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11 avril 2013

LA DOCTRINE CATHOLIQUE ENSEIGNEE PAR L’IMMACULEE ch.2 Annonciation (suite et fin)

Classé dans : ANNEE DE LA FOI - PORTA FIDEI — domanova @ 16 h 38 min

 

 (cliquer sur le titre pour entendre la conférence)

Mystères Joyeux

par

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

« Ce ne serait pas exalter comme il convient la joie chrétienne que de demeurer insensible au témoignage extérieur et intérieur que le Dieu créateur se rend à lui-même au sein de sa création : « Et dieu vit que cela était bon ». suscitant l’homme au-dedans d’un univers qui est œuvre de puissance, de sagesse, d’amour, Dieu, avant même de se manifester personnellement selon le mode de la révélation, dispose l’intelligence et le cœur de sa créature pour la rencontre de la joie, en même temps que de la vérité. Il faut donc être attentif à l’appel qui monte du cœur de l’homme, depuis l’âge de l’enfance émerveillée jusqu’à celui de la sereine vieillesse comme un pressentiment de mystère divin. [...]ce regard positif sur les personnes et sur les choses, fruit d’un esprit humain éclairé et fruit de l’Esprit Saint, trouve chez les chrétiens un lieu privilégié de ressourcement : la célébration du mystère pascal de Jésus. Dans sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, le Christ récapitule l’histoire de tout homme et de tous les hommes, avec leurs poids de souffrances et de péchés, avec leur possibilité de dépassement et de sainteté. C’est pourquoi notre dernier mot, en cette Exhortation, est un appel pressant à touts les responsables et animateurs des communautés chrétiennes : qu’ils ne craignent pas d’insister à temps et à contre temps sur la fidélité des baptisés à célébrer dans la joie l’Eucharistie dominicale. Comment pourraient-ils négliger cette rencontre, ce banquet que le Christ nous prépare dans son amour ? Que la participation y soit très digne et festive ! C’est le Christ, crucifié et glorifié, qui passe au milieu de ses disciples, pour les entraîner ensemble dans le renouveau de sa résurrection. C’est le sommet, ici-bas, de l’alliance d’amour entre dieu et son peuple ; signe et source de joie chrétienne, relais pour la Fête éternelle. » (Paul VI – Pape – La Joie Chrétienne, exhortation apostolique 1975)

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ANNONCIATION DE ROUSSEAU

L’ANNONCIATION

De la Beauté de la Culture Chrétienne :

LErmite : – Vois-tu ! La culture chrétienne, issue des Églises instituées, a pour signature la joie comme en témoigne l’« Ange au sourire »1. Elle est étendue à tous les arts, l’espérance en est la cause. La culture chrétienne est celle du bonheur.

Le rosaire commence par les mystères joyeux, ils rappellent la Promesse tenue, qui fut annoncée à l’aube de l’histoire alors que tout semblait perdu2. La jubilation  qui s’exprimera lors de la Visitation de Marie chez sainte Élisabeth. Toute la Création, par elles deux, sont alors dans la perfection de l’action de grâce, et la femme prend à cet instant une position restaurée et de grandeur insurpassable.

Marie devient la matriarche universelle, sa maternité est co-rédemptrice, toutes les femmes lui sont associées, unies et revêtent cette grandeur qui surdimensionne le mystère de la vie, du don et du bonheur.

Le Pèlerin :

      – Ermite, je n’ai pas les mêmes yeux que toi, car ce que je vois quand je pense culture chrétienne, c’est un crucifix ! Qu’y a-t-il de plus sinistre, de plus accablant qu’un crucifix ? Et quand bien même  serait-il beau dans son exécution.

  • Ce que tu ressens du crucifix, c’est moins par la tragédie qu’il exprime que par le poids de celle-ci sur ton esprit, sur la conscience que tu as ou n’as pas de ton être, de ton existence. Car si tu vois le beau dans un tel objet de culte, c’est que tu pressens la joie qui est sous-jacente derrière la cruauté de l’image ; et si donc la cruauté l’emporte sur toi, c’est que ton être est dissocié de ton âme, une dissociation entre ton corps physique, ton corps spirituel et ton âme. Tu n’es plus un être uni.

  • Je ne suis quand même pas possédé ?

  • Non, certes ! Mais tu n’as plus l’unité efficiente qu’a produit ton sacrement du baptême. Or, sur la Croix, ce que tu vois et ressens c’est l’unité de l’homme, de l’humanité restaurée par ce corps cloué ; ce que tu n’as plus en toi.

  • Si je te comprends bien, mon sacrement du baptême n’est plus efficace parce que je ne vis pas des vertus que j’ai reçues par lui.

  • Oui, c’est cela ! Mais rien n’est définitif ; n’es-tu pas auprès de moi pour entendre ce que Jésus-Christ a à te dire par l’Église son épouse?

    Ton être ontologique souffre de cette désunion, aussi ce que tu ressens en voyant un crucifix c’est ton EST qui réclame de recouvrer son unité ontologique, car il aspire à la ressemblance avec Dieu son Créateur dont il a la memoria dei. En vérité, ce sont les trois agents ou puissances qui réclament leur dû, car ta liberté d’enfant de Dieu est presque totalement entravée, et déjà, le joug de Lucifer tend à reprendre son droit sur toi. Il te dispute à ton Sauveur.

  • Mais qu’est-ce donc que la liberté ?

    - La réponse à ta question, tu la découvriras dans la progression de la Doctrine chrétienne, c’est-à-dire quand la Vérité sur toi-même et sur Dieu retrouvera son acceptation en toi. C’est la Vérité qui libère ! Tu ne retrouveras pas la plénitude de ton union ontologique, tu ne seras pas libre, tant que tu ne seras pas habité pleinement par la Vérité.

  • Enseigne-moi ces mystères, Ermite ! Moi qui n’ai jamais eu de maître, je fais choix d’en avoir un !

    J’ai parcouru maints chemins. J’ai admiré moult beautés, j’en ai possédées tout autant. Je me suis perdu dans les bruits étourdissants. Je me suis noyé dans les silences choisis… Je ne me suis arrêté à rien. Je n’ai jamais voulu partager mon ballot, je ne voulais pas le déposer ; il est mon seul bien, j’en ai fait mon geôlier.

    Personne ne me rendra plus le sourire chéri de mon enfant et déjà s’en sont allés balbutiements, jacasseries, éclats de rire. Son regard espiègle, étonné s’est refermé à jamais sur cette terre… Son souvenir s’étiole.

    Je le crie au Ciel et à la Terre, je me suis haï dans ces souvenirs de feu. J’ai haï ce Dieu qui reprend ce qu’Il donne. Je n’ai pu sauver l’enfant que j’aimais. Mort inacceptable…

    Et voilà mon enfant ! je dis ce mot interdit, tu es mort ! Faucheuse implacable, mort, tu as brisé l’interdit et posé l’inacceptable, l’inexplicable. Tu produis un vide que rien ne peut remplir, un abîme où l’on veut s’oublier. Où sont les réponses aux questions jetées par toi ô mort ?

    Ô mon enfant, libère-moi de toi ! Je n’ai plus rien ! A quel bien puis-je prétendre ?

  • Laisse le miel et le lait se déverser en toi. Ne prends rien ! Sois le mendiant ! Le Pauvre, Lui, sera le guide de toutes tes richesses à venir.

    Je ne suis pas ton maître, mais le gardien des solitudes sacrées, j’éclaire pas à pas le pénitent. Serviteur, Monseigneur ! Serviteur !

  • Dis-moi quels sont ce miel et ce lait qui coulent de ce mystère ?

De l’Annonciation : Humilité

L’Ermite : – Quel est l’environnement géographique, anthropologique de cette théophanie ?

Nazareth est une petite bourgade, au centre de la Galilée entre la mer et le lac de Tibériade ou mer de Galilée et à l’est de Jérusalem. Les Galiléens ont mauvaise presse auprès de l’élite juive ; ils sont soupçonnés d’avoir une foi déviante ce que confirmera le dialogue entre Jésus et la Samaritaine.

Marie et Joseph habitent un bien familial modeste, provenant des parents de Marie. Joseph est charpentier, Marie est fille de propriétaires terriens, ils sont membres d’un courant religieux traditionnel et messianique. C’est à tort qu’on les désigne comme esséniens. Ils ne peuvent être issus ni membres de cette secte qui est schismatique. Ils ne pouvaient que fréquenter une communauté et une synagogue reconnues par le Temple. Ils étaient monsieur et madame tout le monde pour leurs concitoyens, et ne se distinguaient en rien sauf par leur piété et leur bonté. Nul ne se doutait de ce qui se préparait.

Les esséniens forment une secte qui se tient à l’écart du monde ; ils ne fréquentent guère le Temple et sont à peine tolérés par le reste des Juifs. Ils vivent en autarcie, ont très peu de rapports avec le monde extérieur. Ils sont eux aussi messianiques.

Le Pèlerin :

        – J’ai lu qu’à l’époque de Jésus, certains courants attendaient la venue prochaine du Messie. Il y avait donc une attente !

  • Oui, il y avait une attente dans le peuple Hébreu, mais aussi dans toute l’humanité : Latins, Grecs et dans d’autres contrées, comme dans les Gaules, chez les Carnutes ainsi que chez les Sordes établis en Roussillon3.

    Il devait y avoir plusieurs courants qui attendaient le Messie en Israël, mais il n’y en avait qu’un parmi eux qui savait que le Messie serait le Serviteur Souffrant. Marie et Joseph et une frange des courants messianiques le savaient et l’espéraient autant qu’ils le redoutaient. Ce courant priait pour que la venue du Rédempteur soit hâtée, mais quand la conception de Marie eut lieu, on ne fit pas le lien avec la venue du Messie, sauf peut-être le cercle familial. Et quant à l’Annonciation, le silence fut gardé jusqu’à la naissance de Jésus. Mais leur séjour en Égypte fit oublier les événements de Bethléem ; c’est pourquoi à Nazareth et dans sa famille, il ne fut pas reconnu comme le Messie jusqu’à sa mort à part les témoins de la grossesse de Marie qu’on retrouvera aux pieds de la Croix.

  • Qui était donc Marie pour que l’archange s’en soit venu la visiter ?

  • La conception de Marie, l’Immaculée, doit être perçue non comme une création nouvelle, mais comme une recréation. Dieu semble ignorer l’histoire, comme s’Il s’était laissé tenter à faire une création nouvelle ; mais non, il n’en est rien ! La conception de Marie révèle l’intention qu’aurait eu le Créateur de reprendre l’humanité là, juste avant la chute. Marie est en effet l’humanité telle qu’elle aurait dû demeurer, sans faute ni blessure  et sceller avec Lui l’Alliance :

    « Un jour. à la fête de la sainte et immaculée Conception de Marie, Dieu m’accorda une vision de ce mystère : je vis la vie physique et spirituelle de tous les hommes comme contenue en Adam et Ève, et gâtée par la chute et mêlée au mal, ce dont les anges déchus tirèrent une grande puissance. Mais je vis également la seconde Personne de la Divinité descendre vers Adam et lui retirer la bénédiction divine, avec une lame recourbée, avant qu’il consentit au péché. Au même moment, je vis la Vierge Marie sortir du côté d Adam, comme une petite nuée lumineuse qui s’éleva vers Dieu. […] J’ai vu l’intérieur de l’homme, tous ses organes, comme l’image de toutes les créatures et de leurs relations entre elles il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu’aux plus petits animaux, comme si ceux-ci étaient par la chute de l’homme tombés eux-mêmes dans le corporel et le périssable. Tout ceci s’harmonisait en l’homme, mais il brisa cette harmonie et dut désormais travailler, lutter et souffrir à cause de sa faute Je ne peux exprimer cela plus clairement. car Je suis moi-même un membre de l’humanité déchue. » (A.C. Emmerich : Les Mystères de l’Ancienne Alliance)

La Vierge Marie :

  • Marie serait donc un recommencement ?

    - On ne peut pas dire cela ; c’est une recréation. On utilise cette expression expliquer les effets du baptême. La conception virginale de Marie peut être comprise comme l’en-tête de l’Évangile, une nouvelle « Genèse » ; dans l’Ancien Testament le premier livre est « la Genèse » qui signifie en-tête, au commencement.

    La conception de Marie est un commencement de ce point de vue, celui de la Promesse qui se réalise :

    « Yahweh Dieu dit au serpent:  » Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux domestiques et toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie. Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité; celle-ci te meurtrira à la tête, et tu la meurtriras au talon. » (Gn. 3,14-45)

    « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe: Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et on lui donne le nom d’Emmanuel.Il mangera de la crème et du miel, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. » (Is. 7, 14-15)

  • Mais pourquoi un archange comme messager ?

    - Dieu envoie souvent ses anges annoncer ses décisions, avertir l’homme. Les anges, que Dieu se donna, furent ses collaborateurs dans la création matérielle, visible, car s’ils servent le trône divin, ils sont également ordonnés aux hommes.

    Ces esprits purs et purs intellects sont ordonnés au service de sa Gloire et, à cause de ce service, ils sont ordonnés à la charité envers nous. Dieu se fait annoncer avant toute théophanie, Il est courtois, Il ne violente pas l’âme servante.

    Gabriel est l’archange des annonces liées directement à l’économie du Salut. Il est celui de la Fin des Temps ; il annonça au prophète Daniel deux événements : le Rédempteur, qu’il sera victime d’un jugement inique et la troisième transgression qui est maintenant consommée4.

    Sa visite à Marie marque l’engagement du Ciel à l’œuvre de la Rédemption donc à l’Incarnation : « Toute la création soupire après sa libération ; » (St. Paul)

    «Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph; et le nom de la vierge était Marie. Étant entré où elle était, il lui dit :  » Salut, pleine de grâce! Le Seigneur est avec vous ;  » Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit:  » Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin.  » Marie dit à l’ange :  » Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme?  » L’ange lui répondit:  » L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu.  » Marie dit alors :  » Voici la servante du Seigneur: qu’il me soit fait selon votre parole!  » Et l’ange la quitta. »(Luc 1, 26-38)

  • Peut-on envisager que la Sainte Trinité ait été présente dans le moment de la visite de l’archange ?

  • Certainement, mais à sa suite, car comment serait-elle devenue la Mère de Dieu, la Théotokos sans la Sainte Trinité ? La Trinité ne couvrira Marie et le Verbe ne s’incarnera que si elle fait son « Fiat ». Il fallait qu’elle se donnât librement à Dieu pour en devenir la Mère. Elle n’ignorait pas ce que cela impliquait : concevoir un enfant pour le conduire au « pressoir de la croix. » Il fallait qu’elle aimât Dieu au-delà d’elle-même pour s’associer à un tel sacrifice, au-delà de sa maternité.

  • Si je comprends, la visite de l’archange est le renouvellement de l’invitation que Dieu adressa à Adam et Ève et Il attend de nouveau le libre consentement de sa créature. Pouvait-elle refuser ?

  • Oui, elle pouvait refuser ! Dieu se serait mis en contradiction s’Il n’avait pas respecté la liberté de sa créature. La liberté est une propriété, fruit de sa libéralité. Il ne peut passer outre sans se renier Lui-même. Dieu est un Dieu de grandeur, noble. Mais Marie ne se refusera pas, non qu’elle n’eût pas à combattre, car elle s’était consacrée au Seigneur ainsi que saint Joseph. L’archange a dû l’aider à surmonter sa crainte d’être infidèle à ses vœux.

    L’éducation qu’elle reçut, l’état de grâce dans lequel elle se trouvait en permanence, la formation religieuse donnée au Temple et son environnement messianique l’ont sans aucun doute aidée à prononcer son « Fiat ».

Le Fiat :

  • Mais qu’est-ce donc que ce « Fiat » ?

  • Ce n’est pas seulement obéir généreusement à la volonté de Dieu même par charité pour l’humanité. C’est une parole en acte qui porte beaucoup plus loin, elle rejoint l’infini. Le « Fiat » de Marie sera suivit de celui de saint Joseph et Jésus le prononcera dans son cœur lors de sa « Bar Mitsva » au Temple pour ses douze ans. Dans le fiat de Marie, il y a celui de Joseph et celui de Jean-le-Baptiste et de tous les pauvres de Dieu.

    Marie, part son « Fiat », répare le refus qu’Ève infligea à Dieu. Elle rend grâce à son Créateur et lui remet sa liberté qu’Il lui redonne. Elle s’engage avec Lui dans la Nouvelle Alliance. C’est un oui définitif qui se conclut sur Terre au sommet du Calvaire, le Golgotha. C’est à l’intérieur de ce « Fiat », dans sa résonance, que se contractera la Nouvelle Alliance. Le « Fiat » de Marie est le berceau de l’Église.

    Son action de grâce est fondatrice et universelle, car au moment où elle l’exprime, elle voit la Passion de son Fils à qui elle donne sa chair et son sang. Dès cet instant-là, elle se trouve associée à la Mission rédemptrice de son Fils qui est son Dieu puisque sa volonté y adhèrent sans restriction. Elle est la « Servante du Seigneur qu’il me soit fait selon sa volonté».

    Son « Fiat » ne fut pas un oui de confort ni un oui mondain qu’on s’empresse d’oublier. Il s’agit d’un oui de tonnerre qui plante la croix, par anticipation, dans son cœur de mère ; si l’en-tête de l’Évangile commence avec la conception de Marie, le oui de cette mère réalise la Promesse faite à Adam et Ève. Elle ouvre le Livre de la Vie. Le « Fiat » qu’elle a prononcé une fois pour toute, elle le renouvelle avec chacun d’entre-nous au moment de notre baptême (Cof. l’œuvre du Père Émile Neubert). l’Amen que nous prononçons à la réception de l’Eucharistie, c’est le lieu de convergence du « Fiat » et de l’ »Amen » du Messie. Nous renouvelons notre volonté d’être dans l’Alliance avec Jésus-Christ par l’Église qui est son Épousée et notre mère.

  • N’est-ce pas monstrueux d’exiger d’une mère qu’elle donne la vie à son enfant tout en sachant qu’il devra satisfaire à la justice divine ?

  • Humainement, on n’a pas fait pire, je te l’accorde ! Mais nous ne sommes pas dans une vision humaine, il s’agit d’une intelligence eschatologique. Les grâces n’ont pas manqué à Marie pour porter une croix de cette dimension, mais par son oui, tout à fait librement prononcé, elle ne se trouve pas seulement unie à son Créateur, son Époux et son Fils, mais elle assume la condition de l’humanité blessée avec son Fils Jésus-Christ.

    Sa foi n’est pas une foi ignorante, du charbonnier – ce qui n’est pas un compliment à mon sens5 – c’est une foi héroïque qui pose un regard eschatologique qu’aucun homme ne peut poser sans une grâce singulière, car l’intelligence qu’elle en a, est la conjonction de sa foi, de son espérance et de sa charité ; elle est d’une qualité telle qu’elle est semblable à celle de nos premiers parents avant la faute.

    C’est en Marie qu’on peut mesurer la gravité, la dramatique du péché originel, bien plus encore qu’en Jésus en qui nous la mesurons surtout par sa Passion. C’est aussi tout le sens des généalogies qui partent d’Adam et Ève jusqu’à Jésus. Elles sont là pour témoigner que Dieu s’est donné une ascendance de fidèles qui ont su garder le sens réel et eschatologique de leur foi en la Promesse. Marie, Joseph et Jésus concluent une ascendance historique et messianique qui, malgré ses faiblesses6, n’en resta pas moins fidèle dans l’espérance du Salut. Marie et Jésus sont tout sauf des avatars selon les gnoses et autres fanfreluches avec lesquelles Lucifer nous pollue.

    La Vérité est simple, elle est toujours simple ; il suffit d’être en état de grâce et de la servir pour elle-même, pas pour nous-mêmes et accepter son autorité. La vérité, quel qu’en soit son support, exprime une autorité substantielle envers laquelle il faut obéir. Elle forme, éduque notre être à l’humilité, son acceptation œuvre à la paix intérieure et extérieure, environnementale. La vérité nous libère à la condition d’en accepter l’autorité, autorité légitime qui est la condition pour faire fleurir en nous l’humilité, la vraie, celle de la voie et la joie d’enfance.

  • Mais alors, Marie est la Dame de toutes les aurores !

  • C’est un fait ! Marie fut pressentie dans la plupart des cultures et religions païennes : le pré-messianisme. Ces religions et cultures portent toutes des bribes plus ou moins pures de la tradition noétique et l’Esprit de Dieu les visita : « il souffle où il veut ». Il ne demande pas l’autorisation aux théologiens qui en sont bien marris ; ce qui console les ânes !

  • Ouf ! c’est une ironie mordante.

  • Oui, l’Église est un immense espace composée de parcelles sur certaines se cultivent les cucurbitacées ; un légume qui est toujours plein de lui-même.

  • Eh bien ! elle est bonne celle-là !

    - Il y a deux événements qui sont liés à l’Annonciation : la visite de Marie à sa cousine Élisabeth et celle de l’archange à saint Joseph.

  • Quels sont leur sens et leur place ?

  • Tu vas trop vite !

    Apprends de Dieu que s’Il est pressé, Il aime prendre son temps. Il s’amuse avec notre bon sens, Il préfère le fol !

  • Qu’est-ce qu’un fol ? C’est une étrange expression !

  • Celui qui est capable de perdre tout pour s’installer dans sa victoire, comme saint François d’Assise. Tu comprends pourquoi il est rare qu’un pharmacien soit en faillite, les savants ont souvent des migraines.

    Réalises-tu que Marie est le Tabernacle ! Son sein porte l’Acte Pur de Création ! Certes, Dieu contient ses puissances « Il ne retint pas la gloire qui l’égalait à Dieu… », mais maintenant, Il est le Saint parmi nous. Le voilà qu’Il s’est fait homme ! L’Arche de l’Ancienne Alliance trouve sa réalisation en Marie, son accomplissement significatif. Le sein de Marie Vierge porte la Loi, porte le bâton des puissances divines et porte le Pain du Ciel : les tables de la Loi, le bâton de Moïse et la manne, en furent les préfigurations, leur prophétie.

    La Vierge Mère est la mère la plus mère qui soit ! Jésus est de son sang et de sa chair ; il n’y a qu’un ADN celui de Marie, mais ce n’est pas tout à fait vrai.

  • Comment ça ! Marie ne serait pas tout à fait vierge ?

  • Aurais-tu mangé du foin pour dire une bêtise pareille ?

    Marie est la Vierge ! Mais rappelle-toi ce que je t’ai dit au sujet des cellules staminales. Nous savons qu’elles se renouvellent sans cesse et qu’elles se diffusent dans le couple, capables d’incidences par l’action de la grâce de sponsalité sur la fécondation. La haute Tradition rapporte que Jésus ressemblait parfaitement à Joseph qui n’était pas son géniteur, ce qui s’explique fort bien : Dieu a agi de telle manière que, par les cellules staminales, Jésus ressemblait à Joseph, évitant tout interrogation suspicieuse de l’entourage et soustrayant le mystère aux yeux du monde.

  • Dieu a tout prévu !

  • Il est Dieu, il faut t’y faire !

    L’Annonciation contient les deux événements que j’ai mentionnés : l’annonce de la conception de saint Jean-le-Baptiste et la visite de l’archange Gabriel à saint Joseph. On ne peut pas les séparer de l ’Annonciation, ils s’éclairent d’elle.

    Saint Joseph et saint Jean-le-Baptiste sont les piliers opposés des ponts par lesquels les prémices de la Rédemption contenus dans l’Ancienne Alliance passent à la Nouvelle Alliance. Jean-le-Baptiste est le pilier opposé à celui d’Élie, ils supportent le pont marial. Élie a vu l’image de Marie dans le nuage qui annonçait la pluie. Saint Joseph est le pilier opposé à celui du patriarche Joseph, ils supportent le pont du Père Céleste.

    « Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y avait un prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; et sa femme, qui était des filles d’Aaron, se nommait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et ordonnances du Seigneur d’une manière irréprochable. Et ils n’avaient point d’enfants, parce qu’Élisabeth était stérile, et ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.Or, comme il était de service devant Dieu au tour de sa classe, il lui échut par le sort, selon la coutume du service divin, d’avoir à entrer dans le sanctuaire du Seigneur pour offrir l’encens. Et toute la multitude du peuple était au dehors en prière, à l’heure de l’encens. Un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens.[...] Or, étant sorti, il ne pouvait leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire; et lui leur faisait des signes, et il resta muet.Quand les jours de son service furent accomplis, il s’en alla en sa maison. Après ces jours, Élisabeth, sa femme, conçut, et elle se tint cachée pendant cinq mois, disant:  » Ainsi a fait pour moi le Seigneur, au jour où il lui a plu d’ôter mon opprobre parmi les hommes. » (Luc 1, 5-25)


Saint Jean-le-Baptiste :

  • Dieu est un fameux ingénieur des ponts et chaussées ! Quel est le rôle du Baptiste ?

  • Il conclut le prophétisme de l’Ancien Testament. Tous les prophètes ont annoncé le Messie, ont préparé le peuple à Le recevoir. Sa mission est de dire : « Et bien Le voilà ! le sang des prophètes que vous avez versé c’était pour Lui ; allez-vous Le reconnaître ? »

    Il aura eu à dénoncer le mal : « Non, tu n’as pas le droit de coucher avec la femme de ton frère ! » En cela, il est Élie qui s’insurge et dénonce la prostitution de son peuple aux idoles puis il y a son baptême, il se relie à la sécheresse d’Élie dont la pluie qui suit annonce l’ouverture du Ciel, le déversement des grâces messianiques.

    Saint Jean-le-Baptiste résume la pédagogie de l’Ancienne Alliance, sa mort par décapitation témoigne de la tragédie de cette lignée, dont la portée est insaisissable.

    Il annonce une anthropologie nouvelle, transfigurée et que les Lumières s’empresseront de détruire. Il est aussi le prolongement, l’écho de l’annonce des anges faite aux bergers – le peuple – de la naissance du Messie. Il est leur porte-voix au milieu de son peuple qui ne l’entendra pas. C’est la voix qui crie dans le désert… Elle ne sera reçue que par les vrais Pauvres de Yahvé :

    «   » Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple, et qu’il a suscité pour nous une corne de salut, dans la maison de David, son serviteur, ainsi qu’il l’a promis par la bouche de ses saints prophètes, dès les temps anciens, pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent, afin d’exercer sa miséricorde envers nos pères et de se souvenir de son pacte saint, du serment qu’il fit à Abraham, notre père, de nous accorder que, sans crainte, affranchis de la main de nos ennemis, nous le servions, avec sainteté et justice devant lui, tous les jours de notre (vie). Quant à toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant la face du Seigneur pour lui préparer les voies, afin d’apprendre à son peuple à reconnaître le salut dans la rémission de leurs péchés, par l’effet de la tendre miséricorde de notre Dieu, par laquelle nous visitera une lumière d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour diriger nos pas dans la voie de la paix. «  » (Luc 1, 68-79)

    Le cantique de Zacharie dit toute l’importance de Jean-le-Baptiste et sa place dans le mystère de l’Annonciation. Il commence par l’annonce de la venue de Jésus, ce Salut qui vient de la maison de David et rappelle la fin de l’Ancienne Alliance. La généalogie de cette Promesse est certifiée, elle souligne le poids historique de la descendance d’Adam et Ève jusqu’au Messie.

    La mission de Jean est annoncée par son père, l’un des prêtres chargés de l’encens au Temple, celle-ci est bien ordonnée à la venue du Salut, elle est insérée dans ce cantique entre deux prophéties qui concernent Jésus-Christ.

    Saint Jean-le-Baptiste est le bras de Marie, elle qui se tient dans le silence d’un cœur à cœur avec son Dieu n’a pas à agir selon le monde. Jean est son premier apôtre, celui de la fin des temps, annoncé par saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Jean, fils de Zacharie, est le socle de la mariologie au cœur de la christologie. Il est le nouvel Élie qui prépare la manifestation publique du Messie.

    Saint Joseph :

  • Pourquoi la visite de l’archange à saint Joseph est-elle si importante et s’insère-t-elle dans le mystère de l’Annonciation ?

  • La réponse n’est pas simple, il faut remonter au Patriarche Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham :

« Joseph eut un songe, et il le raconta à ses frères, qui le haïrent encore davantage. Il leur dit:  » Écoutez, je vous prie, le songe que j’ai eu : Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs; et voici, ma gerbe s’est levée et s’est tenue debout, et vos gerbes l’ont entourée et se sont prosternées devant elle. « Ses frères lui dirent :  » Est-ce que tu régneras sur nous? est-ce que tu nous domineras ?  » Et ils le haïrent encore davantage pour ses songes et pour ses paroles.Il eut encore un autre songe, qu’il raconta à ses frères. Il dit :  » J’ai eu encore un songe: le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.  » Il le raconta à son père et à ses frères, et son père le réprimanda, en disant :  » Que signifie ce songe que tu as eu? Faudra-t-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner à terre devant toi?  » Et ses frères furent jaloux de lui, mais son père conservait la chose dans son cœur. » (Gn.35, 5-11)

Considérons que l’Évangile est la clef pour comprendre l’Ancien Testament, car il en est la réalisation. Selon les travaux de l’orientaliste et exégète Fernand Combrette, le Patriarche Joseph, dans sa fonction et sa dignité de Grand Vizir de pharaon, est l’inventeur de la serrure et la technique du silo à grain, du grenier, il est le créateur de l’alphabet hébraïque afin d’éviter que la foi du peuple élu ne se corrompe à cause de l’idolâtrie égyptienne.

La vision du patriarche est une annonce singulière de saint Joseph, gardien du Pain de Vie. Sa fonction de vizir est prophétique puisque son gouvernorat s’appliqua à ses frères et même son père Jacob lui fut soumis selon la loi égyptienne qu’il était chargé de faire appliquer. Être le Grand Vizir de pharaon équivalait à la charge et à la dignité de Premier Ministre ce qu’il assuma en toute justice. Il pourvoira aux besoins alimentaires de son peuple ; il annonce un rejeton qui sera la source de la nourriture de la vie éternelle. Ses frères s’inclinent devant lui ; nous sommes en présence d’un exercice de l’autorité d’institution divine au service du bien commun universel.

Joseph est l’image du Père Éternel, par lui, Il pourvoira aux besoins des Hébreux pendant 430 années, même si à la fin ils furent, le temps d’un pharaon et d’une courte période de son successeur, soumis à l’esclavage. Ils devinrent un peuple nombreux et riche.

« Or la naissance de Jésus-Christ arriva ainsi. Maire, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu’il eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit. Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit:  » Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés.  » Or tout cela arriva afin que fût accompli ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète : Voici que la Vierge sera enceinte et enfantera un fils ; et on lui donnera pour nom Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous. Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé: il prit chez lui son épouse. Et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle enfantât son fils, et il lui donna pour nom Jésus. » (Mat. 1, 18-25)

Saint Joseph est, selon la loi juive, le père de Jésus, fils de la Loi. Sa paternité est reconnue par le droit romain (recensement), elle est universellement reconnue. Il est le père du Roi des rois. Son identité anthropologique est indiscutable.

De lui, selon la tradition, nous savons qu’il attendait le Messie et qu’il s’était consacré au Seigneur. La vie chaste, partagée avec son épouse, ne lui pose aucun problème ; certes elle sort de l’ordinaire, car un couple chaste et pur est une innovation qui bouleverse l’anthropologie juive si spécifique, c’est aussi le cas pour Jean-le-Baptiste qui ne se marie pas, ne fonde pas son foyer7. Et voilà que Marie se retrouve enceinte !

Joseph n’était pas dans l’ignorance de la prophétie d’Isaïe : « et voici qu’une jeune vierge enfantera d’un enfant, Emmanuel, Dieu avec nous. »

  • Pourquoi s’est-il alors scandalisé de la grossesse de Marie ? Ne s’agirait-il pas d’une erreur de transcription ?

  • Il est possible et vraisemblable que dans un premier mouvement il se soit senti trahi et qu’il en ait ressenti une grande souffrance ; d’autre part, Marie était scellée dans le secret du Roi, elle ne doutait pas que Dieu y introduise Joseph le Juste, elle ne croyait pas devoir se substituer à Lui.

    Nous sommes confrontés à un problème de traduction, sans doute la langue araméenne dans laquelle tous les évangiles furent initialement écrits apporte des nuances, mais j’ai du mal à considérer Joseph envisageant de répudier Marie.

    Matthieu, l’évangéliste, très conservateur, relate : « elle était fiancée à Joseph et vivait séparée jusqu’au mariage.» On n’imagine pas que Marie se soit retrouvée enceinte avant de vivre sous le même toit que Joseph. Si on se rapporte à l’épisode de l’épouse adultère, on comprend que Marie n’a pu être enceinte éloignée de Joseph, elle aurait été lapidée. Et enfin, ce que l’on sait de Marie, Dieu n’aurait pas exposé sa Vierge Mère à la désapprobation de la société et risquer la mort prématurée de Jésus. Ce passage ne peut être la version exacte, à moins que Matthieu ait voulu insister sur l’identité de Marie avec la jeune fille d’Isaïe.

    Il est difficile de croire que Joseph se soit scandalisé de la grossesse de Marie, alors qu’elle lui a été donnée pour épouse au Temple, désignée miraculeusement comme le décrit A. C. Emmerich :

    « Je vis ensuite qu’on envoyait des messagers de tous les cotés dans le pays, et qu’on convoquait au temple tous les hommes de la race de David qui n’étaient pas mariés. [...] Je vis ensuite les prêtres du temple chercher de nouveau dans les registres des familles s’il n’existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié’. Comme ils y trouvèrent l’indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s’enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau. travaillant pour un maître charpentier. Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un ils, et je vis une apparition lumineuse descendre sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint Esprit. On connut donc que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. varie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepta humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible Dieu, qui avait reçu son vœu de n’appartenir qu’à lui. » (Anne-Catherine Emmerich – La Vie de la Sainte Vierge)

    Le combat intérieur de Joseph ne pouvait pas venir de l’état de Marie, elle a une autre cause. Le sentiment de ne pas être digne d’une telle mission ? Qui n’aurait pas été habité par un tel scrupule ? Avoir la responsabilité de Dieu enfant !

    Il est né de la Loi, sous le joug de Lucifer, mais il en fut délivré par une grâce sanctifiante : «Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. »  Ce concept de juste a un sens nouveau dans l’Évangile, il ne peut signifier qu’une chose, il est né sous la Loi et en fut libéré en vue de sa mission auprès de Marie et de l’Enfant Jésus ; ce qui est conforme à la Tradition et à l’École Française de Spiritualité surtout chez saint François de Salle8.

    Il est plus vraisemblable que Joseph se soit considéré comme indigne d’assumer cette mission immense, être le père du Messie ! Qui y-a-t-il d’étonnant à demander de choisir quelqu’un de plus digne ? L’archange Gabriel l’aura alors rassuré. On peut comprendre le doute de Joseph puisque Jésus Lui-même, dans son humanité, a demandé que la coupe à boire s’éloigne de ses lèvres et les anges le réconfortèrent :

    «Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit :  » Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés.  » Or tout cela arriva afin que fût accompli ce qu’avait dit le Seigneur par le prophète Voici que la Vierge sera enceinte et enfantera un fils; et on lui donnera pour nom Emmanuel, ce qui se traduit : Dieu avec nous. Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé: il prit chez lui son épouse. Et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle enfantât son fils, et il lui donna pour nom Jésus. »

    L’interprétation que nous faisons de ces versets est à travers le tamis de notre nature blessée, nous en réduisons la protée pour nous rassurer. C’est la même chose avec les versets concernant le dialogue entre Marie et Jésus lors des noces de Cana. On pense que Jésus a remis sa mère à sa place.

    L’archange Gabriel sait que Joseph n’a pas de doute quant à la grossesse de Marie ; il n’y a d’ailleurs pas de dialogue entre eux deux ; Gabriel lui rappelle la prophétie, le rassurant quant aux dispositions de Dieu, ce qui revient à dire : « si Dieu t’a choisi pour cette mission, c’est qu’Il t’a trouvé digne de l’assumer et qu’Il te donne toutes grâces pour y parvenir. Aie confiance en ton Créateur. »

    L’épreuve intérieure que traverse alors saint Joseph est semblable à celle que traversa le patriarche Joseph quand ses frères le jetèrent dans un puits ne sachant ce qu’il adviendrait de lui et ne pouvant que s’abandonner à Dieu. Quel est celui qui, s’engageant à suivre Jésus, ne se pose la question de savoir s’il en est digne, s’il y parviendra et ce que veut Dieu de lui ?

    Nos sociétés ont tendance à faire du baptisé un bourrin et sans que nous en ayons conscience, nous abordons trop souvent la parole de Dieu avec la grille artificieuse de notre époque, de notre culture sociale et de notre appétence à vouloir nous rassurer en tout  ; ainsi, insidieusement nous cessons d’être des chrétiens de pleine lumière pour nous transformer en « christianistes » : des médiocres convenus de notre baptême ! « Esprits lourds à croire ! »

    Une vraie dévotion à Marie peut seule nous éviter de tomber dans ce travers ou nous en délivrer. Marie est l’école de l’Esprit-Saint. En ayons la certitude, on ne peut aller à Jésus que par sa Mère, tout autre chemin est un chemin dévoyé : c’est celui de l’orgueil !

    La prophétie du patriarche Joseph se réalise ; saint Joseph est le gardien du Pain de Vie, il est celui qui garantit les scellés de la Nouvel Arche, Marie Vierge, « le grenier du Pain de Vie ». Il est également le dernier Roi d’Israël, il apporte le sceau de la mission la plus élevée de la dynastie davidique que la Providence divine avait élue, elle s’accomplit en lui, le père nourricier du Fils de Dieu.

    Joseph est l’image emblématique pour tous les rois chrétiens, mais surtout pour la royauté française qu’il honorera. Il la confortera dans sa mission divine en apparaissant à Cotignac. La mission de la royauté française est d’être la garante de l’ordre naturel, de la loi morale naturelle, c’est la raison mystique de Loi Salique.

    Saint Joseph sait quelle est la destinée du Messie, sa passion commence : aimer l’Enfant-Dieu comme son fils qu’il sait offert à la justice du Père céleste ! Il sait qu’il est le Serviteur Souffrant.

    Il est le Roi accompli ; le Roi des rois selon l’ordre naturel, car le Christ est le Roi des rois selon l’ordre surnaturel. Les nations s’inclineront devant lui ; la vision des « douze bottes de blé » du patriarche Joseph va au-delà des douze tribus. Les rois de Judas, de David à saint Joseph, même s’il y eut une interruption à partir de l’exode à Babylone, ont eu pour mission de maintenir la loi morale naturelle et le droit moral naturel ; mission que Jésus recueillera à la mort de saint Joseph et qu’Il surélèvera par le Commandement nouveau et le Sermon des Béatitudes. Et qu’Il sanctifiera : « Celui-ci est le Roi des Juifs »

  • Fruits du Mystère :

  • La tradition reconnaît en ce mystère un seul fruit : l’humilité ! Il se comprend pourtant que ce premier mystère joyeux contient tous les fruits des mystères à venir.

    Que savons-nous de l’humilité ? Elle est la première des propriétés de l’amour et de la vérité, car pour obéir à l’autorité de la vérité il faut une dose d’humilité.

    « Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Étant entré où elle était, il lui dit :  » Salut, pleine de grâce! Le Seigneur est avec vous ; «  Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit :  » Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin.  » Marie dit à l’ange :  » Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme?  » L’ange lui répondit :  » L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu.  » Marie dit alors :  » Voici la servante du Seigneur: qu’il me soit fait selon votre parole!  » Et l’ange la quitta. »(Luc 1, 28-38)

    La salutation de Gabriel révèle la nature parfaite de Marie, la Nouvelle Ève. Elle est pleine de grâce, au singulier, car elle est la Toute- grâce, celle que le péché originel n’a pas touchée. Gabriel salue la création originelle qu’il a contemplée en Adam et Ève. Mais aussi Celle qui séjournait dans la pensée de Dieu quand Il révéla à la cour angélique son projet de prendre, d’assumer la nature humaine

    La salutation angélique n’est pas nouvelle, n’a-t-elle pas été prononcée par les anges lors de la création du premier couple ? Eux étaient également pleins de grâce ! La visite de l’archange est un hommage rendu à cette humanité qui sera sauvée et de laquelle ces purs esprits damnés ou glorieux entendront son jugement.

    L’humilité de la Toute-grâce se dévoile dans un abandon total qui est signifié par l’offrande d’elle-même : «  Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon votre parole ! »

    La grâce à demander est l’humilité. Elle ne s’obtient pas dans une démarche volontariste, car elle ne peut être notre œuvre. C’est d’abord et toujours le travail de la grâce. Elle élève notre nature en investissant les épreuves que nous acceptons et que nous offrons à Dieu par Marie. Il faut laisser Dieu nous configurer à cette vertu qui commence par nous reconnaître et nous admettre tel que chacun est. Nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes, mais de ce que nous faisons de notre liberté avec ce que nous sommes. à ce que nous sommes si nous voulons correspondre à ce que Dieu veut de nous. Nous sommes responsables de ce que nous faisons pas de ce que nous sommes, mais certainement responsables de ce que nous devenons.

    Nous sommes ordonnés à la vie. L’humilité se répand en nous comme la violette des sous-bois dispersée là où on ne l’attend pas… C’est dans le don de ce que nous sommes en vérité que nous éduquons le regard intérieur sans lequel il nous est impossible de découvrir la violette….

« Je vous salue Marie, pleine de grâce… »

1Il est à noter qu’on ne retrouve pas cette joie dans aucune congrégation issue de la Réforme protestante ; sauf pour les anglicans, mais eux ont confisqué les constructions catholiques quant ils ne les ont pas détruites, considérant davantage leur valeurs marchande que culturelle ; en bons commis qu’ils sont des synagogues ébionites et des illuminatis.

2Le protévangile de livre de la Genèse qui sera renouvelée à Abraham.

3Les Sordes avaient un culte à la Fille ou la Vierge du Soleil ou du Feu, Pyrennéa qui donna le nom à une antique ville portuaire « Pyrène » citée par Strabon et autres historiens antiques et dont on a sans doute retrouvé les fondations sur la commune de Torreilles P.O. Au lieu dit « Le Bourdigu ». C’est l’origine du nom donné à la chaîne de montagne : Pyrénées. (Selon les travaux de Mr Paul Seban)

4Il s’agit des manipulations génétiques et de la production de clonages humains, confirmés par la docteur et député Bernard Debrè.

5Cette expression a une connotation péjorative quant à l’usage nécessaire de la raison et quant à la vie intellectuelle. Que la foi soit chevillée au corps oui et dans la mesure où elle aura connu l’épreuve du feu purificateur ; mais rien n’est plus contraire à la foi et aux enseignements des Pères de l’Église que se réjouir d’une foi aveugle, une foi d’esclave dans laquelle on aurait abandonné la raison. Un chrétien est à l’opposé du musulman, sa foi est une foi de grandeur, d’homme libre, une foi d’honneur quand bien même serait-il en esclavage.Seul le péché est réducteur de cette sur-nature.

6Les plus belles images sont celles d’Abraham qui, sous l’impatience de la maternité répond à la sollicitation de Sarah ; et il y a David, l’exemple même du pêcheur se repentant et s’exposant sans cesse à la vérité de son Dieu ainsi qu’à sa miséricordieuse justice. La fidélité c’est d’abord se mettre en vérité dans la présence de Dieu tel qu’on est ; c’est une espérance fructueuse.

7Selon le témoignage de juifs convertis qui, dans le fonds des vallées basques, avaient maintenu le meilleur de leur tradition tout en étant de bons catholiques (ils donnèrent beaucoup de prêtres et de consacrés), l’époux attendait que son épouse aille vers lui, il voyait dans cette initiative laissée à l’épouse la volonté de Dieu. Donc dès l’époque de Jésus, un juif qui se consacrait à Dieu jusqu’au mariage n’avait rien de choquant.

8Certes, cette proposition n’est pas de foi, n’est pas définie ; le sujet reste ouvert à la discussion, comme pour son éventuelle assomption à laquelle je crois.

2 avril 2013

CONFERENCE VIDEO : La Doctrine Chrétienne Catholique Enseignée par l’Immaculée Conception

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18 mars 2013

ANNEE DE LA FOI – LA DOCTRINE CHRETIENNE ENSEIGNEE AVEC L’IMMACULEE CONCEPTION

Classé dans : ANNEE DE LA FOI - PORTA FIDEI — domanova @ 17 h 57 min

 

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

La Doctrine Chrétienne Enseignée avec

L’IMMACULÉE CONCEPTION

 

ANNEE DE LA FOI - LA DOCTRINE CHRETIENNE ENSEIGNEE AVEC L'IMMACULEE CONCEPTION dans ANNEE DE LA FOI - PORTA FIDEI immaculee-conception

Introduction Générale

chaire 2cole de l'Immaculée Conception dans ANNEE DE LA FOI - PORTA FIDEI

La nécessité de renouveler l’enseignement de la Doctrine Chrétienne Catholique s’insinua en moi dans l’année de ma première communion. Je trouvais pesant le mode «question, réponse» quel que fût le niveau jusqu’à la profession de foi solennelle. Il y avait la pesanteur d’une constance, inexorablement les leçons de catéchisme se terminaient par une leçon de morale qui sentait bon l’union du goupillon avec la république.

Il ressortait des séances de catéchisme qu’il fallait craindre de commettre le péché pour ne pas s’exposer à l’Enfer ; si nous sortions de chez le médecin , on nous aurait donné deux aspirines, chez le dentiste un mal de dents.

Nous savions qu’il fallait craindre Dieu, nous ignorions qu’Il était l’Amour et qu’il fallait l’aimer avant même de le craindre. Nous ne devions pas pécher pour ne pas offenser Dieu, mais personne ne nous disait comment ne pas pécher et encore moins comment aimer Dieu. Nos catéchistes étaient certes généreux, mais sans audace, tristes comme un champ en jachère, qui d’eux se serait engagé à nous ouvrir les portes des mystères autrement qu’un inventaire de sacrements pour musée Grévin que monsieur le curé nous faisait réciter.

Nos enseignants, de bonne foi, nous mettaient en désir du Ciel par peur de l’Enfer ; ils ne nous disaient pas le chemin qu’il fallait prendre pour aller à sa rencontre autrement que par une avalanche d’interdits. En fait, notre vie spirituelle était tenue dans une somnolence inquiète. Nul ne nous disait comment aimer Dieu !

De la grâce de ma conversion surgit l’appétit de connaître Dieu. Qui est-Il ? Quel est le contenu de la foi ? Qui est l Église et quel est son mystère ? Toutes questions qui ne se posent qu’au présent tant elles sont permanentes. Mes séjours au séminaire de Paray-le-Monial et au monastère de Saint Michel de Frigolet ranimeront ce que je me murmurais enfant : comment renouveler la transmission de la Doctrine ?

Cette interrogation s’amplifia avec la découverte de ma paternité, comment transmettre à mes enfants ma foi et son contenu ? Cette question devenait cruciale, surtout devant non seulement le désert doctrinal, mais aussi la corruption du peu qu’il en était enseigné. L’interrogation devint plus pressante lorsque je m’engageais dans ma mission actuelle, ce singulier apostolat au moyen de l’internet. La réponse recherchée n’était pas seulement la qualité et la sûreté doctrinale, mais le mode pédagogique. Elle me devenait oppressante et la réponse urgente à trouver.

Au cours de ma recherche, je découvris que l’oralité ne pouvait être remplacée par aucun autre mode de transmission, mais qu’en cette époque d’appétence médiatique, elle ne saurait être suffisante. Je devais réfléchir au renouvellement de la transmission écrite quoique ce mode soit inférieur à l’oralité et d’attrait plus difficile pour ce sujet. C’est auprès de Platon et ses dialogues que je trouvais une solution possible.

Aujourd’hui, si la solution me semble la plus adaptée, elle demeure insuffisante. La culture révolutionnaire dominant toutes les sociétés, et n’épargnant aucune de l’Occident, pour lui faire face et résister avec fruits, il faut, en plus de la prière, tout dire de la Doctrine et des mystères, car Dieu dispose pour nos générations de grâces spécifiques dont l’efficience demande à germer sur une substance de qualité. La vérité s’offre à l’intelligence qu’il suffit d’attiser, l’âge n’est en rien un handicape, il suffit de trouver la bonne pédagogie et savoir que l’âme aspire au plus tôt à aviser son Créateur.

L’humain est intelligent ; si l’intelligence diffère selon le sujet, c’est moins parce que celui-ci ne la travaille pas assez que par une inaptitude congénitale, car l’homme vivant, s’il est action de grâce, a les capacités de comprendre la Création, de comprendre l’Acte Pur Créateur de Dieu. Il me semble qu’on ne doive rien cacher de Dieu ni de ce qu’Il dit de Lui et de l’homme. Il faut adapter le vocabulaire et l’imagerie pour permettre aux couloirs lumineux des mystères du «château des demeures» de guider le sujet. L’homme est appelé à la sainteté, «Soyez saints comme votre Père des Cieux», il n’est indiqué nulle part une limite d’âge ni de vocation, ni de culture, ni de race, ni de sexe. Dieu se donne, se livre à tous !

Dans le silence de mes recherches sur ce problème, ma fréquentation avec saint Louis-Marie Grignon de Montfort, le Père Émile Neubert, le témoignage du Bienheureux Jean-Paul II les conseils avisés du Père Patrick de Vergeron, du défunt Père Édouard Castaing, il s’imposa à moi que Marie, l’Immaculée, était le chemin sûr pour donner cette nourriture de l’esprit et qu’elle était une pédagogue efficiente. N’est-elle pas la Médiatrice de toutes les grâces !

Voici que je vous propose de nous laisser guider par Marie en son école, car elle est la «Maison d’or» inébranlable devant les intempéries des hérésies. Nous allons entrer en son école par la seule clef que nous lui connaissons, les mystères du rosaire. Vous vous laisserez charmer par l’étendue des demeures du château, leur lumière, leur pureté naïve et si bien fondée… Vous vous laisserez happer par l’incandescence de l’Amour de Charité, les gourmandises qu’essaiment la foi et l’espérance ; ne craignez pas de vous égarer dans les pièces, Marie est la femme forte et la mère pleine de tendresse… Vous saurez par où passer pour la rejoindre et par elle, aller au Fils, son Jésus.

Voulez-vous m’accompagner, entrer avec moi dans cette école ; elle est au bout du chemin rocailleux, bordé de ronces et d’épineux. Faites gaffe ! Le cantonnier préfère réciter son chapelet que de boucher les ornières. Et, mais c’est bien sûr ! Il est boueux à cause des larmes pénitentes. Non ! Laissez-là vos chaussures, enlevez vos bas et allez de l’avant. La glaise vous rappellera…

Oui, vous avez vu la route parallèle qui borde ce chemin ; voyez comme elle est bien entretenue ! Elle est pour les âmes enfoncées dans le péché ; cette école est comme la Maîtresse des lieux, un refuge pour les pécheurs qui n’ont pas la force de s’en sortir par eux-mêmes…

C’est une école ouverte, personne n’en est exclu, le seul examen est l’humilité qu’impose la vérité de soi. Dans leur cœur, ils veulent en sortir, mais n’y parviennent pas… C’est pourquoi l’Immaculée a ordonné aux anges de tracer une route facile, attractive ; on ne fait pas escalader une montagne à un tétraplégique…

Eh vous ! qui devez prendre ce chemin, ce sont vos efforts qui permettent à vos frères et sœurs de s’engager sur cette belle route…

Nul ne se sauve seul ! Nul ne se damne seul !  

LE VEILLEUR

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« Les aurores se poursuivent, course immobile, tempo du pas de l’homme, mémoire des éternités effacées. Le veilleur habite le silence des hommes et murmure au cœur de Dieu. Il attend le quêteur, l’affamé de la Présence. »

Le Pèlerin : «- Dis-moi vieux père, quelle est la route qui éloigne le plus de la ville ?

L’Ermite : - Ici, tu es très loin ! Plus loin, beaucoup plus loin, tu t’en approches.

  • Vieil homme, tu es resté trop longtemps au soleil, je n’entends rien à ce que tu dis ; être à dix minutes de la ville, n’est pas le point le plus éloigné !

  • Tu n’entends pas, jeune homme ! Le vrai éloignement n’est pas une distance, mais une présence.

  • Mais je veux être seul !

  • Cela ne se peut pas ! L’homme, même au désert, fait le choix d’une présence : Dieu ou le Malin. Dans la plus profonde des solitudes, il est toujours en présence de quelqu’un. La vraie question est de savoir quelle sera la qualité de la présence ?

  • Dieu ! Je connais pas. Tu sais qui Il est toi ?

  • Je sais ce qu’Il n’est pas. Mais oui, je sais qui Il est.

  • Et qui est-Il ?

  • Il est ! C’est le Je suis !

  • Tu as fumé de la locale, vieil homme ! Il faut pas faire d’excès. Bon, je vais continuer la route.

  • Non, je ne crois pas !

  • Tu ne le crois pas ?

  • Non ! Quand tu étais enfant quelle image aimais-tu regarder ? N’est-ce pas cette vieille statue de ta grand-mère qui trônait sur la commode de sa chambre ? Notre-Dame de la Pitié ! Tu l’as d’ailleurs conservée dans la maison abandonnée.

  • Tu as connu ma grand-mère ?

  • Tu reviens de faire un long périple ; vas-tu fuir encore longtemps ?

  • Tu as raison, vieil homme, je fuis. Comment peut-on porter ce qui ne peut se porter ? Que peut-on dire de la mort de son enfant ? Je n’ai pas vu Dieu à ce moment-là. Il devait boire son thé à l’ombre d’un figuier !

  • J’ai connu une maman qui a vu mourir son fils ; elle n’a pas fuit, elle s’est offert aux autres. Elle n’avait rien que sa pauvreté habitée par la Présence. Veux-tu que je te raconte son histoire ? Veux-tu connaître son enseignement ?

  • Si je dis oui, je vais le regretter ! Je sens que je vais le regretter…  J’aime mes certitudes.

  • Tu n’en as pas ! Tu n’as que le souvenir du sourire de ton enfant, Élie. Tu ne sais pas lui donner un sens, car cette mort n’a aucun sens à vue humaine… C’est un bien que tu veux garder et qui te brûle. Tu ne veux pas l’offrir. Tu n’es pas propriétaire de cette mort, pas plus que tu ne l’étais de sa vie.

  • Où cela va-t-il me mener si je te suis ?

  • Assoie-toi près de cet orme. La tradition rapporte qu’il fut planté le jour de la décapitation de Louis XVI, qu’un halo lumineux le couvrit pendant sept jours. Vois comme il est vigoureux, c’est le seul qui n’ait pas été malade. Écoute ! Et si ton cœur ne s’apaise pas, alors tu reprendras ta fuite et un autre veilleur t’attendra sur une autre route.

LE CREDO

benoit-xvi-4 Acte Pur de Création

Le cierge que tiennent parrain et marraine, représente J.C. La flamme est la foi, la cire est la doctrine qui la nourrit. Le Pape et le cierge allumé rappellent la foi venue de la transmission apostolique ininterrompue, il t’appartient de la maintenir vivante et de la transmettre à ton tour.

Ermite : - Le sais-tu mon ami, le Credo résume le contenu doctrinal de ta foi. Il en est tout le condensé. Tu dis tout de la vérité quand tu le récites. Tu ne te trompes pas. C’est l’enseignement de Jésus-Christ. C’est ce Dieu inconcevable qui s’est fait homme, alors que bien des hommes de grenouilles ou crapauds veulent devenir un bœuf, le plus souvent calife à la place du calife. Lui : « ne retint pas la gloire qui l’égalait à Dieu… ». Je te le dis, ce Dieu du credo est « impayable » et Il ne se paye pas de mot.

Quand tu le récites, ce n’est ton credo que parce que tu proclames la foi de l’Église dont tu es l’enfant. A ton baptême, tes parrain et marraine, tes parents et toute l’assistance ont proclamé et rendu à l’Église la foi reçue des Apôtres, c’est à ce moment-là, qu’en ton nom, ils ont sanctionné ton adhérence – plus que ton adhésion – ton incorporation – au Corps Mystique du Christ. Seul ou dans ta communauté paroissiale, quand tu récites le credo, tu ne le dis jamais seul, mais toujours dans la communion des saints de l’Église militante. Ta foi devient elle-même forte de la communion dans la foi commune du peuple de Dieu dont tu es devenu membre par le sacrement baptismal.

Ne crains pas de le réciter, il est ton identité indélébile ; que tu fasses ton salut ou que tu décides de le perdre, c’est en ta qualité de chrétien que tu fais ton choix d’éternité qui n’en sera que plus lourd de finalité, de qualité.

La récitation du credo oblige Dieu ! Il te garde dans la Vérité qu’Il est et s’offre alors à toi en Pain de Vie. Récite ton credo matin et soir, Dieu te revêtira de ses propres armures et te donnera ses propres armes pour t’installer en son Jour dans sa victoire.

Ne redoute pas de le réciter, tes pères et mères, depuis les temps lointains, l’ont fait avant toi, et l’écho de leur récitation a devancé ta foi, a tracé ta voie. Tu es né de leur sang, mais aussi dans leur foi, ne la perds pas contre un plat de lentilles.

Sais-tu que depuis l’aube sacrale jaillissant dans le triomphe éblouissant de la Résurrection, il n’y a pas une semaine sans que quelque part, un frère dans la foi ait à répandre son sang pour glorifier ce credo…

Nourris-toi de lui ! Il fera fleurir ton espérance, ta charité et Dieu te montrera sa face bénie, tu seras compté parmi ses amis, Lui qui ne cesse de servir le vivant le plus ingrat qui soit, l’homme !

*

* *

Une caractéristique de la Doctrine Chrétienne est qu’elle confirme la théorie des « fractales » : ce qui est contenu dans un article est l’intégralité de l’exposé ; ainsi un seul mystère du rosaire contient l’ensemble des mystères, un seul article du Credo le contient intégralement. Dans les cultures antiques, on enseignait que le microcosme contenait le macrocosme, les Anciens étaient en avance sur l’intelligence de la Création puisqu’ils la concevaient dans son unité, ce que le cartésianisme rend impossible.

Aucune autre religion que la nôtre1 n’offre une doctrine aussi organique et harmonieuse, car elle est la Parole du Verbe, la Parole en acte. Elle est vie et efficiente dans l’économie du Salut. Et aucune autre ne peut prétendre à l’universalité d’un principe absolu de Vérité et d’autorité.

NOTRE PERE

« Qui m’a vu à vu le Père ! »

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Le Pèlerin : «  – Et voici que j’appelle Dieu, Père ! « Elle est forte celle-là ! » Pourquoi Dieu serait-Il mon Père ?

Je n’ai qu’un père, mon géniteur. C’est par son travail que je mange, que je m’habille, que je me chausse, que j’ai un toit. Dieu, je ne le vois pas ! Ce n’est pas Lui qui me corrige, ce n’est pas Lui qui m’emmène à la pêche, à la chasse. Ce n’est pas Lui qui me rassure sur les routes de la nuit ni qui m’apprend à faire du vélo. Pourquoi Dieu serait-il mon père ?

L’Ermite : - Dieu est ton Père parce que tu as un papa et une maman. Ton papa est l’image, la ressemblance de Dieu le Père, ton Père des Cieux !

Ne sais-tu pas ! Ne sais-tu pas ! Que Jésus enfant voyait dans saint Joseph, son Père des Cieux qu’Il avisait et que le Père l’avisait dans la Sainte Trinité avec l’Esprit Saint avant de choir dans la chair mortelle de l’homme.

Ne sais-tu pas ! Ne sais-tu pas ! Que saint Joseph, le père adoptif de Jésus, avait été sanctifié à sa conception par anticipation : « Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer… » (Mat.1,19) Dieu le sanctifia afin que Jésus pût contempler son Père des Cieux en lui.

Quand tu dis « Notre Père », quand tu dis Papa, tu obliges ton Dieu et ton papa à t’aimer, à te reconnaître. Et eux, du plus profond de leur amour, tendent leurs bras de puissance et si fragiles pour t’emmener dans un vis-à-vis de tendresse, de vérité, d’amour.

Les bras de ton papa, quand ils te soulèvent pour un bisou ou une réprimande, sais-tu que Dieu est dans ce geste d’amour et de sévérité. L’amour de ton papa, c’est l’amour de Dieu qui se rappelle à ta mémoire ontologique « memoria dei ». C’est cet amour là, unique, qui a amené Dieu à être présent réellement, substantiellement, au moment où se formait ton génome. La fusion des vingt-trois chromosomes de ta maman et de ton papa avec leur ADN chargé de leur hérédité forma ton propre ADN et là, dans le mystère de l’Amour Créateur, Dieu, en Acte Pur de Création, créa ton âme qui t’anima à l’instant de sa création. Tu es devenu homme, une personne, fils de ton papa et de ta maman et fils de Dieu, futur frère de Jésus-Christ.

Dieu, comme ton papa, est prêt à te pardonner ; dans le pardon de ton papa et de ta maman, il y a un peu du pardon de Dieu le Père ; un avant goût de sa tendresse. Jésus a été enfant ; il a cherché l’amour de son papa… Si le Fils de Dieu a eu le désir d’un papa et d’une maman, ne crois-tu pas que c’est aussi parce qu’au Ciel, Il recevait de Dieu le Père l’amour et qu’Il Le lui rendait d’une égale qualité ?

Tu dis que c’est ton papa qui te nourrit par son travail, que c’est un honnête homme ! Sais-tu que Dieu le Père te nourrit aussi ? Figure-toi qu’Il a nourri physiquement tout un peuple pendant quarante années de désert ! Elle est bonne celle-là aussi n’est-ce pas !

Eh bien, Il fera encore mieux que ton papa et que nourrir un peuple par de la manne et des cailles ; Il va donner son Fils Unique en nourriture aux hommes qui ont reçu la marque de la Sainte Trinité par le sacrement du baptême. Car, quand tu communies au Corps et au Sang de Jésus dans l’Eucharistie, c’est bien sa chair et son sang que tu manges. Tu fais une manducation de son Corps non-sanglant.

Tu vois que Dieu est ton Père et que c’est une grâce infinie de pouvoir l’appeler « Papa !»

En mangeant son Corps et en buvant son Sang, tu communies, dans la foi, à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. C’est tout cela un Dieu Père.

Ô, ne crains pas de l’appeler « Papa », de l’appeler « Père » ce Dieu « impayable » ! Il n’y en a pas deux pareils ; mais fais attention, Il ne se calcule pas. Non ! Va comprendre : Il est Un en trois Personnes et ces trois Personnes n’en forment qu’Un ! Après ça, aime les mathématiques ! Tu parles d’une migraine !

Mais ne t’inquiète pas ! Car avec Lui, tu seras très vite docteur es science ! Tu comprendras plus tard, ne fais pas cette tête d’ahuri. Que veux-tu, Dieu a l’art d’écrire droit avec des courbes. La géométrie c’est pas son fort non plus. D’ailleurs, on n’est pas certain que Dieu ait jamais passé d’examens ; Il l’a fait exprès de pas les passer… Imagine la tête de Jules Ferry !

LES TROIS AVE MARIA

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NOTRE DAME DES ROSES (SAN DAMIANO)

« Dieu a voulu naître d’une femme, car Il voulut connaître la tendresse d’une mère. Lui, Fils de Dieu le Père, a voulu une mère et un père… »

Le Pèlerin : « - Oh ! en voilà une histoire.

Une femme vierge est choisie pour être la mère de Dieu ? N’aurait-il pu revêtir l’humanité sans passer par la parturition ? Ce n’est pas facile de croire qu’une vierge puisse être mère sans avoir jamais connu d’homme.

L’Ermite : - Tu te contenteras pour le moment de cette réponse lapidaire : « A Dieu rien d’impossible. »

- Je n’ai vraiment pas le choix ; ne suis-je pas celui qui demande ?

- Si tu demandes, c’est que Dieu se révèle en toi en tenant compte de ce que tu es. C’est l’Esprit-Saint qui attise le besoin de vérité de ton être – non ton âme – et il demande à satisfaire ton intellect agent, spirituel agent et la memoria dei.

Ces agents ou puissances fondent la personne que tu es depuis la constitution du génome ; c’est-à-dire entre cinq minutes et vingt-quatre heures après la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde. Ainsi, dès que les vingt-trois chromosomes de ton papa et de ta maman fusionnent et que fusionnent leurs ADN, Dieu se rend en personne présent en toi, juste avant l’influx électrique qui va permettre la division cellulaire et former l’embryon, et ainsi, par son Acte Pur de Création, te donner une âme toute neuve et tu es, à cet instant-là, ce que tu es devenu aujourd’hui et ce que tu deviendras plus tard un homme libre de décider de la qualité de son éternité. C’est le spermatozoïde qui déclenche la décharge électrique.

- Pourquoi faut-il attendre entre cinq minutes et vingt-quatre heures ?

- Cela dépendrait de la qualité de leur amour, de leur réceptivité à la grâce de sponsalité ; il y a sans doute d’autres facteurs en plus dont certains biologiques.

- C’est quoi cette grâce machin ?

- La grâce de sponsalité est au couple constitué d’un homme et d’une femme unis. La grâce d’union des corps, des deux esprits et des deux âmes devient efficiente et singulière pour chaque couple. Elle est exclusivement ordonnée à leur vie d’union. C’est en elle qu’est désiré, procréé l’enfant et c’est par elle que les grâces du papa et de la maman, dès avant qu’il soit conçu, mais déjà désiré, s’apprêtent à soutenir sa fécondation, sa croissance. Il est aimé avant, pendant et après jusque dans l’éternité de l’éternité. C’est la qualité de cette grâce et d’autres facteurs peu connus ou encore heureusement inconnus qui déterminent le temps à mettre pour que ton génome se forme en embryon d’homme.

- Si Dieu, par son Acte Pur de Création, est capable d’une telle merveille, pourquoi a-t-il voulu naître d’une femme ? Qu’en avait-il à faire ?

- Il en avait à faire… Serais-tu misogyne !

- Non pas !

Mais pourquoi une telle voie ?

N’est-ce pas humiliant pour Dieu ?

- Tu as raison ! C’est humiliant pour Dieu. C’est ce qu’a pensé Lucifer ; il a donc conclu que cela ne pourrait-être.

Mais ta question est très humaine. Tu vois selon ton aune ce qui risque de t’emmurer.

Comprends, c’est l’orgueil qui a perdu l’humanité et avant cela une partie des anges, il est logique que la réponse de Dieu à cet orgueil soit celle de l’humilité. Dieu est Dieu ! Mais par une absolue gratuité, Il a promis de sauver l’humanité dans toute son intégralité, Il a alors fait choix de s’incarner dans cette humanité pour en assumer tout sauf le péché tout en le prenant sur Lui.

- Eh bien, quel programme ! et ce n’est pas de la télé réalité. Mais pourquoi fait-Il ça pour nous ? Qu’est-ce que l’homme pour Lui ?

- Tout et un rien à qui Il s’offre à remplir de son amour.

- Un rien peut-il être un tout ?

- Enfant, tu as collectionné des cailloux, et tu en préféras un. Mais ce caillou, tant que tu ne le regardais pas, il n’était rien pour toi ; mais dès que tu le regardas et le choisis, il te devint précieux. L’homme, tous les hommes sont des cailloux qu’Il s’est choisis un à un et qu’Il préfère et aime autant qu’Il aime le tout.

- Ce Dieu n’est vraiment pas fort en math ; Il me plaît,car comme Lui je suis nul en mathématiques. Cette faute d’orgueil dont ma grand-mère me parlait qu’est-ce que c’est ? Elle devait être importante pour amener Dieu à s’incarner dans notre nature.

  • Adam et Ève, nos premiers parents et géniteurs ont été créés libres, semblables à Dieu.

  • Mais pourquoi a-t-il fait une telle chose ? Si on se donne une créature, c’est pour soi. J’ai eu un chien, il était pour moi, pas pour lui, il n’aurait pas compris que je le laissasse s’échapper.

  • Dieu a voulu un homme et une femme à sa ressemblance, et cette ressemblance consiste entre autre à être libre comme Lui-même l’est.

    Il souhaita qu’Adam et Ève adhérassent librement à Lui et qu’ils exprimassent cette liberté en une action de grâce qui consistait en ce qu’ils la Lui remissent, Il n’eût pas manqué de la leur rendre. Leur refus signifia le rejet d’alliance avec leur Créateur ; ils voulaient être maîtres de leur destinée, être Dieu à la place de Dieu.

  • Leur bonheur ne leur suffisait pas, ils eussent souhaité en être à l’origine. Ils avaient dû fumer du haschisch !

  • Ils se laissèrent séduire par Lucifer qui, pour l’éternité, s’est fixé dans sa rage de vouloir faire obstacle au plan divin.

  • Il veut être calife à la place du calife. Mais pourquoi Dieu, Lui, le Tout-Puissant, n’a-t-il pas fait mourir Adam et Ève ? Il n’avait plus qu’à recommencer.

  • Il a été plus humble que Lucifer. Il a maintenu son projet malgré l’humanité blessée et ne lui a rien retiré des dons qu’Il lui a confiés.

  • C’est à cause de cette faute qu’Il décida de s’incarner ?

  • Non ! Son projet a toujours été de s’incarner et d’élever l’humanité, mais la faute originelle obligea à une étape intermédiaire : la Passion, car pour élever l’humanité tombée volontairement sous le joug de Lucifer, il fallait qu’elle fût libérée.

  • Son Incarnation eut pour priorité de rétablir l’homme dans sa liberté et dignité originelles, n’est-ce pas ?

  • Oui, c’est cela.

  • Je comprends, il lui fallait une maman pour faire la volonté de son Père. Mais pourquoi, sur le chapelet que tu égrènes, tu dis trois fois un «Ave Maria» ? Avant de me répondre, j’ai une autre question ; il fallait qu’elle soit sans faute pour recevoir le Fils de Dieu. Il a fait une nouvelle création ?

  • Non, il n’a pas fait une nouvelle création, car alors sa justice n’eut pas été parfaite. La promesse du Salut, Il la réalisera avec l’humanité blessée ; donc Marie ne peut pas être une nouvelle création.

  • Que c’est-il passé ?

  • Quand l’heure vint pour Dieu le Père, d’envoyer son Fils Unique s’offrir pour satisfaire à sa justice : « Père, j’ai dit, je viens faire votre volonté. ». Dieu le Père suscita la conception de la Vierge Marie. Il veilla à ce qu’elle ne fût pas même touchée par l’ombre du péché originel, Il le fit par anticipation des grâces que son Fils acquerrait par son Incarnation, sa Passion et sa Résurrection.

    Voilà comment le Fils trouva, en Marie l’Immaculée, le sein béni qui l’accueillerait. Vase pur.

  • Mais cela ne me dit pas pourquoi, après le Notre Père, tu récites trois Ave ? Comment a été conçue Marie, l’Immaculée ?

  • Nous devons considérer plusieurs aspects de cette question et savoir qu’elle reste ouverte, car elle déclore la voie sur la puissance de Dieu dont nous sommes sûrs qu’elle ne pourra pas embrasser les étendues du mystère divin, quelle que puisse être notre capacité d’entendement.

    Dieu est le Tout-Puissant, rien ne lui est impossible. Si nous considérons que Marie n’est pas une création nouvelle, Joachim et Anne sont donc ses parents biologiques qui eux ont subi la condition blessée du genre humain. Il apparaît alors juste de dire que la conception de Marie a obéi à la loi générale de la procréation, mais cette réponse nous laisse un étrange sentiment d’insatisfaction. Il faut se reporter à la tradition non écrite et aux révélations privées, la plus sûre d’entre-elles est Anne Catherine Emmerich.

On ne peut ignorer que la Vierge Marie incarne l’idéal féminin ; l’objet vers lequel les désirs s’élèvent, mais ne l’atteignent jamais. Cette représentation de l’idéal féminin a peut-être eu une influence au point de souhaiter que la conception de Marie soit différente de la loi naturelle.

  • Bien ! mais tu n’as pas toujours répondu à ma question au sujet des trois Ave.

  • Nous y arrivons !

Marie, fille de Dieu le Père :

« Yahweh parla encore à Achaz, en disant : »Demande un signe à Yahweh, ton Dieu, demande-le dans les profondeurs du schéol ou dans les hauteurs du ciel. » Mais Achaz dit : « Je ne le demanderai pas, je ne tenterai pas Yahweh. »Et Isaïe dit : « Écoutez, maison de David : Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ?C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge a conçu, et elle enfante un fils, et on lui donne le nom d’Emmanuel.Il mangera de la crème et du miel, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. » (Isaïe. 7, 10-15)

« C’était sur un avis du ciel que Joachim avait été introduit dans le sanctuaire. Ce fut encore par une inspiration divine qu’on le conduisit dans un passage consacré et souterrain qui aboutissait à la porte Dorée.[...]Elle (Anne) remit son offrande à un prêtre auquel elle fit part de l’apparition de l’ange, et de l’ordre qui lui avait été donné d’aller trouver son mari sous la porte Dorée. Alors d’autres prêtre et plusieurs femmes vénérables, […] la conduisirent à une autre entrée du même passage consacré, […]. Une de ces colonnes s’élevait comme une tige de palmier, avec des branches pendantes ornées de fleurs. Ce fut là que Joachim fit la rencontre d’Anne, toute rayonnante de joie. Ils s’embrassèrent dans un mouvement de sainte allégresse, et se firent part de leur commun bonheur. Une nuée lumineuse les environna, et ils tombèrent en extase. Cette lumière rayonnait sur eux du sein d’une troupe nombreuse d’anges, planant sur leurs têtes et portant une haute tour, toute resplendissante , semblable à la tour de David ou à la tour d’ivoire . Puis cette tour disparut, et une immense auréole vint couronner Anne et Joachim.

Il fut alors montré que la conception de Marie avait été aussi pure, par la grâce, que l’eût été, sans la chute originelle, toute conception humaine. »(A.C. Emmerich,Visions sur Notre Seigneur J.C. v.1, ch. XI)

L’école théologique la plus fondée considère que la procréation par voies sexuelles est une pénitence résultant de la faute originelle, même si ce mode de procréation se trouve conforme à la loi morale naturelle et sanctifiée par le sacrement du mariage et qu’elle soit la seule légitime et moralement acceptable.

La découverte assez récente d’une cellule appelée « staminale », cellule commune à tout vivant animal y compris l’homme (quoiqu’il ne fasse pas partie de l’ordre animal). La staminale est émise en permanence par l’organisme, ce qui expliquerait que par elle, par la grâce de sponsalité, la procréation ait pu se faire sans qu’il eût été nécessaire de passer par l’acte sexuel. Dieu accordant alors une grâce singulière de sa toute puissance créatrice. On observera que cette fécondation, si elle s’établit selon le projet initial prévu avant la faute originelle, n’en a pas moins besoin d’un support matériel, la cellule staminale.

Dieu intervient d’une manière extraordinaire, mais toujours dans le cadre de sa Création. Si vraiment ce fut là le mode de procréation voulu pour la conception de Marie, on doit s’accorder pour dire qu’il ne s’agit pas d’une création nouvelle (ce qui est de foi), mais bien d’une succession de grâces singulières, car c’est dans l’acte du baiser et des cellules staminales – support matériel – qu’elle se produisit ; il y a eu communion des corps et des esprits, il y a bien une transmission des deux fois vingt-trois chromosomes et des deux ADN chargés des hérédités.

Les parents de Marie, Joachim et Anne, pour la recevoir, ont peut-être été sanctifiés lors de l’annonce faite par l’archange Gabriel ? Ils sont nés sous le péché originel, mais ont pu jouir eux aussi des effets anticipés de la Passion de Jésus-Christ, si ce n’était pas le cas, alors Marie ne serait pas l’Immaculée ce qui n’est pas concevable. LÉglise engagea son infaillibilité dans la proclamation de ce dogme, elle ne s’est donc pas trompée. Ils n’auraient pas été proclamé saints.

  • Voilà une révélation ! Dieu serait donc vraiment Dieu ? Il existe en vérité ?

  • Je ne répondrai pas à cette question, car la réponse est dans ton cœur autant que dans ta raison. Il t’appartient de la découvrir au fond de toi et sans doute par une rencontre. Permets à Dieu de t’aimer, pour l’instant tu n’as besoin que de cela ; Te laisser-aimer.

- 1- Marie, tout comme nous, n’est pas Dieu, elle est une créature, appelée à la vie par Dieu le Père et comme elle est immaculée, elle est deux fois sa fille, par sa nature et par la grâce. Marie fille de Dieu le Père, lys de pureté et porte de la foi. IER AVE

Marie, épouse de l’Esprit-Saint :

« Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. Étant entré où elle était, il lui dit :  » Salut, pleine de grâce! Le Seigneur est avec vous ; « Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit :  » Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin.  » Marie dit à l’ange:  » Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme?  » L’ange lui répondit :  » L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu.  » Marie dit alors:  » Voici la servante du Seigneur: qu’il me soit fait selon votre parole!  » Et l’ange la quitta. » (Luc : annonciation. 1, 26-38)

« La sainte Vierge était dans un profond ravissement. La lumière qui remplissait la chambre avait fait évanouir la lueur de la lampe. Le plafond paraissait enlevé, et le ciel se montrait ouvert sur sa tête. Alors, au-dessus de l’ange, un torrent de lumière me fit voir la sainte Trinité, sous la figure d’un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. J’y reconnus ce qu’on ne peut adorer qu’en silence ; le Dieu tout-puissant, Père, Fils, Saint Esprit, qui n’est qu’un seul Dieu tout-puissant.

Quand la Sainte vierge eut dit : « Qu’il me soit fait selon votre parole », le Saint-Esprit apparut sous une figure ailée, qui cependant n’était pas celle de la colombe, son emblème ordinaire. La tête avait une face humaine ; les deux côtés tombaient comme deux ailes formées de lumière.Des mains jaillissaient trois courants lumineux qui virent se réunir au côté droit de Marie.

Dès que cette lumière l’eut pénétrée, elle parut elle-même resplendissante et comme diaphane : c’était comme la fuite des ténèbres devant la clarté, le jour succédant à la nuit. Rien en elle ne demeurait obscure : elle était inondée de splendeur et tout éblouissante. » (A.C. Emmerich : Vision de Notre Seigneur J.C. v;1, ch. 1 sec. partie.)

La tradition rapporte que Marie, dans cette extase et par l’élan de son fiat, aurait fait une petite hémorragie cardiaque2 – une goutte de sang – ce qui aurait permis à Dieu de la féconder en vue de la Personne humaine de Jésus et ainsi permettre l’Incarnation immédiate de Dieu le Fils, le Verbe ; ce qui prouve, s’il en était besoin, que l’animation – à savoir la création de l’âme par Dieu présent en Personne à la constitution du génome – est vrai, car comment Dieu le Fils aurait-Il pu s’incarner dès l’Annonciation - ce qui est de foi – si la personne humaine de Jésus n’eût pas existé juste avant ? Si Dieu s’incarne dans le corps et l’entière personne de Jésus, c’est que, dès le génome, l’homme existe entièrement.

2- Marie est épouse de l’Esprit Saint. Elle est son épouse, car c’est Lui qui la couvre pour offrir à Jésus la nature humaine dont Il a besoin. Cela se déroule dans l’élan de son « fiat ». Marie, épouse de l’Esprit Saint, rose d’amour, porte de la charité. IIe AVE.

Marie, mère de Dieu le Fils :

« Or, en ces jours-là, fut publié un édit de César Auguste, pour le recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter s’accomplit, et elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et qui veillaient la nuit sur leur troupeau. Un ange du Seigneur parut auprès d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de clarté, et ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit:  » Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie: il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous en sera le signe: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche.  » Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant : » Gloire, dans les hauteurs, à Dieu! Et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir! « Lorsque les anges, s’en allant au ciel, les eurent quittés, les bergers se dirent entre eux:  » Passons donc jusqu’à Bethléem, et voyons cet événement qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître.  » Ils s’y rendirent en toute hâte, et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent furent dans l’admiration de ce que leur avaient dit les bergers. Quant à Maire, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’il avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit. » (Luc, naissance. ch.2, 1-20)

« Je vis la lumière qui entourait Marie devenir de plus en plus éclatante ; la lueur des lampes allumées par Joseph s’était éclipsé. Vers minuit, la très sainte Vierge entra en extase, et je la vis élevée au-dessus de terre ; elle avait alors les mains croisées sur la poitrine, et sa large robe flottait autour d’elle en pli onduleux. La splendeur qui l’environnait augmentait sans cesse. La voûte, les parois et le sol de la grotte, comme vivifiés par la lumière divine, semblaient éprouver une émotion joyeuse. Mais bientôt la voûte disparut à mes yeux ; un torrent de lumière, qui allait toujours croissant, se répandit de Marie jusqu’au plus haut des cieux. Au milieu d’un mouvement merveilleux de gloires célestes, je vis descendre des chœurs angéliques, qui, s’approchant, se montrèrent sous une forme de plus en plus distincte. La sainte Vierge élevée en l’air dans son extase, abaissait ses regards sur son Dieu, adorant Celui dont elle était de venue la mère, et qui sous l’aspect d’un frêle enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle. […] Ce ne fut que lorsqu’il se mut et pleura, que Marie, revenant à elle, le prit, l’enveloppa et le pressa sur son cœur. Puis elle s’assit, couvrit le Sauveur de son voile, et je crois l’allaita. Je vis alors, tout autour d’elle, une foule d’anges, sous la forme humaine, se prosterner devant l’enfant et l’adorer. (A.C. Emmerich seconde partie, ch.XII)

3-L’Église enseigne que Marie fut vierge avant la conception de Jésus, pendant la gestation et après la naissance de Jésus. Il faut donc convenir que la naissance de Jésus ne déchira pas l’hymen. En effet, la Vierge Marie ne pouvait connaître les douleurs de la parturition puisqu’elle a été épargnée du péché originel (de foi). Ce ne fut donc pas un accouchement par les voies naturelles, mais selon le procédé de la grâce ce qui aurait dû être la norme pour tous si l’humanité n’avait fauté par Adam et Ève. Marie, mère de Dieu, violette d’humilité, porte de l’Espérance. IIIe AVE.

  • Je comprends. Si tu ne me trouves pas trop indigne, Ermite, accepte ma présence. Je veux tout apprendre avec l’Immaculée Conception.

  • C’est toi que j’attendais. Ta venue me fut annoncée par ton ange gardien. Tu es l’Église de demain, celle que le doux Maître, son Époux, fera surgir du secret de son cœur après que l’ancienne Église, celle d’aujourd’hui, sera passée par la purification et qu’Il l’aura consciencieusement tamisée.

    Nous sommes à la seconde semaine de Carême, le Samedi Saint prochain L’Église entrera au tombeau, son Pasteur, le Souverain Pontife, Benoît XVI, l’a posée sur la voie de sa purification. Tu es l’image de ce qu’elle sera, humble, pure, lumineuse, car elle se mettra en permanence dans le présent de la Miséricorde Divine.

1Les congrégations de la Réforme protestante sont à exclure du corps doctrinal de l’Église puisqu’elles sont hérétiques, sources d’une grande confusion, opposées de fait à l’harmonie doctrinale et plus ou moins éloignées de la Vérité, de son autorité et donc de son implication anthropologique. Ce qui est contraire à la Vérité ne peut-être incorporé à l’Église.

2Il n’y a aucune confirmation ; il est plus vraisemblable que le procédé soit celui des cellules staminales.

 

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