Domanova

Blog du Journal de l'Alliance

19 février 2013

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 17 h 52 min

 

ALAIN PORET

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION dans Pré-Messianisme dolmen2

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION

 

Les druides, antérieurs aux Celtes, ont paru mille ans avant la fin du mégalithisme. Ils rendaient un hommage symbolique à la Terre et aux forces de la Nature ; leur culte reste présent sous la forme d’une vénération à la Vierge noire1. Les lieux de cultes se situaient aux intersections des courants telluriques et des méridiens énergétiques. On trouve encore des églises, aux fondations mérovingiennes et carolingiennes, qui étaient implantées là où la vouivre tellurique et les cours d’eau souterrains se rencontrent2. Le monde druidique avait le culte de la Nyyre, ce « cinquième élément » qui reliait les vibrations telluriques avec celles du cosmos.

Les druides sacrifiaient à la « Mère du futur dieu à naître ». En foulant le dragon à ses pieds, la VirgoPariturae (« Vierge sur le point d’enfanter »), ils croyaient maîtriser la vouivre. Dans l’iconographie chrétienne, le dragon exprime le champ tellurique en relation avec des lieux considérés porteurs de maléfices, mais on ne peut ignorer la relation exégétique : le dragon qui poursuit la Vierge à l’Enfant dans l’Apocalypse. Le plus célèbre haut lieu vibratoire énergétique, chargé en cosmo-tellurisme est le Mont-Saint-Michel terrassant le dragon. C’est Virgile, un Celte originaire de la Gaule transalpine, occupée par les Romains, qui annonçait la venue de la Vierge. L’exemple le plus remarquable de la Virgo Pariturae, à l’origine des Vierges noires, est celui de la crypte de Notre-Dame de Chartres, qui était le haut lieu sacré des Gaules. César situait en effet le nombril de la Gaule à Autricum, le pays des Carnutes, c’est-à-dire Chartres. Il définit le druide comme faisant partie de la classe sacerdotale.

Dans la civilisation celtique, les druides ont non seulement interdit l’utilisation de l’écriture, mais aussi la représentation des divinités et des êtres humains frappés de tabou3.

Ce sont les saints qui ont pris le relais des druides. Saint Bernard, homme de très grande culture s’inspire de la « chevalerie celtique » et contribue au développement du culte de la Mère de Dieu. C’est lui qui, mettant la chevalerie sous le patronage de la Sainte Vierge Marie, invente le vocable de Notre-Dame que les Cisterciens et les Templiers diffuseront. Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Clermont-Ferrand, saint Bernard de Clairvaux, né Bernard de Fontaine, prêche la deuxième croisade, en 1146, juché sur une pierre dolménique pour indiquer sa filiation druidique4. Il semble d’ailleurs faire écho à l’enseignement druidique, en écrivant ainsi: « Vous trouverez plus de choses dans les forêts que dans les livres. Les arbres, les pierres vous apprendront ce que les maîtres ne sauraient vous enseigner ». On a retrouvé pour un grand nombre de cathédrales, le dolmen primitif sous-jacent sur lequel se superposait l’autel chrétien5.

De nombreux menhirs furent christianisés, de même que les pardons bretons rappellent les origines de la foi celte. La Bretagne, cette terre catholique, a construit des chapelles Saint Michel sur des tumulus celtes. Du temps des druides, l’if était considéré comme un lien entre les vivants et les morts. Les chrétiens bénissaient ces rameaux qu’ils brûlaient pour le mercredi des cendres. Les druides se rassemblaient à Fleury-sur-Loire : « Deux mille ans plus tard, lorsque les moines bénédictins voudront refaire l’unité intellectuelle et morale de cette Gaule redevenue chrétienne, c’est au même endroit devenu Saint-Benoît-sur-Loire qu’ils installeront un puissant monastère et leurs plus célèbres écoles » (Jullian, « De la Gaule à la France »)6.

Comme l’écrit Marcel Moreau :

« L’art roman révèle que les moines bénédictins possédaient cette science sacrée et traditionnelle recueillie par les druides et conservée dans les monastères ». Enfin un haut lieu celtique, à l’époque gallo-romaine, nommé Lugdunum, correspond à la colline de Fourvière, dans la périphérie de Lyon. Le christianisme y a élevé une importante basilique, devenu lieu de pèlerinage.

L’Irlande, « terre bénie », fut le berceau du christianisme celtique. Les druides existèrent jusqu’au IVè siècle, date de l’évangélisation du pays avec saint Patrick. La fusion de ces druides se fit sans bruit, à travers les structures du monachisme celtique que nous trouvons en Irlande. Il existe d’ailleurs un parallélisme des croyances avec celles de l’ancienne Irlande, de la Gaule et de la Grande-Bretagne celtique. L’Irlande, l’Angleterre et l’Écosse ont conservé intact toute une série de monuments chrétiens allant du VIIè siècle au XIIè siècle comportant des décorations scripturales ayant subies l’influence d’un culte celtique pré-messianique. Enfin le monachisme celte est pratiqué par saint Colomban, ce moine savant du druidisme.

En résumé, « la philosophie a commencé chez les Celtes et la Gaule a été l’initiatrice de la Grèce » écrit Aristote. Jamblique affirmait que les druides avaient été les instructeurs de Pythagore. « Les mages d’Orient avaient été initiés par les druides d’Occident » pour Pline l’Ancien. Et « les Druides sont chez les Celtes ce que furent les Prophètes à Israël » a-t-on dit encore. Strabon apporte un indice intéressant : « A la pleine lune, écrit-il, ils célèbrent la fête d’un grand dieu qu’ils ne nomment pas« . C’est le sens d’une transcendance divine8 qui a existé chez les Celtes et qui n’existait pas dans le monde gréco-romain précise Régine Pernoud.

Enfin, l’Église a déterminé ses fêtes en fonction des solstices et des équinoxes, témoins, Noël, Pâques et la saint Jean. Selon l’enseignement druidique, Joseph d’Arimathie9 qui avait recueilli le sang du Christ dans la coupe, aurait terminé son périple à l’île d’Avalon, à la pointe de la Cornouailles, séjour d’immortalité des « Bienheureux Celtes ».

Le celto-druidisme croit en l’immortalité de l’âme, croyance qu’avait déjà relevée César. Selon saint Augustin, les « sages gaulois » furent au nombre de ceux qui avaient reconnu « le Dieu suprême et véritable comme l’Auteur de la Création, la Lumière de la Connaissance » (La Cité de Dieu, VIII, 9). C’est l’empereur Claude, né à Lyon, qui mit fin au druidisme en Gaule10.

 

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CONCLUSION POUR L’ENSEMBLE DES ARTICLES

Certains préhistoriens considèrent que les grottes1 deviennent des cathédrales parce qu’ils observent une progression picturale qui va de l’entrée du sanctuaire jusqu’aux grandes salles. La religiosité de cette période est signifiée par la réalité des rites funéraires, le caractère magique des œuvres pariétales et la présence d’idoles ou de figurines.

Dès la protohistoire, l’homme ensevelit ses morts, le corps replié sur lui-même, dans la position du fœtus et orienté vers le soleil levant; ce qui indique la croyance à la continuation de la vie après la mort et l’existence d’un culte solaire2. Tous les peuples « premiers » invoquaient les âmes des morts et les esprits de la nature. Certes, si les religions préhistoriques paraissent démontrées, leurs contenus nous échappent encore, malgré les traditions amazoniennes, sibériennes, australiennes, africaines et les révélations d’Anne-Catherine Emmerich qui nous en donne un aperçu substantiel. L’homme n’est-il pas ce « rêve endormi », dont nous parle le chamane Cherokee ? De même l’anthropologie actuelle montre que « nous ne naissons pas singe; nous le devenons ». La reconnaissance des systèmes religieux des peuples « premiers » ont mis à mal le scénario évolutionniste érigeant le monothéisme en produit ultime du polythéisme3. La déesse mère a représenté la manifestation la plus ancienne du concept de la divinité. Les Vénus paléolithiques témoignent d’un ancien culte de la déesse-mère en rapport avec la fécondité. Et le divin maternel deviendra la métamorphose de Dieu en « Ame du monde ». D’ailleurs les Anciens croyaient aux archétypes par une défiance naturelle de la causalité mécanique.

Ainsi le monothéisme des origines serait-il alors la plus ancienne des religions du monde avant que les Hébreux deviennent monothéistes4 ? Dans les steppes de la Mongolie et de la Sibérie, les tribus Urthusks pratiquaient un monothéisme et adoraient sous différents qualificatifs un Dieu unique siégeant au ciel. Il en est de même pour la société guanche qui pratiquait une religion monothéiste, dont les sacrements préfigureraient le Christianisme, mais avec une propension marquée à représenter la Divinité sous des traits et des aspects féminins. Des traits communs à tous les peuples amérindiens ont persisté. Tous reconnaissent un dieu créateur, à l’origine de ce « Grand Tout », le « Grand Esprit », que ce soit au Mexique et en Amérique centrale, une aire culturelle aujourd’hui dénommée Méso-Amérique. Tout témoigne en effet d’une activité religieuse importante, dès l’an 1000 av. J.-C. Le Popol-Vuh raconte la genèse du monde maya. Les dieux, après avoir façonné la terre, conçurent les premiers hommes à partir de la glaise. Les Mayas croyaient à des créations successives qui auraient été victimes de déluges (Codex de Dresdes). Les Mayas (2000 ans av. J.-C. 250 ap. J.-C.) dataient de façon mythique la création du monde en 3114 avant notre ère. Et toute la vie des Mayas dépendaient de leur science du ciel: leurs immenses pyramides à degrés servaient à créer un lien entre le ciel et la terre. Les prêtres mayas comme les Aztèques utilisent un calendrier rituel de 260 jours, combiné à une année solaire de 360 jours, à laquelle ils ajoutent 5 jours intercalaires. En d’autres termes, les anciens Mayas n’ont jamais annoncé d’événements catastrophiques pour la « fin de leur calendrier »; ils n’ont jamais prédit la fin du monde: pas de prophétie liée à 2012 ! Toute fin est renouveau avec la conception anthropique du cosmos et de ses rythmes, puisque selon la pensée maya la conception cyclique du temps permettait de calculer « la danse du monde ». Enfin c’est en Amérique centrale et en Amérique latine que la Vierge aura un rôle prépondérant.

La thèse de l’Egypte, « berceau du monothéiste », constitue toujours la controverse. Peut-on d’ailleurs saluer en Moïse, le disciple iconoclaste d’Akhenaton, s’interrogent de nombreux chercheurs5 ? Mais, c’est de l’enseignement dispensé dans le Temple d’Héliopolis (ville du Soleil, nom donné par les Grecs à cette ville) que sortira la religion juive fondée par Moïse6.

Le principe divin chez les Grecs n’a ni visage, ni personnalité. Platon place un démiurge hors du monde, tandis que le dieu d’Aristote n’intervient pas dans le monde terrestre contrairement au Dieu de la Bible. Chaque peuple de l’Antiquité avait sa perception de Dieu, de la divinité : « Dieu le Père » chez les Hébreux ; en Inde, l’union mystique de l’âme (atman) à Dieu (Brahma) ; en Chine, « vide et silence »; en Egypte, immortalité ; et en Grèce, transcendance. Enfin la religion iranienne a évolué sous l’influence de Zarathoustra (Zoroastre) vers un monothéisme représenté par Ahura Mazda.

On trouve l’idée de vie posthume chez l’Egyptien qui se préparait à la mort. Et les Grecs ont adopté cette croyance. Hérodote dit: « Ce sont les Égyptiens qui, les premiers, ont dit que l’âme humaine est immortelle« . Et saint Augustin, en réfléchissant sur les momies, déclarait que les Égyptiens étaient les seuls chrétiens à croire pleinement dans la résurrection.

Chez les Latins, Virgile parle du dogme de la résurrection dans le sixième livre de l’Enéide.

Chez les Perses, l’Avesta enseignait l’existence de la vie dans l’au-delà en fonction de la conduite morale pendant la vie.

De son côté, l’Inde, dans les Védas, parle de félicité céleste pour les bons et de châtiments pour les méchants.

Chez les Grecs, Platon expose l’existence de l’âme après la mort, dans le Phédon. Puis, Virgile parle comme lui, dans l’Enéide, des punitions des criminels dans le Tartare et du bonheur des justes dans les Champs-Élysées.

Dans le judaïsme, se trouve l’idée de la résurrection après la mort (Ezéchiel, XXXVI; Daniel XII, 2). En Grèce, c’est Platon qui avait emprunté la doctrine de la Trinité, de Timée de Locres qui la tenait lui-même de l’école italique. Les pythagoriciens tenaient l’excellence du ternaire. Et le « trois » était appelé le « nombre sans mère » par Pythagore. Celui-ci avait déjà considéré cette figure comme sacrée que les chrétiens adoptèrent comme symbole, la vesica pisces, mot latin signifiant « vessie de poisson ». Signalons que, grâce au nombre d’or apparu dès l’antiquité grecque, c’est un moine franciscain de la Renaissance, Luca Piacioli qui le surnomme la « divine proportion ». Enfin, Clément d’Alexandrie, nous rapportant l’enseignement de Théodote, écrit : « Les Apôtres ont été substitués aux douze signes du zodiaque« . De plus, Origène assimile les douze patriarches à douze astres qui président aux douze régions célestes. « Ceci est évidemment une allusion au zodiaque » écrivit le cardinal Jean Daniélou, selon lequel les signes du zodiaque étaient des représentations familières du judaïsme hellénistique, et il paraît bien qu’il en était de même pour le judaïsme palestinien.

Après « l’intellectualité des Grecs », « le don sémitique de la foi » est révélé par les Prophètes d’Israël. D’ailleurs « ferveur juive » et « zèle iranien » avec Zoroastre et son Avesta qui sera repris par Mani sont à la source de nos croyances avec le manichéisme qui avait influencé saint Augustin. Zarathoustra a insisté sur le salut de l’âme et le Jugement rendu à la fin des temps. Et le prophète iranien fait dire à Ahura Mazda, le dieu suprême du mazdéisme, plusieurs siècles avant le Christ: « Celui qui ne mangera pas mon corps et ne boira pas mon sang n’aura point de salut« . Rappelons que le frère jumeau d’Ahura Mazda est Ahriman, principe du mal. Le christianisme reprit cette opposition de Dieu et du Diable6. Ahriman chez les zoroastriens est Satan chez les Juifs. Et l’idée du mal a été amenée par les anges rebelles conduits par Satan. La notion d’anges nous vient de l’ancienne Perse, à travers l’Assyro-Babylonie et l’Ancien Testament hébreu. L’Eglise reconnaît officiellement les trois archanges nommés dans les Ecritures, dont une figure angélique a suscité un culte particulier: Mickaël, l’ange protecteur d’Israël. Et le Nouveau Testament révèle l’annonce faite à Marie par l’ange Gabriel. Soulignons que le culte de Mithra venu de Perse était célébré le 25 décembre, où l’on célébrait la renaissance du soleil (Dies Natalis Solis Invincti) à la date du solstice. N’est-il pas caractéristique que ce soit une des dates fondamentales des fêtes de Sol et de Mithra, le 25 décembre, qui correspondent aux cérémonies de Noël ? De même la Toussaint prend la suite d’une commémoration des morts dans la civilisation celte. Enfin les rois mages étaient des prêtres zoroastriens, figures connues des Perses. Et l’Eucharistie rappelle la Pâque des Israélites7, qui remonte au temps des pharaons, selon Chateaubriand.

La création de l’homme par les dieux sumériens fut reprise dans les écrits de l’ascension d’Hénoch et dans ceux du prophète Élie de l’Ancien Testament. Il est indéniable que les écrits bibliques des onze premiers chapitres de la Genèse portent l’empreinte manifeste des légendes sumériennes (Déluge, Babel, Adam tiré de la terre etc.) Comme l’écrit Jean Bottéro « Naissance de Dieu. La Bible et l’historien »: « L’épopée babylonienne, dont la mythologie cosmogonique, au moins dans ses traits essentiels, a servi de patron à celle du Document sacerdotal, d’Isaïe, de Job et des Psaumes cités, paraît avoir été composée au dernier quart du second millénaire avant notre ère ». Et l’auteur cité d’ajouter: « On pense notamment à la Syrie et à la Phénicie, dont les mythes cosmogoniques, au peu que nous en savons, livrent encore des traits manifestement empruntés à la Mésopotamie et que l’on retrouve en la Bible« . Mais l’originalité de la Bible ne peut cependant être niée dans la mesure où les récits sumériens ont été constamment adaptés à la conception monothéiste par les auteurs bibliques. Les auteurs de la Bible ont pris des récits sumériens les faits qu’ils leur semblaient historiques. De même « que de notions bibliques, et parmi les plus hautes, ne sont sans doute qu’une reprise des plus vieilles conceptions égyptiennes » (René Grousset, « Bilan de l’Histoire »)8.

S’il était resté sémitique, l’Evangile ne serait que local. Son passage par la pensée grecque l’a fait accéder à l’universel9. Chateaubriand signalait que « les moines étaient appelés philosophes dans les premiers temps; ils en portaient la robe et imitaient les mœurs. Quelques uns même avaient choisi pour règle le manuel d’Epictète ». Ainsi les racines sont judéo-chrétiennes par le trait d’union grecque. Sait-on que le XIIè siècle après J.-C. a été marqué au plan spirituel par une attitude qu’on a désignée sous le nom de « socratisme chrétien » ? « Comment demandes-tu à me voir dans la clarté, toi qui ne te connais pas toi-même, dit Dieu à l’âme » dans un écrit de saint Bernard, même si le christianisme est un « scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs » écrira saint Paul. Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul fait référence à Melchisédech (Heb.5.6.10;7.1) comme préfiguration du Christ. D’après Catherine Emmerich, Melchisédech appartient à ce chœur d’anges affectés aux pays et aux peuples qui vinrent apporter des messages à Abraham et aux Patriarches. « Melchisédech transportait un tonneau de vin aplati et une caisse de pains plats de forme ovale, ainsi que le calice même que j’ai vu plus tard, lors de l’institution du Saint Sacrement, au cours de la Cène, et des gobelets en forme de petits fûts ». Enfin les Pères de l’Église10 ont vu dans le message évangélique une réponse à la quête de sagesse qu’est la philosophie. Et nul n’est théologien s’il n’est déjà philosophe comme en témoignera le « savant de Dieu », Pascal.

Dans le christianisme futur, l’apport druidique avec saint Colomban sera porteur d’éléments initiatiques empruntés au celtisme. C’est en chrétienté qu’a survécu le celtisme. Le culte de Brigitte (sainte) sera christianisé. Sachons qu’en ce qui concerne les courants telluriques et les méridiens énergétiques connus des druides, les géologues contemporains admettent leur existence, puisqu’ils arrivent à les photographier par des voies aériennes. Les Celtes nous léguèrent « l’espace sacré » et les Latins, « le génie du lieu ».

Selon l’historien britannique Arnold J. Toynbee: « En l’espace de cent vingt ans tout au plus, c’est-à-dire en quatre ou cinq générations, cinq grands prophètes firent leur apparition (…) Le Bouddha fonda un ordre monastique (sangha) soutenu par des adeptes laïcs. Confucius fonda une école de philosophie, et Pythagore, une société qui était plus qu’une école, même si elle n’est pas formellement un ordre monastique. Le Deutéro-Isaïe, quant à lui, se contenta -peut-on supposer- de délivrer son message à la communauté juive déjà existante. Zarathoustra, par contre, fonda une nouvelle religion« .

D’après Karl Jaspers: « Ceux qui ont donné la mesure de l’humain sont Socrate qui suit le chemin de la pensée dans le monde; Confucius qui veut le devenir du monde; Bouddha, l’anéantissement du monde; et Jésus qui est la crise du monde« . Ainsi le christianisme n’est pas né d’une « génération spontanée ». Il n’est pas apparu comme une lumière subite succédant à la « nuit du paganisme ». C’est par la volonté de saint Jean que les traditions juives et helléniques se rejoignent dans la définition du Christ qui s’exprime ainsi: « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin… » (Apocalypse XXI, 5-6). De même la Vierge Marie du christianisme prend la place des Vierges Mères qui l’ont précédé dans la protohistoire et l’Antiquité comme par exemples la Grande Isis égyptienne, la Virgo Paritura celte, Myriam l’hébreu (que l’on songe à la Sulanite de l’Ancien Testament: « Je suis noire mais je suis belle« , Cantique des cantiques) et de Marie (tant catholique qu’orthodoxe11).

Certes, les pratiques des religions animistes n’ont qu’un caractère magique ; l’idée de l’universalisme est étrangère à l’hindouisme ; le bouddhisme ne se conçoit que comme épanouissement individuel réservé aux moines instaurant un élitisme spirituel ; le judaïsme orthodoxe repose sur la notion de peuple élu et, par l’observance scrupuleuse des rites, se ferme à l’universalisme12 ; l’islam ne conçoit l’amour universel qui consiste à convaincre les autres de sa vérité sans l’épanouissement de la femme qui a un statut de mineure13 ; par contre la croyance chrétienne en un Dieu fait homme, vainqueur de la mort, apporte une espérance pour l’au-delà que n’offre aucune autre religion. Ainsi la saga des civilisations et des religions répète inlassablement le passé depuis l’aube de l’humanité comme si « les prophètes se souvenaient de l’avenir » (Léon Bloy). Dès lors, pourquoi avoir dépeint nos Aïeux comme des primitifs caractérisés par cette mentalité grossière et rudimentaire qu’on prêtait à ces « sauvages hirsutes » ? Même le biologiste athée Jean Rostand, insoupçonnable de créationnisme, précisait que « L’Evolution est un conte de fées pour adultes ». C’est donc l’hypothèse évolutionniste qui interdit à « l’art premier », cher à Malraux (lui aussi agnostique) l’accès à une connaissance supérieure sacrée, dont le couronnement en est le christianisme. Il faut rappeler que le point de vue des historiens actuels dans leur matérialisme historique fait du totémisme un point de départ, alors qu’il est un aboutissement de dégénérescence. D’ailleurs les Anciens croyaient aux archétypes par une défiance naturelle de la causalité mécanique.

Finalement tout semble résumé par la phrase énigmatique de saint Augustin: « En vérité, cette chose même que l’on appelle aujourd’hui chrétienne, existait chez les Anciens et n’a jamais cessé d’exister depuis l’origine du genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même était venu, l’on ait commencé d’appeler chrétienne, la vraie religion qui existait auparavant » (Retract 1, XIII, 3). En guise de conclusion, avons-nous tenté modestement et sommairement de paraphraser Bernard de Chartres qui écrivait: « Nous sommes des nains juchés sur les épaules des géants. Nous voyons ainsi d’avantage et plus loin qu’eux, non seulement parce que notre vue est plus aiguë ou notre taille plus haute, mais parce qu’ils nous portent en l’air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque ».

 

1 janvier 2013

L’AMERIQUE PRECOLOMBIENNE

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 19 h 46 min

 

L’AMERIQUE PRECOLOMBIENNE

Alain Poret

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Les Mayas (2000 av. J.-C.-250 ap. J.-C.) dataient la création du monde en 3114 avant notre ère ; c’est une date mythique. Au XIe siècle avant notre ère, les Mayas installés dans le sud du Mexique, sont la plus ancienne civilisation connue à ce jour d’Amérique[1]. Leurs prêtres étaient astronomes. Dans les codex mayas de Paris, de Madrid et surtout dans celui de Dresde, les tables astronomiques occupent une place essentielle. Toute la vie des Mayas dépendait de leur science du ciel. Leurs immenses pyramides à degrés servaient à créer un lien entre le ciel et la terre.

On peut se demander par quel miracle les Mayas purent-ils découvrir les phases synodiques de la planète Vénus, ainsi que la durée exacte de l’année solaire (365, 242 jours) ; ce qui suppose des observatoires. Les prêtres mayas comme les Aztèques, utilisent un calendrier rituel de 260 jours, combiné à une année solaire de 360 jours, à laquelle ils ajoutent 5 jours intercalaires. Ce système calendaire [2]est commun à toutes les cultures en Méso-Amérique, dont la civilisation mère est celle des Olmèques (1500-400 av. J.-C.)

Vers 1200 avant notre ère, se dessine au Mexique et en Amérique centrale une aire culturelle, aujourd’hui dénommée Méso-Amérique. C’est le culte du soleil avec sa conception anthropique du cosmos et ses rythmes. La conception cyclique du temps permettait de calculer la « danse du monde ». Des traits communs à tous les peuples amérindiens ont persisté. Tous reconnaissent un dieu créateur, à l’origine de ce « Grand Tout », le « Grand Esprit ». Et tout témoigne d’une activité religieuse importante dès l’an 1000 av. J.-C. Le Popol-Vuh raconte la genèse du monde maya. Après avoir façonné la terre, les dieux conçurent les premiers hommes à partir de la glaise. Les Mayas croyaient à des créations successives qui auraient été victimes de déluges (Codex de Dresde). Rappelons  que ce sont les Toltèques qui léguèrent aux différents peuples d’Amérique centrale, les principes de la religion, de l’écriture et du calendrier. Enfin, en ce qui concerne l’Amérique du Sud, insistons sur le fait que la Vierge Marie[3] aura plus tard un rôle prépondérant en Amérique centrale et en Amérique latine.

 


[1] Il semblerait qu’on ait découvert sous les ruines d’une cité, surtout d’un temple Maya, une structure beaucoup plus ancienne ; celle-ci remettrait en cause la datation de la présence des Amérindiens et enfin, il a été établi des liens d’identité génétique entre certaines tribus d’Amérique du Nord et les populations de l’Ouest-européen. Le schéma proposé pour expliquer cette découverte repose malheureusement sur l’idéologie générale de l’évolutionnisme impliquant les bouleversements climatiques et géologiques…

[2] A propos d’actualité New-Age médiatisée, les anciens Mayas n’ont jamais annoncé d’évènements catastrophiques pour « la fin de leur calendrier »; ils n’ont jamais prédit « la fin du monde ». Donc pas de prophétie liée à 2012 ! Pas de connotation apocalyptique ! Autrement dit, selon la pensée maya, le temps s’écoule et se répète à l’infini. Toute fin est renouveau. En d’autres termes, la fin d’un monde calendaire est cyclique. Les Mayas avaient découvert le phénomène de précession du mouvement de la Terre (oscillation) sans aucun instrument de mesure.

[3] En 1531, à un paysan Amérindien, à Tepeyac, près de Mexico ; cette apparition est majeure, car l’image qui s’est miraculeusement imprégnée sur le tablier de ce paysan recèle des éléments en lien avec le grave problème de l’avortement : http://jesusmarie.free.fr/apparitions_guadalupe.html

 

16 décembre 2012

LES RELIGIONS DE L’EUROPE DU NORD

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 17 h 47 min

 

LES RELIGIONS DE L'EUROPE DU NORD dans Pré-Messianisme runes-300x149

LES RELIGIONS DE L’EUROPE DU NORD

Alain Poret

 

Il y a un millénaire environ le nord de l’Europe, qui va de la Baltique à l’Oural, était presque exclusivement habité par les populations dites finnoises[1].

Les Finnois avaient le culte des morts ; ils croyaient en l’âme ou du moins ils en avaient une idée[2]. « L’âme-souffle », pour eux, qui ne se sépare violemment du corps qu’avec le dernier râle du mourant, devenait – post-mortem – l’esprit du mort ; le mort en tant que tel. Ils avaient l’habitude d’appeler l’âme (ou esprit du mort) du nom même de l’âme libre du vivant. L’âme libre, ils la considéraient secondaire et l’assimilaient à l’âme unique[3], se rapprochant de la doctrine chrétienne[4].

Ils croyaient que le défunt entraînait l’âme libre d’un vivant dans l’Au-delà ; ce qui expliquerait la coutume de veiller le mort. Les vivants évitaient de s’endormir pendant la viellée tant que l’âme du mort restait près du corps, ils craignaient qu’il n’entraîne la leur âme qui, croyaient-ils, se séparait du corps durant leur sommeil et leur rêve. Ils croyaient que la vie tenait au souffle lui-même qu’elle s’éteignait avec lui[5]. Les idées concernant la vie dans l’Au-delà, chez tous ces peuples arctiques, constituaient leur doctrine importante et très développée. L’enterrement était le rite religieux dominant ; pour eux, les morts sans repos allaient dans un lieu d’errance situé ni sous terre, ni au ciel, ni sur la terre, car ils n’avaient pas eu de sépulture, ils étaient donc exclus de la communauté des morts[6].

Les Esquimaux et les Lapons « animistes » croient toujours que le défunt, dont l’essence spirituelle survit intégralement, se rend au royaume des morts au bout de quelques jours ; ce royaume se subdivise l’un au ciel, l’autre sous terre[7]. On trouve, chez les Esquimaux, la croyance au retour du mort sous forme d’un nouvel individu (réincarnation) ou d’animal (transmigration). Ils donnent à leurs enfants le nom d’une personne morte récemment, habituellement un parent. Et l’imposition du nom permet la réincarnation du mort dans le nouveau-né[8].

Les anciens Germains :

Vers 100 av. J.-C. Odin[9], le maître de la sagesse, dont les messagères sont les Valkyries, est le nom scandinave du dieu Wotan.

Le sacré chez les anciens Germains était le Destin tout puissant. Ils pensaient que les divinités du destin présidaient à la naissance de tout être humain. L’âme était concédée à chaque homme par le  Destin. Leur religion était un ensemble de pratiques rituelles destinées à entretenir à l’intérieur de la famille ou du clan l’existence vivante en chacun de ses membres d’une force sacrée qui aurait été concédée par le destin qui n’a pas de nom propre dans la mythologie germanique[10].

Des textes de leur mythologie font étrangement écho au dernier vers du dialogue de Jésus et de Marie dans la Passion de Jehan Michel : « Il  faut accomplir les Ecritures« .

Les anciens Germains déposaient un instant le nouveau-né sur la terre et l’élevaient dans un geste d’offrande vers le Ciel, tandis qu’il était aspergé d’eau[11].  Ils ne feront aucune difficulté pour adopter le baptême[12] chrétien : ils connaissaient depuis longtemps cette manière symbolique de participer à l’Esprit. Ainsi le concept du sacré était pour eux une « épiphanie du destin »[13]. Enfin, la croyance en l’autre monde dans les religions nordiques et chez les anciens Germains était l’un des traits constitutifs essentiels de leur culture et de leur vie cultuelle.

Les populations scandinaves prièrent longtemps les mêmes dieux[14] dont les plus célèbres sont Odin (la fonction magicienne et sacerdotale), Thor (la fonction guerrière) et Tyr (la fonction juridique). Le marteau de Thor est l’instrument du dieu de la foudre ; avec son sceptre il semble représenter Jupiter. Mais qui est le Très-Haut ?  Il ne fait guère de doute que ce soit Odin en personne. Il y aussi Loki, l’esprit du mal ; et du diable, il en a toutes les facettes. N’ayant laissé de traces nulle part, c’est quand même l’existence d’une tradition pré-messianisque. Comme les Celtes ont les ogams, les Germains ont les runes qui sont des caractères sacrés gravés sur pierre ou sur bois, du premier au XVIIè siècle ; les savants ont proposé quelques traductions incertaines, fragmentaires. Enfin, les Eddas sont deux recueils de saga – épopées poétiques – rédigés au XIIIe siècle ; ils font partie des fondements de la littérature scandinave, mais surtout du patrimoine islandais.

LES ÉTRUSQUES (v.700 av. J.-C. -408)

Selon Hérodote (Vè siècle av. J.-C.): « (…) Ces Lydiens naviguèrent jusqu’en Ombrie et prirent le nom de Tyrrhéniens« [15]. Les Romains reconnaissaient encore cette origine à l’époque classique. Le peuple étrusque occupait l’actuelle Toscane, dès le VIIIè siècle av. J.-C. « Les Etrusques, dit Tite-Live, sont une nation attachée plus que toute autre aux pratiques religieuses, d’autant qu’elle avait une compétence spéciale en cette matière« . Mais on ignore son origine; on ne sait pas déchiffrer son écriture; et on a perdu les livres étrusques.

On sait que les Etrusques appelaient leurs dieux « Aesus« , mot proche d’Aesir, les Ases scandinaves. Ils vénéraient une nymphe Bégoe ou Vegoe qui donna des préceptes à un homme nommé Arruns, en des mots qui rappellent la Genèse: « Sache que la terre fut autrefois séparée du ciel… Jupiter commanda que sur cette terre d’Etrurie des champs fussent délimités… Changer les bornes est un crime puni par les dieux ». Un dieu étrusque mystérieux était Tagès qui aurait donné une doctrine sacrée, la « Disciplina étrusca » qui montrait la liaison de l’homme et du cosmos. Cette « Disiciplina » était écrite dans le livre des « Rites » qui donnait des lois aux villes: celles-ci devaient toutes être construites suivant le plan Nord-Sud (cardo) et Est-Ouest (decumanus), qu’ont imité les Romains. Ainsi les villes devaient obéir strictement aux lois sacrées. Outre le plan « Cardo-Decumanus », on creusait un puits au centre de la cité, qu’on recouvrait de pierres plates. Ce puits devait établir la liaison entre le monde des vivants et le monde des morts; c’était la contrepartie de la voûte céleste qu’on appelait « mundus »[16].

On peut étudier les réminiscences étrusques dans le panthéon et les rites romains. Les dieux romains sont empruntés aux Etrusques: Mercure est le dieu que les Etrusques introduisirent à Rome. Un phénomène lumineux attesté dans l’histoire étrusco-romaine est l’aura. Deux exemplaires célèbres sont l’un tiré de Tite-Live (Livre 1, chap.39), l’autre de l’Enéide de Virgile (Livre II). L’aura est d’ailleurs relatée dans l’Ancien Testament où elle entoure la tête de Moïse (Exode XXX, versets 39-35); elle est aussi l’apanage de tous les saints du christianisme. On sait encore qu’ils pratiquaient une médecine de type théurgique. Leur religion avait encore une grande influence jusqu’au début de l’Empire et même du Christianisme. Mais en 295, Arnobe écrivit « L’Apologie du Christianisme » où il qualifie l’Etrurie de « mère et génitrice des superstitions« . Sait-on encore que le Pope était chez les Etrusques un prêtre (popa); il est en Français, un prêtre de l’Eglise orthodoxe. Enfin, en 87, par la loi Julia, les Etrusques devinrent des Romains.

 


[1] Il s’agit en fait de populations résultantes du croisement des tribus qui furent soumises où alliées aux Huns ; l’appellation exacte est « finno-hongroise » Mais ces régions furent peuplées bien avant et, si elles descendirent du Nord pour envahir le sud de l’Europe, il n’en demeure pas moins que ces populations provenaient majoritairement des plateaux anatoliens ou iraniens.

[2] Le rite des morts et leur culte sont la signature d’une civilisation ce qui n’est propre qu’à l’homme.

[3] Il s’agit quand même d’une croyance panthéiste.

[4] Ils croyaient en l’immortalité de l’homme, tu moins en avaient-ils l’intuition.

[5] Ce qui est conforme à la doctrine chrétienne.

[6] Croyance qui décrit deux similitudes pour la foi chrétienne : le stade du Purgatoire où il faut se détacher des liens qui ont dominé au point de faire passer Dieu au second plan ; il s’agit aussi des limbes pour les âmes sans baptêmes qui, sauvées, reçoivent la Sainte doctrine et sont éduquées en vue de l’union au Christ. (question ouverte)

[7] Une fois de plus, on constate, chez les païens, la croyance en une juste rétribution des actes que le sujet a posés durant sa vie envers sa société.

[8] Cette croyance remonte sans doute aux échanges commerciaux avec l’Asie Centrale par le biais des Hindouistes ou des Bouddhistes. Elle est fermement condamnée par l’Eglise. Il y a là une singularité, leur concept de la réincarnation est très réaliste.

[9] Il semblerait, selon certains experts, que certaines divinités du panthéon nordique seraient des réminiscences des patriarches antédiluviens et post-diluviens, ainsi le dieu Thor pourrait être Noé ; c’est une analyse que l’on retrouve dans les travaux de Fernand Crombette au sujet des très anciennes statues de l’Ile de Pâques. Cette question ouverte n’a rien d’invraisemblable puisque, selon le récit de la confusion des langues, les tribus se sont peu après répandues sur toute la surface de la Terre.

[10] On peut y voir là, une réminiscence de la foi en un Dieu unique, réminiscence que l’on trouve en Chine dès le Moyen-âge – dynastie des Tang – parmi l’élite intellectuelle, les mandarins.

[11] On retrouve un rite semblable chez les Romains, mais ce rite était plutôt juridique, car le père, en le faisant (élever du sol son enfant au-dessus de sa tête) était l’acte de reconnaissance que le géniteur faisait pour confirmer que l’enfant était bien de lui.

[12] S’il est vrai qu’ils adoptèrent facilement le rite baptismal chrétien ; leur foi au Christ fut bien plus difficile à obtenir. Ils n’abandonnèrent pas facilement leurs dieux qui contribuaient à leur identité propre.

[13] Ce qui pourrait en partie expliquer leur panthéisme sur peuplé.

[14] Idem note 7

[15] Il y a de cela moins de dix années, des généticiens ont pu confirmer que l’origine géographique des Etrusques se trouve sur le plateau anatolien, Turquie actuelle, ce qui pourrait être le cas également pour les Sordes qui s’établirent en Roussillon et furent connus pour leur maîtrise du fer ; on pense également que le nom de « Pyrénées » donnée à la chaîne de montagnes proviendrait de leur mythologie : Pyrène, Fille du soleil ou du feu (possible figure d’une vierge à l’enfant). Il semble également qu’on ait identifié l’emplacement (mythologique) du port de Pyrène sur la commune de Torreilles en Pyrénées-Orientales.

[16] On constate également un fait culturel et cultuel important à savoir que le droit coutumier procède conjointement du droit familial et religieux ; il est donc établi que le droit ne peut être séparé de la loi morale naturelle, ni qu’il soit concevable de nier le droit naturel qui en découle.

26 novembre 2012

LA FOI JUIVE – LES PROPHETES D’ISRAEL

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 17 h 08 min

 

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LA FOI JUIVE

LES PROPHETES D’ISRAEL

(PRE-MESSIANISME)

Alain Poret

 ( Vous trouverez l’ensemble des articles sur le pré-messianisme à la suite de celui qui traite des Penseurs Grecs)

Le judaïsme naît à partir de l’exil des Judéens (-586). Le mot juif fait référence aux habitants du royaume de Juda, territoire qui est appelé la Judée[1]. Les Juifs, au sens religieux du terme, remplacent les Israélites. L’Ancien Testament nous dit qu’il y eut deux royaumes : celui d’Israël, au nord, et, celui de Juda, au sud[2]. Le peuple juif se distingua des autres peuples par la croyance progressive en un Dieu unique, Yahvé, que l’on pouvait ni représenter, ni nommer. Le Tétragramme sacré de la Bible en hébreu « YHVH »  (vocalisé Yahvé) est traduit par l’Eternel[3].

Il faut signaler que le calendrier juif, qui part de la création de l’homme est fixé au 7 octobre 3761 av. J.-C[4].

Ainsi le Dieu de la Bible, Yahvé, serait devenu le Dieu exclusif du peuple hébreu[5], après la destruction du temple de Jérusalem par les Babyloniens.

Il semble que le peuple d’Israël ait eu connaissance de la monolâtrie d’Aton, en Egypte, et du zoroastrisme en Perse, même si les experts trouvent qu’on a exagéré les ressemblances entre l’Avesta et la Thora. Et si l’on assimile la figure du pharaon à celle de Moïse, le Psaume 104 de la Bible serait-il une traduction du « Grand Hymne » d’Akhenaton[6] ? En tout cas, c’est sur les rivages du Nil qu’était apparue l’idée d’immortalité de l’âme qui fut définitivement adoptée par le judaïsme.

Les Prophètes d’Israël (Isaïe, Jérémie, Daniel et Ezéchiel) parlaient au Nom de Dieu, Yahvé ; par exemple, Isaïe (740-700), dont le livre est le seul à avoir été trouvé dans son intégralité à Qumram, annonce 124 ans auparavant le retour en Israël et la reconstruction du Temple ; Jérémie (620 av. J.-C.), dont le livre est placé après celui d’Isaïe, prédit l’invasion de l’Egypte par Nabuchodonosor ; Ezéchiel (590 av. J.-C.), qui transmet ses visions de la nouvelle Jérusalem, prédit les 72 ans[7] de la captivité à Babylone, 150 ans auparavant; et Daniel (date inconnue), dont le livre se présente comme l’œuvre d’un prophète contemporain de la captivité de Babylone, annonce la venue du Messie. Enfin l’exégète Pierre Gilbert, dans le journal « La Croix », précise que « le prophète Elie, au IXè siècle, est appelé à devenir dans le judaïsme tardif et dans le Nouveau Testament, le symbole du prophétisme« . Comme l’implorera l’apôtre Paul aux Thessaloniciens (1Th, 5, 20): « Ne méprisez pas les Prophètes« . Enfin comme cela a été déjà dit : « Prêtres, Prophètes et Rois sont les trois figures inséparables de l’élection d’Israël« .

Les textes de la pensée juive le Talmud et le Zohar sont des commentaires sur l’ensemble des livres du canon juif. On considère aujourd’hui que le Code de l’Alliance et le Décalogue, qui constituent la loi d’Israël, ont été conservés tels qu’ils avaient été promulgués. Les textes de la Bible hébraïque ont d’abord été écrits en hébreu, avec quelques passages en araméen qui est la langue vernaculaire du Moyen Orient, à partir du VIè siècle av. J.-C. Et on a enseigné que Moïse était l’auteur de la Thora en hébreu. Il faut rappeler qu’en ayant découvert la Babylonie où ils partirent, les Juifs rapportent l’angéologie, la démonologie avant de retourner dans le pays d’Abraham, l’ancienne Chaldée.

Enfin, originaire d’Ur, dans le sud de la Mésopotamie (entre le Tigre et l’Euphrate, actuel Irak), Abraham (entre 1900 et 1700 av. J.-C.), est le Père du peuple hébreu, dont la vocation est universelle, deviendra l’ancêtre commun dans la foi des Juifs et des chrétiens, pour les musulmans Abraham n’a pas la consistance que lui donnent les Juifs et les Chrétiens ; c’est à ce point qu’ils écrivent son nom de telle manière qu’ils lui enlèvent toute réalité historique. La foi musulmane n’a que peu à voir avec celles des Juifs et celles des Chrétiens.

Dans le récit biblique, c’est à Hébron, en Judée, que le Patriarche prend souche dans le pays de Canaan. La cité d’Hébron en a conservé des traces, dont la plus importante est le tombeau des Patriarches. D’après cette sainte visionnaire qu’est Catherine Emmerich, lorsque Melchisédech donna sa bénédiction à Abraham, lors de l’offrande du pain et du vin, il l’institua prêtre.

 Il en reste d’ailleurs quelques citations et fragments. Enfin la France, « fille aînée de l’Eglise » par le baptême de Clovis, est l’héritière d’Israël. L’archevêque de Reims y emploie d’ailleurs « l’huile sainte », dont furent oints les rois et les prophètes, et, dont Samuel se servit pour consacrer David. Le Christ est appelé lui-même « Lion de la tribu de Juda ». Celle-ci était la figure anticipée du royaume de France. C’est pourquoi on a pu écrire: « Saint Rémy et le baptême de Reims sont pour la France ce que Moïse et le Sinaï furent pour le peuple juif« . De même l’ange protecteur d’Israël, Mickaël, sera plus tard le protecteur du royaume de France, à la faveur de la guerre de Cent-Ans.

Thora : les cinq premiers livres de la Bible dans le judaïsme qui contiennent l’essentiel de la loi mosaïque et l’ensemble de la loi juive. En grec, c’est le Pentateuque (« les cinq premiers livres »).

Talmud : mot hébreu qui signifie « enseignement ». Le Talmud désigne le recueil des traditions orales du judaïsme complété entre le VIè et le Vè siècle. On distingue le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone, le plus complet et le plus récent. Et le Talmud est le complément de la Thora écrite[8].

Zohar: ou « Livre de la splendeur » est l’ouvrage fondamental de la littérature kabbalistique juive opérative, pratique dangereuse contraire à la Haute Tradition hébraïque.

Samuel (1040 à 1010 av. J.-C.) est présenté comme le premier prophète.

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[1] Territoire donné par Moïse au moment d’entrer en Terre Promise, c’est-à-dire, en Terre de la Promesse.

[2] Schisme dû à la succession du Roi Davis qui désigna Salomon comme héritier. Le partage en deux royaumes entraîna de graves déviances religieuses pour le royaume du Nord, car les rois du Nord ordonnèrent la construction d’un autre temple, ce qui était interdit.

[3] YHVH, sans être fausse la traduction est très imprécise ; en fait ce tétragramme signifie littéralement : « Je suis le Créateur, Je suis le Sanctificateur, Je suis le Rédempteur »  L’apport des voyelles postérieur à l’exil de Babylone est une source de confusion.

[4] L’âge de l’humanité ne dépasse pas 10 000 ans, c’est une certitude.

[5] De la foi d’Abraham à l’exil à Babylone, la foi en un Dieu unique, malgré la Révélation mosaïque, les Hébreux balancèrent toujours entre les dieux païens et le Dieu de la foi d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; il aura fallu la déportation en Babylonie pour qu’ils intègrent totalement le Dieu de l’Horeb…

[6] Cette proposition procède d’un principat idéologique issu de la théorie de l’évolution ; il semble que la foi en un Dieu unique des Hébreux est attirée l’attention des Egyptiens et qu’Akhenaton s’en soit inspiré non pas tant pour imposer un dieu unique que pour tenter d’affaiblir le pouvoir exorbitant des prêtres. Il est certain que la foi en l’immortalité soit préalablement un apport égyptien via la Tradition Adamique.

[7] Âge que donne la Tradition chrétienne donne à la Sainte Vierge Marie lors de sa dormition et de son Assomption.

[8] Seule la cabala de Babylone, qui constitue avec les deux autres, dont la dernière fut rédigée au Moyen âge, est conforme à l’enseignement de la Révélation pre-messianique ; les deux autres sont des commentaires faits pour empêcher la conversion des Juifs au Christ et constituent la base de l’antichristianisme. Ce sont les membres de la synagogue ébionite qui les rédigèrent, une secte juive très malfaisante tant pour les Chrétiens que pour les Juifs eux-mêmes.

24 novembre 2012

LES PENSEURS GRECS de Alain Poret

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 17 h 46 min

      Les penseurs grecs, abordent toujours les questions spirituelles du seul point de vue conceptuel ; d’où l’abstraction philosophique inévitable[1]. C’est en tenant compte de cette donnée que rédige cet article.

      Pythagore[2] est l’inventeur du mot « philosophie », dont l’étymologie signifie « l’amour de la sagesse ». Il établira la mystique des nombres ; il introduira le concept de la chute des âmes par l’effet du péché dans sa doctrine orphico-pythagoricienne. Les Pères de l’Eglise feront référence à son autorité ; ils reconnaîtront l’importance de sa mystique des nombres dans le dessein de Dieu.

     La cosmogonie orphique renouvellera la connaissance de la création de la vie de la même manière qu’Hésiode[3] : « Au commencement, il n’y avait que les eaux, et le limon, et de ce limon sortit le serpent« . C’est sensiblement la même explication qui se retrouve dans la Bible.

    Dans sa théogonie, Hésiode fait du Chaos, la première entité divine ; viennent ensuite Gaïa, la Terre, et Ouranos, le Ciel. C’est la construction du monde du Chaos au Cosmos[4].

    Suivant les termes de la philosophie grecque, le Jésus-Christ de Jean est caractérisé en tant que principe (arché) et verbe (logos). Les premiers engendrent les archétypes platoniciens ; le deuxième, héraclitéen, est à l’origine de la pensée humaine. Il y a une évidence pour ceux qui recherchent la Vérité d’un cœur droit, même dans l’ordre naturel, ils rejoignent la Révélation, car 800 ans plus tard, le Christ-Jésus s’affirmera comme le Principe de toute chose et leur conclusion « Je suis alpha et l’oméga… »

   Au sujet de la philosophie, (sagesse s’écrit sophia en grec), la parèdre[5] du Christos. C’est la Grèce qui développe la mantiké, c’est-à-dire la connaissance de la pensée divine[6]. Le regard grec voit le monde comme divin et le divin comme le monde.

L’athéisme[7] affiché est rare, sinon inexistant chez les Grecs d’après l’herméneutique (du grec hermeneuein, expliquer). Le terme même d’herméneutique est en théologie chrétienne, la science de la critique et de l’interprétation des textes bibliques.

    En philosophie grecque, Socrate[8] est « notre père à tous » qui enseignait sa « docte ignorance », terme, plus tard, inventé par le cardinal Nicolas de Cues. D’où la maxime socratique : « Je ne sais qu’une seule chose, c’est que je ne sais rien ». Socrate, par la découverte de son ignorance, révèle l’aphorisme delphique : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux« . Henri Bergson[9], philosophe juif aurait voulu se convertir au catholicisme, dira de lui : « Si raisonnable et rationnel qu’ait été Socrate, il fut ainsi un être inspiré« .

    C’est Platon[10], disciple de Socrate, qui, employa le premier le terme  de théologie. Pour le philosophe de la spiritualité grecque, la philosophie est un « acte d’amour ». D’ailleurs chez les Hellènes, il existe trois formes d’amour: Eros, la passion physique[11] ; Philae, l’amitié ; et Agapé, la charité. En effet, les vertus recommandées par les penseurs grecs (sages de l’Académie et du Portique), à savoir la force, la tempérance et la prudence sont incorporées la doctrine chrétienne en tant que vertus cardinales ; la foi, l’espérance et la charité enseignées au monde par Jésus-Christ sont les vertus théologales. C’est ainsi que « la bonne nouvelle » grecque prophétise la Révélation chrétienne, confirmant le contenu pré-messianique des traditions religieuses et philosophiques païennes.

    Le mythe de la « caverne » de Platon est comparable aux paraboles de l’Evangile. Et ce qu’on appelait le « syncrétisme platonicien » est déjà l’idée soutenue par saint Augustin d’une révélation primordiale de Dieu aux hommes[12].

    Du « tombeau de l’âme » avec Platon, l’homme est devenu le « temple de l’esprit » avec saint Paul. Et l’« Anima Mundi » (Ame du Monde) de Platon a un air de famille avec la Psyché de saint Paul. Dans la mythologie grecque Psyché est la personnification de l’âme humaine. En grec, l’âme pneuma désigne le souffle vital. Enfin pour Platon, la mort Thanatos est présentée comme le frère jumeau du sommeil Hypnos. C’est Origène[13] qui tenta d’unir la philosophie platonicienne à la religion chrétienne. Enfin, pour Aristote[14], Dieu transcendant est envisagé comme raison suprême.

    Tous les dogmes chrétiens ont été formulés en grec, dans des conciles grecs. On officia en grec, jusqu’à la fin du cinquième siècle. Et les premiers Pères de l’Eglise étaient grecs. Le monogramme du Xrist est composé de deux lettres grecques: Khi et . De son passé grec, la liturgie catholique a conservé les trois Kyrie Eleison et les trois Kriste Eleison du début de la messe[15]. L’Evangile de Jean insiste d’ailleurs sur le Logos. Rappelons que Jean l’évangéliste devint le premier évêque d’Ephèse, principal centre d’Ionie, foyer spirituel de la Grèce. N’est-ce pas enfin Henri Bergson qui écrivait: « Le christianisme est chargé de philosophie grecque« . Et qui connaît aujourd’hui l’abbé Lacuria, surnommé le « Pythagore français » ?

LES STOICIENS LATINS

    Le stoïcisme, originaire d’Athènes, atteindra sa maturité dans la Rome impériale avec Sénèque[16], Epictète[17] et Marc Aurèle[18], aux deux premiers siècles de notre ère. A la suite de l’hellénisme philosophique, le monde reste divin pour les stoïciens. Ce sont eux qui donnent au corps divin, le nom de pneuma. Le stoïcisme est d’ailleurs une philosophie panthéiste et le monde un être vivant qui est en même temps divin.

    La vertu du sage stoïcien est d’accepter son destin d’homme: « Mon Dieu, donnez-moi le courage de changer ce qui doit l’être, la sérénité d’accepter aussi ce qui doit l’être et la sagesse de distinguer l’un de l’autre » (Marc Aurèle). C’est ainsi vivre son destin en conformité avec la nature et l’ordre du monde. Avant les chrétiens, l’école stoïque croyait à l’enfer, au paradis, au purgatoire et à la résurrection des corps. Les règles de vie stoïciennes gréco-latines ont souvent été adaptées au monachisme chrétien. Il y eut même de nombreuses adaptations chrétiennes du Manuel d’Epictète. Et Sénèque reste une référence pour les cisterciens. Ainsi les stoïciens parlaient de la « philosophie théologique », à propos des réflexions sur la divinité : ce sont eux qui sont les « champions de l’allégorie ».

    C’est le stoïcisme qui jeta les bases conceptuelles de la Personne chez l’homme et la femme ; concept que les théologiens incorporeront dans leur développement. Cette découverte est le bien le plus précieux que l’antiquité païenne nous ait légué ; c’est un engagement moral et spirituel que de le défendre contre toutes les atteintes dont l’homme est l’objet dans le domaine idéologique et religieux comme l’islam.

 


[1] Les Grecs n’avaient pas encore reçu la Révélation, mais pourtant, malgré l’imbroglio de leur panthéon, compliqué par les incroyables aventures des dieux et demi-dieux, certains comme Socrate, Platon, Aristote etc. pressentiront le Dieu Unique, Socrate est le seul qui lui donnera sa foi…

[2] A part son théorème, qui sert de base à la géométrie, sa philosophie demeure par sa science des « nombres sacrés ».  Il enseignait la mystique du nombre, à caractère métaphysique. Pythagore part du nombre, racine des proportions et de l’harmonie en important sans doute les mathématiques d’Egypte en Grèce qui ont leurs causes dans la civilisation mésopotamienne. Enfin, il enseignait également  la transmigration des âmes, selon Pythagore, cette croyance proviendrait de la doctrine de l’Egypte et de l’Inde. Et la destinée de l’âme est d’échapper à la « roue des naissances » (métempsychose) – théorie bouddhique reprise par les brahmanistes. Pythagore serait né en 568 et mort en 495 av. J.C. Il fut considéré aussi comme un thaumaturge. Plus tardivement, certains néo-pythagoriciens en feront une sorte de demi-dieu.

[3] Hésiode (VIIIè siècle av. J.-C.), poète grec, est l’auteur de la Théogonie, ainsi que des « Travaux et les Jours ». Il est né à Ascra en Béotie.

[4] Cette cosmogonie a beaucoup à voir avec la Tradition Adamique relatée dans le livre de la Genèse, Révélation hébraïque. Il y a là l’influence de la Mésopotamie via l’Egypte. On ne peut exclure que cette cosmogonie ne s’appuie sur la mythologie la plus ancienne de l’hellénisme. Dans cet ordre, sa théologie rejoint le livre de la Genèse, elle confirme que la matière a précédé la lumière, ce que vient de découvrir les chercheurs du CERN.

[5] A ceci près, que le Christ s’identifie à la Sagesse, il est la Sagesse : ce que les Grecs païens ne pouvaient concevoir.

[6] Quel émerveillement ! Dieu, l’Esprit Saint, était l’inspirateur de l’éveil à la philosophie chez nos pères grecs.

[7] Le courant athéiste, effectivement très rare, émerge dans les penseurs atomistes tels Leucippe et Démocrite.

[8]Socrate (470-399 av. J.-C.) n’a pas écrit une ligne ! On ne le connaît que par ses épigones. Fils d’une sage-femme ;  la méthode d’interrogation de Socrate place chacun en face de lui-même. Et sa maïeutique est « l’art d’accoucher les esprits » comme une sage-femme le fait avec des corps. C’est faire comprendre à autrui des connaissances dont il est « gros » et non de lui faire savoir ce qu’on sait. Citoyen exemplaire, Socrate se prétendait comme l’homme le moins savant et le moins sage. Il eut pour adversaires les sophistes d’Athènes, ceux qui croyaient non seulement tout savoir mais aussi croyaient au savoir. Enfin pour Socrate, on ne doit pas répondre à une injustice par une autre injustice.

[9] « Mes réflexions m’ont amené de plus en plus près du catholicisme où je vois l’achèvement complet du judaïsme. Je me serais converti si je n’avais vu se préparer depuis des années […] la formidable vague d’antisémitisme qui va déferler sur le monde. J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. Mais j’espère qu’un prêtre catholique voudra bien, si le Cardinal archevêque l’y autorise, venir dire des prières à mes obsèques. » Bergson, 1859-1941, philosophe français.

[10] Platon (v.427-348/347 av. J.-C.) se forma à l’art de la dialectique auprès de Socrate, ce « penseur des rues » devenu son maître. Platon fonda l’Académie à Athènes et forma entre autres Aristote. Il invente le mythe de la caverne, cette allégorie où les prisonniers enchaînés n’aperçoivent que des ombres projetées défilant sur le mur. C’est Platon qui a créé la théorie des contraires (ante-mortem, post-mortem) confirmée par celle de la réminiscence où « apprendre est se souvenir ». Puis avec sa théorie des Idées, les archétypes platoniciens seront repris par le psychiatre chrétien Carl-Gustav Jung. Enfin il laisse une trentaine de dialogues, « legs majeur de la philosophie occidentale ». Il eut une influence considérable pour l’introduction de la Révélation chrétienne dans la philosophie ; saint Justin de Naplouse, martyr sous Marc Aurèle en 168, fut le premier néo-platonicien chrétien, il rédigea un dialogue et deux apologies.

[11] Ils l’appelaient également « la petite mort… »

[12] Ce qui n’est plus discutable ; la révélation primordiale est intégrée à la plus Haute Tradition chrétienne. Mais le syncrétisme ici n’a rien avoir avec la conception laïciste de notre époque qui consiste à considérer toutes les religions équivalentes ce qui constitue en soi un blasphème.

[13] Origène 185-253, fut un théologien chrétien, palestinien, néo-platonicien, il mourut excommunié pour ses propositions sur la réincarnation.

[14] Aristote, philosophe majeur, 384-322 Av. J.C., il fut percepteur d’Alexandre le Grand ; il fut critique de son maître Platon et finit par fonder le Lycée en opposition à l’académie de Platon.

[15] Cette tradition est remise en question ; en effet, il semble que la langue vernaculaire qui servit à l’évangélisation et peut-être à la rédaction des premiers textes théologiques soit l’Araméen qui fut parlée et écrite jusqu’au 6e siècle après J.C., de Lisbonne jusqu’à Shanghai, selon les travaux de Pierre Perrier. Il semble que certains textes liturgiques en langue grecque aient été rédigés antérieurement en Araméen. Il en est de même pour tous les quatre Evangiles, ils furent écrits d’abord en araméen et en suite traduits en  grec. La langue arabe est à l’origine un dialecte dérivé de l’araméen et, aujourd’hui, la grande peur des islamistes est de voir les textes coraniques revisités à la lumière de cette langue dans laquelle ils furent originalement écrits ; car si les textes officiels du canon  musulman devaient être traduits selon la langue d’origine, l’imposture se révélerait au grand jour.

[16]Sénèque, (4 av. J.-C.- 65 apr. J.-C.) né à peu près avec l’ère chrétienne, ce citoyen du monde né à Cordoue, voyageur en Egypte, exilé en Corse, n’est pas de ceux qui ne connaissent que l’auxiliaire « avoir »; il dénonce le culte des choses, la course aux objets et le vertige de la possession. Pour lui, il faut se faire avant tout « apothicaire de l’âme ». La philosophie doit apprendre à vivre, titre d’un de ses ouvrages. « Enseigner à bien vivre, à bien mourir, à supporter courageusement l’inéluctable, c’est tout ce qui compte ». Il est l’auteur de « La Providence » et de « La brièveté  de la vie ».

[17]Epictète (v.50-v.125) philosophe grec, un de principaux représentants du stoïcisme latin. Ses « Entretiens » et son « Manuel » contribuent à la compréhension ultérieure du stoïcisme.

[18] Marc-Aurèle (121-180), empereur romain qui a laissé des Pensées en grec où s’exprime son adhésion au stoïcisme. Mais il combattit le christianisme en interdisant par exemple l’enseignement dans les écoles.

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 DU PRE-MESSIANISME 

Préface

de

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

 

Le sujet que mon ami Alain Poret aborde est particulièrement délicat en une époque où les dictatures des pensées sont diverses, accrochées à des troncs pourris qui toutes sont les rejetons polluant de l’errance occamienne avec ses avatars aussi néfastes que l’hérésie de la Réforme, le Siècle des Lumières et sa tragique « culture révolutionnaire générant le torrent des idéologies toutes dangereuses, génocidaires et singulièrement aliénantes pour l’homme».

A ce constat viennent s’accrocher, en métastases, les courants néo-gnostiques et autre New-Age. Le sujet concerne un aspect du monde religieux et spirituel peu connu et traité souvent avec beaucoup d’imprudence et rarement avec rigueur et c’est un sujet vendeur.

 

Le feu cardinal Daniélou, spécialiste des patristiques, avait eu l’intuition de ce qu’il appelait à tort « un pré-christianisme », terme mal approprié, car il s’inscrit dans la sémantique des idéologies évolutionnistes. Il présentait que dans les œuvres des auteurs de l’antiquité païenne, que dans les religions pré-chrétiennes, dans les cultures même orales se dissimulaient, outre les bribes de la Tradition Primordiale, des inspirations du Saint-Esprit préparant toutes les cultures à recevoir l’Annonce de l’Evangile et de la Rédemption. Nous avons donc, d’un commun accord, décidé d’user du terme suivant « pré-messianisme » qui est dépourvu et protégé de toute interférence idéologique.

Le lecteur doit abandonner toute aspiration à découvrir je ne sais quel enseignement mystérieux, gonflé d’une supposée recette magique ou d’une connaissance secrète. Il s’agit d’une réflexion scientifique qui d’emblée se met dans la lumière de l’autorité du Magistère catholique et dans celle des plus hautes traditions hébraïque et chrétienne.

En fait, la démarche d’Alain Poret, sans qu’il en ait réalisé la portée ou qu’il l’a voulue, s’inscrit dans la filiation des Pères conciliaires au sujet des religions non-chrétiennes et de leur tentative de réorienter la pastorale dans l’optique de la théologie de l’alliance ; Alliance dans laquelle Dieu propose à tout homme de s’engager.

 

 

DU PRE-MESSIANISME

Par Alain Poret

AVANT-PROPOS

 

Le sujet est tellement vaste à traiter qu’il risque la dispersion entraînant des erreurs et des omissions. C’est pourquoi nous perdrons en étendue pour tenter de survoler certains espaces géographiques en plongeant dans leur histoire spirituelle. Nous essayerons donc de faire percevoir chacun des courants cultuels sans pour autant les réduire dans un syncrétisme qui mélangerait les divers foyers culturels. Enfin, les questions d’origine et de généalogie peuvent être approximativement circonscrites dans le temps.

INTRODUCTION GENERALE

 

Rien ne remplace la tradition ancestrale pour remonter à rebours la voie des dieux sur Terre. On est saisi de vertige en remontant le temps. Dès l’origine, tout nous vient des étoiles où se lève le soleil à minuit. Et « c’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière » (Ed. Rostand). L’homme vit pour la première fois son ombre en faisant face à l’astre du jour les bras en croix.  Puis l’orant tendra vers le ciel ses deux paumes, dira Virgile. C’est ainsi que les premiers chrétiens se tournèrent vers le Soleil-Levant[1] pour prier.

Les hommes tâtonnèrent dans l’obscurité où lui apparurent sa misère et sa petitesse ; et les ténèbres morales et les brumes spirituelles formèrent de chaque ombre une divinité fantomatique.

 

Le paganisme qui est le résultat de l’éloignement physique du centre géographique de la révélation primordiale, de son effacement mémoriel conçoit un clair-obscur. L’homme cherche le repos de son éternel tourment. Mais où le situer ? Et en quel lieu ? La réponse est : « l’Esprit souffle où il veut et quand il veut ». 

Certes, les anciens ne faisaient pas de théologie : ils n’avaient pas de dogme, mais des rites. Et l’évènement historique, après le déluge noétique, est l’éveil de l’homme à la conscience spirituelle. Dans l’histoire de l’Homo Sapiens comment l’image du Dieu incarné a-t-elle pris forme[2] ? Et comment l’homme est-il devenu « prêtre à l’autel » ?

A l’origine se trouve la Terre, épouse du Ciel. La Terre a besoin du Ciel, l’homme a besoin de sa Mère. « Le Saint Ciel est ivre de pénétrer le corps de la Terre » rappelait Eschyle. Le Ciel est donc l’archétype qui en découle, le culte solaire en dérive[3]. Par la suite, les églises seront orientées vers l’Orient ; l’ostensoir sera un soleil ; le dimanche (sunday en anglais) sera le jour consacré à Notre Seigneur[4]. D’ailleurs le Christ n’est-il pas la « lumière » ? selon l’évangile de Jean. De même en l’honneur de sa Mère n’a-t-on pas dit: « Tu es l’aurore d’un jour, dont ton Fils est le soleil » ? Enfin, la prière la plus populaire du monde est « Notre Père qui est aux Cieux… » La sagesse contemplative pourrait se résumer ainsi :  » Dieu, notre Père, nous t’offrons et te consacrons notre Mère, la Terre ».

 

Dans les pays d’Occident, le Christianisme représente la seule tradition spirituelle orthodoxe[5] encore vivante. Et cette orthodoxie trouve son expression légitime dans l’Eglise Catholique Romaine qui en est le réceptacle. Or, les fondations traditionnelles du Christianisme apparaissent dans une filiation spirituelle, dont il est issu, rappelons-le, non pas « ex nihilo », mais « ex divino ». C’est ce qu’on appelle la Tradition Primordiale[6] « du latin tradere, transmettre et de primordium, commencement ». Et celle-ci n’est pas une momie exhumée du passé, mais un message qui nous vient du fond des âges. Elle donne tout son sens aux symboles, aux rites, à la liturgie et aux dogmes auxquels se réfère l’orthodoxie chrétienne. Enfin, la tradition orale qui a précédé les textes scripturaires est le sang vivifiant de  l’Ecriture qui forme le corps. Ainsi restaurée dans son passé, la Tradition fait découvrir le symbolisme religieux de l’humanité. Pourquoi un chrétien ne serait-il pas informé du symbolisme des religions précédentes qui contiennent toutes une inspiration pré-messianique[7]?

 

Tout peut commencer par le schéma du « cycle de l’humanité adamique » selon la tradition biblique :

 

« Depuis la création du monde, quand Dieu au commencement tira du néant le ciel et la terre, l’an cinq mille cent quatre-vingt-dix-neuf ; depuis le déluge, l’an deux mille neuf cent cinquante-sept ; depuis la naissance d’Abraham, l’an deux mille quinze ; depuis Moïse et la sortie du peuple d’Israël de la terre d’Égypte, l’an quinze cent dix ;depuis le sacre du roi David, l’an mille trente-deux ;dans la soixante-cinquième des semaines d’années prédites par le prophète Daniel ;dans la cent quatre-vingt-quatorzième olympiade ; dans la sept cent cinquante-deuxième année de la fondation de Rome et la quarante-deuxième année de l’empire d’Octavien Auguste ; tout l’univers reposant dans la paix ; au sixième âge du monde, Jésus-Christ, Dieu éternel, et Fils du Père éternel, voulant sanctifier le monde par son miséricordieux avènement, ayant été conçu du Saint Esprit, et neuf mois s’étant écoulés depuis sa conception, naît à Bethléem de Juda, fait homme de la Vierge Marie : La Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ selon la chair.[8] »

Avant d’aborder le pré-messianisme, on peut remarquer que la spiritualité qu’elle soit chinoise, hindouiste, africaine et chamaniste a d’abord occupé l’espace géographique et le temps historique.

Dans « Le Génie du Christianisme », Chateaubriand rappelle « les lois du second Zoroastre, les lois indiennes, les lois égyptiennes, les lois primitives de Rome, les lois des Gaules et des druides, les lois grecques et les lois d’Israël sont les lois de tous les peuples, de tous les climats, de tous les temps ». Il est d’ailleurs possible de rapprocher le chamanisme sibérien étendu jusqu’en Amérique latine, les ascètes de l’Inde, les sages itinérants de la Chine, la culture égyptienne, la foi juive, la mystique celto-druidique, les penseurs grecs et les stoïciens latins. Nul ne peut en effet ignorer que le pré-messianisme semble contenu tout à la fois par les cultures chinoise (sage), hindoue (ascétique), égyptienne (culturel), celte (mystique), juive[9] (croyant), grecque (philosophique) avant d’être romaine (évangélisateur). En voici le fil conducteur selon le plan suivant :

 

1)  Peuples premiers animistes, Chamanisme, Néolithique (-7500 ans[10]), Mégalithisme (-4800 ans)

 

2)  Culture égyptienne : Egypte pharaonique (-3150-2700 ans). Livre des Morts (vers -2000-1500 ans)

 

3)  Ascètes de l’Inde: l’Inde védique et l’hindouisme (-2000 ans)

 

4) Sages itinérants de la Chine: le Tao (IV è siècle av. J.-C.)

5) Penseurs grecs et stoïciens latins: sanctuaire de Delphes (vers -2000 ans). Mystères d’Eleusis (vers -1400 ans)

 

6) Foi juive: le judaïsme et les Prophètes d’Israël (vers -800-600 ans)

 

7) Mystique celto-druidique (-52 ans)

 

8) Conclusion


[1] Le Soleil-Levant est l’une des figures anthropomorphiques du Messie, Jésus-Christ.

[2] Il importe de rappelait ici que c’est le péché originel qui est la cause de l’effacement temporel en l’âme de la mémoire de Dieu. En effet, l’âme créée contemple Dieu, mais dès l’animation immédiatement, après la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, à cause du péché originel, elle en perd le souvenir.

[3] Le culte solaire est sans doute ce qui se rapproche le plus du souvenir mémoriel d’un Dieu unique, comme le démontre dans ses visions Catherine Emmerich.

[4] Cette symbolique universelle, incorporée à l’ésotérisme chrétien, rappelle le retour du Christ, le Fils de l’Homme venant sur la nuée.

[5] Cet adjectif qualifie les Eglises chrétiennes qui adhérent à l’intégralité de la Révélation : être orthodoxe, c’est être adhérent à la totalité de la Révélation. Il faut également préciser que seules les Eglises instituées sacramentellement, malgré leur éloignement d’avec l’Eglise qui est à Rome, recèlent les plus hautes et honorables traditions.

[6] La Tradition Primordiale – c’est-à-dire adamique – est considérée, selon les Pères de l’Eglise, comme recélant en puissance toute la Révélation comprenant le retour du Christ. C’est sur elle que l’humanité du second âge (post-adamique) va s’appuyer pour renouveler sa vie religieuse, sa vie spirituelle. Elle sera malheureusement très altérée par suite de la confusion des langues et ce qui entraînera la dispersion de l’humanité.

[7] Cette connaissance peut être un point culturel sérieux pour l’évangélisation ou tout au moins pour une meilleure compréhension de chacun avec un respect dynamique.

[8] Martyrologe Romain (texte liturgique). Il existe d’autres traditions quant aux schémas des âges de l’humanité ; mais ces traditions témoignent en fait, de la corruption adamique ou primordiale. Toutefois, elles ne sont pas inintéressantes, car elles contiennent des bribes de la Tradition Adamique :

«Tout peut commencer par le schéma du « cycle de l’humanité adamique » selon les traditions égyptienne, hindouiste, grecque et biblique. Celle-ci est caractérisée par les quatre âges suivants: l’Age d’Or (25 920 ans) du Paradis terrestre avant l’involution dans la Chute; l’Age d’Argent (19 440 ans) de la protohistoire; et l’Age d’Airain (12 960 ans) finissant par le Déluge de Noé et le début de l’écriture. Et le symbolisme astrologique religieux s’articule ainsi avec l’astronomie de la précession des équinoxes qui fut connue avant Hipparque, auquel on attribue la découverte. Dans l’ère du Taureau, le symbolisme est propre aux religions d’Egypte (Taureau), de Grèce (Minotaure), de Chaldée et d’Assyrie (de 4320 à 2160 avant notre ère). Puis, dans l’ère du Bélier (Abraham), Yahvé chez les Hébreux correspondait à Mars, un « dieu vengeur et jaloux ». C’est la religion mosaïque de 2160 ans avant notre ère jusqu’à la naissance du Christianisme avant l’ère des Poissons (Ichtus, symbole de reconnaissance chez les chrétiens), dont la fin se situe 2160 ans après notre ère. Pour l’hindouisme, il y a un déplacement de quatre Yuga, c’est-à-dire les quatre âges d’or, d’argent, de cuivre et de fer qui procèdent du cycle de base, celui de la précession astronomique des équinoxes de 25 920 ans (nombre archétype qui est aussi celui de la Grande Année Platonicienne) se répartissant en 3/4, en 1/2 et en 1/4. La tradition grecque d’Hésiode et latine de Virgile parlent en effet de l’Age d’or qui manifeste le soleil, puis l’Age d’Argent qui manifeste la Lune, ensuite l’Age de Bronze qui manifeste Vénus, et, enfin l’Age de Fer qui manifeste Saturne (celui que les Hindous appellent Kali Yuga, l’âge de la déesse noire Kali).selon les études de Jean Phaure.(Le cycle de l’Humanité Adamique, edit. Dervy-livres)

J. Phaure s’est toutefois trompé, car la tradition biblique dénombre six âges pour l’humanité sur terre, le septième  âge  est le repos des saints au Ciel selon le Pseudo-Eucher dans son commentaire sur la Genèse (I.I P.L, 50,903-904) : « Dieu acheva son œuvre en six jours, et le septième jour, il se reposa. Le genre humain progresse en ce siècle en six âges, d’Adam à Noé, de Noé à Abraham, d’Abraham à David, de David à la captivité de Babylone, de celle-ci à l’humble avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, enfin, de cet avènement à la fin du monde – jusqu’à ce que le Très Haut vienne pour le juger. Le septième jour qui n’aura pas de soir, sera le repos des saints. »

[9] La culture juive sort de l’ensemble des cultures et religions antiques, car là, nous devons bien comprendre, qu’il s’agit de l’A.T. et qu’il contient la Révélation non-accomplie, révélation hébraïque ; elle sera accomplie par le Christ-Jésus le N.T. Mais il semble évident également que la Révélation hébraïque s’incarne dans une communauté d’hommes et de femmes subissant les cultures environnantes ; il semble bien que le peuple hébreux, peuple culturellement nomade ait davantage absorbé les cultures environnementales que d’en avoir créée une originalement propre à lui-même.  En effet, le rayonnement « culturel » juif est essentiellement un rayonnement religieux, la preuve en est que la seule œuvre culturelle et artistique qui aura traversés les siècles sont les livres qui constituent et composent l’Ancien Testament du moins jusqu’à la destruction du second Temple.

[10] Il faut être très prudent quant à la datation du début de l’humanité qui commence avec Adam et Eve ; selon les traditions les plus élevées et sûres, l’âge de l’humanité se situe en dessous de dix mille ans, plutôt vers six mille ans (Cf. calendrier hébreux)

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DU PRE-MESSIANISME

Alain Poret

Chapitre 1er

Une approche « mystico-magique »

chez

les peuples primitifs

Les peuples primitifs1 ont un embryon d’approche « mystico-magique », voire même panthéiste en divinisant la nature et c’est par eux que commence l’évolution religieuse. Elle peut être représentée par cette « force mystique présente partout2« , selon Georges Dumézil3, qui explique ainsi : « Des plus sauvages aux plus raisonnées, les religions ne sont que les mises en œuvre de mana ». Ce mot d’origine mélanésienne est ainsi définie par Mircea Eliade4: « force mystérieuse et active que posséderaient certains individus et généralement les âmes des morts et tous les esprits »5.

Les plus anciennes religions du monde sont celles des chamanes animistes de Sibérie et d’Asie, les « medecine men » d’Amérique du Nord et du Sud et des sages aborigènes d’Australie6. L’animisme7, cette croyance en l’anima, est la religion la plus ancienne, la plus répandue sur la surface de la Terre, en dehors d’un petit groupe de tribus nomades qui conservaient, à l’exemple de son illustre patriarche, Noé, la tradition adamique.

Le chamanisme était également la religion animiste des « peuples chasseurs » du Paléolithique. En effet, l’expérience d’une pensée religieuse au Paléolithique Supérieur8 est quasiment démontrée, même si son contenu nous échappe encore. De plus, l’art paléolithique abonde de signes géométriques.

Les hommes du Néolithique ont continué à s’adresser aux esprits de la nature selon l’exemple de leurs ancêtres du Paléolithique supérieur.

Nos lointains ascendants invoquaient les esprits des disparus élaborant déjà le culte des ancêtres avec des rites.

En entretenant « commerce » avec les morts, on y voit la possibilité de communication avec l’au-delà9. Les premières traces du sentiment religieux10 apparaissent avec les rituels de la mort. Le passage des esprits aux divinités s’est construit au Néolithique (-6500 ans) comme en témoignent les peintures rupestres et les sépultures d’après l’archéologue Jacques Cauvin11.

L’élaboration de symboles peut indiquer une aptitude à la spiritualité ou à la conceptualisation de son environnement où certes, les dieux ont leur place12.

Au début du Néolithique, les représentations féminines dominent, elles seront suivies par la fabrication de statuettes féminines représentant une déesse mère, « figure cosmogonique créatrice du monde ». C’est le culte de la fécondité.

En effet, les sociétés néolithiques adoraient la Terra Mater qu’ils considéraient comme la « génitrice universelle ». Elle était considérée comme la manifestation la plus ancienne du concept de la divinité partout dans le monde, entre le cinquième et le troisième millénaire avant l’ère chrétienne. L’humanité la considérait comme le don sacré reçu de la terre mère nourricière. L’antique dévotion d’une Terre Mère tellurique est le leitmotiv de la mythologie universelle.

La Terre est non seulement le symbole de la maternité, mais aussi le corps de la mère primordiale. Tous les peuples primitifs ont une tradition matriarcale. La transmission orale des traditions, ainsi que l’adoration rendue à la Terre Mère, illustrent cette primauté. A l’époque du Néolithique, le matriarcat était le corollaire d’un culte universel : celui de la Grande Déesse Mère. Et les femmes exerçaient alors la fonction sacerdotale comme prêtresses au foyer13.

A l’époque du mégalithisme14 (mega: grand et lithe: pierre) témoignant d’un gigantesque balisage, les Anciens nommaient « vouivre » les courants magnétiques. On les associait jadis au serpent issu de la Terre Mère. La géobiologie considérait alors notre planète comme un être vivant. Avec les rochers on parle de système osseux, avec l’hydraulique de système sanguin et avec le courant de système nerveux.

On peut donc s’interroger sur les croyances de ces bâtisseurs menant à bien de telles constructions qui représentent encore 50 000 monuments mégalithiques dénombrés de nos jours. Selon le professeur Glyn Daniel, il devait y en avoir autrefois plus de 400 000 en Europe occidentale15. On sait désormais que toutes ces pierres levées, menhirs, dolmens, cromlechs, tumulus et allées couvertes étaient édifiées selon des proportions sacrées et en relation avec le soleil (éclipses), ainsi qu’avec le calendrier (levers et couchers aux solstices et aux équinoxes). Et cette connaissance du calendrier révèle des siècles d’observation et de calcul. Par exemples, Kermario (Ker Mario, la « cité des morts ») est orienté sur le lever solaire au solstice d’été (soit sur l’azimut de 54°, le 21 juin). A Crucuno, un quadrilatère de 22 menhirs a ses côtés orientés aux quatre points cardinaux et ses diagonales aux solstices d’hiver et d’été. Il faut mentionner que, recouverts de terre, les tumulus ne pouvaient servir d’autels. On peut donc reléguer les sacrifices pratiqués sur les tables de dolmens parmi les calomnies mensongères font remarquer unanimement les spécialistes16. Enfin le culte funéraire de l’ère mégalithique, qui va durer plus de 2500 ans, se soucie déjà de l’après-vie. Ainsi le besoin de croire fut à l’origine de la néolithisation17 : nous aurions donc bâti des temples avant des villes !

Les monuments mégalithiques sont toujours en relation avec le culte stellaire; ils sont orientés au levant. Selon le professeur écossais Alexander Thom18, Carnac servait d’observateur astronomique. C’est pourquoi ces religions ont une orientation astronomique, de même qu’elles ont pour origine le zodiaque. A ses débuts, l’astrologie se mêlait étroitement à l’astronomie.19 Les prêtres étaient d’ailleurs des astronomes. D’où le symbolisme astrologique qui s’articule en concomitance avec la précession des équinoxes et celui de la Vierge en rapport avec la constellation zodiacale (1800 ans avant notre ère). Comme quoi la Madone des chrétiens n’est pas sans rapport avec l’astronomie20.

Finalement qu’elles qu’aient été les croyances et les motifs du « Peuple des dolmens », leurs connaissances techniques posent encore une énigme. Les bâtisseurs de mégalithes possédaient en matière d’astronomie et de mathématiques des connaissances surprenantes. Ils connaissaient la théorie pythagoricienne comme l’affirme Thom, et celle de la précession des équinoxes comme le prétend Fred Hoyle21.

Les archéologues reconnaissent que les populations du mégalithique22 connaissaient la géométrie, le génie civil, la topographie et l’astronomie, de même que la performance architecturale qui allie la minutie au colossal. Les constructeurs de mégalithes considéraient les métaux comme une matière première vivante dont ils connaissaient les radiations. Par exemple Locmariaquer en Bretagne, le plus grand menhir du monde, certes cassé mais pesant 350 tonnes, devait irradier. A ce sujet, la Bretagne est le plus bel ensemble de « pierres levées ». Mais la vénération s’est estompée. Il est vrai que les menhirs ont servi de « bornes » et les dolmens se sont mués « en carrière »! Cependant après avoir quitté Carnac, on peut visiter le tumulus Saint-Michel qui fut certainement pendant longtemps le plus énorme monument de la planète!

Sans doute existait-il plus d’un rapport entre la présence de ces courants telluriques et la fondation d’un sanctuaire:  » le lieu saint se définit par la croisée des axes cardinaux est-ouest, nord-sud et un plan circulaire. Les coordonnées topographiques se rapportent au symbolisme cosmique et le plan se rattache à un rite funéraire ». L’expert du mégalithisme en Europe, J.P. Mohen écrit ainsi: « Les bâtisseurs de Stonehenge et d’Avebury avaient une vision céleste qui dépassait celle du monde observable ». Et il nous reste de cette civilisation répandue en Europe occidentale, des côtes du Portugal aux rives écossaises, ces « pierres levées » quasiment indestructibles révélant que les statues menhirs étaient les premières idoles monumentales de l’humanité. Enfin nul ne peut se dire s’il n’existe pas aujourd’hui des milliers de sites mégalithiques engloutis sous la montée des eaux océaniques23

Avant d’aborder la suite, rappelons la chronologie suivante: le royaume babylonien de 625 à 539 (prise de Babylone par Cyrus II le Grand) et fin de la captivité des Juifs, soit à peu près un siècle; puis l’empire perse de 539 à 331 (invasion de la Mésopotamie par Alexandre), soit deux siècles; ensuite, la Grèce hellénistique de 331 (fondation d’Alexandrie) à 30 avant J.-C. (colonisation de l’Egypte grecque par l’empire romain), soit trois siècles; et, enfin, l’empire romain de 27 avant J.-C. à 330 (proclamation du Christianisme, religion d’Etat), soit quatre siècles.

1Le terme primitif est tout à fait approprié aux peuples qui ont une organisation sociale élémentaire et qui sont souvent nomades ; le terme premier se rapporte davantage aux sociétés primitives, mais ayant une organisation sociale plus élaborée avec une culture, un art spécifique et souvent raffiné comme on peut le voir au musée des arts premiers à Paris.

Ceci dit, l’usage exponentiel du terme « premier » procède davantage du politiquement correct que d’une précision scientifique, son emploi doit être ciblé, car ces sociétés et leur culture réfléchissent une décadence liée à l’éloignement du centre de civilisation qui demeure la région mésopotamienne. Moins les peuples ont de relations avec les autres et plus leur isolement est facteur de décadence, d’affaissement, effondrement de la morale et de déviances spirituelles.

2Ressentir cette « force mystique… » semble correspondre à la présence d’immensité de Dieu et à la présence d’une transcendance et d’une immanence liée au fait que la « Création témoigne de la Gloire de Dieu ».

3Linguiste français, comparatiste, philologue et académicien, spécialiste des sociétés et religions indo-européennes. 1898-1986

41907-1986, roumain, spécialistes des l’histoire des religions, mythologue, philosophe.

5Il pourrait s’agir d’une définition proche de la théologie catholique désignant ce qu’on appelle le monde préternaturel.

6Pour la théologie chrétienne, ces anciennes religions – animistes – sont à comprendre comme une décadence par rapport à la tradition adamique qui a perduré après le déluge noétique selon la tradition hébraïque dans la généalogie inventoriée dans l’A. T. et le N.T. . Tradition qui est corrompue par la charge du péché originel et la confusion des langues à Babylone. En fait, les religions animistes et idolâtres sont le témoignage d’un effondrement spirituel, religieux et non pas d’une évolution positive pour aller vers le monothéisme.

7Croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants, mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent ou les sources, ainsi qu’en les génies protecteurs. Ces croyants sont souvent riches d’une profonde expérience religieuse malheureusement imprégnée de pratiques occultes, habitées par les forces démoniaques, sataniques avec son cortège de déviances tragiques…

8Selon la tradition hébraïque et les révélations de Jésus faites à Anne-Catherine Emmerich, ce que l’on désigne par le paléolithique supérieur correspondrait au premier âge de l’humanité qui se situe entre la création d’Adam et Eve et le déluge noétique. Certains signes trouvés de cette période pourraient être le témoignage de pratiques magiques résultantes de la corruption de l’humanité dénoncée dans le livre de la Genèse.

9C’est aussi la certitude que l’homme garde la conscience intellectuelle de son être, il pressent une grandeur, une dignité qui le dépassent ; considérant que l’humanité s’enfonce dans la nuit de l’esprit au point d’en arriver aux sacrifices humains et à l’anthropophagie (cannibalisme), les honneurs et le culte rendus aux morts, aux ancêtres, nous apprennent que Dieu, par sa grâce d’immensité et les éléments éparses de la loi morale naturelle, ne cesse de le soutenir. Il ne cesse d’attirer l’âme.

10Ce que l’on convient de qualifier en général de premières traces du sentiment religieux est une interprétation idéologique, car nous le savons, après le déluge Noé continue de conserver et de transmettre à ses descendants la foi en un Dieu Unique. La tradition primordiale qui ne s’impose pas reste néanmoins conservée par le petit nombre qu’illustrent les généalogies détaillées dans les deux Testaments.

La révélation adamique et la foi qui en découle sont premières dans le sentiment religieux ; la foi en un seul Dieu est la première des croyances dans l’histoire des religions, si bien que celles qui viennent par la suite, après la dispersion des langues à Babylone, sont des décadences, des errances de l’esprit et de l’intelligence de l’homme. Le schéma proposé faisant partir l’éclosion religieuse de l’animisme vers le monothéisme est un interprétation liée à la théorie de l’évolution, elle n’est pas conforme à la tradition biblique ni au bon sens historique.

11Ce passage ne semble pas devoir être considéré comme une progression, mais bien une aliénation, une descente, car le culte des esprits conservait une idée du divin proche de la Vérité de la nature de Dieu, tandis que le culte des idoles éloigne l’homme de l’idée de Dieu.

12Ces symboles sont des livres, des clefs ouvrant sur des mystères compréhensibles aux seuls initiés qui transmettent

des connaissances.

13On retrouve encore des peuplades dans lesquelles le matriarcat est un mode de gouvernement, d’organisation singulièrement dans les régions du Sahel pourtant dominées par l’islam et dans le centre de l’Asie, nord de l’Inde, Népal, Tibet. Il y a des exceptions, celles dont témoigne justement le livre de la Genèse. La fidélité à la tradition adamique maintient les peuples qui en demeurent proche dans une structure patriarcale ; c’est vrai pour la civilisation mésopotamienne et hébraïque ; c’est aussi vrai pour l’Égypte, les royaumes de Canaan, ces cultures assez proches sont issues de la tradition noétique – Cham, petit-fils de Noé, fut le fondateur de l’Égypte et de Canaan, restées proches du foyer d’origine même si la magie chamanique (mot peut-être issu de Cham) – devait radicalement ordonner et structurer les sociétés égyptienne et cananéenne.

14Le mégalithique n’est pas une période séparée du Paléolithique supérieur, il en fait partie. Les constructions gigantesques sont citées par A. C. Emmerich, elle les situe dans la période du premier âge de l’humanité ; elle précise que ces peuples de géants sont le résultats des forces sataniques et que ce qu’il reste de leur culture sont des vestiges qui témoignent de leur effondrement moral, spirituel.

15Il semble nécessaire de distinguer deux périodes, le mégalithique du Paléolithique supérieur et celui du néolithique postérieur au déluge noétique. Est-il si invraisemblable d’envisager que la construction de Stonehenge puisse être beaucoup plus ancienne et avoir été récupérée par les celtes ? Nous savons qu’au-delà d’une certaine période les difficultés de dations sont quasi insurmontables d’autant que les tenants de cette théorie partent du principe que l’homo-sapiens n’apparaîtrait que bien après la dérive des continents ce que contredit A. C. Emm. Ainsi que F. Combrette qui affirment que la Pangée était déjà peuplée par eux et c’est le déluge noétique qui y met un terme géologique. La dérive des continents commencerait donc après le déluge de Noé (probable, car alors les datations trouvent leur cohérence avec les vestiges archéologiques).

16Il n’en demeure pas moins qu’il subsiste bien des pierres d’autel datées de la période celtiques qui témoignent des pratiques de sacrifices humains. Un de mes amis prêtres, décédé depuis, me confiait que lors d’une retraite fermée, le prédicateur révéla qu’il avait eu l’occasion de voir des bocaux contenant du sang humain résultant de pratiques sacrificielles de rites celtiques et ce, datant des années trente. Enfin, les sources romaines ne semblent pas contestables, car nous savons que Rome a toujours exécré les sacrifices humains ayant un caractère religieux. C’est d’ailleurs l’une des raisons, en plus d’intérêts économiques, qui opposèrent Rome à Carthage ; les carthaginois pratiquaient allègrement les sacrifices humains. Ce sont eux qui ont inventé le sacrifice de la crucifixion que les romains ont repris, mais qu’ils appliquaient pour la répressions de délinquants de droit commun et non-citoyens romains. Dans les persécutions antichrétiennes, le pouvoir romain distinguait en principe le citoyen romain chrétien des autres ; sauf peut-être pour Néron, mais aucun romain ne fut jamais crucifié, Pierre n’était pas romain fut crucifié, Paul citoyen romain fut décapité.

17C’est une proposition qui n’est pas prouvée.

18Ingénieur écossais 1894-1985 connu pour ses travaux sur les sites mégalithiques.

19Chantal Jègues-Wolkiewiez démontre les liens probables entre le choix de certaines cavernes, leur orientation, leurs peintures rupestres et l’astronomie. En Afrique, un documentaire d’ethnologie démontra les liens entre certains rites animistes et certaines configuration astronomiques. Il y a bien eu un savoir scientifique avant le déluge et après qui fut emporté lors de la confusion des langues à Babylone et qui fut malencontreusement mêlé aux rites religieux.

20Le raccourci est un peu rapide ; on peut envisager que Dieu ait disposé dans la démarche scientifique des hommes de cette période des prophéties ; les premiers évangélisateurs de la région de Chartes, découvrirent que les Carnutes avaient dédié un sanctuaire au culte d’une Vierge qui devait enfanter un enfant-dieu, comment pouvaient-ils le savoir ?

21Cosmologiste et astronome britannique 1915-2001 ; détracteur de la théorie du big-bang contre laquelle il proposait la théorie de l’état stationnaire.

22Selon A. C. Emmerich, les géants auteurs des constructions mégalithiques, étaient instruits des choses de la science quoique très perverses et d’une très grande violence et cruauté.

23Il serait souhaitable qu’on puisse distinguer les deux périodes de construction des sites mégalithiques ; mais il me semble probable que ces vestiges auront résisté au déluge noétique, du moins pour la plupart d’entre eux. Il se pourrait également que ceux-ci aient eu pour objet d’être des sortes de talismans aux bénéfices des puissances infernales, car les populations de géants qui les ont construits s’adonnaient, selon A. C. Emmerich, à des rites sataniques. Il est une série de faits divers assez étranges, on sait que certains de ces lieux sont utilisés pour des bacchanales ; cultes à Lucifer et ses anges déchus singeant la table eucharistique. Certains de ces lieux, ont été appropriés par les chrétiens après qu’ils furent délivrés des puissances infernales qui pouvaient les avoir possédés.

Les tumulus sont sans doute du Néolithique, mais certainement pas du Paléolithique supérieur ; ils n’auraient pas subsisté aux déferlantes du déluge noétique.

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 SUMER

AVERTISSEMENT DE LA REDACTION

Chers lecteurs fidèles, cet article de notre ami et dévoué Alain Poret, est additionnel au premier chapitre « Une approche « mystico-magique » chez les peuples primitifs. » Nous vous invitons à être attentif à sa lecture, car nous sommes convaincus que la civilisation sumérienne constitue l’un des foyers matriciels majeurs pour l’ensemble des civilisations qui jailliront sur la surface de la Terre. Nous devons le considérer comme le témoin primaire de la première société civilisée organisée immédiatement poste-diluvienne. Ses fondations s’élevèrent sur la transmission noétique de la Tradition Première, tradition adamique.

On suppose que les Sumériens viennent d’Iran au IV è millénaire avant J.-C. Ils s’installent en basse Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate (actuel Irak). Ils inventent l’architecture religieuse, l’écriture[1], l’astronomie et le calcul. Les ziggourats, ces tours à plusieurs étages inspireront la Bible. La religion sumérienne qui a influencé la Mésopotamie pendant près de trois mille ans, présente aussi de nombreuses similitudes avec la Genèse, et notamment les onze premiers chapitres de la Bible. Et il faut rappeler qu’Abraham, père du peuple hébreu et fondateur[2] du monothéisme serait, selon la Bible, né à Ur.

Les traits distinctifs de la civilisation sumérienne sont donc l’écriture et l’architecture sacrée. A l’origine, l’écriture se présentait sous la forme de pictogrammes, un peu comme les hiéroglyphes égyptiens avant de devenir l’écriture cunéiforme (qui signifie « en forme de coin »). D’ailleurs l’influence sumérienne est prouvée au moment où l’écriture égyptienne prenait forme. De même une influence sumérienne se décèle à l’origine de la civilisation pharaonique. Enfin lorsque naquit la civilisation sumérienne, ses dieux représentaient encore en partie, les forces de la nature.  Pour compléter le panthéon sumérien les rois et les héros mythiques ou réels pouvaient dans les récits, atteindre à la divinité. Le plus connu est celui de Gilgamesh, roi d’Uruk où il aurait régné vers 2650 avant J.-C. C’est l’épopée de Gilgamesh telle que racontée sur des tablettes retrouvées à Ninive. Gilgamesh décida de trouver le secret de l’immortalité.

Le Déluge est raconté dans la XI è tablette de l’épopée de Gilgamesh. Et ce sont des tablettes d’écriture cunéiforme du VIII è siècle avant J.-C., trouvées lors des fouilles dans la bibliothèque du roi Assurbanipal, à Ninive, qui ont dévoilé, dans les années 1870, cet « autre » récit du Déluge. Mais dans le récit sumérien, plusieurs dieux sont à l’origine du Déluge. Les Hébreux ont très probablement emprunté le mythe du Déluge aux Babyloniens qui eux-mêmes l’ont emprunté aux Sumériens. Il existe aussi une convergence entre la création d’Adam selon la Bible et le récit sumérien sous la forme d’une tablette (« Enûma Elish »). Enfin au British Museum, à Londres, se trouve un cylindre retrouvé en Mésopotamie où l’on voit « la femme, l’homme, le serpent et l’arbre porteur de fruits »[3].

L’émergence de nouvelles cultures comme celle de Babylone viendront à bout de l’empire sumérien vers le II è millénaire avant notre ère. Les Accadiens héritèrent de la civilisation sumérienne la piété envers les dieux. C’est un genre majeur de l’art suméro-accadien d’après l’historien britannique Arnold J.Toynbee. Et celui-ci écrit encore: « L’invention de l’écriture sumérienne fut un chef d’œuvre de génie créateur, mais ce système d’écriture – le plus ancien connu – était compliqué et maladroit. C’est pourquoi il demeure ésotérique. Il répondait au besoin de toute la société mais, en même temps, il confirmait l’ascendant des chefs lettrés sur la majorité illettrée ».

Mais, l’écriture est-elle réellement née à Sumer ? Pourquoi pas à Glozel ?

C’est l’occasion de rappeler que le samedi 1er mars 1924, ont lieu les premières découvertes de Glozel (Ferrières-sur-Sichon près de Vichy dans l’Allier) faites par Claude, Antoine et Emile Fradin. Après avoir loué le champ Duraton, à la famille Fradin, M.Morlet entreprend des fouilles qu’il poursuit jusqu’en 1936. C’est le 1er décembre 1925 que Glozel est évoqué pour la première fois par le Mercure de France (N°659) dans un article de Van Gemap, archéologue, membre de la Société préhistorique française qui écrit: « Si sur l’interprétation des signes gravés et des techniques en usage à Ferrières, il y a matière à discussion, il n’y en a pas en ce qui concerne les conditions et les résultats matériels des fouilles ». Le 19 février 1927, Breuil reconnaît l’authenticité des découvertes et leur âge néolithique. Le 12-14 avril 1928, le Comité d’Etudes fouille à Glozel. Il conclut à l’authenticité et à l’ancienneté néolithique des découvertes. Enfin, en 1972, Henri François, ingénieur au Commissariat à l’Energie Atomique, en visite à Glozel, prélève des échantillons qu’il envoie à trois laboratoires étrangers. On utilisera la méthode de datation au carbone 14 pour les os gravés et la thermoluminescence pour les céramiques et la terre cuite. Verdict sans appel: les ossements ont entre 15 000 et 17 000 ans, les céramiques 5000 ans et les tablettes gravées ont 2500 ans. C’est pourquoi Henri François écrira à Emile Fradin injustement calomnié comme M.Morlet: « …Seuls quelques attardés mal informés pourront prétendre que vous êtes un faussaire, les regroupements des mesures faites indépendamment dans chaque laboratoire sont parfaites et indiscutables ». Ainsi comme cela a été dit: « Glozel ne fait plus gloser »…[4]


[1] Selon Anne-Catherine Emmerich, l’écriture était en usage bien avant le déluge : « Hénoch, l’ancêtre de Noé, a enseigné contre eux. Il a aussi beaucoup écrit et il était un homme très bon, très tourné vers Dieu. En beaucoup d’endroits, il a dressé en pleins champs des autels de pierre, là  où les cultures étaient abondantes, pour rendre grâce à Dieu et lui offrir des sacrifices. » Il se pourrait donc bien que l’écriture trouvée à Sumer soit postérieure à ce foyer de civilisation. Il est possible que le sanskrit contienne des vestiges archaïques de l’écriture primordiale.

[2] Il n’est pas juste de considérer Abraham comme le fondateur du monothéisme comme on fonde une lignée ou une cité. Abraham fut élu, appelé pour préparer la Promesse du Salut, et à ce titre il fut le premier missionnaire du monothéisme. Son ascendance qui vivait sous la tente gardait, tout comme Noé, la Tradition transmise par ses pères. Rappelons que le sens réel des généalogies bibliques est d’affirmer cette filiation de la transmission. Les explications données généralement sur l’appel d’Abraham sont imprégnées du présupposé idéologique évolutionniste ce qui n’a aucun sens, comme le démontrent les travaux de mon ami Pierre-Charles Aubrit Saint Pol sur le Premier Âge, Genèse commentée et méditée à l’aide des révélations d’Anne-Catherine Emmerich et appuyée sur la tradition patristique. Et contrairement à ce qu’on voudrait faire croire ni moi, ni P. C. A. St. P. sommes des tenants crispés d’un fixisme enfantin et apeuré.

[3] Considérer que la rédaction de la Bible était en partie un transfert des traditions culturelles et cultuelles des civilisations sumérienne et babylonienne n’est pas exacte sur le fond. En effet, selon A. C. Em. et les travaux de F. Combrette, ces deux civilisation étaient porteuses d’éléments corrompus de la Tradition Primordiale ; la similitude des récits ne procède pas de ces deux civilisations vers la Bible, mais il s’agit de l’affirmation, de la révélation de cette Tradition Première transmise par Noé après le déluge et que reprend dans sa pureté originale l’Ancien Testament, bien entendu, on doit considérer que les récits primitifs de la Bible passent à travers le vaisseau de la culture environnementale de ces époques.

[4] Les découvertes archéologiques de Glozel sont toujours bizarrement sous éteignoir des esprits conformistes ; il ne fait pas de doute quant à l’antériorité de l’écriture et parmi les différentes écritures trouvées se trouvent des exemplaires de l’hébreu archaïque. La leçon à tirer de ces découvertes majeures, c’est qu’il est urgent de sortir des hypocrisies dogmatiques en ces matières d’histoire, l’humilité et le bons sens sont de bons alliés pour qui est réellement au service de la vérité.

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Chapitre 2e

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE DES PHARAONS

Introduction de la rédaction :

La civilisation égyptienne antique continue d’exercer une certaine fascination au point qu’il est difficile de l’aborder avec recul et rigueur. Les différentes approches sont toutes marquées par un présupposé largement conditionné par évolutionnisme. C’est pourquoi on considère les religions païennes et prés-messianistes comme une évolution qui irait du polythéisme vers le monothéisme ce qui n’est pas du tout conforme à l’histoire religieuse. L’Incarnation du Fils de Dieu en témoigne.

Les Cananéens, dont fait partie l’Égypte sont issus avec les peuples d’Afrique noire de la lignée de Cham, petit-fils de Noé .

Cham, selon les travaux de F. Combrette, une fois chassé de la maison de Noé parce que maudit par son grand-père, trouva refuge dans les terres de Canaan, l’actuelle Palestine, et instaura des rites magiques et maléfiques pour se défendre de cette juste malédiction1. La religion et la culture égyptiennes vont se construire dans cette optique ; ce fut à ce point, que de tous les pays méditerranéens, l’Égypte sera longtemps l’un des plus fermés à l’étranger ; en témoigne son écriture hiéroglyphique qui était réservée d’abord à la classe des prêtres puis à l’élite civile. La lange copte que l’on retrouve dans la liturgie des chrétiens égyptiens, soudanais et jusqu’en Éthiopie était la langue vernaculaire de l’antiquité égyptienne qui n’a guère évoluée.

Du point de vue religieux, l’Égypte est le grand témoin de la décadence religieuse même si dans son panthéon se trouvent des éléments épars de la Tradition Primordiale ; parmi les éléments commun à celle-ci on retrouve l’obsession du salut de l’âme et celle de la rétribution divine des actes humains après la mort. Mais ce qui domine dans la culture égyptienne est la permanence de la foi en l’immortalité de l’âme ; tous ces éléments sont issus de la Tradition Primordial noyés dans un épouvantable fatras idolâtrique inspiré par les anges-démons que fréquentait assidûment l’élite sacerdotale et politique. Il faut garder en mémoire que l’humanité repart avec Noé, aussi les religions païennes postérieures au déluge noétique, sont des décadences par rapport à la Tradition Primordiale que Noé n’aura pas manqué de transmettre.

L’Égypte religieuse dans l’Antiquité

Le professeur J.C. Goyon2 : « L’Égypte est bien moins un don du Nil qu’une miraculeuse création du divin ».

Nous sommes toujours émerveillés, étonnés de découvrir les connaissances astronomiques des prêtres du temple de Dendérah3 et ceux d’Héliopolis4.

Le temple égyptien est ainsi à l’image du ciel par son attachement à des périodes astronomiques5 et à sa mise en harmonie avec la révolution des astres. L’emplacement du choix d’un moment cosmique pour l’établissement d’un temple est précisé par le rituel de fondation. C’est par exemple, le cas d’Edfou6: « Je tourne ma face vers la marche des étoiles. Je dirige mes yeux vers la constellation de la Cuisse du Taureau (l’Ourse) ».

Les Égyptiens avaient un culte stellaire : Osiris7, le dieu pharaon, est symbolisé par la constellation d’Orion ; Isis8, son épouse, par Sirius. Plutarque disait: « L’âme d’Isis est nommée le Chien par les Grecs et l’âme d’Horus est nommée Orion ». Et le Chien, c’est l’étoile Sothis9 annonçant la crue du Nil, qui donna son nom à la chaleur étouffante de l’été, la canicule (Canis Major, celle du Chien), dont le mot nous vient des étoiles. Isis enseignait à Horus que Thot10 (devenu par la suite Hermès grec et Mercure latin), venait des étoiles. Et Isis, la divinité d’Égypte portant Horus sur les genoux, a été identifiée à Marie en Majesté portant l’Enfant Jésus11.

L’éminente égyptologue Christiane Desroches Noblecourt12 écrit aujourd’hui : « la théogamie : l’union d’un dieu et d’une mortelle n’est rien d’autre que l’Annonciation et Marie, la fille spirituelle de la Grande Isis, dont le culte a fonctionné jusqu’en Gaule pendant des siècles ».

En France, nos Vierges noires apparaissent comme des Isis13. L’égyptologue citée écrit encore qu’on retrouve : « la fascinante représentation du Christ en Majesté, entouré sur le dernier demi cercle de son « cadre » extérieur des motifs correspondant aux signes du zodiaque égyptien et, miracle ! Apparaissant suivant l’ordre où ils apparaissaient en Égypte ». De même : « ces deux poissons toujours retenus par la même ligne, constituent aussi le deuxième signe du grand zodiaque qui entoure l’impressionnante image du Christ en Majesté dominant le narthex de la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay14 ».

Il faut rappeler que les terres d’Isis recouvrent à la fois Karnac égyptienne et Carnac bretonne, la terre celtique. Le menhir devient ainsi obélisque, le cromlech la pyramide et le dolmen le temple. Enfin la barque15 d’Isis est le blason de Par Isis, notre capitale parisienne. Paris est en effet la nef d’Isis ou navire renversé avec sa devise lutécienne: « Elle flotte mais ne sombre pas » (« Se Fluctuat Nec Mergitur »)16.

En 1905, les terrassiers du métropolitain découvrirent à neuf mètres de profondeur, au-dessus des anciens fossés de la Bastille, une statuette égyptienne de sept centimètres de haut. Des archéologues établirent qu’il s’agissait d’une statuette féminine liée au culte d’Isis (Oushbti). Cette statuette à cause de la profondeur à laquelle elle a été retrouvée remonte aux premiers temps de l’histoire de Paris, à une époque où aucune liaison n’existait entre l’Égypte et les Gaules. Et sa fabrication locale prouve l’existence d’un culte isiaque à Paris. Citons enfin qu’à Metz, en Moselle, du culte d’Isis, il reste une statue17.

 A Paris, l’égyptomania s’y était répandue à la fin du XVIIIe siècle, avec les sphinx qui se multiplient dans la ville. Cela montre la fascination des Français pour l’Égypte qui est le pays le plus présent à travers les noms de rues de Paris. Après celui du Caire, le plus beau musée égyptien du monde est le Louvre avec son important département des antiquités égyptiennes. Et quel triomphe populaire que l’exposition de Toutankhamon au Grand Palais, en 1967 ! Mais ne sommes-nous pas les héritiers de Champollion18et sa pierre de Rosette qui a vaincu les secrets de l’écriture égyptienne, remontant à plus de six mille ans?

On sait que le monothéisme d’Akhenaton19(Aménophis IV qui changea son nom royal) aurait préfiguré celui des chrétiens. Son originalité fut d’instaurer Aton représenté par un disque solaire comme seul dieu d’Égypte. Est-il né deux mille ans trop tôt, s’interrogent de nombreux auteurs ?

L’Égypte pharaonique nous a fait don d’une œuvre philosophique et spirituelle inestimable, elle aura été la première, à ce jour et la plus ancienne, a nous transmettre sa réflexion, son approche et sa croyance en la vie après la mort. Elle a en effet transmis son savoir par son Livre des Morts, un papyrus trouvé près d’une momie. Il s’agit du parcours initiatique dans la barque de Râ20 qui enseigne que l’amalgame se fait entre le Ba (corps d’ombre où réside la conscience individuelle) et le Ka qui n’est plus la force vitale, mais le double du vivant qui subsiste après la mort. Puis le mort comparaît devant « le tribunal divin » présidé par Osiris avec l’étape cruciale de la « pesée du cœur » (plume de Mat). Et cette balance de Mat, lors de la pesée de l’âme deviendra la balance de Saint Michel, lors de la pesée du Jugement Dernier. Selon Christiane Desroches Noblecourt, – tel Anubis, le guide des défunts, qui fait passer les âmes des morts dans l’au-delà, saint Christophe sera le patron des voyageurs. Ajoutons que dans la rosace du croisillon sud de la cathédrale d’Amiens figure un chien-loup, l’Anubis, dont le rôle est repris dans la tradition chrétienne par saint Michel21.

Le Texte des Sarcophages écrit: « Je suis l’Éternel, je suis la lumière (…) Je suis Celui qui a créé le Verbe« . Comment ne pas penser au début de l’Évangile de Saint Jean ? On peut noter qu’à la cathédrale d’Amiens, le Christ écrasant sous ses pieds l’aspic et le basilic est la traduction d’Horus maîtrisant les crocodiles22.

L’Égypte connaît la croix sous forme du tau ; elle est appelée croix de vie et supporte le disque solaire. La croix de vie égyptienne, l’Ankh, qui est le nœud d’Isis, symbolise aujourd’hui les nefs ancrées23 des cathédrales gothiques. Cette croix ansée représente l’alpha triangulaire d’en bas surmonté de l’oméga arrondi en rapport étroit avec l’alpha et l’oméga du Christ. En ce qui concerne le symbolisme du Sphinx, il s’inspire des quatre constellations situées à angle droit sur l’Équateur céleste. Le chrétien y reconnaît aisément les quatre évangélistes correspondant aux quatre animaux saints: le Taureau de Luc, le Verseau (image de l’Homme) de Matthieu, le Lion de Marc et le Scorpion (autre forme de l’Aigle) de Jean. (Cf. la note 18)

La Haute Égypte, avec le rayonnement d’Alexandrie des premiers siècles après J.C., a joué un rôle déterminant dans le développement de la spiritualité chrétienne et de la vie monastique. Dans la région de Thèbes, sur les bords du Nil et ses déserts comme celui de Scéthée près du delta, furent les berceaux des premières fondations monastiques qui rayonnèrent tout au tour du bassin méditerranéen dont en Gaule. Par exemple, saint Antoine24part vivre en ermite dans le désert de la Thébaïde25. De même saint Pacôme qui s’installa dans la vallée du Nil, et qui, avec sa sœur Marie, crée la première communauté monastique féminine en Égypte. Comme l’écrit Christiane Desroches Noblecourt: « Le mouvement monastique est strictement d’origine égyptienne: cet héritage représente la plus grande contribution que l’Egypte copte ait faite à la chrétienté« 26. Signalons aussi qu’en 1930, on découvre un ensemble de documents manichéens au Fayoum et, en 1946, une « bibliothèque » à Nag Hammâdi27. L’Évangile selon Thomas, dont le texte copte a été découvert en Haute Égypte, regroupe plus d’une centaine de « paroles » (dites logions) que Jésus aurait adressées à son disciple Thomas. Ces textes coptes ont été découverts dans une jarre. Et ces papyrus ont trait au Mythe de la Mère divine. (Cf. n. b. 24)

Déjà l’Égypte antique était la « matrice du christianisme » avec le périple égyptien de la Sainte Famille28 réactualisée en 1968 par l’apparition de la Vierge Marie dans un faubourg du Caire, à Zeitoun, situé sur cette route historiquement connue comme celle que la Sainte Famille suivit durant son séjour en Égypte. Signalons encore que Sarah l’Égyptienne, la servante des Saintes Femmes palestiniennes, serait enterrée en Camargue dans la crypte de l’église romane des Saintes-Maries-de-la-Mer. C’est là, qu’en son souvenir, se fait chaque année le pèlerinage et la procession à la mer. Il faut rappeler que le poisson est, à l’origine du mot ichtus, le monogramme emblème des premiers chrétiens d’Égypte. La Bible nous enseigne que « Moïse fut instruit de toute la sagesse des Égyptiens »29.

1Noé n’a pas maudit son petit-fils Cham pour la seule cause de s’être moqué de sa nudité, mais parce que cette moquerie était la conséquence d’autres décisions et pratiques que Dieu condamne, la sorcellerie. Cham s’est sans doute rapproché de Hom son cousin et arrière-petit-fils de Noé, fils de Mosoch (Moloch), fils de Japhet ; Hom est considéré comme le fondateur du Brahmanisme dont le culte a été retrouvé en Afghanistan, Inde, occidentale, Irak et Iran. Il s’agit d’une religion homothéiste qui influencera le manichéisme et la gnose… On comprend pourquoi la culture de l’Égypte pharaonique est très nationaliste. C’est aussi une explication de la divinisation de certains souverains, le pharaon considéré comme un dieu sur Terre, ce qui se retrouvera chez les empereurs romains et dans l’évolution du roi-prêtre sauf chez les Hébreux ; l’épisode du roi Saül illustre l’originalité de la royauté davidique, fondement de la séparation des pouvoirs que confirmera Jésus : « Donnez à César ce qui lui revient et à Dieu ce qui Lui revient. ».

2Professeur émérite d’égyptologie de l’université de Lyon ; directeur scientifique du Centre franco-égyptien d’études des temples de Karnak.

3Ville d’Égypte antique connue pour son zodiaque et son temple consacré à la déesse Hathor.

4Ville du soleil, citée sacrée possédant un temple dédié au Soleil Ré.

5Ces connaissances supposent une maîtrise des mathématiques remarquables.

6Ville égyptienne célèbre pour son temple d’Horus.

7Osiris, le juge des défunts est la principale divinité du panthéon égyptien.

8Isis, épouse d’Osiris et déesse mère de l’enfant Horus ; son temple Philae est à l’entrée du Nil en Égypte. Isis et Osiris, selon les travaux du savant orientaliste F. Combrette, seraient frère et sœur ; Isis aurait assassiné son frère et sans doute, pour échapper à la juste colère de sa communauté, a élaboré le mythe que nous connaissons et sur lequel ont été greffé tout sortes d’apports dans lesquels on trouve des réminiscences de la Tradition Primordiale.

9L’étoile qui guida les Rois Mages, Évangile de saint Matthieu.

10Le « Trois fois Grand » – Thot trismégiste – représenté par une tête d’ibis, est le dieu du Savoir et d’Écriture.

11Il s’agit d’une interprétation tardive ; mais nous savons que dans toutes les religions il y a traces d’une aspiration au Salut qui viendrait d’un « avatar » des dieux : « l’humanité soupirait vers sa libération. »

12Elle écrira : « notre culture est égypto-chrétienne » ; elle fut conservateur honoraire du Département des Antiquités Égyptiennes du Musée du Louvre.

Il faut ici noter que la propension à considérer la civilisation égyptienne comme primordiale quant à son rayonnement sur l’Occident est abusive ; on ne peut ignorer qu’elle fut précédée par la civilisation mésopotamienne qui est la source-mère de toutes les civilisations moyen-orientales et de toutes celles répandues sur la Terre. Elle semble avoir été la matrice des mathématiques et de l’astronomie.

13La similitude des Vierges noires avec la déesse égyptienne est très aléatoire ; il y a deux facteurs qui expliquent celles-ci : le premier vient des représentations gitanes de l’image de la Sainte Vierge Marie que l’on peut considérer comme en lien avec l’antiquité égyptienne ; le second vient de ce que souvent les vierges noires sont soit des statues enterrées pour être préservées des guerres surtout religieuses ou résultantes du vieillissement du bois selon son essence ou de l’influence environnementale de l’encens et des cierges allumés qui furent longtemps en graisse de mouton ou du vieillissement de la polychromie ce qui est le cas pour la plupart des vierges de l’époque romane.

14Les représentations zodiacales dans l’art chrétien se retrouvent dans la plupart des religions antiques de tout la bassin méditerranéen, pour le chrétien l’intrusion du zodiaque n’est rein d’autre que l’affirmation de la primauté du Christ sur l’ensemble de la Création visible et invisible et aussi le témoignage des connaissances mathématiques qui rayonnèrent à partir du bassin mésopotamien. Les interprétations a posteriori reliant les éléments du culte égyptiens à la révélation chrétienne doivent être prudemment présentées comme une éventualité sans ignorer certaines similitudes. Il est évident que dans les premiers siècles de la civilisation égyptienne on trouve des éléments très corrompus de la Tradition Primordiale.

15Cette interprétation est très contestée ; le navire qui représente Paris est le rappel de sa situation géographique. En effet, Lutèce doit sa richesse pour beaucoup au transport fluvial et si le premier site lutécien se trouve sur la commune de la Défense, le second est bien sur l’île Saint Louis dont l’accès ne fut possible que par bateau. Il faudra attendre l’invasion romaine et la conjonction gallo-romaine pour que soit construit le premier pont de la cité qui la relie à la rive gauche.

16S’il doit y avoir un lien entre la civilisation celtique et égyptienne, celui-ci passe moins directement de l’une à l’autre que de la Mésopotamie aux Celtes dont nous savons que leur mouvement migratoire commence par les plateaux anatoliens (Turquie) ce que pourraient confirmer les vestiges archéologiques de Glozel près de Vichy en France. Toutefois les vestiges trouvés en France au sujet du culte d’Isis peuvent avoir été un apport des légionnaires romains qui étaient régulièrement envoyés au repos en Gaule après avoir cantonné en Gypaète et au Moyen-Orient comme en témoignent certaines statues trouvées dans le lit du fleuve côtier le Tech en Roussillon.

17Qu’il y ait eu des temples dédiés au culte des idoles antiques en Gaule en provenance du bassin méditerranéen est plus que probable ; nous savons que déjà du temps de Salomon les côtes de la Gaule, la future Narbonnaise, étaient connues et, il semble bien que le site du mythique port de Pyrène pourrait avoir été localisé en Roussillon. D’autre part, les Philistins qui naviguaient jusqu’en Écosse par cabotage ont pu fort bien accoster sur les côtes de ce qui est aujourd’hui le Nord-Pas-de-Calais ; en effet un fleuve est nommé La Lys qui passe par Armentières – une vallée occupée depuis la préhistoire – et son nom viendrait de la déesse Isis.

18Champollion déchiffra le premier les hiéroglyphes égyptiens grâce au texte inscrit en plusieurs langues sur une pierre appelée Pierre de Rosette. Il est à noter que, selon l’orientaliste Combrette, Champollion se serait trompé.

19Certaines théories courent de nos jours, l’une trouve en ce roi la preuve historique du passage des Hébreux et leur influence religieuse ; c’est peut probable quand on sait l’attachement religieux des égyptiens à leurs idoles. La proposition la plus plausible serait que ce roi ait voulu mettre un terme à l’hégémonie des prêtres du dieu Amont-Râ et qu’il s’agirait donc d’une sorte de coup d’état politico-religieux. Cette explication est d’autant plus plausible que ce pharaon usa de beaucoup de violence pour imposer son nouveau culte et nous savons, d’après les fouilles faites autour des constructions de sa nouvelle capitale qu’il était cruel et fort méprisant vis à vis de son peuple. Dans l’éventualité d’une influence hébraïque, pour autant qu’elle ait eu lieu, elle n’aura pas dépassé le stade de l’opportunité politique.

20Râ ou Rê, dieu solaire de la Basse Égypte devient la « Chaleur qui est en Aton ».

21Nous sommes ici en présence d’un raccourci un peu trop précipité. Les traditions religieuses de l’Égypte antique révèlent le degré de corruption de la Tradition Primordiale transmise de Noé à ses descendants et à son clan, Cham maudit par lui et fondateur de l’Égypte. Toutes les religions après le déluge sont porteuses d’une espérance de vie après la mort et toutes élaborent le concept de justice divine, de rétribution au passage du temps à l’éternité ; nous savons, car c’est l’un des sens majeurs des généalogies hébraïques, que depuis Noé jusqu’à Jésus la Tradition Primordiale a été transmise dans le peuple élu et conservée intacte par lui. Il est peu probable que l’idolâtrie égyptienne ait eu une influence déterminante sur la foi des Hébreux. Les coptes se sont distingués de la communauté chrétienne par leur foi au monophysisme, jusqu’à cette hérésie, les chrétiens égyptiens ne se distinguaient pas de l’Église ; cette distinction est venu de ce que pour affirmer leur foi monophysite et pour s’en distinguer de l’Église, ils utilisèrent le langage parlé de l’antique Égypte, le copte.

La croyance en l’existence des anges est sans doute antérieure aux coptes et à l’Égypte ancienne. Elle se trouve présente clairement exprimée dès le Second Âge de l’humanité ce qui laisse à croire qu’elle faisait partie des connaissances du Premier Âge. Saint Michel n’a pas de filiation avec l’Égypte antique, mais que les bâtisseurs de cathédrales aient repris certains éléments des mythologies antiques est un fait qu’il n’est pas sérieux d’employer pour certifier l’influence des religions anciennes sur la Révélation chrétienne. Les éléments que l’on considère comme susceptibles d’avoir influencer la chrétienté ne sont en fait, pour la plupart, que des vestiges de la Tradition Adamique et peut-être des lumières fugaces inspirées par l’Esprit Saint.

22Il faut y voir là, la corruption affligeante de la Tradition Primordiale.

23La première interprétation demeure la « barque de Pierre » symbole de l’unité ; les liens entre la nef et la symbolique égyptienne sont ici non-recevables, mais confirment que Cham a bien reçu la Tradition Primordiale et qu’elle fut largement corrompue par lui afin de se défendre de la malédiction de Noé ; qu’elle que soit l’élaboration de la religion égyptienne antique, elle n’est d’intention qu’une immense et fastidieuse élaboration magique de Cham contre la malédiction. (Cf. Combrette)

24La Thébaïde, qui avait Thèbes pour capitale, fut aux premiers siècles chrétiens un centre important du monachisme.

25Antoine le Grand fut l’un des fondateurs majeurs de la vie cénobitique ; il bâtit deux monastères.

26Non, le mouvement cénobitique est simultané en Palestine et jusqu’à la frontière irano-arabique.

27Il s’agit d’un site de la Haute Égypte sur l’emplacement de l’ancienne chénoboskion de saint Pacôme où furent découverts cinquante-trois parchemins écrits dans la langue copte dite « sahidique » proche des anciens hiéroglyphes. C’est une collection de 114 logia ou « paroles nues » attribuées à Jésus qu’aurait recueillies Didyme Jude Thomas ; elles sont déclarées apocryphes, c’est-à-dire qu’ils ne font pas partie de la Révélation.

28La fuite de la Sainte Famille en Égypte est ‘événement qui figure dans l’Évangile selon saint Matthieu. Le Père Meinardus a dressé une carte qui indique l’emplacement des églises qui commémorent cet événement. Selon la tradition le voyage de la Sainte Famille pourrait avoir été à l’identique celui des Hébreux quittant l’Égypte sous Moïse.

29Il a reçu une éducation de prince ce qui lui permit de gouverner les Hébreux pendant quarante ans. Le séjour de Moïse près de son beau-père Jethro, durant plusieurs années, permit à Dieu de le débarrasser des infestations dues à son éducation égyptienne.

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L’Inde et la Chine

Le Védisme et Brahmaïsme

Alain Poret

Au deuxième millénaire avant notre ère, le sanscrit s’impose en Inde, c’est la langue des érudits ainsi que la religion védique (celle des Védas [1]) ; le védisme est à la base de l’hindouisme.

La caste des brahmanes constituée vers 1200 avant notre ère sera à l’origine des livres « les Brahmanas » qui sont une compilation d’homélies expliquant les Védas. C’est au cours de ces enseignements que les brahmanes introduisent des données gnostiques, une corruption malfaisante, du même ordre que les deux  dernières cabalas qui constituent le Talmud surinfecté par la kabbale opérative.

Le yoga fait parti des pratiques védiques, toutefois celle-ci demande beaucoup de prudence, car elle peut ouvrir les chakras qui furent scellés à cause du péché originel et qui ouverts sont autant de passages pour les puissances lucifériennes. La religion védique et l’hindouisme en général ne sont pas initiateurs de prosélytisme, c’est ce qui explique le peu d’intérêt pour le monde extérieur.

L’Inde ancienne entre dans l’histoire, à l’époque de la vie du Bouddha (vers 560-480 av. J.-C.). En effet, le bouddhisme est une philosophie qui a une dynamique « missionnaire ».

D’après le cardinal Daniélou, le Shivaïsme[2] est la religion proto-historique de l’Inde et celle des anciens Dravidiens[3], dont la civilisation atteignit son apogée en Inde entre le sixième et le deuxième millénaire avant notre ère[4].

Les représentants du « védisme » sont les brahmanes (les prêtres) et les yogis (les moines).

La métaphysique hindoue est résumée dans l’adage sanskrit suivant : « l’action commise bonne ou mauvaise, son fruit doit être nécessairement mangé »[5].

Il n’y a de salut, pour l’indouisme, que par le yoga. Le fondateur du Yoga, Patanjali, (2 siècles environ avant notre ère) admet une âme suprême (purcucha) antérieure et supérieure à la matière (prakrti). Cette pratique singulière est le résultat dangereux du développement de la gnose dans le védisme introduite par les brahmanes dès leur prise d’influence sur le védisme.

Dans le Yoga, la discipline de la respiration jointe à la posture corporelle prépare la méditation due à l’ascèse. Les occidentaux ont comparé les différents yogas à des ordres monastiques. Par exemples, les Bénédictins, ainsi que les Dominicains, voués à l’étude ou la prédication, pratiquent le yoga de la connaissance (Jnâna Yoga). Les Chartreux, ermites chrétiens, par le contrôle travaillé de leurs émotions, pratiquent le yoga de l’amour (Bhâkti Yoga). Il en est de même pour les Trappistes, cénobites par leur contemplation mystique.

L’hindouisme enseigne l’exploration intérieure et la prise de conscience de son lien à l’universel. La religion est pour chacun une affaire personnelle, car elle met davantage l’accent sur l’immanence alors que le chrétien insiste sur la transcendance.

Le culte est célébré dans l’intimité. Et l’existence de nombreux chemins intérieurs, spirituels résulte d’une révélation universelle.

Enfin le bouddhisme[6], pour lequel un « vide d’ego » est un « plein de compassion » place l’Eveil au-dessus des dieux. Mais l’Inde des Brahmanes s’est-elle préoccupée de la souffrance individuelle et le bouddhisme d’un dieu d’amour ? L’Inde a créé les parias ou les « intouchables » considérés comme hors castes et punis par leur karma individuel. C’est pourquoi Vivekananda[7] et Aurobindo[8] étaient hantés par l’action charitable. Car, à force de tolérance, a-t-on manqué de charité ?

Mais il semble exister des similitudes entre les « huit sentiers » (Bouddha[9]) et les « huit béatitudes » (Christ). La « Bonne Voie » de l’un et la « Bonne Nouvelle » de l’autre sont déracinés. L’un s’oppose aux Brahmanes, l’autre aux Pharisiens. Jésus n’a pas accepté de monter sur le trône de David, et Bouddha a renoncé à l’héritage paternel, ainsi qu’à sa lignée (son fils sera moine). Le bouddhisme primitif n’a pas supprimé les castes; le christianisme antique n’a pas aboli l’esclavage[10]. Les peines successives de l’un seraient l’enfer de l’autre. Peut-on parler d’une commune mesure entre « notre Dieu transcendant, l’immanence hindoue et l’évanescence[11] bouddhique » ?

Derrière l’esprit cosmique, l’Inde pressent le Dieu biblique et se tait devant lui. Et quelques mille ans avant notre ère, le Cantique du Soleil de François d’Assise était dans les hymnes du Védâ. Marco Polo, après s’être fait conter à Ceylan la vie du Bouddha, concluait ainsi:  » Car s’il avait été chrétien, il eut été un grand saint à la vie édifiante qu’il mena ». D’ailleurs les paroles attribuées au Bouddha Shakyamuni sont évangéliques: « Si on voulait comprendre le fruit des aumônes, on ne mangerait pas sa dernière bouchée de nourriture sans en avoir donné (…) Ma doctrine est une doctrine de miséricorde (…) Au lieu d’immoler les animaux, laissez-les aller ». Alors l’abnégation bouddhiste a mené à l’immolation chrétienne[12]. Enfin d’après l’explorateur de l’Inde ancienne, Charles Malamoud[13], la Parole est « femme », alors que le Verbe chrétien est « masculin ». La Prakti hindoue ressemble à la Shekinah hébreu et à la Sophia grecque. Enfin on ne peut nier la dimension indienne au christianisme[14] se révélant par le fait que l’empire fut successivement perse, hellène et romain et qu’il s’étendait de la Méditerranée à l’Indus, constate Guy Sorman.

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LES ASCETES DE L’INDE

Selon Taine, « les Indiens ont le génie de la métaphysique ». En effet pour le plus grand philosophe de l’Inde classique, Cankara qui vivait à l’époque de Charlemagne, l’Avaïta représente la non dualité dépassant toute opposition conflictuelle. Il faut rappeler que les Vedas, savoir de la sagesse de l’Inde, est une tradition millénaire remise en vigueur par Aurobindo, l’un des plus grands penseurs de l’Inde du XXè siècle.

Les deux piliers sociaux du védantisme sont les brahmanes (les prêtres) et les yogis (les moines). La tradition hindoue est en effet fondée sur les Veda des Rishis (sages védiques), dont la transcription a été précédée d’une transmission orale. Celle-ci a été suivie d’une filiation traditionnelle qui a donné naissance aux Upanishad. Ces derniers sont la réflexion métaphysique des voies convergentes du Yoga. Il n’y a de salut que par le Yoga dont la définition se résume par cette parole de son fondateur Pantajali, : « Le Yoga consiste en l’arrêt des activités spontanées de l’esprit ».

L’hindouisme est une religion fondée sur Hom, personnage mythique qui est arrière-petit-fils de Noé et petit-fils de Jafet. On sait cependant que Rama et Krishna[15] sont les héros des deux grandes épopées, le Ramayana et la Bhagavad-Gîta, littéralement le « Chant du Bienheureux ». Pour cet « évangile de l’hindouisme », le monde de la réincarnation est « comme un arbre géant qu’il s’agit de couper: la hache qui l’abattra est le renoncement »[16]. L’Inde présente en effet le samsâra (cycle des naissances) comme un mal en soi dont il faut s’affranchir. Cela ne prouve pas notre immortalité mais notre impermanence. L’adage karmique est le suivant: « Sème une pensée, tu récoltes un acte. Sème un acte, tu récoltes une habitude. Sème une habitude, tu récoltes un caractère. Sème un caractère, tu récoltes un destin ». L’acte karmique est déjà intentionnel: plus que ce qu’il a fait, l’homme devient ce qu’il a voulu faire. Ainsi la métaphysique hindoue est caractérisée par l’adage sanskrit suivant: « l’action commise bonne ou mauvaise, son fruit doit être nécessairement mangé« .

Mais l’Inde des Brahmanes s’est-elle préoccupée de la souffrance individuelle et le bouddhisme d’un dieu d’amour ? L’Inde a créée les parias ou « intouchables[17] » considérés comme hors castes et punis par leur karma individuel. Ces sont les Aryens qui ont créé une structure sociale basée sur la division de la société en quatre classes, préludes aux castes. Il s’agit des brâmanes, des prêtres; des kshhatria, des guerriers; des vaishaya, des agriculteurs et des marchands; et les shudra, les humbles travailleurs. Seules les trois premières classes comprennent les aryens et donnent accès à la science des Veda. C’est pourquoi Vivekananda et Aurobindo étaient hantés par l’action charitable. Et le bouddhisme à force de « tolérance » a-t-il manqué de « charité » ? Enfin d’après l’explorateur de l’Inde ancienne, Charles Malamoud, la Parole est « femme », alors que le Verbe chrétien est « masculin ».

Les Sages Itinérants de la Chine

Sans les Jésuites, nous ne saurions pas grand-chose des sages itinérants de la Chine ancienne. En effet, le père de la philosophie chinoise, Confucius[18], qui a vécu cinq cents ans avant notre ère, s’est fait connaître en Occident par les Jésuites. Sa sagesse n’est nullement religieuse comme le prouve l’hostilité du confucianisme au bouddhisme et à son monachisme[19]. Mais Confucius croit à un ordre supérieur auquel l’homme doit contribuer par le perfectionnement de sa propre conduite à travers l’ordre social: « La perfection est le Tao du Ciel. Chercher la perfection est le Tao de l’homme ». Avec Confucius c’est le culte des « mânes » (ancêtres): « Il faut révérer les esprits mais ne pas  trop les fréquenter » (Confucius). L’altruisme de Confucius, le jên devient le liên-ngai, l’amour universel qu’il pousse jusqu’au sacrifice de soi-même. En Chine, l’exigence du sage est la disponibilité: renoncer n’est pas cesser d’agir, mais changer d’intention. Et la vie y est vécue comme un destin collectif. Rappelons que les quatre vertus du confucianisme sont le respect, le sens moral, la tolérance et la piété familiale.

Le deuxième pilier majeur de la pensée chinoise est le Tao te King, l’œuvre chinoise la plus traduite dans le monde. Aujourd’hui le taoïsme a peu d’adeptes (40 à 50 millions dans le monde essentiellement regroupés en Asie). Lao-Tseu, cet illustre penseur, se rapprocha du théisme, puisqu’il invoque le Seigneur d’En-Haut, Dieu personnel tout puissant et omniscient: « Le grand motif de bien se conduire, ce doit être la crainte du Seigneur d’En-Haut. Celui qui voit tout ce qui se fait dans les bois, les vallées, les lieux obscurs, là, où ne pénètre l’œil d’aucun homme« . N’est-ce pas en rapport avec la phrase biblique: « Ton Père qui voit dans le secret, te le rendra ». Enfin cet aphorisme à lui seul indique clairement ce qu’est le taoïsme: « La Vie est-elle autre chose qu’un rêve ? Et ne croyons-nous pas à leur réalité aussi longtemps que nous dormons ? Au réveil, nous prenons conscience de notre erreur. Ainsi en est-il du Grand Rêve, la Mort. C’est la Vie qui est le Grand Rêve. Mais nous ne le saurons qu’après ». Enfin en Asie, le Tao[20] chinois a intégré le « voyage des âmes » auquel s’adonne le chamane. De même le shintoïsme japonais, qui sacralise la nature, s’est nourri du vieux fond chamaniste coréen. En Chine le taoïsme et le confucianisme acceptent la devise commune: « L’Un est dans le Tout et le Tout dans l’Un« . Et ce nouveau millénaire est marqué par la spiritualité chinoise comme l’attestent les centres de méditation zen et tibétains. On peut  remarquer que la transmigration des âmes commune au bouddhisme, au taoïsme et au confucianisme[21] est encore la croyance partagée par six-cent millions d’individus.


Les notes de bas de pages sont également tirées des travaux remarquables du Père Nathan édités dans le site : lescatholiquesdu.free.fr

 

[1] Livres sacrés de l’hindouisme sont écrits en sanskrit à partir de 1800 av. J.-C, mais plus tôt entre 1200 et 600 av.J-C. Attribués à la révélation de Brahma, les documents des anciens Aryas, dont on dispose, sont les quatre Védas qui sont les textes les plus intéressants. Celui qui connaît le microcosme de l’âme individuelle et de sa manifestation connait aussi le macrocosme de l’Ame universelle et de Sa manifestation. D’ailleurs les chrétiens savent qu’ils peuvent chercher Dieu au fond de leur cœur aussi bien que comme « Notre Père qui est aux Cieux ».

 Brahma désignerait l’esprit « garant actif » de la cohérence des Védas qui sont la transcription des expériences intérieures des « Spirituels » issus des tribus « Pré-aryens » qui s’établirent en Inde et fondèrent la civilisation de l’Indus environ 4500 avant notre ère. Cette civilisation sera détruite par les « Aryens », tribus indo-européennes à la peau blanche parlant des dialectes européens. Ce sont quelques milliers d’hymnes. C’est le sacrifice qui constitue à lui seul le culte védique qui est aussi consacré à l’entretien du feu sacré. L’âtman est Brahman. C’est la grande formule de l’Inde. Et l’idée de l’immortalité de l’âme est sous-jacente dès l’origine puisque les Védas enseignent qu’il y a une rétribution pour tout acte humain ; ils croient en un enfer.

La théorie de la transmigration est un apport des brahmanes vers le Ve siècle av. J-C pour contrer l’influence du bouddhisme qui est une révolte agnostique contre les brahmanes et contre les castes. Vers le IIIe siècle de notre ère, devant l’avance du bouddhisme et du christianisme, la caste des brahmanes va envoyer des délégations pour comprendre la doctrine chrétienne et y incorporer certains de ses enseignements qu’on retrouve dans les Ithyasas dans lesquelles on trouve la « Bhagavad-Gita aussi appelé le Mahabharata. » Il ne faut pas s’étonner de cet apport extérieur, les brahmanes le concèdent volontiers : « L’apparition du culte de Krishna manifeste la facilité étonnante avec laquelle les prêtres (les brahmanes) peuvent inventer de nouveaux dieux pour le fidèles. Le Swami siddheswaranda AVOUE/ 3Si aux yeux de l’histoire, il n’y a pas eu de Krisna, ceci n’a nullement empêché les adorateurs d’avoir (la vision, non seulement de Krisna, mais encore des marques évidentes de sa présence objectives en divers dieux… C’est par un mythe de ce genre qu’une réalité spirituelle vit, et ce processus… personnes ne peut l’entraver. »Celui qui connaît le microcosme de l’âme individuelle et de sa manifestation connait aussi le macrocosme de l’Ame universelle et de Sa manifestation. D’ailleurs les chrétiens savent qu’ils peuvent chercher Dieu au fond de leur cœur aussi bien que comme « Notre Père qui est aux Cieux ».

[2] Religion proto-historique de l’Inde. Selon les textes shivaïstes, l’humanité court à sa perte. Selon le calendrier traditionnel indien toujours en usage le Kali Yuga débute en 3102 av. J.-C. D’après le Lingä Purânä: « Ce sont les plus bas instincts qui stimulent les hommes du Kali Yuga. Ils choisissent de préférence les idées fausses. Ils n’hésitent pas à persécuter les sages.  Les livres sacrés ne sont plus respectés. Les hommes seront sans morale, irritables et sectaires. Dans l’âge de Kali se répandent de fausses doctrines et des écrits trompeurs. Les gens ont peur, car ils négligent les règles enseignées par les sages et n’accomplissent plus correctement les rites. La plupart des nouveaux chefs est d’origine ouvrière. Ils pourchasseront les prêtres et les tenants du savoir. On tuera les fœtus dans le ventre de leur mère et l’on assassinera les héros. Les Shudra prétendront se comporter comme des Brâmanes et les prêtres comme des ouvriers. Nombreuses seront les femmes qui auront des rapports avec plusieurs hommes. (…) Il y aura beaucoup de mendiants et de sans-travail. Tout le monde emploiera des mots durs et grossiers. On ne pourra se fier à personne. Les gens seront envieux. Beaucoup d’individus seront perfides, lubriques, vils et risque-tout. Les textes sacrés seront adultérés. Les rites seront négligés. Des gens non qualifiés passeront pour des experts en matière de morale et de religion. Des gens de basse extraction revêtiront un costume religieux et, par leur comportement trompeur, se feront respecter. Les hommes établis ne feront plus d’offrandes aux dieux ni de dons aux gens méritants ». L’Apocalypse de Jean présente une vision analogue à celle des Purânä remarque le cardinal Daniélou dans son ouvrage « Le Destin du Monde, d’après la tradition shivaïte »

[3] Dravidiens: apparus dans l’Inde après la dernière époque glacière vers 9000 av. J.-C. ils seraient venus d’un contient englouti par la mer. (Il pourrait s’agir du  déluge Leur civilisation se répandit dans l’Inde du « cap Comorin jusqu’à l’Himalaya ». D’après le cardinal Daniélou les Pélasges de la Grèce pré-hellénique étaient vraisemblablement de culture dravidienne. Selon Anne Catherine Emmerich, le fondateur du védisme-brahmanique serait un certain Hom, fils de Mosoch, fils de Japhet, tombé dans les dépravations qui valurent le déluge. Selon une autre source, les Dravidiens seraient originaires de l’Ethiopie et occuperaient toujours le centre de l’Inde. Hom est le fondateur de l’homothéisme, la divinisation de l’homme.

[4] L’âge de l’humanité n’a pas plus de 10 000 ans et au plus jeune, 6 000  à 7 000 ans. Au-delà de 10 000 ans nous sommes dans l’irrationnel, car il faudrait considérer un nombre si élevé de facteurs chimiques, radioactifs, géologiques qu’il n’est pas recevable en l’état de dater avec autorité.

[5] Le concept de responsabilités fusionne dans une contraction du temps et de l’éternité ; il est intéressant, car il souligne la notion de justice et de réparation ce qui est la marque des religions ayant conservé des éléments de la Tradition Adamique.

[6] Le bouddhisme est un homothéisme extrême.

[7] Vivekananda ( 1863-1902) reçut une éducation universitaire à l’occidentale. Il introduit alors l’hindouisme en occident. Sa renommée est internationale en prêchant en 1893 au Parlement des Religions à Chicago. Son œuvre rassemble les conférences qu’il a prononcées à travers le monde, consacrées à la pratique de différents yogas. Il fut révélé en France par l’auteur Romain Rolland.

[8] AUROBINDO (1872-1950). Athée, a vécu longtemps en Angleterre ; il retrouva Dieu dans la philosophie hindoue sa patrie d’origine. Ce philosophe mystique indien, commentateur des Véda et théoricien du « Yoga intégral » tenta de réconcilier science occidentale et sagesse orientale. Pour lui « la vie divine » est une rédemption « ici et maintenant ». Ce « grand métaphysicien » était hanté par l’action charitable.

[9] Le bouddhisme, quel que soit sa forme, n’est pas une religion au sens commun du mot ; le bouddhisme est une philosophie athée, comme le confirma à plusieurs reprises le Grand Lama et autres représentants. C’est une philosophie à rites. On ne peut pas la considérer comme un accomplissement de l’indouisme. En effet, quelles que puissent être sa séduction et ses attractivités, le bouddhisme est une corruption par apport au védisme qui reconnaît une transcendance même si l’accent est excessivement mis sur l’immanence. Le bouddhisme rejoint, d’un certain point de vue, l’islam, car tous les deux sont des enfermements, tous les deux sont attentatoires à la dignité et à la grandeur de l’homme. Le bouddhisme enferme le sujet dans la succession des réincarnations, l’islam fait du sujet l’esclave d’un Dieu incompréhensible, inapprochable. On ne reconnaît pas au sujet l’usage de la liberté de conscience ni celui du libre arbitre, l’homme n’est pas ici une personne, il en est de même pour le bouddhisme pour qui la personne disparaît dans un grand tout identifié au néant. Dans le christianisme la Personne est appelée à la ressemblance de Dieu, à un vis-à-vis d’amour, et sa liberté de conscience ainsi que l’usage de son libre-arbitre lui sont reconnus et sont même le socle naturel sur lequel se décidera la qualité de l’éternité. Il y a donc bien des liens communs entre l’indouisme védique et le christianisme.

[10] Non, le christianisme, dès le début a dénoncé l’esclavage, mais n’a pas urgé sa fin pour deux considérations objectives : la 1ère, c’est qu’il n’avait aucun pouvoir politique et ne pouvait donc pas influencer dans ce sens ; la 2ème était qu’un changement immédiat aurait eu des conséquences incalculables sur les économies et sur les équilibres sociaux et ces déséquilibres auraient été gravement préjudiciables aux plus pauvres y compris parmi les citoyens romains et de tous les empires pénétrés par l’évangélisation.

[11] Evanescence est un terme philosophique voir idéologique, il n’est pas un concept religieux ; le bouddhisme est, par rapport au védisme, une hérésie ; il ne croit pas en un Dieu créateur, transcendant ni salvateur. Sa doctrine aboutit à la négation de la personne puisque l’homme ne se réalise vraiment qu’en s’anéantissant dans un grand tout informe ; il est tout aussi dangereux que l’islam qui ne reconnaît pas en l’homme une personne. L’anéantissement de la personne dans un tout informe est très proche que la théologie chrétienne donne de la damnation éternelle ; l’âme tombe dans le non-amour de charité, c’est le néant spirituel dans lequel le sujet ne cesse, n’en finit pas de sombrer.

[12] L’attraction du bouddhisme lui confère une dangerosité aussi sévère que l’islam par sa compassion  et une absence réfléchie de tout dogme mis à part la réincarnation et l’incroyance en un Dieu transcendant. L’influence du bouddhisme sur le christianisme est nulle, mais importante sur la société occidentale à partir du romantisme et surtout de la seconde période du XIXe siècle de notre ère. Il faut relever que l’indouisme eut une influence plus ou moins heureuse sur la philosophie occidentale à partir du dernier tiers du XIXe siècle et jusqu’aux années soixante.

[13] Indianiste contemporain auteur réputé sur l’Inde.

[14] Il faut raison gardée ; on ne peut parler d’influence hindouiste sur le christianisme sauf peut-être sur les églises nestoriennes et syro-malabares pour ce qui concerne la liturgie ; mais ce dont nous sommes sûrs, c’est l’existence d’éléments non négligeables de la Révélation et Tradition Primordiale. L’apport du christianisme dans les Ithyasas, recueil de grands poèmes épiques (la chanson de Rama) rédigé en 250 après J-C. en témoigne.

[15] Il s’agit de divinités inventées au 3e siècle après J-C pour contrer l’avancée du christianisme et du bouddhisme.

[16] La croyance en la réincarnation date du 3e siècle après J-C, introduite dans le védisme par la caste brahmane toujours pour contrer le bouddhisme. Le brahmaïsme a introduit la gnose dans le védisme original ; du point de vue spirituel les Védas seuls sont à considérer, quant aux brahmanas, ils doivent être maniés avec prudence puisqu’ils se chargent de la gnose dès cette époque.

[17] La caste des « intouchables » fut une technique des brahmanes pour garder le pouvoir politique et sans aucun doute pour des raisons économiques ; pour autant, on ne peut ignorer l’aspect raciste de cette discrimination ; les Aryens ne pouvaient envisager de perdre leur pouvoir, leur domination d’où des adaptations fluctuantes dans le domaine de la doctrine védique et donc l’introduction de la gnose.

[18] Confucius est,  pour certains esprits mystiques, une intelligence suscitée par Dieu comme le fut Socrate pour la Grèce pour l’Occident. Il ne fait pas de doute que la main de Dieu était sur lui. Son emprunte sur le peuple chinois est indélébile. Le bouddhisme aura été pour la Chine une lèpre. Les mandarins, nous le savons par l’éminent sinologue Van Gülick, spécialiste de la Chine médiévale et romancier, croyaient en un Dieu unique et universel ; ils croyaient aussi à la rétribution après la mort, ils croyaient à l’enfer. Le confucianisme rejette les pratiques magiques, les sacrifices humains, la sorcellerie.

[19] Non, ceci ne constitue pas une preuve de non-religiosité, leur foi était dominée par une exigence à double visage : l’amour de la patrie considérée comme une grande famille unie et l’amour de la famille domestique d’où le culte des ancêtres et un grand attachement au respect de la loi morale naturelle ; c’est en s’appuyant sur le confucianisme que la dynastie des Tang a interdit tout acte de sorcellerie, les sacrifices humains et a toujours privilégié la scolarisation des enfants s’ils révélaient des aptitudes quelle qu’ait été l’origine sociale, confère Van Gulick.

[20] Tao et taoïsme: le Tao révèle à travers son dessin les deux germes (blanc pour la partie noire et noir pour la partie blanche), chacun contenant en lui une dualité qui n’est pas une opposition mais une complémentarité.  D’où un mélange variable de yin/yang, montrant que le changement est la seule loi immuable de l’univers. En effet les deux points du diagramme indiquent que chaque fois que l’une des forces atteint son extrême, elle contient déjà en elle-même le point opposé. Le Tao est ainsi la « voie médiane » qui les équilibre par un flot perpétuel. Il y a encore l’idée taoïste selon laquelle lorsque le Ciel est déréglé, les gouvernements en place, reflet des électeurs, sont mauvais. De même les anciens Chinois interprètent les catastrophes naturelles comme un dysfonctionnement social et la maladie comme la résultante d’un déséquilibre mental. Sait-on encore qu’afin de respecter l’idéogramme chinois « taï kong » (« vide suprême »), les pilotes chinois de l’espace sont appelés les « taïkonautes » comme le signale C. Javary. Il y a enfin le Tao de l’habitat qui est un lieu riche en Feng Shui (fer à cheval formé par le yin/yang). Selon la cosmo-géologie chinoise, le Ki ou « pouls de la terre » est activé par les courants telluriques nommés les « veines du dragon ». Et pour développer son ki énergétique, il faut se centrer dans son Hara, à l’aide de profondes respirations abdominales.

Le taoïsme est une religion homothéiste où la gnose s’y sent chez elle, c’est aussi une philosophie.

[21] La croyance en l’incarnation dans le confucianisme est très tardive, elle provient de l’influence et de la domination du bouddhisme ; il n’est pas certains que tous les confucianistes y croient. Dans la Chine médiévale, il ne semble pas que les adeptes du confucianisme y croyaient.

 

 

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