de la famille humaine même si certains pouvoirs inavouables voudraient la réduire au silence, voire la faire disparaître.

Cette institution  qui attire tout autant qu’on la redoute qu’elle est-elle ? Il est assurément singulier qu’une telle institution, dans un contexte hostile depuis le XVe siècle, soit parvenue jusqu’à nous. Le pape est le lien visible d’unité entre Adam qui fut le principe originel de l’unité de la création visible et Jésus-Christ en qui l’unité de la création et spirituelle se retrouve et s’accomplira à son retour : « […] il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu’aux plus petits animaux, [..]. Tout ceci s’harmonisait en l’homme, mais il brisa cette harmonie […]. » (A. C. Emmerich, Les Mystères de l’Ancienne Alliance) Le péché originel est la cause de la désunion de l’homme en lui-même, envers son prochain et envers Dieu.

Jésus-Christ est le Principe absolu de l’unité retrouvée mais elle ne se réalisera pleinement qu’à son retour et par la transfiguration de la création (de foi). L’appel que Pierre reçoit après sa profession de foi est la première institution pour la société humaine de l’Eglise après l’appel des apôtres ; elle suit celle du baptême et du pardon des péchés ainsi que le premier envoi en mission.

Pierre répond le premier à cette annonce du Christ « une fois élevé de terre, J’attirerai tous les hommes à Moi », mais à cette parole s’ajoute à l’intention de Pierre cette autre promesse «Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.» (Mat. 16, 18-19) Aucune force dans ce monde ni dans celui des ténèbres ne pourra détruire physiquement et spirituellement l’institution de Pierre en tant qu’il est le Chef de l’Eglise militante, elle perdurera jusqu’au retour du Messie, ce « Fils d’Homme venant sur la nuée. » Le pape sera présent pour la grande épreuve, quand bien même serait-il chassé de Rome. L’Eglise militante avec son Chef vaincra, car la victoire est déjà actée « Ne craignaient pas, J’ai vaincu le prince de ce monde. » (à suivre)

 

 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 Une obsession !

 

Le Second Saint Concile du Vatican

 Pierre-Charles Aubrit st Pol

Au sujet du possible et souhaitable retour à la pleine communion des ultra-catholiques[1] issus du schisme de Mgr Marcel Lefebvre, il y a beaucoup de murmures et de probables informations et désinformations… C’est étonnant ce que l’on peut savoir sur ce qui est l’objet de tant de discrétion !

Aussi intéressant que puisse être le sujet, prions pour que ces frères nous reviennent dans une plénière charité… La prière étant la seule arme absolue ! 

Le Salon Beige retransmet un article de Jean Mercier publié dans le quotidien La Vie. Ce quotidien est connu pour ses positions très anti-romaines, très progressistes, aussi il convient de rester circonspect précisément sur le sujet. Voici l’extrait de l’article :

 

 « Cet échange de textes montre que, de part et d’autres, on prend les choses très au sérieux. Et que l’on se donne des choses [chances] de réussir... [...] Il est peu probable que Rome arrête les transactions alors que Benoît XVI a déjà été si loin dans sa générosité. Le pape pourrait, soit reformuler encore le protocole d’accord, soit accéder aux demandes des intégristes, s’il estime que la volonté de ses interlocuteurs d’être en communion avec lui et l’Église est bien réelle. [...] Pour cette raison, il pourrait décider qu’il ne faut pas faire de l’adhésion au Concile une obsession. »

  

Qui veut la peau de « Rabbi Jacob ?»

J’ignore ce qu’il y a de vrai dans ce passage, mais il serait singulier que le Siège Apostolique fasse l’impasse sur le Second Saint Concile du Vatican parce que le retour à la communion plénière serait plus important que le concile…

Prendrions-nous le Saint Esprit pour un esprit simplet ?

Quelles qu’aient pu être les dérives post-conciliaires, on ne peut nier l’importance considérable que le concile a joué dans ces soixante dernières années.

Ce n’est pas le concile en lui-même qui est la cause de la crise qui existait bien avant lui et se poursuit sous différentes formes. Il ne fut qu’abusivement le prétexte d’une formidable confrontation entre ultras-catholiques et progressistes. Cette crise a mis à jour des dérives qui datent depuis l’hérésie d’Occam jusqu’aux confrontations idéologiques des XIXe et XXe siècles, véritables titans génocidaires. Le concile a eu le mérite de mettre tout ce qui se passait sous la couverture à la pleine lumière[2], c’est peut-être ce qu’on lui reproche le plus.

Il y a eu, dans l’attitude des ultras et des progressistes un rejet pathologique du seul rendez-vous qui importait vraiment et qui importe toujours : être autour du successeur de Pierre avec Marie au pied de la Croix sur le Calvaire. Ce rendez-vous fut rejeté, ignoré pour des considérations bien trop humaines. Ces courants me font penser à ceux qui dominaient au Temple, du temps de Jésus, et c’est le petit courant religieux qui sut reconnaître le Messie, celui que l’on méprisait et dont étaient issus Jean le Baptiste, saint Joseph, saints Jean et André…

C’est bien de déplorer les souffrances de l’Eglise – on peut d’ailleurs s’en inspirer pour interpréter « les demoiselles de Longbec de Fernand Raynaud » ou « Les Précieuse ridicules de Molière » – mais c’eut été sans doute mieux si tous les catholiques s’étaient retrouvés sur le Golgotha, serrés au tour du successeur de Pierre, surtout en ces temps d’apostasie. Le triomphe de l’Eglise passe inexorablement par là où est passé son Fondateur et son Epoux.

Je comprends bien toute l’importance de tout faire pour que chacun de nos frères retrouve la pleine communion, mais s’il vous plait, pas au rabais. Ne renouvelons pas la même hâte malsaine qui prévalue lors du premier retour à la communion d’une partie des « lefebvristes » – la Fraternité Saint Pierre – à l’occasion de l’ordination des évêques[3].

Nous aurions tort de croire que la position des ultras-catholiques se résume à une dispute de liturgistes… C’est en fait tout une conception de l’homme et de l’Eglise qui s’affrontaient les ultras contre les progressistes. Il s’agissait bien de doctrine, de culture et de politique. Il s’agissait malheureusement d’idéologies.

Il est fort dommage que le pape Paul VI n’ait pas eu le don de meneur d’hommes comme son prédécesseur Pie XI.

C’est en fait deux conceptions eschatologiques hétérodoxes sur l’avenir et le rôle de l’Eglise qui s’affrontaient et continuent de s’affronter sur la question suivante : quelle doit être la forme et la nature du triomphe de l’Eglise ?

Certains la veulent dominatrice, autoritaire avec le « gros bonbon » ; d’autres la veulent informe, confondue avec un humanisme relativiste et de bon aloi, rassurant, ce confondant avec l’esprit du monde et ceux des princes qui nous gouvernent.

S’il devait  se produire ce que de sinistres et faux augures prophétisent, les catholiques qui ont persévéré dans leur présence sur le Golgotha, qui ont défendu et témoigné de la primauté de Pierre, souvent dans une situation de grandes souffrances et de confusions, auraient le sentiment, à juste titre, d’être déconsidérés, comptés pour quantité négligeable.

Ce n’est pas tant le concile en soi qui est obsession, mais c’est tout ce qu’il a dévoilé d’errance, de lâcheté, d’orgueil, de manque vertigineux de charité surtout envers les personnes qui demandaient un peu de respect et d’humanité face à tous ces changements. Il faudra bien un jour faire toute la lumière sur ces souffrances.

C’est aussi l’interrogation sur le fait que l’Eglise en Occident n’ait pas su se défendre des esprits de ce monde, des pollutions idéologiques. De grands pans de la hiérarchie de l’Eglise compromirent, de libre propos, le message évangélique, corrompirent la Révélation et rendirent inintelligible la foi par une pastorale avachie et parfois moins digne qu’une prostituée et préparant de fait la grande apostasie à venir. Elle a en bien des points la responsabilité de l’effondrement de la loi morale. Elle a parfois devancé les princes de ce monde dans le relativisme moral tant intra-muros extra-muros.

Qu’il y ait de la discrétion quant aux tractations entre le saint Siège et les ultras-catholiques, c’est compréhensible, mais il faudra que cet accord, s’il y a accord, soit accompagné d’un texte clair, que la droiture d’intention soit explicitement établie. On ne peut tenir pour rien les membres du Corps Mystique du Christ qui, contre vent et marrée, sont demeurés fidèles, avec une fidélité souvent héroïque à la communion au successeur de Pierre et à l’obéissance au Magistère, sujet de fond de la crise actuelle. Il faut relire le discours du cardinal Vingt-Trois après la visite apostolique de Benoît XVI pour se convaincre de la pérennité de cette crise et de la proximité d’une hiérarchie avec la culture de l’apostasie et ses résonnances psychologiques que l’on peut déjà entendre.

On ne peut que souhaiter le retour à la pleine communion des ultras, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas aux dépends du Second Saint Concile du Vatican. Si ce concile est tenu pour quantité négligeable au bénéfice d’un accord avec la Fraternité Saint Pie X, ce retour n’aurait aucun fruit positif, il s’ensuivrait un drame plus grave.

C’est la Fraternité Saint Pie X qui, in fine, décida avec son chef de rompre avec Rome et c’est-elle qui souhaite revenir à la pleine communion, qu’a-t-elle donc à exiger. Sa sincérité aura pour mesure son authentique humilité…

La question qui se pose à elle est celle-ci : l’intérêt du salut de l’humanité doit-il passer après elle ou avant elle ? Il y a une seconde question : est-ce l’idée qu’elle a de l’Eglise qui importe le plus ou plutôt de comprendre et de correspondre au mieux au projet réel que Jésus a de son l’Eglise ? Ces deux questions valent également pour les progressistes.

Parallèlement à ce retour possible et souhaitable, il faudra bien commencer d’établir solidement et en pleine vérité l’histoire de cette crise qui, dans sa phase la plus active, a commencé il y a cent ans. Nous avons besoin de ces travaux pour la fortification de notre foi. Les Eglises nationales ont besoin de passer par cet examen de conscience qu’elles n’ont jamais entrepris à ce jour. Si nous ne nous pressons pas d’entreprendre cet examen, nous avons à craindre de manquer de forces pour affronter l’inexorable épreuve de l’apostasie universelle. N’en doutons pas, l’Eglise universelle sera convoquée sur le socle de sa charité intra-muros et extra-muros… Toute son humanité sera passée au crible de la colère divine.

Finirons-nous par comprendre que Dieu ne nous a pas aimés pour rire, qu’Il n’est pas un « rigolo ! »

Il va de soi, qu’il faut prier pour le retour de nos frères ultras-catholiques[4] à la pleine communion. Ne doutons pas que si elle doit se faire ce ne sera pas dans l’abaissement du concile, le pape est Pierre, ce n’est pas un bateleur.  

Le retour à l’unité de tous nos frères séparés demande de la sainteté « soyez saints comme votre Père des Cieux ». Veillons à ce que tout notre être y tende dans l’ordinaire de notre vie et dans une seule constance, la joie, la vraie joie des enfants de Dieu. Jésus n’a-t-il pas déjà vaincu le monde ! Gardez-vous de vous laisser abuser par ceux qui vous chantent les merveilles des esprits de ce monde, ne vous laissez pas éloigner du successeur de Pierre, il est la pierre d’achoppement de notre foi en ces temps-ci…

Priez, priez, priez…

 


[1] Le terme « intégriste » au sujet des ultras catholiques a pour origine l’islam, il ne leur convient pas ; car ce qu’ils remettent en cause ce sont certaines évolutions pastorales et un renouveau théologique ; ils ne remettent pas en cause les fondements de la foi.

[2] Nous savons que telle fut l’une des causes de la convocation du concile pour Jean XXIII. Son séjour en France en tant que nonce l’avait convaincu de cette nécessité urgente. Il faut souligner, que lors des apparitions de la Sainte Vierge à Amsterdam, apparitions reconnues, Elle avait demandé la convocation d’un concile. C’est ce qui fait la singularité de ces apparitions, car il n’y a pas de précédents de ce type dans l’histoire de la mariophanie.

[3] Nous connûmes le principal instigateur de ce retour à la communion, nous connûmes les fondateurs de la Fraternité St Pierre, leurs intentions étaient loin d’être dans la lumière évangélique. Et ne doutons pas que leur retour à la communion fut pour beaucoup d’entre eux accompagné d’un sentiment de triomphe pour ce qu’ils considèrent toujours comme un juste combat….

[4] Le terme d’ultra-catholique est historiquement et sociologiquement parfaitement approprié, car l’action de ces courants n’est en rien comparable aux ultramontains, il ne s’agit pas d’œuvrer à une extension du pouvoir papal sur le monde, mais à une sorte de fondamentalisme psycho-socio-politico-religieux. Et quant au qualificatif d’intégrisme, il ne convient pas ; c’est là une surenchère dérivant de l’intégrisme musulman. Il est à souligner que ces courants développent une configuration psychologique proche de celle des protestants de la Réforme, comme d’ailleurs pour les progressistes. On observe dans ces deux courants, un langage identique et imprégné d’idéologies… Et tous les deux semblent avoir perdu tout ou partie de la grâce d’Espérance.

 

 ++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

BENOIT XVI

 » DE LA FOI ET DE LA RAISON « 

Catéchèse de l’Audience Générale

(La controverse entre saint Bernard de Clairvaux et Abélard)

« Commentaire de P.C. A. St. P. » 

 

« Chers frères et sœurs,

Dans la dernière catéchèse, j’ai présenté les caractéristiques principales de la théologie monastique et de la théologie scolastique du XIIe siècle, que nous pourrions appeler, d’une certaine manière, respectivement « théologie du cœur » et « théologie de la raison ». Entre les représentants de chacun de ces courants théologiques s’est développé un vaste débat, parfois animé, représenté symboliquement par la controverse entre saint Bernard de Clairvaux et Abélard.

Pour comprendre cette confrontation entre les deux grands maîtres, il est bon de rappeler que la théologie est la recherche d’une compréhension rationnelle, dans la mesure du possible, des mystères de la Révélation chrétienne, auxquels on croit dans la foi : fides quaerens intellectum - la foi cherche l’intelligibilité – pour reprendre une définition traditionnelle, concise et efficace. Or, tandis que saint Bernard, typique représentant de la théologie monastique, met l’accent sur la première partie de la définition, c’est-à-dire sur la fides - la foi, Abélard, qui est un scolastique, insiste sur la deuxième partie, c’est-à-dire sur l’intellectus, sur la compréhension au moyen de la raison. Pour Bernard, la foi elle-même est dotée d’une intime certitude, fondée sur le témoignage de l’Ecriture et sur l’enseignement des Pères de l’Eglise. En outre, la foi est renforcée par le témoignage des saints et par l’inspiration de l’Esprit Saint dans l’âme des croyants. Dans les cas de doute et d’ambiguïté, la foi est protégée et illuminée par l’exercice du Magistère ecclésial. Ainsi, Bernard a du mal à être d’accord avec Abélard, et plus généralement avec ceux qui soumettaient les vérités de la foi à l’examen critique de la raison ; un examen qui comportait, à son avis, un grave danger, celui de l’intellectualisme, la relativisation de la vérité, la remise en question des vérités mêmes de la foi. Dans cette façon de procéder, Bernard voyait un élan audacieux poussé jusqu’à l’absence de scrupules, fruit de l’orgueil de l’intelligence humaine, qui prétend « capturer » le mystère de Dieu. Dans l’une de ses lettres, empli de douleur, il écrit : « L’esprit humain s’empare de tout, et ne laisse plus rien à la foi. Il affronte ce qui est au-delà de lui, il scrute ce qui lui est supérieur, fait irruption dans le monde de Dieu, altère les mystères de la foi, au lieu de les illuminer ; il n’ouvre pas ce qui est fermé et scellé, mais le déracine, et ce qu’il considère impossible à parcourir par lui-même, il le considère comme nul et refuse d’y croire » (Epistola CLXXXVIII, 1 ; PL 182, I, 353). […]

Il peut sembler bien téméraire de commenter les enseignements du pape, dont le discours est habité par un grand souci pédagogique ; toutefois, il n’est pas inutile d’essayer de relayer son effort afin que ceux-ci rejoignent les bonnes volontés qui ont besoin davantage d’attention. Car un chrétien doit toujours aller vers le plus pauvre.

La controverse dont il est ici question porte sur l’autorité de la foi que saint Bernard oppose à l’autorité de la raison, de l’intelligence qui veut comprendre. Le postulat de Bernard souffre en lui-même d’une controverse : n’utilise-t-il pas sa propre intelligence pour expliquer sa position, pour démontrer la primauté de la foi selon lui ?

Non sans raison justifiée, il fait appel au principe d’autorité du Magistère en cas de doute, mais ce principe ne s’élabore que par la dispute, la recherche et donc utilement et nécessairement par la raison, par l’intelligence.

Abélard lui oppose la nécessité et le droit moral de soumettre les vérités de la foi, mais plus généralement la connaissance de Dieu, à l’examen critique de la raison. Il donne une place privilégiée à l’usage de l’intelligence. Mais pour lui aussi son postulat porte sa propre controverse. Dieu, en se révélant, demande d’abord un acte de foi. Bien certainement sa compréhension fait appel à l’intelligence, mais c’est par la foi que l’on se laisse rejoindre par Dieu.

« Ainsi, Bernard a du mal à être d’accord avec Abélard, et plus généralement avec ceux qui soumettaient les vérités de la foi à l’examen critique de la raison ; un examen qui comportait, à son avis, un grave danger, celui de l’intellectualisme, la relativisation de la vérité, la remise en question des vérités mêmes de la foi. »

Bernard était donc habité par une inquiétude qui ne se justifiait en partie que du seul point de vue humain ; sa connaissance de l’homme lui faisait avoir une approche pessimiste de la condition humaine, même si par la suite les erreurs d’Abélard lui donnent raison. Mais il n’a raison que du seul point de vue de l’accident, de l’erreur, il ne l’a pas sur le fond.

Il est certain que, si nous observons la grave crise qui blesse l’Eglise depuis celle du modernisme à nos jours, nous sommes portés à lui donner raison sur le fond. Est-ce pour autant l’usage de la raison qui est à l’origine de ces crises ? J’aurai tendance à répondre non.

Je pense que c’est l’intention que l’on met dans l’usage que l’on fait de notre intelligence qui détermine l’orientation de celle-ci. Et que si l’orgueil est à l’origine de ces déviances quant à l’usage de l’intelligence, on peut en dire de même pour la foi qui, utilisée arbitrairement, est toujours le produit de l’orgueil.

« L’esprit humain s’empare de tout, et ne laisse plus rien à la foi. Il affronte ce qui est au-delà de lui, il scrute ce qui lui est supérieur, fait irruption dans le monde de Dieu, altère les mystères de la foi, au lieu de les illuminer ; il n’ouvre pas ce qui est fermé et scellé, mais le déracine, et ce qu’il considère impossible à parcourir par lui-même, il le considère comme nul et refuse d’y croire » (Epistola CLXXXVIII, 1 ; PL 182, I, 353). […]

 

Chez Bernard, la foi est le seul moyen d’entrer légitimement et exclusivement dans l’intelligence des mystères de Dieu ; il projette sur l’usage de la raison une culpabilité si excessive qu’elle encourage à basculer vers l’excès inverse. Il est vrai que ce n’est qu’au cœur de la foi que nous pouvons entrer dans le mystère de Dieu, mais pour autant, il n’est pas interdit d’user de notre intelligence pour mieux le comprendre et l’expliquer. Il n’est que de lire sainte Thérèse d’Avila pour le comprendre ou sainte Thérèse de Lisieux.    

« Pour Bernard, la théologie a un unique but : celui de promouvoir l’expérience vivante et intime de Dieu. La théologie est alors une aide pour aimer toujours plus et toujours mieux le Seigneur, comme le dit le titre du traité sur le Devoir d’aimer Dieu (De diligendo Deo). Sur ce chemin, il existe différentes étapes, que Bernard décrit de façon approfondie, jusqu’au bout, lorsque l’âme du croyant s’enivre aux sommets de l’amour. L’âme humaine peut atteindre déjà sur terre cette union mystique avec le Verbe divin, union que le Doctor Mellifluus décrit comme « noces spirituelles ». Le Verbe divin la visite, élimine ses dernières résistances, l’illumine, l’enflamme et la transforme. Dans une telle union mystique, elle jouit d’une grande sérénité et douceur, et chante à son Epoux un hymne de joie. Comme je l’ai rappelé dans la catéchèse consacrée à la vie et à la doctrine de saint Bernard, la théologie pour lui ne peut que se nourrir de la prière contemplative, en d’autres termes de l’union affective du cœur et de l’esprit avec Dieu. »

Selon Benoit XVI, saint Bernard considère très important, primordial de tendre à la vie d’union ; il met ce but au-dessus de tout. Il dit que cette recherche est supérieure à l’activité intellectuelle. On ne peut lui donner tort. Pour autant, là où il se trompe, c’est dans ce qu’il convient d’appeler son mépris pour l’activité intellectuelle. Il se trompe, car la recherche de la vie d’union n’est en rien contradictoire avec l’activité intellectuelle, avec la nécessité de comprendre, d’appréhender les mystères. Il est clair que la vie d’union fait passer le sujet dans une phase de suspension de la vie intellectuelle, mais cet état n’induit pas qu’il faille négliger l’usage de la raisons.

Mais il est vrai qu’une activité intellectuelle qui négligerait de rechercher la vie d’union peut rapidement devenir une puissance perverse, il en est de même pour la foi aveugle, dite du charbonnier. Cette foi-là dissimule le plus souvent soit un déni volontaire de la vie intellectuelle ou une incapacitéet elle peut pousser son sujet à des comportements dangereux.

Le débat entre l’autorité de la foi et l’usage de la raison reste d’actualité, car de par sa nature, il rejoint un débat bien plus ancien qui caractérise la nature humaine, à savoir : celui sur l’usage de la conscience, du libre arbitre.

L’humanité ne pourrait survivre à la dictature de la foi, elle ne le pourrait pas davantage à celle de la seule raison. Le chrétien ne peut tourner le dos à ce débat, car sa rencontre avec Dieu fait homme, est une rencontre à laquelle il doit librement consentir. On ne peut librement consentir à Dieu ou à tout autre, sans discerner l’intention. Le discernement induit la compréhension, la compréhension induit l’étude et l’étude induit l’usage de la raison, de l’intelligence, le tout étant soumis à l’acte de foi qui est un agissement rendu possible par la vertu théologale de la foi que procure seul le baptême.

Saint Bernard et Abélard ont tous les deux fondamentalement raison, sans qu’on aità les renvoyer dos à dos. La radicalité de leur position n’est pas insurmontable. La foi préside essentiellement à la vie d’un chrétien, mais elle a urgemment besoin de l’intelligence afin d’user de la raison. Notre époque exige l’union des deux en vue de mieux servir la Charité. La foi et la raison ne sont pas opposables, elles sont alliées, car toutes les deux sont ordonnées à la Charité avec cette différence essentielle : la foi est une des trois vertus théologales, elle a donc un principe d’autorité intangible sur toutes les puissances de l’homme, donc sur la vie intellectuelle. Mais encore une fois opposer l’une à l’autre est une sottise tout à la fois enfantine et dangereuse. Notons que le Saint Père ne dit rien d’autre.

 

DES COMMUNAUTES NOUVELLES

 

A l’occasion de l’assemblée Générale des Evêques de l’Eglise de France, on a appris la position de certains d’entre eux au sujet des communautés nouvelles. Il est clair que ceux-ci sont opposés à l’accueil de ces communautés qui, pour l’Eglise, sont une chance.

Il faut se demander si ces intervenants ne souffrent pas d’une ignorance quant à l’Histoire de l’Eglise ou si leur prise de position, à ce sujet, ne procède pas de choix idéologiques.

L’histoire nous enseigne qu’il y a toujours eu, dans les années qui suivirent l’application pastorale des conciles, un renouveau dont l’une des caractéristiques est justement la floraison d’ordres religieux nouveaux ou de communautés nouvelles.

Il est tout à fait contraire à l’esprit du Saint Concile Vatican II que les pasteurs refusent d’accueillir ces communautés sous prétexte de convenances personnelles. Il y a à cela plusieurs raisons :

1er : Il est dans la logique des années qui suivent un concile que ce phénomène se produise.

2eme : Qui peut par avance préjuger de l’action de l’Esprit Saint ? Si une communauté est de Dieu, alors laissons la faire et le temps nous dira si elle est vraiment inspirée de l’Esprit Saint.

3eme : Que les fondateurs se trompent ou trompent volontairement, faut-il les laissés pour autant sur l’extérieur de l’Eglise et prendre le risque qu’ils s’en écartent et éloignent dans leur égarement d’autres âmes ? La charité la plus élémentaire n’est-elle pas de leur faire bon accueil pour mieux discerner et les aider à surmonter la sentence du temps et de l’épreuve ?

Les pasteurs qui les accueillent ne font que prioritairement maintenir ces chrétiens dans l’unité de l’Eglise, c’est-à-dire dans la Charité. Pourquoi alors les critiquer ? Aucun d’entre eux ne se trompe, en manifestant une paternelle et bienveillance sollicitude. Leur attitude est conforme à la Charité.

On observe que les évêques qui les critiquent n’avancent aucune argumentation, ils se contentent de critiquer, mais ne donnent aucune raison à leur position. Ce n’est donc ni une attitude rigoureuse, ni conforme à la charité que les pasteurs se doivent entre eux. Par ailleurs, on est en droit de se demander, si mettre cette question dans les termes posés sur la place publique est bien sage et bien prudent. Faut-il, une fois de plus, exprimer des divisions de cet ordre, alors que le sujet est conforme, sur le fond, à la vie de l’Eglise ? Peut-on espérer une attitude plus réfléchie de certains de nos évêques ?

 

Happyhelen74 |
Niketnrequinpascher88 |
Viens Christ |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Linklogdendcom
| Trenchhomme
| Grandmaitremaraboutkathaou