Domanova

Blog du Journal de l'Alliance

8 avril 2013

DE LA CREATION : (suite et fin – La Création de l’Homme

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 22 h 41 min

 

De la Création de l’homme


« Dieu dit : Que la terre fasse sortir des êtres animés selon leur espèce, des animaux domestiques, des reptiles et des bêtes de la terre selon leur espèce.  Et cela fut ainsi. Dieu fit les bêtes de la terre selon leur espèce, les animaux domestiques selon leur espèce, et tout ce qui rampe sur la terre selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit :   Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre.  Et Dieu créa l’homme à son image; il le créa à l’image de Dieu: il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, et il leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de là mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit :  Voici que je vous donne toute herbe portant semence à la surface de toute la terre, et tout arbre qui porte un fruit d’arbre ayant semence; ce sera pour votre nourriture. Et à tout animal de la terre, et à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture.  Et cela fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici cela était très bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour. [1] » 

 

Père Édouard :

-               Les premiers versets du Sixième Jour devraient être suffisants pour tordre le coup à toute velléité d’imposer la théorie de l’évolution substantielle des espèces.

J’en demande bien pardon à nos amis les ânes, car nous sommes partis pour des douleurs intercostales pénibles, occasionnées par un fou-rire qui pourrait bien ressusciter Jean Rostand[2] qui qualifiait cette théorie en ces termes : « un mauvais conte pour enfant. »  Voyez, il y a même du bon sens chez les agnostiques.

Les découvertes de ces cinquante dernières années, dont l’ADN, enseignent qu’il est impossible que le génome, une fois formé, puisse se modifier substantiellement sauf, à l’exemple des OGM, subir une intervention extérieure[3]. Fort donc de cette découverte, comment peut-on encore soutenir la théorie d’une évolution substantielle[4] des espèces ? Nous sommes en présence d’une manipulation idéologique et non d’une démarche scientifique.

 

Théophile :

-               Intervenir dans le génome, même d’une plante, est en soi un acte particulièrement grave, car il fait violence au cœur même de la vie, de son mystère, à plus forte raison pour le génome de l’homme ; c’est se substituer à Dieu. Certes manipuler le génome d’un végétal n’est pas du même ordre que le génome d’un homme, mais il n’en demeure pas moins, et malgré les meilleures intentions – ce dont je doute in fine – que nous entrons dans des zones interdites, car ce qui s’y engage se confronte inexorablement à des appétences qui dépassent ses résistances morales et spirituelles. On ne s’expose pas au mal.

Au sujet des OGM, il est évident qu’on doit s’attendre à de redoutables conséquences, et au-delà de questions économiques moralement très discutables, l’esprit qui anime ces chercheurs fous relèvent moins d’une démarche scientifique raisonnée et responsable que de répondre à une orgueilleuse tentation qui est de remplacer Dieu au cœur de la cité par l’homme lui-même.

Mais si tout ceci avait un but plus noir, plus ténébreux ! Éloigner l’humanité aussi loin que possible de Dieu pour l’amener à aux pieds de l’Antéchrist dont le pas résonne déjà dans notre. Ils veulent étouffer, aussi profondément que possible, sinon effacer, la memoria dei, l’agent mémoriel. Effacer le souvenir de Dieu dans le plus grand nombre, effacer la mémoire ontologique.

Anne :

-               La Création de l’homme pose un insurmontable problème si, pour un instant, nous nous situons dans la perspective des évolutionnistes. On ne peut pas soutenir, que l’homme soit le résultat d’une évolution substantielle des espèces, car à ce jour, il n’existe aucune preuve génétique objective ; il n’a été trouvé aucune correspondance chromosomique entre lui et  la chaîne des hominidés, pas plus le néandertalien, car le nombre de chromosomes n’est pas identique[5].

Nous voyons que, conformément au livre de la Genèse, toute la Création[6] est naturellement ordonnée à l’homme et que tout ce qui le précède l’a pour objet. L’homme est créé après le minéral, le végétal et l’animal, il n’est pas une conclusion biologique naturelle, il est une création propre, indépendante des trois ordres :

«  J’ai vu qu’Adam fut crée non pas au Paradis, mais à l’emplacement où devait par la suite s’élever Jérusalem. Je l’ai vu sortir, éclatant et blanc, d’une colline de terre jaune, comme d’un moule. Le Soleil brillait, et je pensais, car j’étais alors une enfant, que le jour avait fait sortir Adam de la colline. Il était comme né de la terre, qui était vierge : Dieu la bénit et elle devint sa mère Il ne sortit pas soudain de la terre, il y eut un instant jusqu’au moment où il parut. Il était dans la colline, allongé sur le côté gauche, le bras replié sur la tête, et une légère nuée le recouvrait comme d’une gaze je vis une forme dans son côté droit et compris que c’était Eve, qui fut tirée de lui par Dieu, au Paradis. Dieu l’appela, et ce fut comme si la colline s’ouvrait, et Adam en sortit peu à peu. Là, il n’y avait pas d’arbre, simplement des petites fleurs. J’avais vu également les animaux sortir chacun de la terre, un par espèce, et les femelles s’en détacher[7]. »

Nous devons considérer cette révélation tout à fait conforme à la vérité scientifique, car selon les généticiens, la théorie du polygénisme embrouille tout tandis que celle du monogénisme rend la compréhension du vivant cohérente. La théorie du monogénisme s’applique aussi à l’ordre animal, sauf pour quelques singularités comme les escargots, hermaphrodites, ils produisent eux-mêmes le spermatozoïde et l’ovule.

 

Auguste :

-               Le limon est l’élément constitutif du corps physique, ce qui remet en cause la proposition selon laquelle tout vivant proviendrait de l’eau. Si l’eau est nécessaire à la composition du corps, elle n’est pas  l’élément majeur pour la création du vivant «  poussière tu es, poussière tu retourneras ». La proposition d’une soupe originelle commune, de laquelle tout vivant proviendrait – environnement aqueux –, ne tient pas…  Cette énième théorie ne repose sur aucune évidence scientifique, mais elle s’articule à partir d’un présupposé idéologique consistant à sortir de son contexte complexe, un élément pour peut qu’il soit possible de lui imposer une direction idéologique.

 

Basile :

-              La création de l’homme est indépendante de l’ordre animal, il n’est pas une conclusion, un aboutissement génétique, mais un accomplissement de l’ordre du vivant. Si l’homme est fait à l’image de Dieu et qu’à son  image il est fait, il couronne la Création dans l’ordre naturel et surnaturelle. Il est le seul vivant dont l’être, l’existant ou encore le Est soit constitué des trois agents, qui font de l’anima l’animus[8]. Il est le seul des vivants à pouvoir rendre grâce à Dieu, car il est le seul à avoir conscience de son être, à être conscient de la vie, à posséder une conscience morale. Il couronne la Création visible par sa nature accomplie et la Création invisible par la grâce[9].

 

Anne :

-               Que savons-nous de son identité et de sa place dans la Création ?

1-          Il est au sommet dans l’échelle des ordres et des espèces :

a-           Minéral – végétal – animal – humain (ordres)

b-          Végétal – animal – humain (espèces)

Nous dirions qu’il est au sommet de la chaîne alimentaire selon le dialogue du film  Le Roi Lion.

2-          Il se caractérise par la conscience qu’il a de lui-même, de son être. Il est capable de conceptualiser, de choisir, de décider entre le bien et le mal. Il peut tout à fait librement rejeter Dieu ou y adhérer.  Il est intelligent et grâce au logos il parle. Il construit son histoire.

3-          Il est totalement différent des créatures animales tout en ayant des similitudes physiologiques.

4-          Sa morphogénèse ne le situe pas au cœur de l’ordre du vivant ni en son centre, mais au sommet puisqu’en lui, et dans l’ordre naturel, la Création trouve son accomplissement, car sa nature est supérieure en qualité à tout vivant et surélevée par la grâce[10].

5-          Il est à la ressemblance de Dieu son Créateur. Peut-il s’agir d’une seule ressemblance spirituelle ?

Il ne le semble pas, car chaque individu originel est créé selon l’idée morphogène que le Créateur en a. L’idée que Dieu a de la morphologie de l’homme est en vue de l’Incarnation, de l’Incarnation du Fils de Dieu, de Dieu le Verbe[11].

L’homme a aujourd’hui la même morphologie générale d’Adam et Eve, sachant que les modifications, qui ne sont pas de l’ordre de la substance, sont dues à l’évolution d’adaptation circonstancielle (EAC) : climat, nourriture, géographie, non-respect de la loi morale naturelle, le péché… Il s’agit d’une disposition du génome dont l’action ne porte ni sur sa substance, ni sur sa nature ; c’est une faculté d’adaptation.

On entend parler de mutation dans le discours des évolutionnistes pour échapper à la confrontation métaphysique. C’est un abus de langage. Ce mot a été utilisé pour la biologie dans le courant du XXe siècle tandis qu’au XIIe siècle, il avait le sens de la transformation d’un élément chimique vers un autre. On l’utilisait beaucoup dans les milieux dits des alchimistes. En fait, la racine de mutation ou de transmutation est celle de  muer  changer ou échanger, et en latin, il signifie changer de place. Si la voix mue par le fait de la mise en place définitive de la physiologie ; tout changement, tout échange ou mutation requière la volonté du sujet ou requière celle d’un créateur comme le métallurgiste ou le chimiste. On ne peut pas se servir de  mutation ou de transmutation  pour amener à croire à l’évolution substantielle des espèces, c’est un détournement du langage, une contrefaçon[12].

 

L’homme image et ressemblance de Dieu :

 

Père Édouard :

-               L’animus distingue l’homme de l’animal, anima. L’animus est riche des trois  agents ou puissances :

         -agent mémoriel 

         -agent intellectuel 

         -agent spirituel

L’apport des trois agents ou puissances transforme l’anima en animus[13] et l’homme est. Il ne s’agit pas d’une seconde âme, mais bien d’une seule et unique âme que Dieu insuffle tout de suite après la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, c’est-à-dire à l’instant même où se forme le génome après que l’ADN du sujet se soit constitué de l’hérédité des deux ascendants. A cet instant-là, Dieu est réellement présent à l’homme, en personne, c’est l’animation immédiate :

1-          Agent mémoriel est le don de la mémoire  le Père. Il permet au sujet de se souvenir de Dieu, du divin.  Il n’est pas conféré aux anges puisqu’ils sont dans un éternel présent, ainsi que les anges-démons. Il est oublié, caché à cause du péché originel, c’est le baptême qui le libère. L’homme est alors possible de Dieu. Cette faculté permet le développement de la mémoire générale ; il ne s’agit pas seulement de fonctions singulières et électriques du cerveau.

2-          Agent intellect est le don de la compréhension et de l’appréhension de l’univers visible et invisible  Le fils-Verbe. Il se relie au connu et connaissant qui est en Dieu  vie, parole et vérité. C’est le logos, la capacité à l’intellection.

3-          Agent spirituel est le don de l’amour et de la contemplation : l’Esprit-Saint. Il relie à la vie divine, il devient capable de vie d’union au Christ-Jésus par les sacrements. C’est l’action de grâce.

Ce sont ces trois agents ou puissances qui font de nous ce que nous sommes. Grâce à eux, nous sommes des sujets de raison, capables de discerner le bien du mal, de choisir en permanence entre plusieurs objets. Nous sommes libres ; nous dirigeons notre volonté comme bon nous semble y compris pour rejeter Dieu de notre vie.

Nous sommes sociaux, et comme le dit une expression populaire du Douaisi[14]  : « l’homme est amiteux…capable d’amitié, faiseur d’amitié. »  Une faculté qui lui est propre, singulière, elle favorise la vie spirituelle, l’épanouissement des vertus : « Si vous faites ce que je vous dis, je ne vous appellerais plus serviteurs, mais amis. » 

Ces trois agents ou puissances font l’homme à la ressemblance du Dieu Trine, un sujet capable d’amour…

Ils nous donnent la faculté d’être conscients de ce que nous sommes et de notre existence ; avoir conscience d’être, c’est avoir une conscience morale qui est induite puisqu’elle est substance de notre liberté même si cette conscience morale induite a besoin d’acquis pour se développer.

Basile :

-               L’homme n’est pas le résultat d’une évolution substantielle consécutive à un évènement hasardeux ; non, il est l’aboutissement d’un projet né dans une pensée réfléchie bien antérieure, habitée par une intention ordonnée. Il est un désir d’amour réalisé par Dieu Trine, car notre Dieu Trine est amour.

 

L’homme… Ce Prince… :

«  Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre.   Et Dieu créa l’homme à son image; il le créa à l’image de Dieu: il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, et il leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de là mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. [15] »

 

Père Édouard :

-               L’homme porte témoignage de Dieu par sa ressemblance, il en est l’image, c’est pourquoi, vivant, il est la Gloire divine. Tout ce qu’il est, est à l’image de son Créateur, et c’est par la grâce rédemptrice qu’il tend surnaturellement à la ressemblance à Dieu puisqu’il devient alors semblable à lui.

Il est constitué d’un corps physique, d’un corps spirituel et d’une âme selon saint Paul et ce que confirme la vie de certains saints : 

« …semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel.[16] »

Saint Pio de Pietrelcina fut vu à plusieurs centaines de kilomètres de son couvent, voire plusieurs milliers, alors qu’à l’heure indiquée, il célébrait sa messe ou confessait en son couvent. Mère Yvonne-Aimée de Malestroit connut le même phénomène ; elle guida un sous-marin  en danger alors qu’elle était vue priant dans le sanctuaire du couvent. La bilocation témoigne de la structure trinitaire du corps humain. Il s’agit du corps spirituel qui se rend visible pour la nécessité d’une haute charité ; c’est un don que Dieu accorde pour le seul service de l’amour. Il serait dangereux de le souhaiter et de le rechercher.

Le deuxième témoignage est donné par le corps physique, organique. En effet, la cage thoracique (tabernacle) enferme le cœur qui est un muscle comportant deux ventricules et deux oreillettes. L’oreillette et le ventricule gauche reçoivent le sang pur, c’est Dieu le Père Créateur ; l’oreillette et le ventricule droit reçoivent le sang impur,  très pauvre en oxygène, c’est Dieu le Fils Rédempteur ; la trachée et les poumons reçoivent l’air et l’expulsent, ils donnent l’oxygène, c’est Dieu l’Esprit Saint, action de la grâce, la sanctification. C’est un schéma organique trinitaire ; le sujet est physiquement à l’image du Dieu Trine[17].

Si l’homme est créé à l’image de Dieu, c’est que son corps est façonné selon l’idée morphogène originale que le Créateur a fixée en sa pensée en vue de son Incarnation. Enfin, comment le sujet pourrait-il voir Dieu tel qu’il est si lui-même n’était pas configuré à sa ressemblance, ce que confirme l’Incarnation de Dieu le Fils, le Verbe. C’est avec son corps physique glorifié, qu’il intercède auprès de son Père en notre nom en sa qualité de Grand Prêtre, c’est ce que signifie l’article de notre Credo : « Je crois en la résurrection des corps. »

 

Anne :

-               L’homme est accomplissement dans l’ordre du vivant. Sa Création accomplit l’intention de Dieu tant dans l’invisible que le visible. La pensée antérieure est exécutée, l’intention ordonnée qui l’habite est en voie d’accomplissement.

La Création se récapitule selon l’ordre naturel en l’homme afin, qu’elle le soit dans le Christ-Jésus. Dieu le Père, par son Fils, dans la communion de l’Esprit Saint avec la collaboration consentie de l’homme, récapitule la Création et notre histoire.

C’est l’homme suppliant qui provoquera le retour de Jésus-Christ, il criera de son abîme vers son Père des Cieux[18].

Selon A. C. Emmerich, le corps de l’homme résume et magnifie l’ensemble de la Création :

«  J’ai vu l’intérieur de l’homme, tous ses organes, comme l’image de toutes les créatures et de leurs relations entre elles 7 il récapitule en lui toutes choses, des astres jusqu’aux plus petits animaux, comme si ceux-ci étaient par la chute de l’homme tombés eux-mêmes dans le corporel et le périssable. Tout ceci s’harmonisait en l’homme, mais il brisa cette harmonie et dut désormais travailler, lutter et souffrir à cause de sa faute.[19] » 

 

Théophile :

-               L’homme et la femme sont princes de la Création. Ils ont la mission, la vocation naturelle et surnaturelle de la soumettre et d’en vivre. Osez dire, comme le Prince d’Edimbourg ou tel élu Vert de rouge ou rouge de vert, que  l’homme est l’ennemi  héréditaire de la nature et que celle-ci vivrait mieux sans lui  n’est pas seulement une énormité, mais une monstruosité, car radicalement infra-humaine. Ces propos résultent d’une pensée  haineuse de l’homme autant que de Dieu ; leurs auteurs ne savent plus rien ni de Dieu, car l’ayant rejeté, ils ne connaissent plus l’homme. L’homme est ordonné à l’action de grâce qui l’oblige à dominer et assujettir la nature, la Création.

 

Auguste :

-               La parole de Dieu est pourtant claire :

« Et Dieu les bénit, et il leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de là mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. » 

C’est un devoir que de soumettre la Création ; l’homme n’a pas à lui être soumis, mais il doit la respecter. C’est le premier de ses devoirs d’état, c’est même le seul et duquel tous les autres procèdent dans son temps de la Terre. Son action de grâce n’est recevable que s’il répond à cet appel ; la dominer et la remplir de vivants, répandre sur elle la vie, c’est étendre la gloire de Dieu[20].  

Il est évident que l’activité de l’homme porte atteinte aux équilibres de la Création localement, mais c’est dû  au péché originel ; c’est le résultat de ses moult concupiscences.  

Son comportement spirituel, religieux, affectif et moral a une incidence sur l’univers, le nier est aussi imbécile que les déclarations vert-rouge de nos écologistes de bazar qui surgissent des relents putrides de la fosse soixante-huitarde ; que voulez-vous, il faut bien exister ! Nous observons que les mêmes se font les champions de l’avortement ; quelle étrange conception du respect de la Création ! Car parler de la nature, c’est dire la Création ; c’est chanter la vie.

Il est difficile de comprendre que des individus puissent se dresser en défenseur de la nature, ce qui témoigne de la vie, et défendre, dans le même mouvement, le droit à tuer un enfant à naître, sans compter que dans le même réflexion (et toujours les mêmes) ils diront leur opposition à la peine de mort. Mais à quelle source s’abreuvent-ils ?

Et les ânes meurent de rire à cause du ridicule des bien-pensants qui ne tuent plus les coupables ; il y a sans doute une surpopulation d’imbéciles et de bien-pensants dans les cimetières… Faut-il s’en souvenir ? Imaginons la catastrophe écologique s’ils décident d’incinérer leur corps ? Quel empoisonnement !

 

Basile :

-                 Les problèmes liés à l’activité humaine, dont les incidences sur l’univers sont encore à démontrer même si on peut les quantifier localement, viennent de ce que les sociétés ne vivent plus dans l’action de grâce. Elles ne sont plus dans la zone de l’enrichissement par le travail, mais dans celle du voleur. Nous vivons sous l’emprise de l’accaparement, de l’hyper-consommation et de l’enrichissement boulimique. C’est une forme aiguë et très perverse de l’enrichissement pour lui-même et au moyen  duquel, au même titre que les drogues, les peurs ontologiques sont submergées et de plus en plus lourdes liées aux choix immoraux et amoraux sous le vocable hypocrite de « progrès sociétal ». Ce n’est même plus un néo-libéralisme, c’est de l’ordre des appétences lucifériennes. Et ce qui est plus tragique, ce sont les propositions envisagées pour corriger cette folie, elles sont marquées du même sceau. Aucune d’entre elles à ce jour, et ce depuis plus de trente ans, n’a donné le résultat espéré ; comme une fatalité, elles se sont toutes retournées contre l’objectif.

Je ne crois pas qu’il soit possible de revenir à une reconstruction morale de l’activité de l’homme et de sa société, car il n’y aura pas d’homme providentiel… Ce n’est déjà plus l’heure de l’homme… Nous allons l’avoir notre surhomme et les terreurs qu’il activera sont logées en nous…

Les tyrans du siècle dernier ne sont rien à côté de ce qui se passera et qui déjà s’avance. Les hurlements de terreurs ancestrales surgiront du plus profond de notre péché ; ils envahiront nos silences crispés, car nous seront figés, pétrifiés devant les abîmes d’insignifiance creusés par nos manques d’amour, de vérité et de courage moral… Nous contemplerons les effrois des âmes perdues par nos lâchetés, des sourires effacés au nom de notre confort…

 

Père Édouard :

-               Dieu a créé l’homme mal et femelle :

 « […] il le créa à l’image de Dieu: il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, et il leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, […] » 

 L’identité sexuelle est une donnée ontologique, elle est co-naturelle à l’être humain ; il est mâle ou femelle dès sa conception, féminin ou masculin, femme ou homme. Si nous nions l’identité sexuelle, nous nions la nature humaine en son essence et en sa nature. Nous rejetons le fondement réaliste de la création.

L’idéologie du  Gender ou du genre, qui n’a aucun fondement scientifique objectif, est l’un des points absolus de la négation de l’homme et la plus sournoise des attaques contre le concept de personne. Sous ses aspects séduisants cette idéologie, qui est présentée comme une avancée dans la libération morale des mœurs, est une puissance d’aliénation dont la violence porte sur l’unité intérieure de la personne. Nous sommes bien dans une dialectique du mensonge et dans l’exacte filiation révolutionnaire,  à savoir, le renversement des ordres naturels et spirituels. Le  Gender repose sur le relativisme de l’identité sexuelle, une idéologie bien dans la logique du cartésianisme, elle en est l’un des surgeons purulents.

Anne :

-               Les conséquences de cette aberration portent sur la structure de l’homme, elle aggrave sa désunion ainsi que dans la société, ce que le cartésianisme avait initié. Le Gender ébranle sa mémoire ontologique et sa conscience morale. S’en prendre à l’identité sexuelle du sujet, c’est amener un séisme dans son affectivité et dans sa conscience morale. Il multiplie les manques et génère un sentiment de culpabilité du fait de son opposition à la nécessité légitime, parce que ontologique, d’affirmer son identité sexuelle ; une situation conflictuelle qui le désapproprie de son identité morale et affective. C’est une crise majeure qu’il doit affronter et contre laquelle il ne possède d’autre réaction que la colère contre l’autre ou lui-même ou l’abandon de ce qu’il est qui se conclura soit par la folie, soit le suicide. Cette idéologie est profondément antisociale, elle est ennemie de l’humanité[21].

Nous risquons de projeter dans l’avenir des générations sans identité objective produisant des asociaux ; ce sera le développement d’individualités errantes dans une société qui ne sera plus capable de leur tendre la main ni leur montrer un avenir possible. Ils ne parviendront à survivre que dans l’application la plus brutale de l’arbitraire… Nous prenons le risque d’engendrer des monstres amoraux. Les Etats démocratiques, à cause de leur complaisance réfléchie à cette aberration, scient ce qui reste de stable dans leur société ; ils fondent l’enfer sur Terre bien au-delà de ce que Jean-Paul Sartre pouvait imaginer.

 

Théophile :

-                 Le peuplement de la Terre par l’homme et la femme est un ordre donné par Dieu, il découle de l’union de deux identités sexuelles complémentaires et radicalement différenciées.

Engendrer en dehors de l’union naturelle des corps est une aberration morale, c’est une faute lourde qui dissimule une révolte contre Dieu et fait de l’enfant désiré non plus un sujet d’amour, mais un objet à posséder, à soi, un objet de complaisance pour une science sans conscience. Il répond à un sentiment de vide que l’on veut combler non seulement en dehors de Dieu, mais objectivement et subjectivement contre lui[22]. L’enfant, en tant que personne n’est plus reconnu ; il est une utilité pour combler un désir, un manque que cette naissance ne comblera pas.

La souffrance que peuvent ressentir les couples génétiquement inféconds ne peut justifier de telles pratiques. L’union sponsale est ordonnée au couple, elle a une influence déterminante quant à l’engendrement d’un petit d’homme. En effet, par elle, l’amour précède et accompagne le désir de l’engendrement et favorise le développement de l’embryon jusqu’au terme naturel de sa vie. Il est évident que l’union sponsale marque le petit d’homme, dès sa conception, d’un amour parental auquel Dieu lui-même s’unit.

Les conséquences multiples possibles d’une procréation in vitro ne semblent pas avoir fait l’objet d’études épistémologiques, peut-être les a-t-on entreprises et bloquée leur publication. On ne peut qu’être inquiet quant à l’avenir des sujets procréés de cette manière. Un acte humain n’est jamais sans conséquences ; comment, pour un acte si gravement fautif, ne pourrait-il pas en avoir ?

 

Du don de la parole :

 

« Yahweh Dieu dit :  » Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable â lui. » Et Yahweh Dieu, qui avait formé du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, les fit venir vers l’homme pour voir comment il les appellerait, et pour que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. Et l’homme donna des noms à tous les animaux domestiques, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais il ne trouva pas pour l’homme une aide semblable à lui. Alors Yahweh Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit, et il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. De la côte qu’il avait prise de l’homme, Yahweh Dieu forma une femme, et il l’amena à l’homme. » (Gn. 2, 18-22)

 

Père Édouard :

-                  Le Logos est la substance de la parole ; elle révèle les aptitudes du sujet à l’intellection, mais cela ne suffit pas à mettre en marche la faculté de parler.

La science constate qu’un petit d’homme ne peut se mettre à parler que s’il vit dans un milieu où l’on parle. Les cas d’enfants sauvages ou sourds à la naissance le confirment. L’enfant est d’abord entraîné par mimétisme à se faire entendre parce que sa mémoire à enregistré les sons de son entourage affectif immédiat qu’il veut imiter. La mise en route de la fonction de la parole participe à la formation de l’être, du Est, le corps spirituel. Nous savons, que Dieu créa Adam et Eve dans leur maturité physique, morale, spirituelle, affective, ce qui suppose que le Est, le corps spirituel est formé, ils avaient la faculté de la parole dès l’instant de leur création.

 

Anne :

-                  Sur ce sujet voici ce que disent les révélations d’A. C. Emmerich :

« J’ai vu Adam emporté au loin, dans un jardin situé très haut, le Paradis. Dieu conduisit les animaux devant Adam, au Paradis, et Adam leur donna un nom et ils le suivirent et ils jouaient autour de lui. Tout lui était soumis avant le péché Eve n’avait pas encore été tirée de lui. Tous les animaux auxquels il avait donné un nom le suivirent plus tard sur la terre. [23]»

Dans les courants progressistes au sein de l’Eglise, il se trouve une majorité de théologiens, philosophes, exégètes qui adhérent aux divers théories de l’évolution et qui, devant la problématique du don de la parole, proposent ceci : « nos premiers parents étaient si intelligents qu’ils parlèrent spontanément. » D’autres,  s’engageant résolument à la suite des plus intransigeants évolutionnistes, affirment que la faculté de la parole serait venue progressivement, après une lente et fastidieuse évolution du langage[24], le pseudo balbutiement.

Et les ânes en restèrent muets par l’étranglement d’un fou-rire prometteur…

 

Théophile :

-                  Anne, tu exagères ! Tu sais bien qu’entre deux fou-rires, ils donnent des cours de théologie aux seigneurs bien assis et contents de leur bedaine…  Mais, laissons-là la digestion du navet et de la carotte, revenons au sujet.

Il est un fait certain, pour qu’un petit d’homme puisse parler, il lui faut grandir dans un milieu où il entend parler.

Comment Adam et Eve ont-ils pu mettre en œuvre la faculté de la parole ? La question est importante au sujet  d’Adam, car il fut un temps tout seul.

Ce qui est vrai aujourd’hui quant à l’environnement nécessaire pour le développement de cette faculté, l’était aussi pour Adam ; bien qu’il fût le premier homme ne change rien à l’affaire. Il lui fallait entendre parler pour mettre en mouvement le mécanisme de la parole, c’est donc bien un acquis.

 

Basile :

-                  La parole est le signe de la sociabilité de l’homme. Il est le plus élaboré des vivants ; sa sociabilité, illuminée par sa capacité inégalable à organiser sa société, l’élève au dessus de la nature et de la création, et lui confère, en toute justice, le rang de Prince. C’est tout le sens métaphysique du « JE » ; l’homme est la seule créature à pouvoir le prononcer, et depuis l’Incarnation, c’est dans l’écho fécondant de « Je suis celui qui Est » qu’il pose son « je » ; affirmant sa prédominance sur la Création tout en reconnaissant sa dépendance envers ce Dieu qui est l’Être parfait, le « JE » absolu[25].

 

Auguste :

-                  La conjugaison est l’esprit de toute langue ; c’est l’animation des mots assemblés. Les « Tu, Il ou Elle » sont le « je » signifié selon la diversité des situations ; ainsi le je que je suis me revient en tu par celui que j’avise et le il ou elle est présence à l’absence préoccupante, des « je » éloignés ; quant aux « nous, vous, ils ou elles », ils parlent pour la multitude des « je » rappelant la communion dans la perfection de l’amour, bien plus que l’unité qui dissout la personne, car le « je » est effacé par le déni, alors que  « Je suis celui qui Est » l’affirme.

L’action de grâce permanente de l’homme est de remettre son « Je » dans l’Amen afin d’être maintenu dans la voie du vis-à-vis absolu, la vision béatifique.

 

Père Édouard :

-                  Les récits de la Genèse et la vision d’A. C. Emmerich pour l’épisode au cours duquel Adam exprime sa principauté sur toute la création visible révèle de quelle manière la faculté de la parole fut mise en route.

Comment Adam savait-il le nom à donner à chaque animal, premier de son espèce ?

Pouvait-il apprendre par lui-même ce qu’il ignorait ?

Quelqu’un d’autorisé le lui a enseigné. Seul Celui qui créa le monde animal pouvait le faire ou pouvait mandater un ange pour cet office. Le savoir se communique, on ne peut pas communiquer ce qu’on n’a pas appris, ce qu’on ne sait pas. Or, Adam et Eve transmirent leur savoir à leur descendance. La connaissance, aussi loin qu’on puisse remonter, est le fruit d’un savoir originellement révélé et enseigné. Il est logique d’avancer que Celui qui murmurait à l’oreille d’Adam le nom du premier né de chaque espèce lui permettait d’activer sa faculté de la parole par la répétition du nom communiqué. Et quand Eve fut sortie d’Adam, elle eut en lui son éveilleur de cette faculté et après elle, toutes les générations.

 

Anne :

-                  Cette évidence donne le coup de grâce à la théorie de l’évolution substantielle des espèces. Elle signe radicalement que la Création n’est en rien le fruit d’un hasard ni de la nécessité, mais bien le résultat d’une pensée antérieure, habitée par une intention ordonnée. Dieu, Acte Pur ou, par comparaison imparfaite, Qualité Inégalable, est le Créateur unique des univers visibles et invisibles.

 

Auguste :

-                  Les théories de l’évolution et du créationnisme participent toutes d’une démarche idéologique, ce qui consiste non à accueillir la vérité, mais à manipuler les faits afin de les conformer à l’idéologie de son choix.

Les développements scientifiques infirment les raisons qui sont avancées pour donner une apparence de vérité à l’évolutionnisme, mais ils sont ignorer, et dans le même mouvement, ces idéologues n’hésitent pas à se saisir d’un élément séparé du tout pourvu qu’il permette de consolider leur théorie. Nous sommes en présence d’une logique conforme à la culture révolutionnaire, culture du renversement.

Les créationnistes ultras ont une démarche identique, même si c’est pour des raisons religieuses. Il s’agit pour eux de se rassurer, par un schéma auquel ils sont si attachés qu’ils n’ont pas conscience qu’ils s’éloignent de Dieu dont ils se sont fait une image proche d’eux-mêmes et si éloignée de celle qu’Il révèle de Lui-même et donne à adorer.

Sur de tels sujets, il faut accepter de se remettre en question ; quand un élément dérange le raisonnement, demandons-nous si c’est le raisonnement qui est juste ou si c’est l’élément qui ne convient pas. Enfin, si la réflexion idéologique de la théorie de l’évolution et celle du créationnisme sont anciennes, la science, dans ses diverses spécialisations en lien avec l’étude de l’origine de la vie est encore bien jeune pour s’autoriser à des définitions dogmatiques.

Le despotisme des tenants de l’évolutionnisme est exorbitant, au-delà des enjeux économiques illégitimes[26], cette théorie demeure un des éléments majeurs sur laquelle s’appuie la culture révolutionnaire, la culture antichrétienne.  Elle s’impose à nos intelligences comme une évidence, alors qu’il en est rien, et qu’elle est au contraire largement discréditée du fait des récentes découvertes de ces quarante dernières années.

Une autre cause qui la rend inacceptable, c’est que ces affidés refusent depuis le début de son élaboration toute dispute à caractère métaphysique. Les évolutionnistes tournent le dos à toute remise en cause ; en définitive, ce qui compte pour eux n’est pas la Vérité pour elle-même, mais une seule obsession, l’éloignement des gens de toute transcendance religieuse… Ils participent à la destruction des grâces messianiques.

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[1] Gn. , 24-31

[2] 1894-1977, écrivain moraliste et biologiste ; s’est moquée des évolutionnistes, a déploré les dérives des scientifiques, a lutté contre l’arme atomique. Fut élu à l’Académie française en 1959.

[3] Dans son site, (catholiquedu.free.fr – vigilance clonage – et dans sa série d’articles sur Une Approche Ontologique de l’Origine de la Vie humaine) le Père Patrick  révèle que c’est après la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, dans les trois heures au grand maximum, que se forme le génome constitué en partie de l’héritage génétique des parents et qu’intervient Dieu pour l’animation qui est quasi immédiate. Une fois le génome formé, on peut affirmer qu’un petit de vivant est totalement formé en puissance, pour l’homme, le petit d’homme est là dès la formation du génome.

[4] Il s’agit d’une proposition qui dit : « que la nature d’un être peut changer, changer de nature », c’est-à-dire de substance. Ce qui est faux et dont l’impossibilité est scientifiquement établie.

[5] On a retrouvé des identités génétiques entre le néanderthalien et l’homo-sapiens, mais il s’agit là de faits relatifs à la corruption de toutes chairs dénoncée dans le Genèse. J’y reviendrai dans un autre volume.

[6] Le Père Marie-Dominique Philippe dans sa « Lettre à un ami » explique les raisons de la difficulté de comprendre de nos jours la nature : «  N’oublions pas que physis vient de phyonlal, croître, et natura de nasci, naître. Aussi les conceptions de mouvement et de dynamisme restent-elles toujours liées à celles de nature. mer avec netteté. I1 y a dans toute réalité physique mue une détermination, une forme, une physis dira Aristote. La très grande difficulté que nous avons à comprendre la physis, la nature, vient de ce que nous avons de la peine à avoir ce regard philosophique de connaissance contemplative dans ce qu’il a de tout à fait premier et cela, soit à cause de la culture scientifique moderne, soit en raison de l’influence de la dialectique hégélienne et de la dialectique matérialiste, soit enfin à cause de l’emprise de la phénoménologie, qui nous arrêtent dans cette découverte et nous empêchent de réaliser cette induction philosophique. Car cette induction qualitative (pourrions-nous dire pour la différencier de l’induction baconienne) ne peut se réaliser qu’à partir d’un jugement d’existence portant sur les qualités des réalités physiques mues et sur l’ordre propre de ces qualités qui, à l’intérieur même du devenir, exige un dépassement: la découverte d’un principe, d’une cause, source de ces qualités, source de ce devenir. La connaissance scientifique, sans rejeter le jugement d’existence ni l’existence des qualités propres, ne regarde que ce qui est susceptible d’être mesuré; c’est l’aspect quantitatif qui est mis en pleine lumière et qui devient premier. C’est pourquoi la nature, principe et cause, ne peut plus être découverte; on ne peut plus saisir que des lois, des rapports constants d’antériorité et de postériorité, des liens nécessaires à l’intérieur du comportement des réalités physiques. Quant à la dialectique hégélienne, elle ne peut plus saisir que la formalisation du devenir, elle ne saisit plus le réel physique, ni son acte, ni sa puissance fondamentale; elle ne saisit que l’opposition des contraires, formalisée dans une opposition de contradictoires, puisque les contraires sont regardés pour eux-mêmes, comme au-delà de leurs sujets propres. On découvre la synthèse même de ces contradictoires, L’explicitation de leur propre formalisation. Ce n’est plus la nature, principe radical de ce-qui-est-mû, qui est saisie, mais la formalisation des contraires impliqués dans tout mouvement. »

[7]  Ibidem : Adam et Eve

[8] La distinction de l’âme anima avec l’âme animus est nécessité par la distinction lié à la nature des trois ordres du vivant. Mais en fait, ce qui devrait faire la distinction est l’être qui est distincte de l’âme. L’âme est le souffle qui anime les qualités qui construisent l’être, le Est. Si l’âme est dite végétative pour l’animal c’est parce qu’il n’a pas les qualités requises pour avoir conscience de son existence, c’est ce qui le différencie de l’homme.

[9] De foi.

[10] Cfr. Ibidem Adam et Eve

[11] Som. St. Thomas. Quest. 18 art.4 rep. « Ainsi qu’on l’a expliqué, le « vivre » de Dieu est son « connaître ». Or en Dieu l’intellectuel, le connu, l’intellection même sont une seule et même chose. Donc tout ce qui se trouve en Dieu comme connu est son « vivre », sa vie même. Et comme toutes les choses que dieu a faites sont en lui comme connues on doit dire que toutes choses, en Dieu, sont la vie divine même. »

Solutions 1 & 2 : « Les créatures sont dites en dieu à un double titre : tout d’abord comme contenues et conservées par la puissance divine, dans le sens où nous disons, de ce qui est en notre pouvoir, que cela est en nous. En ce sens-là, les choses sont dites en Dieu, même quant à l’être qu’elles ont en elles-mêmes. Et c’est ainsi qu’il faut comprendre les paroles de l’Apôtre quand il dit : « en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac.17, 28) Car le fait pour nous de vivre, d’être et de nous mouvoir est causé par Dieu. Mais d’une autre façon les choses sont dites être en Dieu, comme le connu dans le connaissant. Et alors elles sont en Dieu par leurs raisons  propres, qui ne sont pas autres choses en Dieu que l’essence divine. Et puisque l’essence divine est vie, mais non mouvement, on s’explique que selon cette manière de parler les choses ne soient pas mouvements en Dieu, mais vie.

On dit que les images doivent être semblables à leur modèle selon la forme, non selon le mode d’être. Car il arrive que la même forme ait l’être de manière différente dans l’image et dans le modèle ; ainsi la forme de la maison, dans l’esprit de l’architecte, a un être immatériel et sensible. C’est ainsi que les raisons formelles des choses qui en elles-mêmes ne vivent pas, sont vie dans l’esprit divin parce que dans l’esprit divin elles ont l’être divin. »

[12] On a tort de sous-estimer l’importance du vocabulaire, il ne faut pas craindre l’excellence de la précision ; car cela relève de l’ascèse intellectuelle comme spirituelle.

[13] Il ne s’agit pas de deux âmes différentes, mais bien d’une seule âme. (Défini)

[14] Dénomination qui désigne le bassin houiller entourant la ville de Douai.

[15] Gn. 1, 29-28

[16] 1 Co. 15, 44

[17] Je dois cette observation à mon médecin traitant.

[18]« Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a décidé d’élever les hommes à la communion de sa vie divine ; après leur chute en Adam, il ne les a pas abandonnés, leur apportant sans cesse les secours salutaires, en considération du Christ rédempteur, « qui est l’image du Dieu invisible, premier-né de toute la Création » (Col 1,15). Tous ceux qu’il a choisis, le Père, avant tous les siècles, les « a distingués et prédestinés à reproduire l’image de son Fils pour qu’il soit le premier-né parmi une multitude de frères » (Rm 8,29). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les appeler à former la sainte Eglise qui, annoncée en figure dès l’origine du monde, merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’ancienne Alliance(1), établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit-Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire. Alors, comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes depuis Adam, « depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu »(2) se trouveront rassemblés auprès du Père dans l’Eglise universelle. » Lumen Gentium2-1964

[19] Chapitre : Le Péché Originel

[20] Les liturgies chrétienne, l’hébraïque et même celles des religions païennes illuminent ce premier des devoirs d’états ; la liturgie de l’Eglise ne rend pas seulement grâce à Dieu, elle remet l’homme dans sa place du point de vue de la Création et de l’ordre naturel et  surnaturel.

[21] « La théorie du genre est une idéologie sociologisante occidentale des relations hommes-femmes, qui s’attaque à l’identité sponsale de la personne humaine, à la complémentarité anthropologique entre l’homme et la femme, au mariage, à la maternité et à la paternité, à la famille et à la procréation. Elle est contraire à la culture africaine et aux vérités humaines éclairées par la Révélation divine en Jésus Christ.
L’idéologie du genre sépare le sexe biologique de l’identité masculine ou féminine en affirmant que celle-ci n’est pas intrinsèque à la personne mais qu’elle est une construction sociale. Cette identité peut – et doit – être déconstruite pour permettre à la femme d’accéder à une égalité de pouvoir social avec l’homme et à l’individu de « choisir » son orientation sexuelle. Les relations hommes-femmes seraient gouvernées par une lutte de pouvoir. Au nom de cette idéologie irréaliste et désincarnée, qui dénie le dessein de Dieu, il est affirmé qu’au départ nous serions indéterminés : c’est la société qui façonne le genre masculin et féminin au gré des choix changeants de l’individu. Le droit de choisir étant la valeur suprême de cette nouvelle éthique, l’homosexualité devient un choix culturellement acceptable, et l’accès à ce choix doit être promu. La nouvelle idéologie est dynamique et s’impose à la fois aux cultures et aux politiques. Elle exerce pression sur le législateur pour qu’il prescrive des lois favorables à l’accès universel aux informations et aux services contraceptifs et abortifs (concept de “santé reproductive ») ainsi qu’à l’homosexualité. Dans la culture africaine, l’homme n’est rien sans la femme et la femme n’est rien sans l’homme. L’un et l’autre ne sont rien si l’enfant n’est pas au centre de la famille, constituée par un homme et une femme et cellule de base de la société. L’idéologie du genre déstabilise le sens de la vie conjugale et familiale que l’Afrique a su préserver jusqu’à présent. La société a besoin de vérité dans les relations. Pas de paix, pas de justice, pas de stabilité dans la société sans famille, sans coopération entre l’homme et la femme, sans père et sans mère. Au nom de la non-discrimination, cette idéologie crée de graves injustices et compromet la paix. L’Afrique doit se protéger de la contamination du cynisme intellectuel de l’Occident. Il est de notre responsabilité pastorale d’éclairer la conscience des africains quant aux dangers de cette idéologie meurtrière. » (
Intervention de Mgr. Robert Sarah, Archevêque émérite de Conakry Secrétaire de la Cong. Pour l’Evan.des Peuples – 0062-03-03 (IN036) (Synodes des évêques d’Afrique4-25 octobre 2009)

 

[22] (Synthèse de l’instruction : « Dignitas Personae » sur certaines questions de bioéthique) – Doc. Du Magistère Ordinaire du 8 septembre 2008 ; …que les fidèles doivent accueillir en donnant aux contenus « un assentiment religieux – soit obéir ». « Le mariage et la famille constituent le contexte authentique où la vie humaine trouve son origine. En son sein, la vie provient d’un acte qui exprime l’amour réciproque entre l’homme et la femme. Une procréation réellement responsable vis-à-vis de l’enfant qui va naître doit être le fruit du mariage. » […] Face à l’instrumentalisation de l’être humain au stade embryonnaire, il faut réaffirmer que l’amour de Dieu ne fait pas de différence, car en chacun d’eux il voit l’empreinte de sa propre image et ressemblance […] C’est pourquoi le Magistère de l’Eglise a constamment proclamé le caractère sacré et inviolable de chaque vie humaine, de sa conception jusqu’à son terme naturel. L’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes est une variante de la fécondation in vitro. Dans cette technique, « la fécondation n’advient pas spontanément en éprouvette, mais plutôt à travers l’injection dans le cytoplasme de l’ovocyte d’un seul spermatozoïde précédemment sélectionné, ou parfois à travers l’injection d’éléments immatures de la lignée germinale masculine. Cette technique est moralement illicite : « elle réalise une totale dissociation entre la procréation et l’acte conjugal ». l’ICSI est »opérée en dehors du corps des conjoints, par des gestes de tierces personnes dont la compétence et l’activité technique déterminent le succès de l’intervention » ; « elle remet la vie et l’identité de l’embryon au pouvoir des médecins et des biologistes, et instaure une dénomination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. »

 

[23] Ibidem : Ch.3 Adam et Eve

[24] Le comte Joseph de Maistre écrit dans son livre « Les Soirées de Saint-Pétersbourg page 72 : «D’où venait donc cette langue qui semble naître comme Minerve, et dont la première production est un chef-d’œuvre désespérant, sans qu’il ait jamais été possible de prouver qu’elle ait balbutié ? Nous écrierons-nous niaisement à la suite des docteurs modernes : Combien  il a fallu de siècles pour former une telle langue! En effet, il en a fallu d’innombrables, si elle s’est formée comme on l’imagine. Du Serment de Louis -le-Germanique  en 842 (XXXI) jusqu’au Menteur de Corneille, et jusqu’aux Menteuses de Pascal, il s’est écoulé huit siècles : en suivant une règle de proportion, ce n’est pas trop de deux mille ans pour former la tangue grecque. Mais Homère vivait dans un siècle barbare ; et pour peu qu’on veuille s’élever au-dessus de son époque, on se trouve au milieu des Pélages vagabonds et des premiers rudiments de la société. Où donc placerons-nous ces siècles dont nous avons besoin pour former cette merveilleuse langue ? Si, sur ce point de l’origine du langage, comme sur une foule d’autres, notre siècle a manqué la vérité, c’est qu’il avait une peur mortelle de la rencontrer. Les langues on commencé ; mais la parole jamais, et pas même avec l’homme. L’un (le Verbe) a nécessairement précédé l`autre ; car la parole n’est possible que par le VERBE. Toute langue particulière naît comme l’animal, par voie d’explosion et de développement, sans que l’homme ait jamais passé de l’état d’aphonie à l’usage de la parole. Toujours il a parlé, et c’est avec une sublime raison que les Hébreux l’ont appelé AME PARLANTE (XXXII). Lorsqu’une nouvelle langue se forme, elle naît au milieu d’une société qui est en pleine possession du langage ; (…) »

[25] Le »Je » condamne implicitement les propositions d’incarnation et de transmigration de l’âme et condamne la négation du concept de personne et les interdits touchant à l’usage légitime de la liberté de conscience et du libre-arbitre.

[26] La recherche du « Boson de Higgs » qui n’a aucunement l’importance scientifique qu’on lui prête et qui fut découvert plus tôt, dans les années quatre-vingt, a coûté le budget annuel de la sécurité sociale française. Cette recherche était bien plus importante du point de vue idéologique que du seul intérêt scientifique. En fait, son retour dans l’actualité scientifique fut voulu pour étouffer médiatiquement la découverte autrement plus importante du neutrino ; car sur les deux laboratoires chargés du contrôle des calculs des découvreurs, le premier les confirma et le second les infirma, non sans avoir usé d’une étrange stratégie de communication qui renforce le doute quant à la rigueur de celui-ci et à son indépendance.

2 mars 2013

DE LA CREATION : (suite : 2eme Jour au 6eme Jour)

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 17 h 51 min

DE LA CRÉATION : (suite : 2eme Jour au  6eme Jour)

 

Le Deuxième Jour 

 « Dieu dit : Qu’il y ait un firmament entre les eaux, et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux.  Et Dieu fit le firmament, et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament. Et cela fut ainsi. Dieu appela le firmament Ciel. Et il y eut un soir et il y eut un matin; ce fut le second jour.[1] »

 

Basile :

-                Les eaux séparées des autres eaux[2], cette énigme trouve sa compréhension dans les travaux de Crombette[3] ; pour lui, les eaux de dessus formaient un bouclier protecteur contre les rayons du Soleil ce qui pourrait être l’une des explications concernant la singulière longévité de l’humanité de ce premier âge quoique nous sachions, car c’est le cas aujourd’hui, que Dieu peut agir en ce sens. Cette protection aurait disparu du fait du déluge noétique d’où la durée de vie réduite qui s’en suivit. Nous devons considérer que la séparation des eaux constitue, en elle-même, un acte créateur et non une ornementation.

Les six jours rythment les étapes que nécessita la création visible. Les versets 1 à 3 du 1er chapitre du livre de la Genèse lui sont antérieurs ; de la même manière qu’il y eut une pensée antérieure habitée d’une intension ordonnée, de la même manière il y eut une Matière Primordiale ou [matière antérieure] avant le premier jour.

 

Le Troisième Jour

 

« Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse.  Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec Terre, et il appela Mer l’amas des eaux. Et Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Que la terre fasse pousser du gazon, des herbes portant semence, des arbres à fruit produisant, selon leur espèce, du fruit ayant en soi sa semence, sur la terre.  Et cela fut ainsi. Et la terre fit sortir du gazon, des herbes portant semence selon leur espèce, et des arbres produisant, selon leur espèce, du fruit ayant en soi sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin; ce fut le troisième jour. [4] » 

 

Auguste :

-               Le début de ce troisième jour commence par la formation de la Pangée, ce qui suppose que la planète Terre soit arrachée de la Matière Primordiale [terre  au sens de génitrice, de matrice] informée au moment du jaillissement de la Lumière Lustrale…

Considérons que la Terre est la première planète à être formée ; ce qui est spirituellement et philosophiquement admissible. En effet, rien ne s’y oppose en dehors de la théorie du big-bang ; la planète Terre ne devait-elle pas recevoir l’homme et accueillir le Fils de Dieu ! C’est une cosmogonie[5] dont l’origine remonte à la pensée antérieure habitée par une intention ordonnée[6]. C’est un projet divin.

On peut envisager une création faite autour de l’homme pour la gloire de Dieu même si on venait à prouver scientifiquement l’existence d’une autre vie intelligente dans le cosmos, rien ne s’oppose à ce que l’on considère la Terre comme le point zéro de l’attraction et donc le centre de l’univers même si de fait elle tourne autour du Soleil[7]. Il est évident que cette proposition fait sourire, mais nous ne sommes qu’au début de l’étude de l’univers !

Pourquoi devrions-nous exclusivement utiliser la grille cartésienne ? Il y en a d’autres. Pourquoi faudrait-il s’en tenir uniquement à elle ? N’a-t-elle pas été conçue dans la logique de rompre avec la Révélation chrétienne ! La vérité est relative chez Descartes, sa grille n’a donc rien d’absolu ! Il est légitime de la remettre en cause et même de la rejeter. La logique aristotélicienne reste une grille tout à fait d’actualité.

Peut-être, nous faudrait-il nous tourner de nouveau vers les Pères antiques de la pensée. Qu’ils aient été scientifiquement en partie dans l’erreur, est-ce si important ? Et si l’importance se trouvait non dans l’exactitude scientifique, mais dans cet art subtile jaillit au creuset de la conjonction de l’intelligence et de l’intuition qu’on appelle poésie. Il est vrai que cela ne rassure pas. La vie intellectuelle est une aventure en soi ; qu’avons-nous besoin de nous rassurer ?  La vérité et la sagesse sont inséparables et pour les atteindre, il faut être un peu fol ; soyons-le !

 

Père Édouard :

 

-             Dans la description du troisième jour, il y a une continuité immédiate entre l’achèvement de l’ordre minéral et l’ordre végétal pourtant bien distincts l’un de l’autre. Il semble que Moïse ait voulu signifier l’intention ordonnée du Créateur qui est sise en sa pensée antérieure[8]. Aussi pour le vivant, les trois ordres – végétal, animal et humain – sont unis par une intention unique sans pour autant qu’il y ait à voir-là une certification d’une supposée évolution substantielle.

L’ordre végétal est distinct de l’ordre minéral. Leur production est une Création[9], c’est ce qui semble justifier le fait que le Soleil soit créé au quatrième jour et non avant.

On sait que le vivant est créé en son espèce selon l’idée de son Créateur ; il n’y a  donc pas eu d’abord la graine, mais bien un prototype pour chaque espèce capable de se reproduire. Il fallait donc s’assurer que leur croissance se passe au mieux pour supporter les ardeurs du Soleil.

Le végétal est la première révélation de la vie, c’est le premier vivant. Nous savons que les micros organismes nécessaires aux végétaux sont la production de la transformation de ceux-ci ; le champignon, l’orchidée ne sont-ils pas le résultat de leur décomposition ?

La question qui se pose est la suivante :

La matière inerte peut-elle produire l’animation ?

Ce qui n’est pas peut-il produire autre chose que sa nature ?

Comment l’inerte peut-il produire l’animation ?  « Objets inanimés avez-vous donc une âme ? »

La vie seule peut seule produire la vie ; quelle est donc la cause première de la vie ? La vie[10] elle-même !

 

 

Le Quatrième Jour


«  Dieu dit:  Qu’il y ait des luminaires dans le firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu’ils soient des signes, qu’ils marquent les époques, les jours et les années, et qu’ils servent de luminaires dans le firmament du ciel pour éclairer la terre.  Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles.  Dieu les plaça dans le firmament du ciel pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière et les ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin ce fut le quatrième jour. [11] »

 

Théophile :

 

-               Bien des esprits forts doctes considèrent le récit du quatrième jour comme la preuve que l’autorité de la Bible[12] ne peut s’exercer dans les domaines des sciences. Oui et non ! Cette affirmation demande à être vérifiée, surtout si on juxtapose les théories présentées sur le ton sentencieux, comme ci cela aller de soi ; depuis ces deux siècles derniers, on en constate les incohérences  rigolotes  sur un même sujet, allant parfois jusqu’à s’annuler mutuellement. Ainsi donc, on nous affirme que la Lune est le résultat d’une catastrophe cosmique sans précédent qui arracha un morceau de la Terre, morceau qui se mit en orbite autour de notre planète. Où sont les preuves ? Dans la même période, on nous assura que, selon l’actuelle théorie de la dérive des continents, ceux-ci reformeront un jour la Pangée telle qu’elle fut en lieu et place du Pacifique et de la Mare Nostrum. La question est donc de savoir de quelle partie de la Terre la Lune a son origine ? Où sont les preuves, les faits ? Et là, les ânes en braient de souffrances hilarantes !

Et si la Lune venait du chaos primitif fécondé, mis en forme ; ainsi après que la Terre fut créée ce qui resta du chaos primitif servit à l’ornementation fonctionnelle[13]. On sait que les traces d’eau sur certaines planètes viennent de ce chaos primitif qui en était saturé. Ira-t-on jusqu’à prétendre que Mars et autres planètes sont issues de la planète Terre ! Il n’y a qu’une origine et cause pour l’univers. Dieu est simple même dans les plus grandes complexités. Pourquoi ne pas admettre une cosmogonie chrétienne et observer en quoi celle-ci a-t-elle des correspondances scientifiques ? Cette question se justifie puisque les découvertes nombreuses en astrophysique et entre autre celle du neutrino confirment certaines données scripturaires.  

Anne :

-               A. C. Emmerich décrit la vision qu’elle reçut au sujet de la Création de la planète Terre :

 « Juste après la requête des anges restés fidèles et après le mouvement dans la Divinité, je vis apparaître une sphère sombre à côté du disque de ténèbres qui avait pris naissance en bas cette sphère était à la droite du disque, à une faible distance.

Alors je posai mon regard plus attentivement sur cette sphère sombre à droite du disque de ténèbres, et j’y vis un mouvement, comme si elle devenait de plus en plus grosse je vis des points lumineux jaillir de la masse, la recouvrir comme de rubans clairs et déborder çà et là  en larges taches claires et en même temps, Je vis le profil de la terre qui surgissait de l’eau et s’en séparait. Puis je vis un mouvement dans les endroits découverts, comme si quelque chose y prenait vie. Et je vis de la végétation croître sur la terre ferme, et un fourmillement de vie parmi les plantes. Déjà  dès mon enfance, je pensais que les plantes étaient animées.

Jusque-là, tout avait été gris, puis tout devint clair, et je vis comme un lever de Soleil. C’était comme le petit matin sur la terre, lorsque tout sort du sommeil. Tout le reste de la vision disparut alors. Le ciel était bleu, le Soleil y commençait sa course. Je vis seulement une partie de la terre éclairée et illuminée par le Soleil, spectacle si beau et si ravissant que je pensai que ce fût le paradis.

Et je voyais tout ceci, toutes ces transformations sur la sphère sombre, comme un jaillissement du globe tout-puissant de la Divinité. Lorsque le Soleil monta, tout fut comme au matin, au réveil : mais là, c’était le premier matin, et pourtant aucune créature ne le savait : elles étaient là  comme si elles avaient toujours été là, elles étaient dans l’innocence.

Tandis que le Soleil montait, je voyais les arbres et les plantes devenus plus grands et croissant toujours plus. L’eau était plus limpide et plus sainte, toutes les couleurs étaient plus pures et plus vives, tout était indiciblement agréable, il n’y avait pas non plus trace de ce que les créatures sont maintenant. Toutes les plantes, toutes les fleurs, tous les arbres avaient d’autres formes, maintenant tout parait aride et rabougri en comparaison, maintenant tout est comme dégénéré.

Souvent, lorsque je comparais les plantes ou les fruits de notre jardin à ceux du sud, qui sont tout différents, plus grands, nobles, plus savoureux, comme par exemple les abricots, je pensais : ce que sont nos fruits par rapport aux fruits tropicaux, les fruits tropicaux le sont, et encore de bien plus loin, par rapport aux fruits du paradis. J’y ai vu des roses, blanches et rouges, et je pensais qu’elles signifiaient les souffrances du Christ et la Rédemption. J’ai vu des palmiers aussi, et de grands arbres au large feuillage, qui donnaient une ombre très étendue, comme un toit.

Dès que je vis le Soleil, tout était petit sur la terre, puis tout grandit et devint finalement immense. Les arbres ne poussaient pas serrés les uns contre les autres. Je vis seulement une plante de chaque espèce, pour les grandes du moins, comme lorsqu’on expose seulement un spécimen dans les parterres Du reste, tout était verdoyant et d’une pureté, d’une intégrité et d’une perfection que ne rappellent en rien les aménagements et les nettoyages effectués par les hommes Je pensais encore combien tout était beau, tant que l’homme n’était pas là ! Il n’y a pas de péché, pas de destruction, pas de déchirement. Ici, tout est intègre et saint, ici, rien n’a été soigné et guéri, ici, tout est pur, rien n’a eu besoin de purification.[14] »

Catherine a cette vision à sept ou huit ans. Une enfant de cet âge ne peut inventer et encore moins concevoir une telle chose ; c’est d’autant plus surprenant qu’elle n’était pas docteur es-sciences !

Basile :

-           Le Créateur a attendu que la végétation se fortifie pour orner l’univers. La séparation des ténèbres d’avec la lumière est une précision physique parfaitement identifiée ; la lumière est le jour, les ténèbres sont la nuit. C’est une identification qui porte sur la conséquence immédiate de la création des luminaires qui a pour but la séparation du jour et de la nuit, elle est indicative de la révolution de la Terre au tour du Soleil.

Dans le récit du Premier Jour, le contexte est différent, il n’y a pas de lien avec une création matérielle qui serait la cause de la distinction entre la lumière et les ténèbres, entre ce jour-là et cette nuit-là. En juxtaposant les deux relations, on comprend que celle du Premier Jour est d’ordre spirituel, sinon Moïse n’eût pas manqué de le préciser comme il l’a fait pour le Quatrième Jour[15].

La matière est une qualité que l’on mesure, que l’on pèse, que l’on définit. Elle est objective, réelle, elle tombe sous nos sens et alerte notre raison. Mais ce qui est matériel a un terme, une fin. La matière n’a que trois dimensions : la hauteur, la longueur et la largeur ou profondeur. La quatrième dimension est en l’homme, c’est l’homme avec cette part spirituelle que l’on désigne par la vie et qui fait de nous des immortels.

L’univers est un espace immense,  mais ce n’est qu’un espace qui n’est pas vide ; non seulement il y a des objets naturels et fabriqués par l’homme, mais il y a de l’énergie, des ondes, des rayonnements… Un espace, quelles que puissent être ses dimensions, n’est espace que parce qu’il est nécessairement limité. L’espace se délimite toujours ; on désigne par espace ce qui sépare deux objets. L’univers est un espace objectif, sur lequel notre raison peut s’employer et que nous appréhendons par tous nos sens, c’est une création matérielle, physique. Il faut donc en déduire qu’il est contenu, et qu’importe qu’il soit immense, il est nécessairement contenu, limité.

Quel est son contenant ?

Il peut s’agir de champs de forces, de limites plasmatiques[16] ; ce qui est assuré philosophiquement et scientifiquement c’est qu’il est nécessairement contenu, car où serait la notion de distance et de temps. L’éternité limite le temps, mais le temps ne saurait être dans l’éternité, or le temps et la durée se déterminent par la notion de distance, d’espace. Dans l’éternité la distance n’existe pas ou ne se conçoit pas de la même manière ; or l’éternité c’est aussi l’immuabilité, qui ne peut être contingente ni de l’espace, ni du temps.

On ne peut pas accoler à l’univers l’adjectif d’infini, car il est fini puisqu’il est soumis aux concepts de temps, de distance, de volume. Il faut donc reconsidérer l’affirmation selon laquelle l’univers serait en constante expansion, car le principe du contenant et du contenu introduit la logique selon laquelle le contenant fixe le contenu dans un lieu précis et dans une forme plus ou moins arrêtée. Si ce qui est fini n’est pas par définition infini, ce qui est contenu ne peut être en constante expansion. Il faut donc en conclure que l’univers est un lieu précis quelles que soient ses dimensions et qu’il a donc une fin, du moins dans sa forme actuelle[17].

Les Cinquième & Sixième Jours

 

 Celui qui est la vie la donne, la communique…

La vie est.

La vie n’est pas créée.

La vie n’est pas une chose.

La vie est un être. Dieu est la vie.

 « Dieu dit : Que les eaux foisonnent d’une multitude d’êtres vivants, et que les oiseaux volent sur la terre, sur la face du firmament du ciel.  Et Dieu créa les grands animaux aquatiques, et tout être vivant qui se meut, foisonnant dans les eaux, selon leur espèce, et tout volatile ailé selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds et multipliez, et remplissez les eaux de la mer, et que les oiseaux multiplient sur la terre.  Et il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour. […] Et cela fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici cela était très bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour. [18]  

 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, […][19] »

Père Edouard :

-               Les cinquième et sixième jours sont consacrés à l’animation des êtres, à la vie. Nous distinguons deux formes de vie, la vie végétative qui comprend le végétal et l’animal et la vie intelligente, l’homme. Selon saint Thomas le cinquième jour est une œuvre d’ornementation[20] ; certes, mais la question de l’origine de la vie se pose avec acuité dès ce jour.

Anne :

-         Anne Catherine Emmerich décrit ainsi la venue de l’ordre animal :

 « L’étendue que je voyais était douce et vallonnée, et toute recouverte de végétation mais au milieu il y avait une source, d’où s’écoulaient de tous côtés des ruisseaux, qui se jetaient parfois les uns dans les autres. Je vis d’abord du mouvement dans ces eaux, et remarquai des animaux vivants puis ensuite je vis les animaux ça et la, parmi les buissons et les fourrés, comme sortant du sommeil et regardant ça et là  autour d’eux ils n’étaient pas craintifs, et tout différents de ce qu’ils sont maintenant par rapport aux animaux actuels, ils étaient aussi parfaits que des hommes ils étaient purs, nobles, rapides, attachants et doux. Il est impossible de l’expliquer. La plupart de ces animaux m’étaient inconnus. Je n’en vis vraiment aucun comme maintenant. J’ai vu l’éléphant, le cerf, le chameau, et particulièrement le rhinocéros, que j’ai vu aussi dans l’Arche, où il était remarquablement attachant et doux il était plus trapu qu’un cheval et avait une tête ronde Je n’ai pas vu de singe, pas d’insectes. Ni aucune de ces misérables bêtes hideuses j’ai toujours pensé que c’étaient là  des punitions du péché. J’ai vu de nombreux oiseaux, et j’entendais leurs chants merveilleux, comme au matin mais Je n’ai entendu aucun rugissement, je n’ai vu aucun oiseau de proie.

Le Paradis existe toujours, mais il est absolument impossible aux hommes d’y accéder je l’ai vu, qui subsiste toujours dans toute sa splendeur, très haut, séparé en biais de la terre, comme le disque de ténèbres des anges déchus fut détaché du ciel. [21] »

Nous croyons, par notre foi et l’enseignement reçu, que Dieu est l’origine de la vie puisqu’il est  la vie ; mais les arguments de foi et d’autorité n’ont pas leur place dans un développement qui touche au domaine de la philosophie. Il faut donc argumenter. La matière ne produit que selon sa vertu –  sa nature ; or, comment une chose inerte donnerait-elle l’animation ou se la donnerait-elle si telle n’est pas sa nature ? Elle n’a pas conscience d’elle-même, elle n’a pas d’intelligence ni de raison. La matière n’a de forme qu’à la condition qu’elle en soit informée par une puissance extérieure.

Comment alors pourrait-elle  s’ordonner à la vie ?

Comment aurait-elle pu ordonner l’animation ?

Basile :

-                Que savons-nous de la vie ? Que ce que nous en dévoilent les fonctions physiques, l’animation ; il y a le mouvement chez l’animal et l’homme, la croissance pour le végétal. C’est parce que nous la possédons que nous l’identifions puisque nous-mêmes avons le mouvement. Nous nous nourrissons auprès de vivants : végétaux et animaux.

La vie n’est pas matérielle ni saisissable par les sens. Elle ne se révèle que par l’animation d’un corps. Elle est un fluide, une vertu immatérielle, spirituelle, elle n’est pas mesurable, quantifiable, sa durée sur terre est aléatoire, son principe est immortel.

Quelle est sa source ou sa cause, sachant que la nature d’une chose ne peut produire que selon sa propre vertu, sa nature. La vie est sans cause. Elle n’est pas créée, elle se communique, car elle dépend d’un principe intelligent, que son existence n’est pas antérieure à ce qui est… La vie est Dieu, Dieu est la vie. Il est l’Etre Parfait, principe et origine de tout.[22]

Théophile :

-                L’âme n’est pas intelligente, elle est le souffle qui anime qui met en mouvement, c’est l’animation ! Si le principe de vie est quelqu’un, c’est que ce quelqu’un est intelligent, or, l’intelligence désigne une personne et non un supposé hasard.

Nous pouvons dire, d’un certain point de vue, que la vie est la qualité indépassable, mais en tant que chrétien nous affirmons que la vie est Dieu, la permanence de son acte pur. Dieu est Acte Pur. La vie n’a pas de cause[23]. En effet, qu’il s’agisse du micro-organisme ou du macro organisme aucun n’est la cause de la vie puisque tous les deux sont animés. Enfin, il est impossible de soutenir que la vie puisse être l’aboutissement accidentel et hasardeux du big-bang, car celui-ci, pour autant qu’on suppose sa réalité, – je prie mes frères les ânes de m’excuser – a nécessairement une cause.

La vie n’est pas créée. La diversité de sa manifestation en  rend témoignage. Elle est ce que le chrétien appelle Dieu, elle n’a ni origine ni cause, elle est[24] : « Je suis le Vivant. »  Dieu est l’auteur de la vie en tant qu’il est vie. Il ne la crée pas, il la communique. Il crée les choses, il crée les êtres qu’anime la vie qu’il communique et qu’on appelle âme. L’être – le Est – est acte créateur, l’âme est la première communication que Dieu fait de lui-même en tant que ce qu’Il est à son sujet qui a le Est, et elle est excellente en l’homme, car il est l’unique correspondant de cette communication puisqu’il est le seul capable d’intellection avec les anges. C’est pourquoi Saint Irénée de Lyon écrivit avec raison : « l’homme vivant est la gloire de Dieu. » 

Auguste :

-               Ceux qui ne veulent pas entendre Dieu, considèrent que la vie a une autre cause, une autre origine. Ils ignorent la simplicité de l’évidence et ne peuvent démontrer leur proposition. Ils redoutent la réponse, car elle se charge d’autorité, et ils ne peuvent l’admettre. Selon eux, toute chose est relative, surtout le concept de vérité. Ils prennent inévitablement la voie du manque, de la soustraction. Ils engagent leur raison en des fatigues mécaniques pour se construire une réponse satisfaisante, rassurante, qui doit aller dans le sens de cet humanisme proclamant que l’homme se fait par lui-même, en dehors de toute référence extérieure… Le drame est, que ces esprits chagrins voient leur réponse confrontée, rejetée par le bon sens, car la vérité possède l’autorité comme propriété ; alors les voici en idéologues criminogènes, imposant leur idée par la force de leur seule autorité, la violence… Nous en avons contemplé les fruits tout au long des deux derniers siècles auquel s’ajoute ce début de XXIe et qu’illustrent le comportement idéologique et haineux de ceux qui ont légiféré quant à la loi de bioéthique 2004-2011 et avec le projet de loi « du mariage pour tous !».

Anne :

-                 Il y a la question de la forme. En effet, d’où viennent la diversité des formes animées ? La science n’en explique pas la raison ni la cause. La réponse est métaphysique. Dieu informe l’ADN pour que chaque individu soit dans son espèce et ait la forme qui lui corresponde selon le modèle pensé antérieurement.

La matière ne peut par elle-même s’ordonner, se désirer, s’informer. Dieu informe la matière selon le prototype qu’il s’en est fait et dans laquelle la vie est communiquée, répandue.

 Il existe un prototype pour chaque espèce dans la pensée antérieure. La diversité à l’intérieur de chacune d’elle dépend de son évolution d’adaptation circonstancielle, car si on rejette la proposition d’une évolution substantielle, on admet l’EAC[25] ; le fait de rejeter la théorie de l’évolution substantielle n’induit pas que l’on tombe dans l’excès contraire, le créationnisme[26].

 

Père Edouard :

-               A la question qu’est-ce que la vie  ou qu’elle en est l’origine ? Il ne peut y avoir que deux réponses possibles, qui ne sont pas de l’ordre de la science, mais de l’ordre de l’esprit ; soit nous répondons Dieu, soit nous répondons hasard accidentel ; réponses non-scientifique.  Un scientifique n’a aucune réponse à fournir sur l’origine de la vie, quand bien-même multiplierait-il les observations sur le vivant[27], ce n’est pas de ses compétences[28].

On observe, depuis l’élection de Benoît XVI, dans les milieux universitaires quelque peu crispés, un refus de voir le spirituel intervenir dans le discours scientifique ; très bien ! Mais les scientifiques doivent cesser d’élaborer des dogmes dès qu’ils font une synthèse de leurs découvertes, et le mal est encore plus grand quand ils s’autorisent à consolider leur synthèse par des perspectives idéologiques qui n’ont pas leur place dans le discours scientifique.

C’est tout le problème depuis  Occam le Maudit ; les milieux scientifiques ne veulent pas d’intrusion du spirituel dans leur discours conclusif, mais beaucoup d’entre eux s’autorisent à l’intrusion idéologique. Il leur faut éviter à tout prix une confrontation métaphysique, mais ils s’autorisent à des intrusions contre les religions pour les tenir éloignées d’eux afin d’éviter cette confrontation qu’ils ne pourraient dominer. Ils ont  besoin de détruire le concept d’une vérité révélée… On s’autorise à dire que  Dieu n’existe pas. On rejette même le droit des religions à susciter une confrontation morale quant à la conscience scientifique. Evidemment ! Il faut éviter les cauchemars durant le sommeil… Il y a beaucoup de Docteur Faust et de Mengelé  dans nos milieux scientifiques protégés par le pouvoir politique lui-même assujetti aux sociétés occultes ordonnées par les illuminatis, la  Pieuvre noire.

La Vérité, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours, en passant par Descartes, n’est plus une recherche essentielle, car pour ces esprits fort-doctes rien n’est absolu. S’interroger sur la vie, si on rejette Dieu, est une tentation abyssale d’orgueil. Peut-on, en dehors de la Révélation, comprendre quelque chose au sujet de qui a son propre vouloir, sa propre intelligence et qui n’a pas d’origine ? C’est sans doute cette impossibilité qui contribue aux dérives mortelles des sciences, car tout ce qui touche à l’origine de la vie suscite une curiosité expérimentale qui franchit l’interdit, et l’homme se prend à rêver qu’il pourrait bien devenir son propre créateur. C’est pour certains la cause première qui justifient les manipulations génétiques, à commencer par l’avortement, la fécondation in vitro, les chimères, le clonage et le mariage pour tous. L’homme s’est donné pour projet de prolonger la vie au plus loin possible, il n’y parviendra pas de lui-même et les expérimentations dans ce sens lui vaudront les pires catastrophes spirituelles et métamorphiques :

«  Il n’y aura plus là d’enfant né pour peu de jours, ni de vieillard qui n’accomplisse pas le nombre de ses jours; car ce sera mourir jeune que de mourir centenaire, et c’est à cent ans que la malédiction atteindra le pécheur. Ils bâtiront des maisons et ils les habiteront; ils planteront des vignes et ils en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront pas pour qu’un autre habite; ils ne planteront pas pour qu’un autre mange. Car les jours de mon peuple égaleront ceux des arbres, et mes élus useront l’ouvrage de leurs mains. [29] »

 

Depuis quelques temps on nous annonce que l’on parvient à prolonger la vie par des méthodes de rajeunissement des cellules, c’est ce qu’on veut nous faire croire.  S’il est exact que le mode de vie permet un relatif allongement, on aurait tort, fort tort de croire que c’est grâce à la science[30]. L’actuel allongement de la vie est dû à la grâce de Dieu qui, de cette façon, corrige les actes mauvais de la Pieuvre Noire[31]  afin de donner du temps à chacun pour sa conversion, et c’est aussi une matière prophétique qui annonce la proximité des « cieux nouveaux et d’une terre nouvelle»


[1] Gn. 1,6-8

[2] Si nous considérons que la Matière Primordiale et à sa suite le chaos primitif aient été saturés d’eau ; il nous semble logique que les astres qui furent pris de ce chaos primitif gardent les traces de cette eau. Il apparaît donc hasardeux d’en conclure après avoir constaté ces traces que telle planète a pu abriter le vivant en sa qualité de planète.

[3] Fernand Crombette, orientaliste, 1880-1970 : « Ce travail accompli, F. Crombette se met à regarder la Bible d’une toute autre manière : l’incompatibilité qui existe aujourd’hui entre les chronologies officielles de l’Histoire de l’Antiquité et la chronologie biblique, pose question. C’est en 1830 que Champollion, modifie ses estimations initiales et avance pour les premières dynasties égyptiennes une date remontant au 6e millénaire avant Jésus-Christ, incompatible donc avec la date de -2348 A.C. admise communément pour le Déluge. Crombette, habitant depuis 1937 à Tournai (Belgique) se rend alors à la Fondation Egyptologique Reine Elisabeth, à Bruxelles, pour s’initier à la lecture des hiéroglyphes. Il ne tarde pas à remettre en cause la méthode de déchiffrement de CHAMPOLLION, qui assimile les hiéroglyphes à une écriture alphabétique, alors que les signes pictographiques ou idéographiques (on le voit en Chine) sont antérieurs à tout alphabet et en suppriment le besoin. La fameuse Pierre de Rosette, point de départ de Champollion, représente un décret pris par le pharaon « grec » PTOLÉMÉE V Epiphane. Les hiéroglyphes traduisent donc le texte grec, et le fait que certains ont été choisis pour figurer phonétiquement les lettres grecques de noms propres, tels que PTOLÉMÉE et CLÉOPÂTRE, n’implique nullement que cette règle de transcription puisse s’appliquer aux noms communs qui existaient en copte monosyllabique (la langue de l’Egypte Ancienne) avant même qu’on songe à les écrire. La Pierre de Rosette ne saurait donc servir de point de départ au déchiffrement des inscriptions royales des dynasties égyptiennes. » (Extrait tiré du site ceshe.com)

[4] Gn.1, 9-13

[5] Si nous considérons que la Création a d’abord été pensée en vue de l’établissement d’une Alliance Perpétuelle entre Dieu-Créateur et l’homme au moyen de l’Incarnation, alors nous sommes en droit de considérer que la planète Terre est au centre de l’univers pour y recevoir l’homme (homo-centrisme) lui-même ordonné à l’Incarnation de Dieu le Fils – le Verbe fait chair – (christo-centrisme). L’homo-centrisme de la Création n’est pas incompatible avec le christo-centrisme puisque tout se récapitule en Jésus-Christ. On peut affirmer que la Création est naturellement homocentrique.

[6] Cette insistance répétitive sur cette pensée antérieure est nécessaire pour bien comprendre à quelle fin la théorie de l’évolution a été fondée et pour mieux s’en débarrasser.

[7] Hypothèse : Et si le  centre de l’univers n’était pas la Terre seule, mais quelque part entre elle et le Soleil ou que ce centre soit constitué par l’attraction de la Terre avec le Soleil ? Que ce soient la Terre et le Soleil qui constituent le centre de l’univers ? Il s’agit bien sur d’une pure hypothèse.

[8] Som. St Thomas Quest. 69 art. 2 rep. c. : « Cependant, selon les autres, on peut dire que la première institution des espèces appartient aux œuvres des six jours. Mais que, à partir des espèces une fois instituées, se produise la génération d’être semblables selon l’espèce, cela appartient désormais à l’administration des choses. C’est en ce sens que l’Ecriture dit : « Avant qu’elle pousse hors de terre » ou « avant qu’elle germe » […] ».

[9] Som. St Thomas Quest. 69 rép. c : « Cependant, selon les autres, on peut dire que la première institution des espèces appartient aux œuvres des six jours. Mais que, à partir des espèces une fois instituées, se produise les générations d’êtres semblables selon l’espèce, cela appartient désormais à l’administration des choses. […]C’est-à-dire que sont produites des espèces parfaites de plantes, à partir desquelles d’autres semences naîtront. Et peu importe l’endroit où les plantes, ont leur puissance séminales, que ce soit la racine, la tige ou le fruit. »

[10] Nous entendons par vie le principe d’animation que produit l’âme soit végétative soit humaine ; ce n’est pas Dieu qui, directement anime la matière, mais c’est l’âme et elle seule qui l’anime. Il ne faut donc pas confondre l’être, le Est qui est l’existant et qui fait que j’existe avec l’âme : Cf. les travaux du Père Patrick de Vergeron –catholiquedu.net.fr ou domanova.unblog.fr « Petite récréation philosophique »

[11] Gn. 1, 14 – 19

[12] La Bible n’explique pas le comment de la Création, mais elle expose les faits en eux-mêmes et pour ce qu’ils sont. Ce n’est donc pas parce qu’on ne peut pas les expliquer qu’elle doit être systématiquement rejetée du seul point de vue scientifique.

[13] Som. St Thomas Quest. 70 rep. a. à c. : « Dans la récapitulation des œuvres divines, l’Ecriture s’exprime de cette manière : « Ainsi donc furent achevés le ciel et la Terre et tout leur ornement. » Dans ces paroles on peut entendre qu’il y a trois œuvres. […]A ces deux œuvres enfin s’ajoute l’œuvre d’ornementation. Il y a différence en effet entre ornement et perfection. Car la perfection du ciel et de la terre semble regarder les choses qui leur sont intrinsèques, et l’ornement, les choses qui sont distinctes du ciel et de la terre. […] Toutefois, pour ce qui est de la production des luminaires, […] Il dit en effet, que les luminaires furent faits en actes et non pas seulement en tant qu’une puissance était capable de les produire, car le firmament ne possède pas la puissance de produire les luminaires comme la terre  a la vertu de produire les plantes. (…). »

[14] Anne Catherine Emmerich : « l’Ancienne Alliance » 2- De le Création de la Terre

[15] Il n’est pas question de donner une autorité absolue à la Bible dans les domaines des sciences, nous tomberions dans l’erreur du fidéisme.  Mais il n’est pas acceptable, du seul point de vue de la rigueur intellectuelle, de lui dénier une valeur scientifique au nom d’une indépendance de la raison par rapport à la foi. L’ouverture d’esprit, de l’intelligence n’a jamais été incompatible avec la recherche de la vérité.

[16] Ce que pourrait suggérer la poche plasmatique qui enveloppe le petit d’homme de sa conception à sa naissance.

[17] Il serait peut être fort sage et humble de considérer la théorie des fractales qui pourrait nous aider à mieux comprendre l’univers sans tomber dans des aliénations idéologiques. Il est une chose certaine, la théorie de l’expansion de l’univers et de son supposé infini ne sont pas compatibles avec la philosophie, ils heurtent la raison la plus simple.

[18] Gn. 1, 20-31

[19] Pr. Jn 4-5

[20] Som. St Thomas Quest. N°71, Rep. a : « Comme nous l’avons dit plus haut, l’œuvre d’ornementation correspond par son ordre à l’œuvre de distinction. […] Et donc, de même que Moïse nomme au quatrième jour les luminaires et la lumière, pour indiquer que le quatrième jour répond au premier, où il avait dit que la lumière avait été faite, – de même, à notre cinquième jour, fait-il mention des eaux et du firmament de ciel pour indiquer que le cinquième jour correspond au deuxième. »

[21] Ancienne Alliance, A. C. Emmrich

[22] C’est la raison pour laquelle les manipulations génétiques (clonage reproductif humain et PMA, chimères) sont des actes d’abomination sans précédant.

[23] On entend dire : « Dieu est la cause de la vie » ce n’est pas faux, mais inexacte ; on devrait dire : « Dieu est la cause de l’animation », car dans la mesure où Dieu s’identifie Lui-même à la vie et qu’il est l’Incréé, cela revient à dire que la vie n’est pas créée mais communiquée. Donc Dieu qui est la Vivant communique la vie pour l’animation des corps des trois ordres du vivant.

[24] Som. St Thomas Quest.18, Art.2 rép.b : « […] Le mot vie se prend d’un phénomène apparent qui est le mouvement autonome ; mais ce n’est pas cela qu’on entend signifier par ce nom, c’est la substance à laquelle il convient, selon sa nature, de se mouvoir d’elle-même, ou de se porter de quelque manière à son opération. D’après cela, vivre n’est rien autre chose que d’être en une telle nature, et la vie signifie cela même, mais sous une forme abstraite, comme le mot « course » signifie abstraitement le fait de courir. « Vivant » n’est dons pas un prédicat accidentel, mais substantiel. »

[25] EAC, évolution d’adaptation circonstancielle ; un aigle pyrénéen est différent de celui de la Cordillère des Andes, mais ce sont toujours des aigles ; l’éléphant d’Asie est différent de celui de l’Afrique, mais ce sont toujours des éléphants ; un homme noir, blanc ou jaune est différent de l’autre, mais les trois sont bien des hommes.

[26] Les tenants absolutistes du Créationnisme rejoignent, psychologiquement, les évolutionnistes ; ils tombent fatalement dans une structure idéologique ce que confirme leur attitude souvent agressive, autoritariste comme pour ceux d’en face. Les deux camps ont besoin de se rassurer, l’un comme l’autre ne regardent pas en face leurs peur.

[27] Som. St. Thomas Quest. 3 rep. a et e : « La vie est en Dieu dans la plus haute acceptation du terme. Pour s’en convaincre, il faut observer que la vie étant attribuée à certains êtres en raison de ce qu’ils sont mûs par eux-mêmes, et non par d’autres plus cela conviendra parfaitement à quelqu’un plus parfaitement aussi on trouve en lui la vie. Or, dans la série des moteurs et des mobiles, on distingue par ordre un triple élément. Tout d’abord la fin meut l’agent ; l’agent principal est celui qui agit par sa forme, et il arrive que celui-ci agisse par le moyen d’un instrument, lequel n’agit donc pas par la vertu de sa forme, mais par celle de l’agent principal, lui-même n’ayant pour rôle que d’exécuter l’action. […] Mais bien que notre intelligence se détermine ainsi à certaines choses, certaines autres lui sont fixées par la nature, comme les premiers principes, qu’elle ne peut éviter de reconnaître et la fin ultime qu’il lui est impossible de ne pas vouloir. Ainsi, bien qu’elle se meuve à quelque fin, il faut pourtant qu’à, d’autres fins elle soit mue par un autre. C’est pourquoi celui dont la nature est son intellection même et en qui le naturel n’est pas fixé par un autre, détient la forme suprême de la vie. Et tel est Dieu. En Dieu donc il y a la vie au plus haut point. Aussi le philosophe – Aristote –,  au livre XII de la Métaphysique ayant montré que Dieu est l’intelligence même, conclut qu’il a la vie parfaite et éternelle, parce que son intelligence est souverainement parfaite et toujours en acte. »

[28] Le savant peut croire en Dieu, mais dans sa démarche de savant, il est nécessaire de demeurer dans le réel sensible, objectif ; c’est pourquoi en tant que savant celui-ci ne peut dire qu’elle est l’origine de la vie, car ce concept dépend intellectuellement de la philosophie et de la théologie, deux matières qui ne relèvent pas directement du chercheur en tant que tel.

[29] Isaïe 65,20-22

[30] On ne nie pas le fait médicale de pouvoir ralentir le vieillissement en balayant les cellules, mais cette méthode connue des années quatre-vingt n’est pas suffisante pour expliquer l’allongement de la vie.

[31] Il s’agit d’une dénomination commune désignant les sociétés secrètes résolument ennemies de Dieu et des hommes et qui sont les instigatrices de lois abominables et d’exactions ayant pour but la destruction des grâces messianiques ; elles sont objectivement aux ordres de Lucifer.

29 janvier 2013

LA CREATION VISIBLE (suite)

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 23 h 15 min

LA CREATION VISIBLE (suite) dans LES CAHIERS DE DOMANOVA chronos

CHRONOS

 

De la notion du temps et de la durée

Théophile :

-  Le récit de la Création a un rythme qui souligne l’antériorité de la pensée et l’intention ordonnée qui l’anime. Six jours[50] ! c’est-à-dire six périodes pour cette œuvre bonne que l’homme doit mener à son achèvement vers le septième jour. Le Jour du Seigneur. Le Créateur a fait du temps un collaborateur. C’est dans le Jour du Seigneur, que la Création trouvera son accomplissement. Elle sera glorifiée, transfigurée[51]. Les notions de durée, de temps attirent l’attention dès les deux premiers mots du livre de la Genèse : «  Au commencement…[52] »  ce qui annonce implicitement une fin.

Le temps se conçoit par un commencement et une  fin. Le concept de l’éternel recommencement ne peut-être retenu ni en philosophie, ni en théologie, ni en science, car le principe même du temps et de la durée conclut à un terme[53] que les paroles de Jésus confirment : « Je suis l’Alpha et l’Oméga[54]. » La science ne peut pas soutenir la théorie du renouvellement incessant, il en est de même pour le cycle de la transformation  tout ne se transforme pas indéfiniment d’où le sable qui est la dernière transformation de la matière. Le sable est son terme mort[55]. Le mouvement perpétuel est un concept faux, car la matière, par sa nature, ne peut prétendre à l’éternité ni à l’immortalité ; le concept de mouvement introduit naturellement un terme puisque sa perception est de l’ordre du physique, de la matière ce qui a une fin logique.

La naissance et la mort physique du vivant donnent la mesure naturelle du temps sur laquelle nous portons une valeur matérielle, morale, affective et spirituelle. La fin en Dieu, pour les hommes et les femmes de foi, nous porte naturellement et surnaturellement à conférer à la durée et au temps impartis une valeur qualitative, ne serait-ce que par notre descendance dans laquelle nous nous avisons et trouvons notre complaisance.

La société moderne, si cruelle, nous impose une vue exclusivement utilitaire du temps et de la durée. Il n’est plus question de qualité, mais de quantité, de rapport à l’enrichissement matériel, l’accaparement en soi. Nous en sommes arrivés que, dans l’aumône que nous pratiquons, s’insinue le concept cynique du retour sur investissement. Ceux qui conçoivent la création que du point de vue de son efficience, à savoir son aspect exclusivement positif, tendent vers l’évolutionnisme et concluent à la non-existence de Dieu, de la Cause Première. La matière ne se voit plus autrement qu’un mouvement perpétuel : « Rien ne se perd tout se transforme[56]… » ; on rejoint le nihilisme, le néant, ce  nirvana  bouddhique. La Création est perçue comme un malheur, un avatar tragique dont il faut à tout prix sortir. Une sottise désespérante… ( La suite : journaldelalliance.org )

 

23 janvier 2013

LA CREATION VISIBLE

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 18 h 29 min

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL

LE JOURNAL DE L’ALLIANCE.ORG

 

La Création Visible

                                   LA CREATION VISIBLE dans LES CAHIERS DE DOMANOVA creation

                                                                                                                                                                         Création


Le vent, la pluie rigueurs du jour s’abattaient sur le Conflent. De la terrasse, surplombant les petites vallées encaissées, se distinguaient les vapeurs humides et grises, elles s’élevaient en volutes exhalant les fragrances automnales que chargeaient les herbes pourrissantes, les fenaisons abandonnées. Elles annonçaient le repos hivernal que soulignaient gravement oripeaux et guenilles jonchant le sol désolé et que fouillaient corneilles et mouettes égarées.

Le colloque reprenait au tour d’une flambée ; elle animait la cheminée rustique, chacun reposait sa pipe éteinte et chaude en geste amples, que seuls les gourmets du temps saisissaient. Liturgie des silences investis.

Auguste :

-                 La Création visible pose deux questions :

                  1-      Quelle est sa cause ?

                  2-      Quelle est sa raison d’être ?

Père Édouard :

-                 Auguste, tu es sinistre ! Tu n’as pas devant toi un patient !  Toutefois, il s’ajoute trois autres questions ; elles ont l’homme pour objet :

                 a-             D’où je viens ? C’est-à-dire quelle est ma cause ?

                 b-            Qui suis-je ? C’est-à-dire quelle est ma propre identité et quelle est ma place dans la Création ?

                 c-             Où vais-je ? C’est-à-dire quelle est ma propre finalité ? Suis-je libre ou suis-je prédestiné ?

Car la Création n’existe pas sans l’homme puisqu’elle lui est ordonnée.

Anne :

Deux courants s’affirment et s’affrontent depuis la Renaissance, mais ils étaient sous-jacents dans la cabala[1] occamienne : le matérialisme athée et le courant spirituel. L’un et l’autre sont traversés par des courants secondaires apportant leur lot de nuances et d’intransigeances. Nous les désignerons de la façon suivante : les théoriciens de l’évolutionnisme et ceux du créationnisme. Ce débat confronte les tenants d’un Dieu créateur à ceux qui le nient et avancent la théorie du hasard et de la nécessité[2].

Basile :

-                 Quelle est l’origine de la matière ?

 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. […] ;  Au commencement était le Verbe, […], et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. [3] »

L’intention de Moïse et de saint Jean l’évangéliste est d’affirmer, qu’à l’origine de toute chose créée se trouve une essence substantielle, intelligente. Elle aurait pensé antérieurement à ce qui est, pensée habitée par une intention ordonnée, sa finalité, son objectif sublime.

Dieu est cette essence substantielle – l’Acte Pur –  dont l’intention ordonnée est l’homme en vue de son assomption par la grâce de l’Incarnation de Dieu.

Théophile :

-                 Ton affirmation conclusive n’est pas recevable en dehors de la sphère de la foi ; car mon cher Basile, cela sent le fidéisme même si telle n’est pas ton intention. Méfions-nous des raccourcis.

En dehors de la Révélation, de notre foi, pourquoi accepterions-nous qu’il préexiste une intelligence à tout ce qui est créé ? Qui en serait la cause ?

Père Édouard :

-                 Si nous observons la création en ignorants, nous comprenons que les harmonies qui l’organisent ont été pensées. Il semble difficile d’admettre qu’il s’agisse d’un accident hasardeux duquel procèderait une succession de causes secondes appelées nécessités. Une essence intelligente a pu seule concevoir des lois d’une telle  justice  selon l’expression de Socrate.

En supposant que l’on retienne la théorie du Big-bang[4], comment expliquer la cause originelle de cet atome primordial ? Nous sommes confrontés à une impossibilité physique puisque toute cause produit un effet, une réaction : action, réaction !  ; ce qui est a une cause originelle. Il est légitime de chercher à identifier la cause physique première de cet atome premier. Aujourd’hui, la théorie du Big-bang n’est plus retenue du fait de la découverte du neutrino[5], particule de matière qui se déplace plus vite que la lumière.

Anne :

-                 Ignorons cette découverte pour le moment et supposons que le hasard accidentel soit à l’origine de la Création, alors nous sommes confrontés à une autre impossibilité, car la Matière Primordiale est inerte :

 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide ; les ténèbres couvraient l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.[6] »

 La Terre – planète – n’est pas encore formée[7], il s’agit du Chaos Primitif, la matière brute. Nous l’appellerons Terre Primordiale considérant qu’elle est la génitrice primitive de tout ce qui est. Dans la mesure où la matière n’est pas intelligente, comment a-t-elle pu s’auto-ordonner ? Les théories évolutionnistes proposent qu’elle se serait auto-informée ! Qui peut le croire ? 

Une pièce métallique peut être informée pour qu’elle prenne la forme qu’on lui veut donner ; il y a intervention intelligente, extérieure. Si la matière ne subit pas une cause, peut-elle s’auto-informer ? Nous sommes confrontés à cette proposition : les lois physiques se seraient auto-informées par une série accidentelle de conséquences ; peut-être ! Mais nous en sommes toujours au même point, quelle cause a informé la Matière Primordiale de ses lois originelles ? Elle n’a pu, par elle-même, sortir du néant, pas plus que l’Atome Primordial. Il n’est scientifiquement ni philosophiquement  pas possible de soutenir que la matière ait pu se susciter à l’existence[8] alors qu’elle n’existait pas l’instant d’avant.

Théophile :

-                 La découverte de Reines et Cowan Jr. confirme l’intuition de Pauli en 1931 : l’existence d’une particule électrique, d’une masse nulle, c’était l’intuition d’Enrico Fermi. Mais à l’époque, s’imposait déjà le Big-bang et nul n’avançait l’idée que ce neutrino serait une particule de matière se déplaçant plus vite que la lumière. Nous n’avions pas les moyens techniques d’aujourd’hui pour la démonstration ni en calculer sa vitesse et comprendre sa nature.

Nathan :

-                 Il faut admettre que la Matière Primordiale précède la Lumière Primordiale, ce qui confirme la présence d’une pensée antérieure à la Matière Primordiale, habitée d’une intention ordonnée. La matière ne peut s’auto-créer ni s’auto-susciter du néant, ni s’auto-informer. Il y a une essence intelligente qui préexiste à la Création.

Auguste :

-                Ne nous hâtons pas ou alors très lentement. La Matière Primordiale est en attente d’informations. Chaos Primitif. Elle n’est pas fécondée.  …les ténèbres couvraient l’abîme,…, il s’agit des Ténèbres Primordiales. Elles sont ténèbres par opposition à la Lumière Primordiale qui n’est pas encore là, ce que signifie ce passage : …et l’esprit[9] de Dieu se mouvait au-dessous des eaux.[10] . Les Ténèbres Primordiales sont sans doute celles produites par l’opposition des anges-démons qui couvrirent la Matière Primordiale.

Anne :

-                 La description de la Création de l’univers qu’en fait A. C. Emmerich confirme pour partie cette théorie :

 « Juste après la requête des anges restés fidèles et après le mouvement dans la Divinité, je vis apparaître une sphère sombre à côté du disque de ténèbres qui avait pris naissance en bas cette sphère était à la droite du disque, à une faible distance.

Alors je posai mon regard plus attentivement sur cette sphère sombre à droite du disque de ténèbres, et j’y vis un mouvement, comme si elle devenait de plus en plus grosse je vis des points lumineux jaillir de la masse, la recouvrir comme de rubans clairs et déborder ça et là  en larges taches claires et en même temps, Je vis le profil de la terre qui surgissait de l’eau et s’en séparait. Puis je vis un mouvement dans les endroits découverts, comme si quelque chose y prenait vie. Et je vis de la végétation croître sur la terre ferme, et un fourmillement de vie parmi les plantes. Déjà  dès mon enfance, je pensais que les plantes étaient animées.[11] » 

La matière précède la lumière créée et certifie le récit de la Genèse. Nous en tirerons la conclusion  qu’une pensée antérieure est à l’origine de la Création, ce que la théorie du big-bang et toute la mécanique évolutionniste nient. La pensée précède l’acte, l’intention l’ordonne[12]. Descartes n’a plus qu’à entrer à tout jamais dans l’iceberg brûlant suédois… Il ne fait aucun doute qu’il sera reçu par le Marteau de Thor.

Basile :

-                 Les théoriciens de l’évolutionnisme s’opposent, in fine, à une pensée antérieure à la Création. Le croyant, qui adhère à cette théorie, s’éloigne de Dieu. On ne concilie pas la foi en Dieu et l’évolutionnisme. Des théologiens imprudents affirment que cette théorie ne contredit pas la foi en Dieu ni qu’Il soit le Créateur ; erreur fatale ! Cette théorie est un élément substantiel de la culture révolutionnaire ; elle à rendu difficile le renouveau théologique, celui de la théologie de l’alliance, dans l’immédiateté de l’après concile[13].

C’est le naturaliste Buffon et son disciple Jean-Baptiste Lamark[14] qui fondèrent la théorie de l’évolution en s’appuyant sur cette observation : l’unicellulaire tend naturellement vers le pluricellulaire. Cette proposition est contredite par la découverte que le pluricellulaire peut produire, sans intervention extérieure, un unicellulaire[15]. Et d’autre part, le vivant le plus élémentaire est d’une très grande complexité ; pouvons-nous sérieusement envisager d’expliquer ceci par le hasard ?

Nathan :

-                 La matière n’est pas intelligente, elle n’a pas de désir, elle n’a pas conscience d’elle-même. Elle ne peut être sa propre cause, elle ne peut s’auto-informer. Elle n’est pas sa propre origine. Elle est une œuvre de sagesse révélée par la beauté et signifiant l’Acte Pur qui est Dieu. Il est l’Unique avant toute chose, il est substantiellement Un dans un échange d’amour trinitaire :

 « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. »

Saint Jean en témoigne, Dieu trinitaire est la Cause Unique, l’Acte Pur de la Création. Les trois Personnes de la Sainte Trinité, qui sont un seul Dieu, sont le Créateur des univers visible et invisible[16]. La Création témoigne et réfléchit la vie Trinitaire dans son unicité parfaite. Elle glorifie Dieu, créée par Lui et pour Lui, elle rend témoignage de la Vérité. Elle manifeste sa Gloire ; elle est action de grâces. Elle est la première révélation de l’Amour trinitaire. C’est si vrai, que tout ce qui existe est porté par la loi trinitaire. (à suivre)


[1] Il s’agit d’un recueil de commentaires sur l’Ecriture Sainte qui composent le talmud au nombre de trois cabalas.  Occam est l’auteur d’une compilation philosophique et théologique hérétique qu’on désigne également par cabala ; la cabala  occamienne est considérée comme les deux dernières cabalas du talmud opposée aux grâces messianiques. Elles sont le terreau de la pensée moderne antichrétienne et anti-hébraiques.

[2]Nous demandons pardon à nos frères les ânes qui, quoique fort bien bâtés de bon sens, risquent sur ce sujet de souffrir de grands fou-rires. Nous en sommes d’autant plus désolés que nous sommes membres de l’académie des Ânes, en l’honneur de ceux qui eurent l’insigne grâce de porter la Mère du Verbe et donc de la Vérité et la Vérité Elle-même. On dit que leur descendant, doyen de cette aimable compagnie, a pour royaume pâturé le massif du Canigou ; puisse-t-il ne jamais être confronté au cimeterre !

[3] Gn. 1, 1-2 ; Jn. Prol.

[4] Il s’agit d’un atome qui aurait été singulièrement concentré en énergie et qui, en explosant, aurait dégagé une telle énergie qu’elle serait la cause première de la Création, de la matière. L’astrophysicien Lemaître prêtre et prélat de la Maison Pontificale (1894-19666) Belge, conseiller  scientifique auprès de Jean XXIII, a défendu la théorie du Big-bang ; son influence dans ‘Eglise fut assez fâcheuse.

[5] Récemment des physiciens du CERN ont découvert une particule de matière se déplaçant plus vite que la lumière.  La petite histoire de cette découverte majeure nous révèle qu’il fut demandé à deux laboratoires de physiques de vérifier l’exactitude des mesures. Le premier des deux, laboratoire italien, confirma les résultats de nos découvreurs et l’exactitude des mesures et calculs ; tandis que les résultats du second laboratoire vérificateur se faisaient attendre, on claironna dans un bruit assourdissant et contradictoire que nos découvreurs s’étaient trompés dans leur calcul. Il est difficile d’imaginer que ceux-ci aient annoncé leur découverte sans avoir pris des précautions multiples ; il ne fait aucun doute qu’ils ont dû vérifier et revérifier leurs résultats et tous les moyens de mesure qu’ils avaient utilisés. La déclaration faisant état d’erreurs de calcul semble peu crédible, d’autant que l’un des directeurs du CERN ne semblait pas l’appuyer. Et nous savons qu’il y a eu des précédents, puisque dans l’affaire du Boson, citée plus haut, il y avait eu mensonge. Nous savons que cette découverte est authentique et que la plus importante des conséquences est qu’elle achève, sans appel, la théorie de l’évolution, puisque cette découverte confirme ce que la Révélation nous commande de croire, qu’à la Création a précédé une pensée qui était habitée d’une intention ordonnée. La physique devient l’alliée de la Révélation chrétienne : Dieu est l’auteur de la Création visible.

[6] Gn.1, 1-2

[7] Ce qui expliquerait la présence les traces d’eau, trouvées, interprétées comme telles, sur les planètes comme la Lune et Mars ; puisque tous les astres et étoiles proviendraient d’une même source, la Matière Primordiale qui se trouvait en attente de forme sous les Eaux Primordiales.

[8] Soutenir cette théorie est d’une grande cruauté envers nos amis les ânes.

[9] L’esprit de Dieu est lumière et feu.

[10] Dans la liturgie de la Nuit Pascale, il y a un rite spécifique, la consécration de l’eau pour le baptême ; ce rite fait mémoire de l’eau primordiale, on appelle cette eau : eau lustrale. Il est universellement convenu que tout ce qui existe soit sorti de l’eau, de l’humide, comme si ce fait scientifique faisait référence à la mémoire ontologique ! Il s’agit de l’Eau Primordiale, celle qui enveloppait la Matière primordiale.

[11] Ibidem, A. C. Emmerich.

[12] « Tu as fait deux choses, Seigneur ; l’une est proche de toi », c’est l’ange ; « et l’autre est proche du néant », c’est la matière. » (XII conf. 7.PL 32,828. BA 14,355). Som. Quest. 44, art.2 St. TH. Aquin, rep. c : « Mais d’autres allèrent plus loin et s’élevèrent jusqu’à la considération de l’être en tant qu’être, et ils considérèrent la cause  des choses non seulement selon qu’elles sont celles-ci ou qu’elles sont de telle sorte, mais en tant qu’elles sont des êtres. Donc ce qui est cause des choses en tant qu’elles sont des êtres doit être leur principe, non seulement selon qu’elles sont telles par leur formes accidentelles, ni selon qu’elles sont celles-ci par leur formes substantielles, mais encore selon tout ce qui appartient à leur être, de quelque façon que ce soit. Et c’est ainsi qu’il faut affirmer que même la matière première est créée par la cause universelle des êtres. »

[13] Ce travail de renouveau entrepris par les Pères du Conciles V.II fut étouffé par les choix idéologiques qui dominèrent l’après concile dans l’Eglise.

[14] Buffon 1707-1788, naturaliste français, mathématicien, biologiste, cosmologiste. J. B. Lamark poursuivit l’œuvre de Buffon et rédigea le premier la théorie de l’évolution. ( 1744-1829)

[15] Il faut se souvenir que les scientifiques du Siècle des Lumières, avaient Occam pour référence doctrinale qui est le père maudit du positivisme qui considère l’ordre du monde comme étant contingent, d’autant que pour lui l’essence n’existe pas. Enfin, ne perdons pas de vue que les Lumières avaient l’obsession d’enlever tout crédit à la Révélation à seule fin d’éloigner l’homme de Dieu ; ce qui est toujours l’obsession chez les évolutionnistes.

[16] Som. Qest. 44 art. 3 rep. a : « Dieu est cause première exemplaire de toutes choses. Pour en être persuadé, il faut considérer qu’un modèle est nécessaire à la production d’une chose pour que l’effet reçoive une forme déterminée. […] Or, il est manifeste que les choses produites par la nature reçoivent une forme déterminée. Cette détermination des formes doit être ramenée, comme à son  premier principe, à la sagesse divine qui a élaboré l’ordre de l’univers, lequel consiste dans la disposition différenciée des choses. Et c’est pourquoi il faut dire que la sagesse divine contient les notions de toutes choses, que précédemment nous avons appelées idées, c’est-à-dire formes exemplaires existant dans l’intelligence divine. »

21 janvier 2013

LES CONCIABULES HIPPONIENS

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 22 h 11 min

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL

LES CAHIERS DE DOMA NOVA


LES CONCILIABULES HIPPONIENS

DE LA CRÉATION…

LES CONCIABULES HIPPONIENS dans LES CAHIERS DE DOMANOVA la-creation

MARC CHAGALL


 Évolutionnisme – Créationnisme ?

(TOUTE REPRODUCTION MÊME PARTIELLE EST STRICTEMENT INTERDITE)

Ce cahier vous sera prochainement proposé en support papier.

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AVERTISSEMENT

 

Ces Cahiers de Doma Nova sont une des réponses possibles à l’appel de Benoît XVI quant à la ré-évangélisation de l’Europe. C’est mon ami Alain Poret  qui me proposa leur création.

Ces cahiers  traiteront d’un seul sujet à la fois, ils sont ouverts aux auteurs confirmés ou amateurs qui rejettent les idéologies et possèdent un appétit insatiable pour la Vérité et la Liberté. Il nous importe peu de collaborer avec des non-diplômés, nous recherchons des passionnés, des esprits de qualité qui soient capables de se délivrer de courants dominants ; qu’ils soient aventureux, capables de s’engager hors des voies balisées.  L’esprit qui nous anime est celui de la liberté, considérant qu’aucun sujet ne saurait échapper à la curiosité intellectuelle ; il est aussi celui de la Vérité et de la Rigueur. Liberté, Vérité et Rigueur sont les trois appuis qui nous permettent d’échapper au politiquement correct avec cette recherche esthétique qui consiste à aborder un sujet austère en ayant le souci du beau.

Nous avons le souci de renouveler la transmission écrite du savoir, surtout la Doctrine Catholique, soit sous la forme d’un dialogue, lorsque le sujet s’y prête, soit dans une prose claire sans pour autant tomber dans le simplisme. Si l’expression écrite est l’auxiliaire de l’oralité, cet art doit aujourd’hui contribuer à la préservation de notre culture et résister à la décadence de notre littérature face à l’envahissante sous-culture anglo-saxonne, ce mondialisme de la décadence[1].

 Dire tout de Dieu par l’homme et dire tout de l’homme avec Dieu.  Telle est notre devise ; l’âne et l’ânon n’en ont-ils pas témoigné en portant la Mère de ce Dieu fait Homme !

 

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Introduction à la Création

 

La compréhension de la Création visible et invisible est très difficile, non à cause des différentes directions et spécialisations des sciences, mais parce que dans le domaine intellectuel la dictature idéologique reste très forte, sédiment de l’inacceptable  politiquement correct. Il dissimule et active la paupérisation de la vie intellectuelle causée par un affaissement conjoint de la vie spirituelle, morale et du rejet compulsif de la recherche de la vérité.

La compréhension du créé est aussi piégée par deux antagonisme – l’évolutionnisme et le créationnisme – qui rendent difficile une approche raisonnée du sujet. Tous les deux se développent sur des souches idéologiques induisant dogmatisme, ultras-catholiques et rejoignant de fait, et parfois dans l’ignorance, les cabalas lucifériennes, contribuant à l’affaissement, volontaire ou non, des grâces messianiques etc. Il ne s’agit que de pestilences, en autant de métastases produites par une tumeur mère, la scolastique occamienne[2].

Les découvertes scientifiques récentes, le renouveau métaphysique initié par le Pape Jean-Paul II ainsi que celui de la mystique apportent un matériau déterminant qui renvoie dos à dos les tenants de l’évolutionnisme substantiel et ceux du créationnisme[3] fondamentaliste. L’apport d’un renouveau scripturaire initié par les travaux de Fernand Crombette[4], dégagé de la critique historique moderne, délivré de traductions idéologiques et contributives à la décadence de la culture chrétienne, est déterminant. Il faut aussi souligner les travaux de Pierre Perrier sur l’Araméen, langue[5] qui servit originellement à la rédaction des Evangiles.

Notre discours est dialogué ; il s’appuie sur la Bible et les révélations privées de la bienheureuse Anne Catherine Emmerich, et sur la  Somme Théologique  de saint Thomas d’Aquin qui reste essentielle pour la compréhension de  Dieu et de l’acte de l’homme. L’œuvre de St Thomas est une source et une force intellectuelle majeure qui est une excellente thérapie pour se libérer des infestations occamiennes et ses prolongements idéologiques.   

Les dialogues se déroulent dans les Pyrénées Orientales, au sanctuaire marial de Doma Nova sur la commune de Rodés. Il fut longtemps le haut lieu de la dévotion mariale ; abandonné après la révolution, il a été remplacé par  Notre Dame de l’Ermitage sur la commune de Font-Romeu-Odeillo.

 Il y a de cela quelques années Doma Nova fut habité par un ermite, le Père Patrick de Vergeron de la Fraternité Saint Jean, qui marqua son passage par sa bienveillance et son rayonnement spirituel et intellectuel. Nous lui dédions ce premier cahier, car il a la bienveillance et la générosité d’être mon directeur d’études Ces travaux en métaphysique, ces engagements contribuent à maintenir l’espérance dans le quotidien de ceux qui, comme moi, acceptons la mission de veilleur, de témoin sous le manteau de Marie, l’Immaculée Conception.

Les personnages intervenants sont :

-         Père Edouard

-         Basile

-         Théophile

-         Auguste

-         Anne

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La Création angélique


Père Édouard :

-                  Mon cher Théophile, tandis que le Soleil pâle et flamboyant incendie la chaîne des Corbières, tu me disais ton inquiétude au sujet de la création angélique, car il t’apparut que ta réponse à une question posée par l’un de tes étudiants sur ce sujet était insatisfaisante. En arguant de l’autorité du Magistère, il t’a semblé que tu fuyais. L’existence des anges et du monde des esprits est pourtant de foi[6]. Dieu en est leur Créateur.

Théophile :

-                  Oui, mais la Bible ne dit rien quant au processus de leur création. Ils sont mentionnés pour la première fois en Gn. 16,7 :

 « L’ange de Yahweh la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Sur. » 

 Selon saint Thomas d’Aquin,  Il est nécessaire d’admettre l’existence de créatures incorporelles. […] Dieu produit la créature par son intelligence et sa volonté, nous l’avons expliqué plus haut. La perfection de l’univers exige donc qu’il existe des créatures intellectuelles.[7]

Nous connaissons leurs actions au travers de l’histoire des hommes et dans la progression de la Révélation, mais rien quant à leur création.

Anne :

-                  La bienheureuse Anne Catherine Emmerich reçut une révélation à leur sujet :

 « Je vis d’abord apparaître devant moi un espace de lumière infini, et, très haut dans cet espace, comme un globe lumineux semblable à un Soleil, je sentis que dans ce globe se trouvait l’unité des trois divines Personnes. En mon for intérieur, je nommai ceci le Consentement (divin) et j’en vis procéder comme une Opération : alors furent appelés à l’existence les Chœurs d’Esprits, infiniment éclatants, et puissants, et beaux, qui apparaissaient sous le globe lumineux comme des anneaux, des cercles concentriques brillants. Ce monde de lumière se tenait au-dessous du Soleil supérieur comme un autre Soleil[8] » 

Théophile :

-                 A la question : pourquoi Dieu a-t-il créé les anges[9] ? J’ai donné la réponse convenue : ils sont le fruit de sa libéralité, ce qui est juste. C’est une réponse insuffisante, un peu courte.   

Père Édouard :

-                 Dieu crée les anges à son image, car ce sont des créatures intellectuelles. Ils sont intelligents ce qui leur confère la propriété de liberté et c’est pour cela que nous disons qu’ils sont à l’image de Dieu, car Il puise dans sa liberté tout ce qu’Il crée[10].

Il ne les crée pas pour la seule satisfaction de sa Gloire et de son amour. La liberté est une propriété propre aux créatures intelligentes, elle est signifiée par leur capacité à choisir quant à son usage.

Les anges sont conscients de leur être, de leur existence. Leur création est ordonnée au service divin et à la collaboration de l’acte créateur de Dieu. Ils ne sont pas créés seulement pour embellir. 

Basile :

-                 Nous savons que Dieu veut faire alliance avec l’homme, le prince de la Terre. Si Dieu a ce projet pour l’humanité, comment pourrions-nous ne pas concevoir qu’Il attende des anges une collaboration à son œuvre[11] ? Et nous savons qu’il en a été ainsi ; les anges ont exécuté son projet de la création visible. Il veut que tout être intelligent et raisonnable adhère librement et de volonté à son vouloir d’amour ; si cela est vrai pour l’homme, pourquoi n’en n’aurait-il pas été de même pour les anges avant nous puisqu’ils sont créés libres ?

Auguste :

-                 Edouard et Basile veulent t’indiquer que pour répondre à la question sur les anges, il faut avoir présent à l’esprit l’intention de Dieu sur l’homme. C’est par ce chemin que nous pouvons comprendre les raisons de leur création et leur nature. Leur existence ne se révèle-t-elle pas par rapport à l’homme ? Mais oui, Dieu créa les mondes invisible et visible par sa libéralité, car cette réponse rappelle que le Créateur n’a pas de besoin à satisfaire ; il est la plénitude.

Anne :

-                 Catherine Emmerich, selon ses visions, décrit un second Soleil inférieur au premier. Les anges sont distincts de leur Créateur[12], ils sont en sa Présence, mais non confondus avec Lui. Elle écrit à leur sujet :

 « D’abord, ces Chœurs évoluèrent tous, comme animés par l’amour issu du divin Soleil. Soudain, je vis une partie de tous les Chœurs se fixer en eux-mêmes, abîmés en leur propre beauté. Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mêmes ; ils se tournaient sur eux-mêmes, se complaisaient en eux-mêmes. Au commencement, tous les Esprits étaient tirés d’eux-mêmes par un mouvement supérieur à eux maintenant, une partie d’entre eux se fixaient en eux-mêmes, immobiles. Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, tandis que les autres Esprits s’écartaient d’eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits. Mais je ne vis pas ceci comme s’ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s’immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose. Lorsque ces Esprits furent précipités vers l’abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible. Mais l’espace qu’ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu’ils avaient eu en partage en haut, si bien qu’ils m’apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.[13] »

Père Édouard :

-                 La révolte angélique était en puissance en ceux qui la décidèrent ; ils avaient le choix de la surmonter. Ils agirent en toute liberté parce qu’ils se complaisaient en eux-mêmes. Ils se sourirent.  

Ils ont reçu l’agent intellect[14]. Ces esprits sont responsables de leur choix ; ils sont justiciables devant la Justice de Dieu et le seront de celle des hommes. Toute créature intelligente est consciente de l’usage qu’elle fait de sa liberté.

Auguste :

-                 Dieu sollicite une libre adhésion, un libre consentement à ce qu’Il est et à son projet. La décision des anges est immédiate dès la saisie de la vérité ; pour l’homme son libre consentement à Dieu prend le temps de la réflexion, il n’est pas dans l’éternité. Dieu n’est pas un dictateur ni un esclavagiste[15], Il ne s’impose pas : « Jésus donc dit aux Douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?[16] » 

Théophile :

-                 Sur quel support intellectuel Dieu a-t-il sollicité leur adhésion ?

Basile :

-                 Les anges sont des esprits intellects, ils ont une capacité foudroyante à saisir la vérité. Le support de la sollicitation ne pouvait qu’être intellectuel et concerner un projet extérieur à eux, mais qui engageait leur condition et l’idée qu’ils se faisaient ou qu’ils avaient de Dieu. Leur liberté en fut excitée ; elle fut la pierre d’achoppement pour ceux qui oublièrent qu’ils n’étaient que créatures. Ils jugèrent leur Créateur.

Anne :

-                 A. C. Emmerich décrit :

«  D’abord, ces Chœurs évoluèrent tous, comme animés par l’amour issu du divin Soleil. Soudain, je vis une partie de tous les Chœurs se fixer en eux-mêmes, abîmés en leur propre beauté. Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mêmes ; ils se tournaient sur eux-mêmes, se complaisaient en eux-mêmes. […], une partie d’entre eux se fixaient en eux-mêmes, immobiles. Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, […][17] »

Ce passage souligne que les anges sont capables de saisir immédiatement la vérité. La matière intellectuelle qui servit de support, selon la Tradition et l’Ecole Franciscaine, était le projet de la création matérielle ordonnée à l’homme, lui-même ordonné en vue de l’Incarnation. On imagine très bien ce qu’ont pu ressentir les anges qui se complaisaient en eux-mêmes, se figeaient dans leur beauté. Dieu veut se faire homme ! Un Dieu volontairement abaissé !  « Ego non serviam[18] ! »  s’est écrié Lucifer et tous ceux qui le suivirent dans sa révolte[19]. Ils ne  pouvaient concevoir que la Toute Puissance divine abandonne sa gloire pour une créature dont la nature serait inférieure à eux, purs esprits. Comment comprendre que Dieu décide de sa kénose[20] ? Ils ne se contentèrent pas de leur refus de servir Dieu, mais tentèrent de le déposséder de son trône, de sa Gloire[21], le considérant comme indigne de rester leur supérieur. L’orgueil aveugle ! Ces révoltés comme ceux qui continuèrent de servir avaient eu les mêmes lumières sur le projet de la création matérielle et de l’homme, chacun est allé selon son orgueil et d’autres selon l’humilité…

A.C. Emmerich décrit :

 « Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, tandis que les autres Esprits s’écartaient d’eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits. Mais je ne vis pas ceci comme s’ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s’immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose.[22] » 

Père Édouard :

-                 Nous regrettons qu’il n’y ait rien de plus précis sur l’usage que font les anges de leur liberté ; car cet usage est unique. Il n’y a pas de retour ni de regrets possibles à cause de leur faculté intellectuelle bien plus éveillée que la nôtre et de leur saisie hors du temps.

Anne :

-                  La décision qu’ils prennent est sans repentance :

 « Lorsque ces Esprits furent précipités vers l’abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible. Mais l’espace qu’ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu’ils avaient eu en partage en haut, si bien qu’ils m’apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.[23] » 

Basile :

-                 Le lieu de leur damnation éternelle fut créé à l’instant de leur révolte. Les anges révoltés ont voulu prendre possession du royaume du ciel ; il est normal qu’ils aient un lieu qui leur soit propre[24], correspondant à leur nouvel état spirituel et de conscience. Ces événements se passèrent avant la création visible. C’est le monde de ténèbres, sans amour ni espérance. Un monde sans joie, constitué par les états de conscience. Les anges-démons conservent leurs qualités originelles, leurs dons ; le Créateur ne se repend pas de ce qu’Il donne.

Ils ont conçu de contrer le projet de Dieu, de le détruire pour empêcher l’Incarnation. Lucifer veut être adoré à la place de Dieu, c’est pourquoi il Le singe. Il lui faut cette gloire. Il veut un  fils à lui, l’inverse du Rédempteur, c’est l’Antéchrist ; et ce qui arrivera à cause de la malice de beaucoup parmi les hommes.

Il est regrettable qu’on n’accorde pas plus d’importance au rôle des anges-démons dans l’économie du salut, c’est une clef à incorporer dans notre réflexion pour comprendre l’attention que nous devons porter à l’usage que nous faisons de notre liberté.

Auguste :

-                 Dès que Dieu crée la Matière Primordiale, les démons s’y opposent. Ils veulent son échec. Ils n’ont pas le pouvoir de créer la vie, mais ils essayeront de s’y introduire, de Le dessaisir de sa création autant qu’il leur sera possible et que Dieu le voudra bien[25]. L’antimatière, les trous noirs, les univers doubles ou parallèles ont les démons pour auteurs. Ces univers, ces champs de forces ne sont que destructeurs[26], mais Dieu n’est pas destruction, il n’y a pas de mal en lui.

Les anges ont toutes les possibilités sauf celle qui est propre à Dieu, la vie ; ils ne peuvent insuffler l’animation. Les anges-démons ont leur création comme ils ont leurs églises.

Anne :

-                Selon A. C. Emmerich, les anges fidèles supplièrent Dieu de maintenir son projet :

«  Aussitôt après la chute, je vis les Esprits des cercles lumineux s’humilier devant le globe de la Divinité et demander avec soumission que ce qui était tombé fût de nouveau rétabli. […].J’eus cependant connaissance de ceci, qui est la déclaration de Dieu et son jugement éternel : tant que les Chœurs déchus ne seront pas rétablis quant au nombre, il y aura un combat. […] je n’ai plus été capable d’avoir la moindre pitié pour le diable car je l’ai vu se précipiter avec violence dans l’abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise.[27] » 

Ce passage semble dire que la création visible dont celle de l’homme serait due à la supplication des anges ; ce n’est pas vraisemblable. Qu’ils aient prié Dieu de ne pas renoncer à son projet sur lequel ils ont eu à lui exprimer leur adhésion, c’est certainement vrai. Mais on ne peut faire dépendre la création de l’homme de la seule nécessité de combler le vide laissé par les anges révoltés[28], car celle des anges est en vue de l’homme qui sera au-dessus d’eux par la grâce et les jugera. Que la fin des temps soit déterminée en partie par le nombre d’humains équivalent à celui des anges déchus c’est possible, mais il n’est pas recevable de croire que la création de l’homme soit explicitement en lien avec la chute des anges. Une telle proposition s’oppose à toute la tradition, elle n’est pas vraisemblable.

Elle ajoute ceci à la fin du chapitre sur les anges :

 « Après cette transformation intérieure, je n’ai plus été capable d’avoir la moindre pitié pour le diable, car je l’ai vu se précipiter avec violence dans l’abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise. Et je n’ai plus été aussi fâchée contre Adam, j’ai toujours pensé qu’il avait été prédestiné. [29] »

Père Édouard :

-                 Il y a un fait établi, au début de la vie spirituelle, nous ressentons des empressements de commisération envers toutes les créatures perdues, on les plaint[30]. C’est une tentation qui peut handicaper la vie spirituelle. En effet, nous tombons facilement sous la dictature des affects, des sensibleries désordonnées[31] et si nous n’y prenons garde, nous pouvons nous éloigner insensiblement de la sainte doctrine. Nous tombons dans un orgueil spirituel si fort qu’il nous fait  perdre le salut, car  la tentation  de juger l’acte de Dieu s’insinue en nous et peut nous amener à chercher la justification de nos faiblesses.

D’autre part, il y a danger à insulter les anges déchus qui demeurent des créatures de Dieu et méritent le respect[32]. C’est là une attitude exigeante, elle fait comprendre que la charité embrasse au-delà du temps et de l’espace. Le verbe est puissance en action, acte qui résonne dans tout l’univers[33].

Anne :

-                 La pitié envers les anges déchus est une nécessité non sur leur décision de rejeter Dieu, mais sur le sort qu’ils ont préféré, comme l’exprime l’expression populaire  c’est pitié à voir !  ; ce sentiment participe à la garde du cœur ; il nous alerte sur l’usage de notre liberté.

La seule prédestination d’Adam et Eve et de leur descendance est la vision béatifique. On peut considérer qu’à cause de la lutte éternelle entre Lucifer et Dieu, il soit un enjeu, et de ce point de vue, c’est lui qui a seul les clefs de son éternité. Adam a le dernier mot quant à sa délibération intérieure sur le bien et le mal ce qui est vrai pour tous les hommes. (à suivre…)


[1] Selon Rivarol la vocation de notre langue est de devenir  « la langue humaine » en raison de son admirable clarté.

[2] Occam est un religieux franciscain, philosophe ; il combattit la scolastique thomiste et proposa qu’on ne pouvait comprendre Dieu en dehors de la Révélation ; il empêcha le développement de la métaphysique, rejeta l’union de la raison et de la foi. Sa pensée hérétique contribua aux fondements du protestantisme ; il favorisa la mise au second plan de la recherche de la vérité et l’émergence des idéologies. Il est considéré comme le père de la pensée moderne. Il mourut sans repentance.

[3] Récemment, aux USA, un mouvement fondamentaliste protestant a gagné un procès qui autorise ou impose d’enseigner la théorie évolutionniste et le créationnisme ; on devrait s’en réjouir. Mais il y a une objection, elle vient de la déclaration des responsables créationnistes. Ils affirment leur intention de faire prévaloir l’autorité de la foi sur la science. C’est inacceptable et non conforme aux fondements raisonnables du mouvement anti-évolutionniste. Cette proclamation d’intention est substantiellement  une erreur condamnée par le Magistère et que l’on désigne par « fidéisme ». Le créationnisme consiste à proposer une théorie scientifique qui part du principe que Dieu est l’auteur de la Création et s’oppose donc à l’évolutionnisme substantielle. Elle affirme que chaque espèce est l’objet d’une création propre, ce que confirment les récentes découvertes scientifiques, mais elle reconnaît dans le génome une faculté d’adaptation qui ne change rien substantiellement à la nature du vivant, ce qui explique la multitude des races d’oiseaux et qu’à l’intérieur de celles-ci il y ait des diversités non-substantielles.

[4] Orientaliste, de nationalité Belge, ce savant soutenait une théorie originale et audacieuse qui se fonde sur la  découverte d’une erreur commise par Champollion quant à la traduction de la Pierre de Rosette ; il entreprit de retraduire l’Ancien Testament en considérant les mots et termes coptes que Champollion lui-même avait identifiés  et au sujet duquel il entretint le Pape Léon XII  qui l’encouragea à une nouvelle traduction de  l’Ancien Testament.

[5] Cette langue fut parlée jusqu’au VIe siècle de Lisbonne à Shanghai ; langue du commerce et qui permit l’évangélisation de la Chine, bien avant le bouddhisme  dès 62 après J.C.

[6] CEC n°328 : «L’existence des êtres spirituels, non-corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition. » 

[7] Som. Q.50 art.1

[8] A. C. Emmerich, Les mystères de l’Ancienne Alliance, La Création, sec. La chute des anges. 

[9] On estime le nombre des anges créés à trois mille milliards et qu’il en est tombé mille milliards ; sources mystiques. Padre Pio parlant des anges, qu’il connaissait bien, il disait de leur nombre  que  « mille d’entre eux tenaient sur une tête d’épingle. »

[10] Dieu est Acte Pur.

[11] Les esprits angéliques sont de purs esprits, ils ont donc la possibilité d’agir sur la matière puisque celle-ci est inférieure en qualité ; l’illustration de cette faculté est admirablement donnée dans l’épisode de la libération de saint Pierre jeté en prison à Jérusalem.

[12] Dieu seul est créateur ; aucun autre esprit ne l’est pour tous les univers visibles et invisibles. Il faut tordre le cou à cette redite erronée selon laquelle « Lucifer aurait siégé au sein de la Sainte Trinité, l’unique Dieu » C’est une absurdité tirée d’une mystique de sucrerie arrosée d’eau de roses pour âme pleurnicharde.

[13] Ibidem

[14] Som. T1, Q.n°59, la volonté des anges – art. 3 : «Seul, celui qui possède une intelligence peut agir par un jugement libre, car il connaît la raison universelle de bien, et à partir de là, il peut juger si ceci ou cela est bon. C’est pourquoi, en tout être où il y a l’intelligence, il y a aussi libre arbitre. Le libre arbitre se trouve donc chez l’ange, et d’une manière plus excellente que chez l’homme, comme il en est pour l’intelligence. » Salut.1 : « […] Certes, dans es anges, il y a choix ou élection ; mais l’ange n’a pas besoin de la recherche délibérative du conseil ; la saisie immédiate de la vérité lui suffit. »

[15] Le concept d’esclave de Dieu, de soumis est ambigu ; en effet, qu’il s’agisse des anges ou de l’homme, Dieu demande foi et obéissance dans un mouvement de totale liberté puisqu’Il nous veut ses amis. La foi chrétienne n’est pas une foi d’esclave et la foi juive qui, selon les périodes historiques de l’A. T., peut sembler l’être, ne l’est pas fondamentalement : la foi d’Abraham n’est pas une foi d’esclave, mais d’homme libre : « homme de grandeur ! » Les Pères du IIe C.V. ont souligné l’importance de reconnaître la liberté de conscience ; ils n’ont fait que mettre en relief ce qui avait été oublié dans l’Évangile, à aucun moment Jésus n’impose que l’on croie en Lui.

[16] Jn.6,67

[17] Ibidem

[18] « Je ne servirai pas ! »

[19] Dans une certaine mesure, on peut dire que les anges révoltés le furent par un amour orgueilleux et possessif  de Dieu ; ils projetèrent sur lui le contentement qu’ils avaient d’eux-mêmes.

[20] La kénose est cette disposition que décrit saint Paul : « Lui qui, subsistant en forme de Dieu, n’a pas estimé comme une usurpation d’être l’égal à Dieu, mais Il s’est anéanti, prenant forme d’esclave, devenant semblable aux hommes. Et par son aspect reconnu pour un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » Elle ne saurait se rapporter aux Trois Personnes de la Sainte Trinité, car Dieu est Dieu. « Kénose – du grec Kenosis, tiré de Kenos, vide, dépouillé,- ,Terme technique du langage théologique ayant pour origine l’expression grecque utilisée par saint Paul(Ph.2,7) pour signifier le dépouillement du Christ,[,,,] pour se faire homme, [,,,] De manière plus habituelle, et notamment dans la théologie catholique, la Kénose désigne le fait pour le Fils, tout en demeurant Dieu, d’avoir abandonné pour son Incarnation tous ceux des attributs de Dieu qui l’auraient empêché de vivre la condition ordinaire des hommes. » (Théo, p.683 – édit.1889) Proposer que Dieu puisse s’humilier n’a pas de sens, car Il n’a pas de supérieur à lui. L’humilité que l’on doit tenir envers un supérieur ou envers un inférieur est étroitement liée à Dieu, car c’est à Lui seul que revient toute gloire et action de grâce. »

[21] Ap. 12, 7-9 : « Et il y eut un combat dans le ciel, Michel et ses anges combattaient contre le dragon; et le dragon et ses anges combattaient ; mais ils ne purent vaincre, et leur place même ne se trouva plus dans le ciel.  Et il fût précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fût précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

[22] Ibidem. A. C. Emmerich, sur certains points manifestement importants, semble préservée de l’influence culturelle de son temps, de son milieu et de l’imaginaire populaire. On retrouvera cet état spécifique dans d’autres révélations. Il y aurait un grand intérêt scientifique à faire l’exégèse de toutes ses visions qui pourrait être une référence pour aborder les autres révélations privées. Anne-Catherine reçut cette vision alors qu’elle était enfant : « Depuis que, petite enfant, j’avais vu cette chute des Esprits, ». La sobriété de ses relations, surtout concernant des sujets difficiles, dénotent une maturité intellectuelle qui n’est pas ordinaire de trouver chez une enfant. Il me paraît important de souligner que ces révélations privées sont un sérum mis à notre disposition pour lutter contre toutes les formes d’errances dans les domaines de la foi. On ne peut ignorer ce don du ciel qui n’ajoute rien à la Révélation, mais vient l’éclairer d’une singulière et admirable lumière. « Dieu est simple même dans les choses les plus complexes. »

[23] Ibidem.

[24] Le lieu dit des enfers, de la damnation, ne serait pas la Terre, mais un lieu extérieur à elle, un lieu spirituel, dont la géographie est constituée par les états de conscience propre à chaque damné et selon la nature du péché ; ce qui semble logique puisque le damné est celui qui se coupe de Dieu et de la société des hommes en fonction de la qualité de son péché. Le damné est celui qui use de sa liberté pour rejeter Dieu, pour rejeter la Miséricorde ; Dieu respecte cette décision.

[25] Lucifer est damné, mais à cause de la justice divine et de la liberté conférée à l’homme et de la possibilité qu’il a de se repentir de ses fautes, Dieu accorde pour le temps de l’homme, une certaine liberté aux anges déchus, celle-ci commence des leur exclusion de la Présence divine, et ils s’en prennent immédiatement à la Création visible.

[26]Au CERN, une expérience a été tentée après avoir découvert qu’il existe bien plus que 21 modes d’antimatière. Ils n’ont pu découvrir ces univers doubles que par des pratiques illicites faisant appel aux puissances infernales ; le savoir interdit ! Ils voulurent tenter d’intervenir dans ces champs d’antimatière afin d’en changer le comportement ; l’expérience échoua, non sans dégâts que l’on mit sur le compte d’une fuite d’hélium qui est utilisé pour le refroidissement. (Informations certaines, venant des acteurs eux-mêmes.)

Som. Quest. 49, art.1.rep.3-4 : « Le mal a une cause défectueuse de manière différente, suivant qu’il s’agit d’agents volontaires ou d’agent naturels. L’agent naturel agit d’après ce qu’il est, à moins d’un empêchement extérieur, et cela même est chez lui une sorte de défaut. […]Ce défaut n’est pas une faute ; mais la faute vient de ce que le sujet opère avec un tel défaut. Le mal n’a pas de cause en soi, mais seulement par accident, on vient de le dire.» Cf.2 : « La déficience de l’action volontaire n’a pas de contrepartie ; elle ne saurait être justifiée, sa malice est inexcusable. »

[27] Ibidem. C’est d’une extraordinaire candeur, naïveté, mais tout à fait conforme aux instruments que Dieu se choisis.

[28] L’origine de cette proposition semble venir des écrits apocryphes, elle ne peut être retenue comme une donnée de foi venant de la Tradition ; ici nous avons à affaire à un apport de la culture ambiante.

[29] Ibidem.

[30] Denzinger : Anathématismes contre Origène – Concile de Constantinople – (n°409-7et411-9) : « Si quelqu’un dit ou tient que le Christ Seigneur sera dans le siècle à venir crucifié pour les démons, comme pour les hommes, qu’il soit anathème. – Si quelqu’un dit ou pense que le châtiment des démons  et des impies est temporaire, et qu’il prendra fin après un certain temps, ou bien qu’il y aura restauration des démons et des impies, qu’il soit anathème. »

[31] On trouve, malheureusement, cet état spirituel dans des courants où du Renouveau charismatique et dans la société en général tant celle-ci se trouve dans un profond désordre dû au rejet de la vérité raisonnable et à l’abandon de la morale naturelle.

[32] Lors d’une de ses apparitions, la Vierge Marie recommanda aux voyants de ne pas insulter Lucifer qui venait de se manifester à eux, les effrayant, c’est tout ce qu’il peut faire pour le juste.

[33] La parole est plus puissante que l’écrit ; la parole de l’homme se mesure à l’aune de la Parole du Verbe.

 

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