Domanova

Blog du Journal de l'Alliance

19 février 2013

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION

Classé dans : Pré-Messianisme — domanova @ 17 h 52 min

 

ALAIN PORET

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION dans Pré-Messianisme dolmen2

LE CELTO-DRUIDISME ET LA CONCLUSION

 

Les druides, antérieurs aux Celtes, ont paru mille ans avant la fin du mégalithisme. Ils rendaient un hommage symbolique à la Terre et aux forces de la Nature ; leur culte reste présent sous la forme d’une vénération à la Vierge noire1. Les lieux de cultes se situaient aux intersections des courants telluriques et des méridiens énergétiques. On trouve encore des églises, aux fondations mérovingiennes et carolingiennes, qui étaient implantées là où la vouivre tellurique et les cours d’eau souterrains se rencontrent2. Le monde druidique avait le culte de la Nyyre, ce « cinquième élément » qui reliait les vibrations telluriques avec celles du cosmos.

Les druides sacrifiaient à la « Mère du futur dieu à naître ». En foulant le dragon à ses pieds, la VirgoPariturae (« Vierge sur le point d’enfanter »), ils croyaient maîtriser la vouivre. Dans l’iconographie chrétienne, le dragon exprime le champ tellurique en relation avec des lieux considérés porteurs de maléfices, mais on ne peut ignorer la relation exégétique : le dragon qui poursuit la Vierge à l’Enfant dans l’Apocalypse. Le plus célèbre haut lieu vibratoire énergétique, chargé en cosmo-tellurisme est le Mont-Saint-Michel terrassant le dragon. C’est Virgile, un Celte originaire de la Gaule transalpine, occupée par les Romains, qui annonçait la venue de la Vierge. L’exemple le plus remarquable de la Virgo Pariturae, à l’origine des Vierges noires, est celui de la crypte de Notre-Dame de Chartres, qui était le haut lieu sacré des Gaules. César situait en effet le nombril de la Gaule à Autricum, le pays des Carnutes, c’est-à-dire Chartres. Il définit le druide comme faisant partie de la classe sacerdotale.

Dans la civilisation celtique, les druides ont non seulement interdit l’utilisation de l’écriture, mais aussi la représentation des divinités et des êtres humains frappés de tabou3.

Ce sont les saints qui ont pris le relais des druides. Saint Bernard, homme de très grande culture s’inspire de la « chevalerie celtique » et contribue au développement du culte de la Mère de Dieu. C’est lui qui, mettant la chevalerie sous le patronage de la Sainte Vierge Marie, invente le vocable de Notre-Dame que les Cisterciens et les Templiers diffuseront. Sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Clermont-Ferrand, saint Bernard de Clairvaux, né Bernard de Fontaine, prêche la deuxième croisade, en 1146, juché sur une pierre dolménique pour indiquer sa filiation druidique4. Il semble d’ailleurs faire écho à l’enseignement druidique, en écrivant ainsi: « Vous trouverez plus de choses dans les forêts que dans les livres. Les arbres, les pierres vous apprendront ce que les maîtres ne sauraient vous enseigner ». On a retrouvé pour un grand nombre de cathédrales, le dolmen primitif sous-jacent sur lequel se superposait l’autel chrétien5.

De nombreux menhirs furent christianisés, de même que les pardons bretons rappellent les origines de la foi celte. La Bretagne, cette terre catholique, a construit des chapelles Saint Michel sur des tumulus celtes. Du temps des druides, l’if était considéré comme un lien entre les vivants et les morts. Les chrétiens bénissaient ces rameaux qu’ils brûlaient pour le mercredi des cendres. Les druides se rassemblaient à Fleury-sur-Loire : « Deux mille ans plus tard, lorsque les moines bénédictins voudront refaire l’unité intellectuelle et morale de cette Gaule redevenue chrétienne, c’est au même endroit devenu Saint-Benoît-sur-Loire qu’ils installeront un puissant monastère et leurs plus célèbres écoles » (Jullian, « De la Gaule à la France »)6.

Comme l’écrit Marcel Moreau :

« L’art roman révèle que les moines bénédictins possédaient cette science sacrée et traditionnelle recueillie par les druides et conservée dans les monastères ». Enfin un haut lieu celtique, à l’époque gallo-romaine, nommé Lugdunum, correspond à la colline de Fourvière, dans la périphérie de Lyon. Le christianisme y a élevé une importante basilique, devenu lieu de pèlerinage.

L’Irlande, « terre bénie », fut le berceau du christianisme celtique. Les druides existèrent jusqu’au IVè siècle, date de l’évangélisation du pays avec saint Patrick. La fusion de ces druides se fit sans bruit, à travers les structures du monachisme celtique que nous trouvons en Irlande. Il existe d’ailleurs un parallélisme des croyances avec celles de l’ancienne Irlande, de la Gaule et de la Grande-Bretagne celtique. L’Irlande, l’Angleterre et l’Écosse ont conservé intact toute une série de monuments chrétiens allant du VIIè siècle au XIIè siècle comportant des décorations scripturales ayant subies l’influence d’un culte celtique pré-messianique. Enfin le monachisme celte est pratiqué par saint Colomban, ce moine savant du druidisme.

En résumé, « la philosophie a commencé chez les Celtes et la Gaule a été l’initiatrice de la Grèce » écrit Aristote. Jamblique affirmait que les druides avaient été les instructeurs de Pythagore. « Les mages d’Orient avaient été initiés par les druides d’Occident » pour Pline l’Ancien. Et « les Druides sont chez les Celtes ce que furent les Prophètes à Israël » a-t-on dit encore. Strabon apporte un indice intéressant : « A la pleine lune, écrit-il, ils célèbrent la fête d’un grand dieu qu’ils ne nomment pas« . C’est le sens d’une transcendance divine8 qui a existé chez les Celtes et qui n’existait pas dans le monde gréco-romain précise Régine Pernoud.

Enfin, l’Église a déterminé ses fêtes en fonction des solstices et des équinoxes, témoins, Noël, Pâques et la saint Jean. Selon l’enseignement druidique, Joseph d’Arimathie9 qui avait recueilli le sang du Christ dans la coupe, aurait terminé son périple à l’île d’Avalon, à la pointe de la Cornouailles, séjour d’immortalité des « Bienheureux Celtes ».

Le celto-druidisme croit en l’immortalité de l’âme, croyance qu’avait déjà relevée César. Selon saint Augustin, les « sages gaulois » furent au nombre de ceux qui avaient reconnu « le Dieu suprême et véritable comme l’Auteur de la Création, la Lumière de la Connaissance » (La Cité de Dieu, VIII, 9). C’est l’empereur Claude, né à Lyon, qui mit fin au druidisme en Gaule10.

 

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CONCLUSION POUR L’ENSEMBLE DES ARTICLES

Certains préhistoriens considèrent que les grottes1 deviennent des cathédrales parce qu’ils observent une progression picturale qui va de l’entrée du sanctuaire jusqu’aux grandes salles. La religiosité de cette période est signifiée par la réalité des rites funéraires, le caractère magique des œuvres pariétales et la présence d’idoles ou de figurines.

Dès la protohistoire, l’homme ensevelit ses morts, le corps replié sur lui-même, dans la position du fœtus et orienté vers le soleil levant; ce qui indique la croyance à la continuation de la vie après la mort et l’existence d’un culte solaire2. Tous les peuples « premiers » invoquaient les âmes des morts et les esprits de la nature. Certes, si les religions préhistoriques paraissent démontrées, leurs contenus nous échappent encore, malgré les traditions amazoniennes, sibériennes, australiennes, africaines et les révélations d’Anne-Catherine Emmerich qui nous en donne un aperçu substantiel. L’homme n’est-il pas ce « rêve endormi », dont nous parle le chamane Cherokee ? De même l’anthropologie actuelle montre que « nous ne naissons pas singe; nous le devenons ». La reconnaissance des systèmes religieux des peuples « premiers » ont mis à mal le scénario évolutionniste érigeant le monothéisme en produit ultime du polythéisme3. La déesse mère a représenté la manifestation la plus ancienne du concept de la divinité. Les Vénus paléolithiques témoignent d’un ancien culte de la déesse-mère en rapport avec la fécondité. Et le divin maternel deviendra la métamorphose de Dieu en « Ame du monde ». D’ailleurs les Anciens croyaient aux archétypes par une défiance naturelle de la causalité mécanique.

Ainsi le monothéisme des origines serait-il alors la plus ancienne des religions du monde avant que les Hébreux deviennent monothéistes4 ? Dans les steppes de la Mongolie et de la Sibérie, les tribus Urthusks pratiquaient un monothéisme et adoraient sous différents qualificatifs un Dieu unique siégeant au ciel. Il en est de même pour la société guanche qui pratiquait une religion monothéiste, dont les sacrements préfigureraient le Christianisme, mais avec une propension marquée à représenter la Divinité sous des traits et des aspects féminins. Des traits communs à tous les peuples amérindiens ont persisté. Tous reconnaissent un dieu créateur, à l’origine de ce « Grand Tout », le « Grand Esprit », que ce soit au Mexique et en Amérique centrale, une aire culturelle aujourd’hui dénommée Méso-Amérique. Tout témoigne en effet d’une activité religieuse importante, dès l’an 1000 av. J.-C. Le Popol-Vuh raconte la genèse du monde maya. Les dieux, après avoir façonné la terre, conçurent les premiers hommes à partir de la glaise. Les Mayas croyaient à des créations successives qui auraient été victimes de déluges (Codex de Dresdes). Les Mayas (2000 ans av. J.-C. 250 ap. J.-C.) dataient de façon mythique la création du monde en 3114 avant notre ère. Et toute la vie des Mayas dépendaient de leur science du ciel: leurs immenses pyramides à degrés servaient à créer un lien entre le ciel et la terre. Les prêtres mayas comme les Aztèques utilisent un calendrier rituel de 260 jours, combiné à une année solaire de 360 jours, à laquelle ils ajoutent 5 jours intercalaires. En d’autres termes, les anciens Mayas n’ont jamais annoncé d’événements catastrophiques pour la « fin de leur calendrier »; ils n’ont jamais prédit la fin du monde: pas de prophétie liée à 2012 ! Toute fin est renouveau avec la conception anthropique du cosmos et de ses rythmes, puisque selon la pensée maya la conception cyclique du temps permettait de calculer « la danse du monde ». Enfin c’est en Amérique centrale et en Amérique latine que la Vierge aura un rôle prépondérant.

La thèse de l’Egypte, « berceau du monothéiste », constitue toujours la controverse. Peut-on d’ailleurs saluer en Moïse, le disciple iconoclaste d’Akhenaton, s’interrogent de nombreux chercheurs5 ? Mais, c’est de l’enseignement dispensé dans le Temple d’Héliopolis (ville du Soleil, nom donné par les Grecs à cette ville) que sortira la religion juive fondée par Moïse6.

Le principe divin chez les Grecs n’a ni visage, ni personnalité. Platon place un démiurge hors du monde, tandis que le dieu d’Aristote n’intervient pas dans le monde terrestre contrairement au Dieu de la Bible. Chaque peuple de l’Antiquité avait sa perception de Dieu, de la divinité : « Dieu le Père » chez les Hébreux ; en Inde, l’union mystique de l’âme (atman) à Dieu (Brahma) ; en Chine, « vide et silence »; en Egypte, immortalité ; et en Grèce, transcendance. Enfin la religion iranienne a évolué sous l’influence de Zarathoustra (Zoroastre) vers un monothéisme représenté par Ahura Mazda.

On trouve l’idée de vie posthume chez l’Egyptien qui se préparait à la mort. Et les Grecs ont adopté cette croyance. Hérodote dit: « Ce sont les Égyptiens qui, les premiers, ont dit que l’âme humaine est immortelle« . Et saint Augustin, en réfléchissant sur les momies, déclarait que les Égyptiens étaient les seuls chrétiens à croire pleinement dans la résurrection.

Chez les Latins, Virgile parle du dogme de la résurrection dans le sixième livre de l’Enéide.

Chez les Perses, l’Avesta enseignait l’existence de la vie dans l’au-delà en fonction de la conduite morale pendant la vie.

De son côté, l’Inde, dans les Védas, parle de félicité céleste pour les bons et de châtiments pour les méchants.

Chez les Grecs, Platon expose l’existence de l’âme après la mort, dans le Phédon. Puis, Virgile parle comme lui, dans l’Enéide, des punitions des criminels dans le Tartare et du bonheur des justes dans les Champs-Élysées.

Dans le judaïsme, se trouve l’idée de la résurrection après la mort (Ezéchiel, XXXVI; Daniel XII, 2). En Grèce, c’est Platon qui avait emprunté la doctrine de la Trinité, de Timée de Locres qui la tenait lui-même de l’école italique. Les pythagoriciens tenaient l’excellence du ternaire. Et le « trois » était appelé le « nombre sans mère » par Pythagore. Celui-ci avait déjà considéré cette figure comme sacrée que les chrétiens adoptèrent comme symbole, la vesica pisces, mot latin signifiant « vessie de poisson ». Signalons que, grâce au nombre d’or apparu dès l’antiquité grecque, c’est un moine franciscain de la Renaissance, Luca Piacioli qui le surnomme la « divine proportion ». Enfin, Clément d’Alexandrie, nous rapportant l’enseignement de Théodote, écrit : « Les Apôtres ont été substitués aux douze signes du zodiaque« . De plus, Origène assimile les douze patriarches à douze astres qui président aux douze régions célestes. « Ceci est évidemment une allusion au zodiaque » écrivit le cardinal Jean Daniélou, selon lequel les signes du zodiaque étaient des représentations familières du judaïsme hellénistique, et il paraît bien qu’il en était de même pour le judaïsme palestinien.

Après « l’intellectualité des Grecs », « le don sémitique de la foi » est révélé par les Prophètes d’Israël. D’ailleurs « ferveur juive » et « zèle iranien » avec Zoroastre et son Avesta qui sera repris par Mani sont à la source de nos croyances avec le manichéisme qui avait influencé saint Augustin. Zarathoustra a insisté sur le salut de l’âme et le Jugement rendu à la fin des temps. Et le prophète iranien fait dire à Ahura Mazda, le dieu suprême du mazdéisme, plusieurs siècles avant le Christ: « Celui qui ne mangera pas mon corps et ne boira pas mon sang n’aura point de salut« . Rappelons que le frère jumeau d’Ahura Mazda est Ahriman, principe du mal. Le christianisme reprit cette opposition de Dieu et du Diable6. Ahriman chez les zoroastriens est Satan chez les Juifs. Et l’idée du mal a été amenée par les anges rebelles conduits par Satan. La notion d’anges nous vient de l’ancienne Perse, à travers l’Assyro-Babylonie et l’Ancien Testament hébreu. L’Eglise reconnaît officiellement les trois archanges nommés dans les Ecritures, dont une figure angélique a suscité un culte particulier: Mickaël, l’ange protecteur d’Israël. Et le Nouveau Testament révèle l’annonce faite à Marie par l’ange Gabriel. Soulignons que le culte de Mithra venu de Perse était célébré le 25 décembre, où l’on célébrait la renaissance du soleil (Dies Natalis Solis Invincti) à la date du solstice. N’est-il pas caractéristique que ce soit une des dates fondamentales des fêtes de Sol et de Mithra, le 25 décembre, qui correspondent aux cérémonies de Noël ? De même la Toussaint prend la suite d’une commémoration des morts dans la civilisation celte. Enfin les rois mages étaient des prêtres zoroastriens, figures connues des Perses. Et l’Eucharistie rappelle la Pâque des Israélites7, qui remonte au temps des pharaons, selon Chateaubriand.

La création de l’homme par les dieux sumériens fut reprise dans les écrits de l’ascension d’Hénoch et dans ceux du prophète Élie de l’Ancien Testament. Il est indéniable que les écrits bibliques des onze premiers chapitres de la Genèse portent l’empreinte manifeste des légendes sumériennes (Déluge, Babel, Adam tiré de la terre etc.) Comme l’écrit Jean Bottéro « Naissance de Dieu. La Bible et l’historien »: « L’épopée babylonienne, dont la mythologie cosmogonique, au moins dans ses traits essentiels, a servi de patron à celle du Document sacerdotal, d’Isaïe, de Job et des Psaumes cités, paraît avoir été composée au dernier quart du second millénaire avant notre ère ». Et l’auteur cité d’ajouter: « On pense notamment à la Syrie et à la Phénicie, dont les mythes cosmogoniques, au peu que nous en savons, livrent encore des traits manifestement empruntés à la Mésopotamie et que l’on retrouve en la Bible« . Mais l’originalité de la Bible ne peut cependant être niée dans la mesure où les récits sumériens ont été constamment adaptés à la conception monothéiste par les auteurs bibliques. Les auteurs de la Bible ont pris des récits sumériens les faits qu’ils leur semblaient historiques. De même « que de notions bibliques, et parmi les plus hautes, ne sont sans doute qu’une reprise des plus vieilles conceptions égyptiennes » (René Grousset, « Bilan de l’Histoire »)8.

S’il était resté sémitique, l’Evangile ne serait que local. Son passage par la pensée grecque l’a fait accéder à l’universel9. Chateaubriand signalait que « les moines étaient appelés philosophes dans les premiers temps; ils en portaient la robe et imitaient les mœurs. Quelques uns même avaient choisi pour règle le manuel d’Epictète ». Ainsi les racines sont judéo-chrétiennes par le trait d’union grecque. Sait-on que le XIIè siècle après J.-C. a été marqué au plan spirituel par une attitude qu’on a désignée sous le nom de « socratisme chrétien » ? « Comment demandes-tu à me voir dans la clarté, toi qui ne te connais pas toi-même, dit Dieu à l’âme » dans un écrit de saint Bernard, même si le christianisme est un « scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs » écrira saint Paul. Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul fait référence à Melchisédech (Heb.5.6.10;7.1) comme préfiguration du Christ. D’après Catherine Emmerich, Melchisédech appartient à ce chœur d’anges affectés aux pays et aux peuples qui vinrent apporter des messages à Abraham et aux Patriarches. « Melchisédech transportait un tonneau de vin aplati et une caisse de pains plats de forme ovale, ainsi que le calice même que j’ai vu plus tard, lors de l’institution du Saint Sacrement, au cours de la Cène, et des gobelets en forme de petits fûts ». Enfin les Pères de l’Église10 ont vu dans le message évangélique une réponse à la quête de sagesse qu’est la philosophie. Et nul n’est théologien s’il n’est déjà philosophe comme en témoignera le « savant de Dieu », Pascal.

Dans le christianisme futur, l’apport druidique avec saint Colomban sera porteur d’éléments initiatiques empruntés au celtisme. C’est en chrétienté qu’a survécu le celtisme. Le culte de Brigitte (sainte) sera christianisé. Sachons qu’en ce qui concerne les courants telluriques et les méridiens énergétiques connus des druides, les géologues contemporains admettent leur existence, puisqu’ils arrivent à les photographier par des voies aériennes. Les Celtes nous léguèrent « l’espace sacré » et les Latins, « le génie du lieu ».

Selon l’historien britannique Arnold J. Toynbee: « En l’espace de cent vingt ans tout au plus, c’est-à-dire en quatre ou cinq générations, cinq grands prophètes firent leur apparition (…) Le Bouddha fonda un ordre monastique (sangha) soutenu par des adeptes laïcs. Confucius fonda une école de philosophie, et Pythagore, une société qui était plus qu’une école, même si elle n’est pas formellement un ordre monastique. Le Deutéro-Isaïe, quant à lui, se contenta -peut-on supposer- de délivrer son message à la communauté juive déjà existante. Zarathoustra, par contre, fonda une nouvelle religion« .

D’après Karl Jaspers: « Ceux qui ont donné la mesure de l’humain sont Socrate qui suit le chemin de la pensée dans le monde; Confucius qui veut le devenir du monde; Bouddha, l’anéantissement du monde; et Jésus qui est la crise du monde« . Ainsi le christianisme n’est pas né d’une « génération spontanée ». Il n’est pas apparu comme une lumière subite succédant à la « nuit du paganisme ». C’est par la volonté de saint Jean que les traditions juives et helléniques se rejoignent dans la définition du Christ qui s’exprime ainsi: « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin… » (Apocalypse XXI, 5-6). De même la Vierge Marie du christianisme prend la place des Vierges Mères qui l’ont précédé dans la protohistoire et l’Antiquité comme par exemples la Grande Isis égyptienne, la Virgo Paritura celte, Myriam l’hébreu (que l’on songe à la Sulanite de l’Ancien Testament: « Je suis noire mais je suis belle« , Cantique des cantiques) et de Marie (tant catholique qu’orthodoxe11).

Certes, les pratiques des religions animistes n’ont qu’un caractère magique ; l’idée de l’universalisme est étrangère à l’hindouisme ; le bouddhisme ne se conçoit que comme épanouissement individuel réservé aux moines instaurant un élitisme spirituel ; le judaïsme orthodoxe repose sur la notion de peuple élu et, par l’observance scrupuleuse des rites, se ferme à l’universalisme12 ; l’islam ne conçoit l’amour universel qui consiste à convaincre les autres de sa vérité sans l’épanouissement de la femme qui a un statut de mineure13 ; par contre la croyance chrétienne en un Dieu fait homme, vainqueur de la mort, apporte une espérance pour l’au-delà que n’offre aucune autre religion. Ainsi la saga des civilisations et des religions répète inlassablement le passé depuis l’aube de l’humanité comme si « les prophètes se souvenaient de l’avenir » (Léon Bloy). Dès lors, pourquoi avoir dépeint nos Aïeux comme des primitifs caractérisés par cette mentalité grossière et rudimentaire qu’on prêtait à ces « sauvages hirsutes » ? Même le biologiste athée Jean Rostand, insoupçonnable de créationnisme, précisait que « L’Evolution est un conte de fées pour adultes ». C’est donc l’hypothèse évolutionniste qui interdit à « l’art premier », cher à Malraux (lui aussi agnostique) l’accès à une connaissance supérieure sacrée, dont le couronnement en est le christianisme. Il faut rappeler que le point de vue des historiens actuels dans leur matérialisme historique fait du totémisme un point de départ, alors qu’il est un aboutissement de dégénérescence. D’ailleurs les Anciens croyaient aux archétypes par une défiance naturelle de la causalité mécanique.

Finalement tout semble résumé par la phrase énigmatique de saint Augustin: « En vérité, cette chose même que l’on appelle aujourd’hui chrétienne, existait chez les Anciens et n’a jamais cessé d’exister depuis l’origine du genre humain, jusqu’à ce que le Christ lui-même était venu, l’on ait commencé d’appeler chrétienne, la vraie religion qui existait auparavant » (Retract 1, XIII, 3). En guise de conclusion, avons-nous tenté modestement et sommairement de paraphraser Bernard de Chartres qui écrivait: « Nous sommes des nains juchés sur les épaules des géants. Nous voyons ainsi d’avantage et plus loin qu’eux, non seulement parce que notre vue est plus aiguë ou notre taille plus haute, mais parce qu’ils nous portent en l’air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque ».

 

18 février 2013

AU NOM DE L’ENFANT

Classé dans : LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU — domanova @ 21 h 52 min

 

AU NOM DE L’ENFANT

AU NOM DE L'ENFANT dans LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU enfant

Alain Poret

Au nom de l’enfant à naître !

Laisse-moi prier pour toi, afin que tu naisses encore de l’oratoire et non pas du laboratoire. Déjà le baptême chrétien, au nom de la foi de tes parents est remplacé par le baptême républicain en mairie ; le champagne remplaçant l’eau bénite ! Aujourd’hui, on cherche même à se faire « débaptiser1 » en renonçant à l’héritage religieux de la famille dans laquelle on a été élevé. Pauvres parents qui ont cru bien faire et dont on renie ainsi la filiation spirituelle et qui pourront, civilement, perdre leur statut parental. Mais en héritant de nos parents, on emprunte aussi à ses enfants ; d’où la question : quelle terre de France, « cher pays de mon enfance » allons-nous laisser à nos enfants, et quels enfants allons-nous laisser à cette « douce France » 2? (la suite : journaldelalliance.org)


 

 

1Ce terme désigne le fait de voir son nom retiré des registres paroissiaux ; mais il ne saurait effacer ce qui ne s’efface pas. Ceci dit, si le sujet maintient sa volonté d’apostasie jusqu’à son entrée dans l’éternité, il y a de forte chance pour qu’il ne soit plus capable d’accueillir la dernière sollicitation de la Miséricorde, qu’il se rassure, il se retirera de lui-même de la présence divine.

2Savez-vous qu’il sera possible d’avoir en notre France des enfants sans statut juridique ni aucune reconnaissance ; ils ne pourront même pas prétendre sortir du laboratoire qui les aura « créés » et pourront être « marchandisés », dépecés en pièces détachées et détruits avant l’âge de 18 ans. Vive la république !

14 février 2013

MA REPONSE A MICHEL SERRES

Classé dans : LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU — domanova @ 23 h 12 min

 

MA REPONSE A MICHEL SERRES dans LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU pierre-charles-aubrit-saint-pol-copie Ma réponse à Michel Serres   michel-serres Apôtres dans LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU

« de la Loi et du Droit Naturels »

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

« La Famille : Berceau du Développement »

AVERTISSEMENT

Les textes en italique et entre guillemets sont extraits d’un article de Michel Serres « La Famille : Berceau du Développement » paru dans la « Revue Études » qui dépend de la Compagnie de Jésus, l’éditrice. Certes, les jésuites ont toujours fait appel à des esprits brillants ; mais ici, nous sommes devant un scandale ! En effet, quelle est la logique de publier un article si éloigné de la Révélation, et si ignorant de l’éthique et de la rigueur intellectuelle ? La rédaction de la revue s’est-elle préoccupée du scandale qu’il produirait auprès des baptisés ? Il était évident au vue de la notoriété de son auteur que les médias ne manqueraient d’en faire du bruit. Nous savons qu’il a chamboulé des esprits droits, mais peu avertis du sujet. Ce texte est scandaleux, car blasphémateur de libre propos et dressé contre le Magistère.

Le pape Jean-Paul II avait envisagé de dissoudre la Compagnie de Jésus, il eut tort d’y renoncer. Les jésuites ont-ils encore avoir avec la foi catholique venue des Apôtres ? Ils illustrent l’épisode du figuier desséché de l’Évangile.

J’ai voulu commenter cet article en citant de larges extraits, car il m’a paru utile de mettre à jour ceux qui, aujourd’hui, alimentent la pensée unique et s’octroient l’autorité indue d’imposer leur vue dans le domaine intellectuel ; ces despotes hypocrites qui ne tolèrent pas l’indépendance d’esprit des autres. Je l’ai voulu, quoique je fusse tenté de laisser tomber, écœuré de ce que je découvrais, mais il faut faire la vérité, car c’est un devoir pour le chrétien que je m’efforce d’être. Ce sont ces esprits-là qui rongent notre société ; puissances de l’humanisme athée et hédoniste, impuissants de vérité et d’amour.

Chers amis et fidèles lecteurs, voilà l’élite qui nous dirige, elle n’est pas soucieuse du bien commun, mais solidaire de la mauvaiseté qui nous accable. Voyez ce qu’est capable un esprit de blasphème, il en arrive à renverser les Saintes Écritures, faisant croire que l’Église est dressée contre la famille. Attachez-vous à la vérité, elle fera de vous des hommes de grandeur, elle nourrira votre liberté. (Pour avoir l’intégralité d el’article demandez-le)

5 février 2013

L’INTENTION CACHEE DU PROJET DE LOI CONCERNANT LE MARIAGE POUR TOUS

Classé dans : LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU — domanova @ 17 h 18 min

 

L'INTENTION CACHEE DU PROJET DE LOI  CONCERNANT  LE MARIAGE POUR TOUS dans LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU mariage

 

 

L’INTENTION CACHEE DU PROJET DE LOI

CONCERNANT

LE MARIAGE POUR TOUS

par

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol

et

 Van Elder

« C’est sur la base de cette vérité intérieure du génome, déjà présent au moment de la procréation lorsque le patrimoine génétique du père et de la mère sont unis, que l’Église a pris sur elle la tâche de défendre la dignité humaine de chaque individu dès le début de son existence. Réflexion anthropologique, en fait, conduit à la reconnaissance du fait que, en vertu de l’unité substantielle du corps et de l’esprit, le génome humain n’a pas seulement une signification biologique, mais possède aussi la dignité anthropologique qui a son fondement dans l’âme spirituelle qui l’imprègne et lui donne vie. » (Extrait du discours prononcé par Jean-Paul II le 4 février 1998 à l’adresse des membres de l’Académie Pontificale pour la Vie. »

Le pape reprend l’enseignement traditionnel de l’Église que les Pères de l’Église, dès les premiers siècles, enseignaient ; il s’agit de la reconnaissance de « l’Animation Immédiate » qui se produit dès la constitution du génome. En effet, Dieu crée l’âme qui produit immédiatement l’animation. Ainsi donc, dès le génome, le petit d’homme est constitué, il a tout le potentiel pour devenir l’adulte que chaque d’entre-nous devient. Cet enseignement fait partie intégrante du Magistère, donc de la Révélation ; quoique non-défini, il engage l’infaillibilité ordinaire de successeur de Pierre et chaque catholique est tenu d’y croire.

Le Saint Père poursuit : « Par conséquent, il est illégal de procéder à toute intervention sur le génome humain qui n’est pas orienté vers l’intérêt de la personne, comprise comme une unité du corps et de l’esprit et il n’est pas permis de discriminer entre les sujets humains sur la base d’éventuels défauts génétiques découvert avant ou après la naissance.1 »  La suite : Vous pouvez commander l’intégralité de l’article, il vous sera adressé en pdf gratuitement.

 


 

29 janvier 2013

LA CREATION VISIBLE (suite)

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 23 h 15 min

LA CREATION VISIBLE (suite) dans LES CAHIERS DE DOMANOVA chronos

CHRONOS

 

De la notion du temps et de la durée

Théophile :

-  Le récit de la Création a un rythme qui souligne l’antériorité de la pensée et l’intention ordonnée qui l’anime. Six jours[50] ! c’est-à-dire six périodes pour cette œuvre bonne que l’homme doit mener à son achèvement vers le septième jour. Le Jour du Seigneur. Le Créateur a fait du temps un collaborateur. C’est dans le Jour du Seigneur, que la Création trouvera son accomplissement. Elle sera glorifiée, transfigurée[51]. Les notions de durée, de temps attirent l’attention dès les deux premiers mots du livre de la Genèse : «  Au commencement…[52] »  ce qui annonce implicitement une fin.

Le temps se conçoit par un commencement et une  fin. Le concept de l’éternel recommencement ne peut-être retenu ni en philosophie, ni en théologie, ni en science, car le principe même du temps et de la durée conclut à un terme[53] que les paroles de Jésus confirment : « Je suis l’Alpha et l’Oméga[54]. » La science ne peut pas soutenir la théorie du renouvellement incessant, il en est de même pour le cycle de la transformation  tout ne se transforme pas indéfiniment d’où le sable qui est la dernière transformation de la matière. Le sable est son terme mort[55]. Le mouvement perpétuel est un concept faux, car la matière, par sa nature, ne peut prétendre à l’éternité ni à l’immortalité ; le concept de mouvement introduit naturellement un terme puisque sa perception est de l’ordre du physique, de la matière ce qui a une fin logique.

La naissance et la mort physique du vivant donnent la mesure naturelle du temps sur laquelle nous portons une valeur matérielle, morale, affective et spirituelle. La fin en Dieu, pour les hommes et les femmes de foi, nous porte naturellement et surnaturellement à conférer à la durée et au temps impartis une valeur qualitative, ne serait-ce que par notre descendance dans laquelle nous nous avisons et trouvons notre complaisance.

La société moderne, si cruelle, nous impose une vue exclusivement utilitaire du temps et de la durée. Il n’est plus question de qualité, mais de quantité, de rapport à l’enrichissement matériel, l’accaparement en soi. Nous en sommes arrivés que, dans l’aumône que nous pratiquons, s’insinue le concept cynique du retour sur investissement. Ceux qui conçoivent la création que du point de vue de son efficience, à savoir son aspect exclusivement positif, tendent vers l’évolutionnisme et concluent à la non-existence de Dieu, de la Cause Première. La matière ne se voit plus autrement qu’un mouvement perpétuel : « Rien ne se perd tout se transforme[56]… » ; on rejoint le nihilisme, le néant, ce  nirvana  bouddhique. La Création est perçue comme un malheur, un avatar tragique dont il faut à tout prix sortir. Une sottise désespérante… ( La suite : journaldelalliance.org )

 

27 janvier 2013

DE LA POSSIBILITE D’UN REFERENDUM

Classé dans : LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU — domanova @ 23 h 30 min

DE LA POSSIBILITE D'UN REFERENDUM dans LA CITE DE L'HOMME - CITE DE DIEU drapeau

De la possibilité d’un référendum

sur

le « Mariage Pour Tous ».

par

Van Elder

« Le référendum d’initiative populaire en France n’existe pas, contrairement à la Suisse, qui l’utilise largement. En effet, si en 2008 a été introduit à l’article 11 de la Constitution un mécanisme de référendum avec une pétition de citoyens à son origine, les nombreux obstacles qui y ont été apposés ne permettent pas de qualifier ce mécanisme de véritable initiative populaire. Ce mécanisme a été introduit à l’initiative de Nicolas Sarkozy avec le comité Balladur, mais il a été gelé… »  (La suite : journaldelalliance.org)

26 janvier 2013

BENOÎT XVI – JOURNEE POUR LA PAIX 2013

Classé dans : ACTES PETRINIENS — domanova @ 15 h 42 min

 

BENOÎT XVI - JOURNEE POUR LA PAIX 2013 dans ACTES PETRINIENS benoit-xvi-disc.

MESSAGE DE SA SAINTETÉ

BENOÎT XVI

POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2013

Commentaire de P-C Aubrit St Pol

Sa Sainteté Benoît XVI, à l’occasion de la Journée Mondiale pour la Paix, adressa un message dans lequel sa lucidité, sa rigueur et sa compassion illuminent sa pensée.

Le commentaire, que nous vous proposons, a pour objet de montrer le développement de la Doctrine Sociale de l’Église, et combien il est regrettable qu’elle ne soit pas retenue comme substance dans le gouvernement de la cité.

Heureux les artisans de paix :

Elle rappelle l’importance que fut la convocation du IIe Concile du Vatican dont nous célébrons le cinquantième anniversaire de son ouverture. Il demeure le signe visible de la charité de l’Église au milieu de la cité de l’homme que prolongent les synodes. Elle affirme sa sollicitude envers tous les hommes portant leurs préoccupations. En effet, c’est par son humanisme intégral qu’elle accueille et aime l’homme dans sa totalité avec ses contradictions, ses blessures. Elle le reçoit dans toute sa vérité et non pas selon l’idée qu’elle s’en ferait. L’Église n’est pas une monstruosité idéologique, elle ne contraint pas le sujet à se conformer à l’idée qu’elle aurait de lui ; bien au contraire, elle l’accompagne dans son histoire, car Dieu a voulu demeurer présent, au milieu de sa société, proche de lui, par le mystère indicible de son amour – le sacrement de l’Eucharistie – , car elle est l’unique chemin de Salut :

« À 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens – peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes – s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. »

Le Pontife souligne les causes qui empêchent d’établir la paix et la mettent en danger ; un sentiment de précarité préoccupant. C’est dans la recherche du bien commun pour tous les hommes, sans aucune discrimination, que surgissent les conditions optimales pour l’établissement de la paix :

« Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. »

Nous nous demandons si nos responsables ont encore l’intelligence du bien commun ? Et dans quelle mesure ils cherchent à l’établir ?

Il s’impose à notre entendement que nos personnels politiques poursuivent des buts très éloignés des préoccupations du peuple ; c’est très paradoxal puisque nous sommes dirigés selon les principes démocratiques. On observe, depuis la révolution de 1789, que nos responsables ne cessent de multiplier les épreuves et les souffrances jusqu’à atteindre les fondations les plus essentielles de la cité. Ils s’éloignent de leurs citoyens tant ils sont éloignés de Dieu.

Les béatitudes évangéliques :

Le Pape revient sur le sens profond des béatitudes ; elles sont un programme de vie intérieure qui s’implique dans la cité et dont les fruits sont perceptibles dès ici bas :

« La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. »

Les béatitudes sont les vitamines et oligoéléments de la Doctrine Sociale. Il y a urgence à reconsidérer le concept d’humanisme qui, pour être viable, ne peut se dresser contre Dieu ni nier la nécessaire transcendance. Il est besoin de réapprendre à accueillir l’homme dans son intégralité, sa vérité ; ce n’est possible que si nous nous ouvrons à la présence de Dieu. Il ne faut craindre ni d’affirmer notre foi, ni de surmonter le respect humain ni les ricanements, ni les violences qui sont les apanages des impuissances du monde. Soyons les porte-voix de la vérité, les témoins actifs de l’amour, c’est l’attitude qui attire Dieu au milieu de la cité :

« Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11). »

Il condamne sans ambiguïté le relativisme qu’il nous demande de démanteler ; mais seuls les orthodoxes et les catholiques peuvent y parvenir, car pour cela il faut anéantir le cartésianisme1. C’est une nécessité de charité ! La vie de l’homme est un absolu !

La paix : don de Dieu et œuvre de l’homme…

La paix ne résume pas ni ne se réduit au seul silence des armes. En observant ce qui s’établit et se passe dans l’Union européenne, nous voyons bien que la paix est devenue un paravent pour forger un cadre institutionnel à l’intérieur duquel sévit une rare violence contre les consciences, contre la justice sociale, contre la solidarité, contre les peuples, leur dignité, leur conscience nationale et morale. Violence contre leur identité culturelle, spirituelle, elles s’organisent en puissances infernales poussant l’homme dans l’infra-humain.

La paix se construit en veillant à ce que chacun s’épanouisse en toute vérité et liberté de conscience. On ne peut prétendre réaliser la paix et s’opposer à la liberté religieuse par des moyens sournois qui tendent à faire du croyant un citoyen de seconde zone et encore moins en suscitant artificiellement des conflits inter-religieux. L’homme religieux comme le non-religieux ne doit pas se trouver empêché d’exprimer sa liberté de conscience et de conviction :

« La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice. »

La vérité sur l’homme ne peut se dissocier de la Vérité que Dieu nous donne à contempler de Lui-même, car qui s’éloigne de Dieu s’éloigne de l’homme. Le chrétien n’œuvre efficacement à la paix qu’à la condition qu’il s’engage sur le chemin de la sainteté. Nous ne pouvons être artisans de paix et nous établir dans le péché, car la paix est tout sauf ce faux sentiment de sécurité, cette recherche maladive de sa tranquillité, du doux soupir de sa bonne conscience.

Sa Sainteté souligne l’importance de la famille, comme cellule humaine obligée pour la formation réaliste à la paix. Il n’y a pas d’autre cadre plus légitime que la famille composée d’un papa et d’une maman pour former le petit d’homme.

La paix est de l’ordre du possible, à la condition d’accepter de passer par les voies qui servent au Bien Commun, ce qui induit que nous respections les lois morales naturelles et le droit moral :

« La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes [3]. »

La paix en soi-même et en la cité demande de reconsidérer la connaissance que nous avons de nous-mêmes ; il faut revenir à la métaphysique qui peut être mis à la porté de tous avec un effort pédagogique adapté. La connaissance de soi est un allié important dans la vie de prière ; c’est une condition pour rechercher la vie d’union au Christ source et don de la paix véritable :

« C’est justement pourquoi l’Église est convaincue qu’existe l’urgence d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. »

Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans intégralité :

Le Saint Père souligne un point de la loi morale naturelle ; tuer est un acte grave, car la vie est sacrée. La vie porte en elle l’interdit de tuer qui participe aux fondations régulatrices de la société dès le premier embryon de société que constitua le foyer, la famille d’Adam et Ève, quand bien même la mort la frappa dès la seconde génération :

« Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie. »

Le droit a pour origine non pas exclusivement la coutume [le droit coutumier], mais le droit familial, car toute organisation sociale a pour socle la famille. Il se révèle alors qu’il est interdit de tuer en dehors des raisons considérées comme légitimes par la famille qui agit en fonction de sa survie, y compris le sacrifice humain qui, dans un contexte d’ignorance moral crasse, peut se justifier dans ce seul contexte. Dans toutes les cultures, l’acte de tuer doit être justifié. On peut considérer que toute société s’organise autour de la vie, de son respect, concept universel subissant le poids des cultures. On observe que le mal et le bien sont identifiés, selon les meurs et cultures, que le mal subit la sanction de l’interdit et que le bien peut avoir un cadre juridique même élémentaire pour le réguler. Le mal, en droit, n’a donc aucune reconnaissance positive ; il est interdit.

Il n’existe pas de société fusse-t-elle primitive qui ne s’articule, s’organise sur le respect de la vie même si cette notion s’altère en fonction des mœurs. C’est sur ce socle que repose le droit moral naturel et légitime de la peine de mort qui est concomitant avec le respect de la vie. L’organisation économique, militaire et politique s’élabore sur cet impératif, le respect de la vie :

« Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? »

Il y a contradiction entre l’exigence naturelle et surnaturelle du respect de la vie et les lois contre-naturelles qui renversent ce principe. La loi morale naturelle et le droit moral naturel n’apportent aucune légitimité au législateur qui renverse cet ordre. Il n’existe pas de mandat légitime et en aucune façon la volonté de quelques uns ni d’une majorité ne peut et ne pourra jamais justifier un usage aussi perverti du pouvoir politique et législatif. Il n’y a pas d’excuse possible.

Qu’une société s’autorise à l’abrogation de la loi morale naturelle, elle ne peut plus alors prétendre à l’espoir de la paix ; elle devient fatalement un instrument de guerre, de violence. C’est une automutilation, elle s’emploie à s’autodétruire.

Nous savons que les effets des lois comme la dépénalisation de l’avortement se répandent sournoisement et inexorablement dans toutes les couches de la société, altérant profondément les notions de bien et de mal, produisant l’effondrement du sens moral le plus élémentaire chez les plus faibles :

« Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. »

Il est évident que le projet aberrant du « Mariage pour tous », projet contraire au droit onusien de l’enfant, causera des dommages irréparables dans la société ; nous ne devons pas douter que, sous des formes multiples, les actes de délinquance vont se développer ; le nombre de suicides deviendra exponentiel. Le temps arrivera ou l’arbitraire prendra le dessus sur l’état de droit. Il sera justice que les premières victimes se trouvassent chez les promoteurs de ces renversements, de ces bouleversements sociétaux. Comportements radicalement abominatoires !

« La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.»

Le combat de l’Église pour le respect de l’ordre naturel de la société n’est pas de nature prioritairement religieuse, mais il se fonde sur la nécessité de promouvoir le bien commun à tout le genre humain :

« Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. »

Benoît XVI déplore les atteintes aux libertés religieuses qui se multiplient surtout dans les sociétés démocratiques par haine du christianisme au profit utilitariste d’autres religions2.

Il importe d’affirmer notre foi et notre culture chrétienne ; témoignage très important au regard de la majorité silencieuse de nos frères musulmans dont la bienveillance pour Jésus croît de jour en jour. Les puissances infernales se dissimulent derrière des hommes politiques, syndicaux, culturels, économiques ainsi que derrière de prétendus principes de laïcité. Il nous faut tenir bon, ne rien céder et envisager le martyr. L’avenir fera gronder les armes de plus en plus, mais ne nous y trompons pas, il s’agit avant tout d’un combat spirituel qui réunira les hommes de justice et de grandeur contre la majorité d’insignifiants ; Dieu a toujours fait éclater sa victoire au milieu des petits.

L’une des atteintes les plus grandes contre la dignité de l’homme est le manque de travail pour tous, car le sujet se sent socialement inutile, sentiment à la charge bien plus lourde que la pauvreté. Jamais comme aujourd’hui le droit au travail ne s’est trouvé à ce point bafoué… Ces atteintes ne trouvent pas la moindre légitimité, en fait elles sont toutes le produit d’une appétence illimitée pour l’enrichissement de quelques uns aux dépends de la majorité de l’humanité. La relation pervertie entre travail et enrichissement illustre le recul de la connaissance de l’homme et la paranoïa d’une société tournée sur elle-même :

« Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous » [4]. »

Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions…

Le Pape revient sur la famille, son rôle premier quant à l’élaboration de la société . Il s’agit d’une institution naturelle qui est irremplaçable pour l’éducation des enfants. Il rappelle qu’elle est l’un des plus naturel et efficace régulateur des activités économiques et de la production, c’est bien à cause de ce pouvoir naturel et légitime que, depuis le XVIIIe siècle, la famille fait l’objet d’attaques ciblées et progressives pour en arriver aujourd’hui à l’aberration que nous connaissons :

« Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable. »

La famille et les religions, surtout monothéistes, sont les remparts contre tous les renversements d’ordre que nous affrontons présentement. Il n’est pas niable que les exorbitants pouvoirs des banques et autres consortiums sont responsables de la promotion de lois qui atteignent la famille, Les familles éclatées, des foyers monoparentaux sont des facteurs de consommation d’autant plus efficaces qu’ ils tendent à compenser par des appétences désordonnées et impulsives leur fragilité psychoaffective ; ils deviennent des sujets vulnérables, malléables pour ces prédateurs d’espoir et d’espérance, experts dans l’art de la manipulation :

« Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour [6]. »

Il apparaît évident que toute atteinte contre la famille soit par l’inversion des normes matrimoniales, soit par des dispositions de la loi ou décrets administratifs et dérogations ainsi que des dispositions fiscales sont autant d’agressions contre la dignité de l’homme, de ses droits et contre la société elle-même.

Le Souverain Pontife invite les autorités publiques à une remise à jour de la pensée selon des critères objectifs, de manière à évacuer les oppressions idéologiques de toute nature :

« Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix. »

Nous pensons ici à cette attitude particulièrement néfaste qui consiste constamment à mettre en accusation celui qui ne pense pas comme soi ; c’est là une pratique malheureuse qui tend à humilier l’opposant et, in fine, lui dénie le doit d’émettre une pensée différente de celle que l’on veut imposer. Elle est la réplique parfaite de Lucifer qui est désigné comme « l’accusateur de nos frères ». En fait, toute révolution, et non la révolte, est d’inspiration luciférienne.

Une pédagogie de l’artisan de paix :

Sa Sainteté, dans sa conclusion, propose de promouvoir une véritable pédagogie de la paix. Il semble difficile de voir une telle réalisation dans les sociétés occidentales dont l’athéisme est devenu une contre culture et dans lesquelles les idéologies dominent. Les sociétés africaines, si douloureusement éprouvées, peuvent

trouver les ressorts pour élaborer cette pédagogie encore faudrait-il que les puissances extérieures cessent d’interférer pour des raisons égoïstes, mercantiles. Mais il apparaît que les religions soient plus préparées à cette initiative :

« En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. »

La responsabilité du chrétien catholique et de tous ceux qui appartiennent à une Église instituée est totalement engagée puisque jouissant de la Miséricorde efficiente de Dieu, ils ont obligation par tout moyen d’être des artisans de paix :

« L’encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. »

Elle renouvelle sa mise en garde contre le relativisme triomphant et les idéologies :

« Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance. »

Benoît XVVI termine son message de paix sur la figure du Christ qui peut déverser en nous ses puissances de paix pour autant qu’on Lui demande.

Notre entrée dans ce nouveau millénaire est paradoxale, car qu’il s’agisse de conflits armés ou de fausses paix derrière lesquelles s’élaborent des concepts sociaux et politiques d’une grande violence, il semble que nos responsables ne maîtrisent plus rien. D’où notre question que nous avons posée au début de notre commentaire : y-a-t-il encore des responsables qui sachent ce qu’est véritablement la recherche du bien commun ? S’ils le savent, ont-ils la droite intention de s’y engager ?

Nous redoutons la réponse, car nous savons que Dieu retire son assistance à nos gouvernants ; ceux-ci semblent livrés à leur aveuglant orgueil comme pharaon en face de Moïse…

1Le cartésianisme est le développement de la pensée de Descartes qui pose le principe du doute raisonnable en toute chose ; rejette Dieu comme l’essence de la vie : « Je pense donc je suis. »

2Il ne faut pas s’y laissé prendre, la manipulation des religions n’a d’autre but que de toutes les affaiblir pour permettre à une élite de dominer la majorité de l’humanité selon un ordre consciencieusement luciférien. Ces esprits blasphémateurs veulent la venue de l’Antéchrist !

23 janvier 2013

LA CREATION VISIBLE

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 18 h 29 min

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL

LE JOURNAL DE L’ALLIANCE.ORG

 

La Création Visible

                                   LA CREATION VISIBLE dans LES CAHIERS DE DOMANOVA creation

                                                                                                                                                                         Création


Le vent, la pluie rigueurs du jour s’abattaient sur le Conflent. De la terrasse, surplombant les petites vallées encaissées, se distinguaient les vapeurs humides et grises, elles s’élevaient en volutes exhalant les fragrances automnales que chargeaient les herbes pourrissantes, les fenaisons abandonnées. Elles annonçaient le repos hivernal que soulignaient gravement oripeaux et guenilles jonchant le sol désolé et que fouillaient corneilles et mouettes égarées.

Le colloque reprenait au tour d’une flambée ; elle animait la cheminée rustique, chacun reposait sa pipe éteinte et chaude en geste amples, que seuls les gourmets du temps saisissaient. Liturgie des silences investis.

Auguste :

-                 La Création visible pose deux questions :

                  1-      Quelle est sa cause ?

                  2-      Quelle est sa raison d’être ?

Père Édouard :

-                 Auguste, tu es sinistre ! Tu n’as pas devant toi un patient !  Toutefois, il s’ajoute trois autres questions ; elles ont l’homme pour objet :

                 a-             D’où je viens ? C’est-à-dire quelle est ma cause ?

                 b-            Qui suis-je ? C’est-à-dire quelle est ma propre identité et quelle est ma place dans la Création ?

                 c-             Où vais-je ? C’est-à-dire quelle est ma propre finalité ? Suis-je libre ou suis-je prédestiné ?

Car la Création n’existe pas sans l’homme puisqu’elle lui est ordonnée.

Anne :

Deux courants s’affirment et s’affrontent depuis la Renaissance, mais ils étaient sous-jacents dans la cabala[1] occamienne : le matérialisme athée et le courant spirituel. L’un et l’autre sont traversés par des courants secondaires apportant leur lot de nuances et d’intransigeances. Nous les désignerons de la façon suivante : les théoriciens de l’évolutionnisme et ceux du créationnisme. Ce débat confronte les tenants d’un Dieu créateur à ceux qui le nient et avancent la théorie du hasard et de la nécessité[2].

Basile :

-                 Quelle est l’origine de la matière ?

 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. […] ;  Au commencement était le Verbe, […], et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. [3] »

L’intention de Moïse et de saint Jean l’évangéliste est d’affirmer, qu’à l’origine de toute chose créée se trouve une essence substantielle, intelligente. Elle aurait pensé antérieurement à ce qui est, pensée habitée par une intention ordonnée, sa finalité, son objectif sublime.

Dieu est cette essence substantielle – l’Acte Pur –  dont l’intention ordonnée est l’homme en vue de son assomption par la grâce de l’Incarnation de Dieu.

Théophile :

-                 Ton affirmation conclusive n’est pas recevable en dehors de la sphère de la foi ; car mon cher Basile, cela sent le fidéisme même si telle n’est pas ton intention. Méfions-nous des raccourcis.

En dehors de la Révélation, de notre foi, pourquoi accepterions-nous qu’il préexiste une intelligence à tout ce qui est créé ? Qui en serait la cause ?

Père Édouard :

-                 Si nous observons la création en ignorants, nous comprenons que les harmonies qui l’organisent ont été pensées. Il semble difficile d’admettre qu’il s’agisse d’un accident hasardeux duquel procèderait une succession de causes secondes appelées nécessités. Une essence intelligente a pu seule concevoir des lois d’une telle  justice  selon l’expression de Socrate.

En supposant que l’on retienne la théorie du Big-bang[4], comment expliquer la cause originelle de cet atome primordial ? Nous sommes confrontés à une impossibilité physique puisque toute cause produit un effet, une réaction : action, réaction !  ; ce qui est a une cause originelle. Il est légitime de chercher à identifier la cause physique première de cet atome premier. Aujourd’hui, la théorie du Big-bang n’est plus retenue du fait de la découverte du neutrino[5], particule de matière qui se déplace plus vite que la lumière.

Anne :

-                 Ignorons cette découverte pour le moment et supposons que le hasard accidentel soit à l’origine de la Création, alors nous sommes confrontés à une autre impossibilité, car la Matière Primordiale est inerte :

 « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide ; les ténèbres couvraient l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.[6] »

 La Terre – planète – n’est pas encore formée[7], il s’agit du Chaos Primitif, la matière brute. Nous l’appellerons Terre Primordiale considérant qu’elle est la génitrice primitive de tout ce qui est. Dans la mesure où la matière n’est pas intelligente, comment a-t-elle pu s’auto-ordonner ? Les théories évolutionnistes proposent qu’elle se serait auto-informée ! Qui peut le croire ? 

Une pièce métallique peut être informée pour qu’elle prenne la forme qu’on lui veut donner ; il y a intervention intelligente, extérieure. Si la matière ne subit pas une cause, peut-elle s’auto-informer ? Nous sommes confrontés à cette proposition : les lois physiques se seraient auto-informées par une série accidentelle de conséquences ; peut-être ! Mais nous en sommes toujours au même point, quelle cause a informé la Matière Primordiale de ses lois originelles ? Elle n’a pu, par elle-même, sortir du néant, pas plus que l’Atome Primordial. Il n’est scientifiquement ni philosophiquement  pas possible de soutenir que la matière ait pu se susciter à l’existence[8] alors qu’elle n’existait pas l’instant d’avant.

Théophile :

-                 La découverte de Reines et Cowan Jr. confirme l’intuition de Pauli en 1931 : l’existence d’une particule électrique, d’une masse nulle, c’était l’intuition d’Enrico Fermi. Mais à l’époque, s’imposait déjà le Big-bang et nul n’avançait l’idée que ce neutrino serait une particule de matière se déplaçant plus vite que la lumière. Nous n’avions pas les moyens techniques d’aujourd’hui pour la démonstration ni en calculer sa vitesse et comprendre sa nature.

Nathan :

-                 Il faut admettre que la Matière Primordiale précède la Lumière Primordiale, ce qui confirme la présence d’une pensée antérieure à la Matière Primordiale, habitée d’une intention ordonnée. La matière ne peut s’auto-créer ni s’auto-susciter du néant, ni s’auto-informer. Il y a une essence intelligente qui préexiste à la Création.

Auguste :

-                Ne nous hâtons pas ou alors très lentement. La Matière Primordiale est en attente d’informations. Chaos Primitif. Elle n’est pas fécondée.  …les ténèbres couvraient l’abîme,…, il s’agit des Ténèbres Primordiales. Elles sont ténèbres par opposition à la Lumière Primordiale qui n’est pas encore là, ce que signifie ce passage : …et l’esprit[9] de Dieu se mouvait au-dessous des eaux.[10] . Les Ténèbres Primordiales sont sans doute celles produites par l’opposition des anges-démons qui couvrirent la Matière Primordiale.

Anne :

-                 La description de la Création de l’univers qu’en fait A. C. Emmerich confirme pour partie cette théorie :

 « Juste après la requête des anges restés fidèles et après le mouvement dans la Divinité, je vis apparaître une sphère sombre à côté du disque de ténèbres qui avait pris naissance en bas cette sphère était à la droite du disque, à une faible distance.

Alors je posai mon regard plus attentivement sur cette sphère sombre à droite du disque de ténèbres, et j’y vis un mouvement, comme si elle devenait de plus en plus grosse je vis des points lumineux jaillir de la masse, la recouvrir comme de rubans clairs et déborder ça et là  en larges taches claires et en même temps, Je vis le profil de la terre qui surgissait de l’eau et s’en séparait. Puis je vis un mouvement dans les endroits découverts, comme si quelque chose y prenait vie. Et je vis de la végétation croître sur la terre ferme, et un fourmillement de vie parmi les plantes. Déjà  dès mon enfance, je pensais que les plantes étaient animées.[11] » 

La matière précède la lumière créée et certifie le récit de la Genèse. Nous en tirerons la conclusion  qu’une pensée antérieure est à l’origine de la Création, ce que la théorie du big-bang et toute la mécanique évolutionniste nient. La pensée précède l’acte, l’intention l’ordonne[12]. Descartes n’a plus qu’à entrer à tout jamais dans l’iceberg brûlant suédois… Il ne fait aucun doute qu’il sera reçu par le Marteau de Thor.

Basile :

-                 Les théoriciens de l’évolutionnisme s’opposent, in fine, à une pensée antérieure à la Création. Le croyant, qui adhère à cette théorie, s’éloigne de Dieu. On ne concilie pas la foi en Dieu et l’évolutionnisme. Des théologiens imprudents affirment que cette théorie ne contredit pas la foi en Dieu ni qu’Il soit le Créateur ; erreur fatale ! Cette théorie est un élément substantiel de la culture révolutionnaire ; elle à rendu difficile le renouveau théologique, celui de la théologie de l’alliance, dans l’immédiateté de l’après concile[13].

C’est le naturaliste Buffon et son disciple Jean-Baptiste Lamark[14] qui fondèrent la théorie de l’évolution en s’appuyant sur cette observation : l’unicellulaire tend naturellement vers le pluricellulaire. Cette proposition est contredite par la découverte que le pluricellulaire peut produire, sans intervention extérieure, un unicellulaire[15]. Et d’autre part, le vivant le plus élémentaire est d’une très grande complexité ; pouvons-nous sérieusement envisager d’expliquer ceci par le hasard ?

Nathan :

-                 La matière n’est pas intelligente, elle n’a pas de désir, elle n’a pas conscience d’elle-même. Elle ne peut être sa propre cause, elle ne peut s’auto-informer. Elle n’est pas sa propre origine. Elle est une œuvre de sagesse révélée par la beauté et signifiant l’Acte Pur qui est Dieu. Il est l’Unique avant toute chose, il est substantiellement Un dans un échange d’amour trinitaire :

 « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. »

Saint Jean en témoigne, Dieu trinitaire est la Cause Unique, l’Acte Pur de la Création. Les trois Personnes de la Sainte Trinité, qui sont un seul Dieu, sont le Créateur des univers visible et invisible[16]. La Création témoigne et réfléchit la vie Trinitaire dans son unicité parfaite. Elle glorifie Dieu, créée par Lui et pour Lui, elle rend témoignage de la Vérité. Elle manifeste sa Gloire ; elle est action de grâces. Elle est la première révélation de l’Amour trinitaire. C’est si vrai, que tout ce qui existe est porté par la loi trinitaire. (à suivre)


[1] Il s’agit d’un recueil de commentaires sur l’Ecriture Sainte qui composent le talmud au nombre de trois cabalas.  Occam est l’auteur d’une compilation philosophique et théologique hérétique qu’on désigne également par cabala ; la cabala  occamienne est considérée comme les deux dernières cabalas du talmud opposée aux grâces messianiques. Elles sont le terreau de la pensée moderne antichrétienne et anti-hébraiques.

[2]Nous demandons pardon à nos frères les ânes qui, quoique fort bien bâtés de bon sens, risquent sur ce sujet de souffrir de grands fou-rires. Nous en sommes d’autant plus désolés que nous sommes membres de l’académie des Ânes, en l’honneur de ceux qui eurent l’insigne grâce de porter la Mère du Verbe et donc de la Vérité et la Vérité Elle-même. On dit que leur descendant, doyen de cette aimable compagnie, a pour royaume pâturé le massif du Canigou ; puisse-t-il ne jamais être confronté au cimeterre !

[3] Gn. 1, 1-2 ; Jn. Prol.

[4] Il s’agit d’un atome qui aurait été singulièrement concentré en énergie et qui, en explosant, aurait dégagé une telle énergie qu’elle serait la cause première de la Création, de la matière. L’astrophysicien Lemaître prêtre et prélat de la Maison Pontificale (1894-19666) Belge, conseiller  scientifique auprès de Jean XXIII, a défendu la théorie du Big-bang ; son influence dans ‘Eglise fut assez fâcheuse.

[5] Récemment des physiciens du CERN ont découvert une particule de matière se déplaçant plus vite que la lumière.  La petite histoire de cette découverte majeure nous révèle qu’il fut demandé à deux laboratoires de physiques de vérifier l’exactitude des mesures. Le premier des deux, laboratoire italien, confirma les résultats de nos découvreurs et l’exactitude des mesures et calculs ; tandis que les résultats du second laboratoire vérificateur se faisaient attendre, on claironna dans un bruit assourdissant et contradictoire que nos découvreurs s’étaient trompés dans leur calcul. Il est difficile d’imaginer que ceux-ci aient annoncé leur découverte sans avoir pris des précautions multiples ; il ne fait aucun doute qu’ils ont dû vérifier et revérifier leurs résultats et tous les moyens de mesure qu’ils avaient utilisés. La déclaration faisant état d’erreurs de calcul semble peu crédible, d’autant que l’un des directeurs du CERN ne semblait pas l’appuyer. Et nous savons qu’il y a eu des précédents, puisque dans l’affaire du Boson, citée plus haut, il y avait eu mensonge. Nous savons que cette découverte est authentique et que la plus importante des conséquences est qu’elle achève, sans appel, la théorie de l’évolution, puisque cette découverte confirme ce que la Révélation nous commande de croire, qu’à la Création a précédé une pensée qui était habitée d’une intention ordonnée. La physique devient l’alliée de la Révélation chrétienne : Dieu est l’auteur de la Création visible.

[6] Gn.1, 1-2

[7] Ce qui expliquerait la présence les traces d’eau, trouvées, interprétées comme telles, sur les planètes comme la Lune et Mars ; puisque tous les astres et étoiles proviendraient d’une même source, la Matière Primordiale qui se trouvait en attente de forme sous les Eaux Primordiales.

[8] Soutenir cette théorie est d’une grande cruauté envers nos amis les ânes.

[9] L’esprit de Dieu est lumière et feu.

[10] Dans la liturgie de la Nuit Pascale, il y a un rite spécifique, la consécration de l’eau pour le baptême ; ce rite fait mémoire de l’eau primordiale, on appelle cette eau : eau lustrale. Il est universellement convenu que tout ce qui existe soit sorti de l’eau, de l’humide, comme si ce fait scientifique faisait référence à la mémoire ontologique ! Il s’agit de l’Eau Primordiale, celle qui enveloppait la Matière primordiale.

[11] Ibidem, A. C. Emmerich.

[12] « Tu as fait deux choses, Seigneur ; l’une est proche de toi », c’est l’ange ; « et l’autre est proche du néant », c’est la matière. » (XII conf. 7.PL 32,828. BA 14,355). Som. Quest. 44, art.2 St. TH. Aquin, rep. c : « Mais d’autres allèrent plus loin et s’élevèrent jusqu’à la considération de l’être en tant qu’être, et ils considérèrent la cause  des choses non seulement selon qu’elles sont celles-ci ou qu’elles sont de telle sorte, mais en tant qu’elles sont des êtres. Donc ce qui est cause des choses en tant qu’elles sont des êtres doit être leur principe, non seulement selon qu’elles sont telles par leur formes accidentelles, ni selon qu’elles sont celles-ci par leur formes substantielles, mais encore selon tout ce qui appartient à leur être, de quelque façon que ce soit. Et c’est ainsi qu’il faut affirmer que même la matière première est créée par la cause universelle des êtres. »

[13] Ce travail de renouveau entrepris par les Pères du Conciles V.II fut étouffé par les choix idéologiques qui dominèrent l’après concile dans l’Eglise.

[14] Buffon 1707-1788, naturaliste français, mathématicien, biologiste, cosmologiste. J. B. Lamark poursuivit l’œuvre de Buffon et rédigea le premier la théorie de l’évolution. ( 1744-1829)

[15] Il faut se souvenir que les scientifiques du Siècle des Lumières, avaient Occam pour référence doctrinale qui est le père maudit du positivisme qui considère l’ordre du monde comme étant contingent, d’autant que pour lui l’essence n’existe pas. Enfin, ne perdons pas de vue que les Lumières avaient l’obsession d’enlever tout crédit à la Révélation à seule fin d’éloigner l’homme de Dieu ; ce qui est toujours l’obsession chez les évolutionnistes.

[16] Som. Qest. 44 art. 3 rep. a : « Dieu est cause première exemplaire de toutes choses. Pour en être persuadé, il faut considérer qu’un modèle est nécessaire à la production d’une chose pour que l’effet reçoive une forme déterminée. […] Or, il est manifeste que les choses produites par la nature reçoivent une forme déterminée. Cette détermination des formes doit être ramenée, comme à son  premier principe, à la sagesse divine qui a élaboré l’ordre de l’univers, lequel consiste dans la disposition différenciée des choses. Et c’est pourquoi il faut dire que la sagesse divine contient les notions de toutes choses, que précédemment nous avons appelées idées, c’est-à-dire formes exemplaires existant dans l’intelligence divine. »

22 janvier 2013

LES CHEVALIERS DE L’AUBE : ch. 2&3

Classé dans : LE ROMAN FEUILLETON... — domanova @ 15 h 18 min

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL


LE JOURNAL DE L’ALLIANCE.org

 

Chapitre 2e

LES CHEVALIERS DE L'AUBE : ch. 2&3 dans LE ROMAN FEUILLETON... boulevard-wilson-300x150 

Boulevard Wilson

L’inquiétude pèse chez les Divalys. Sophie observe son Arthur qui déambule, courbé, absent, allant d’un fauteuil à l’autre, ne se fixant à rien. Son inquiétude se ressent depuis la soirée d’hier. Leurs enfants intimidés n’osent le déranger.

Sophie rentre dans sa cuisine, fait tomber le vieux faitout de sa grand-mère et pousse un cri sinistre qui précipite Arthur si rapidement à son secours qu’il manque d’atterrir dans la poubelle :

marmite Catholique dans LE ROMAN FEUILLETON...

- Es-tu blessée ?

- Non, mais il a une bosse en plus !

- Tu sais bien qu’il ne faut pas utiliser cette chose, il faudra que je l’accroche.

- Oui, mais ça fait trente ans que tu me dis cela et je continue de m’en servir.

Elle se saisit d’un maillet, en flanque un bon coup sur la marmite et vlan ! Bonne pour le service.

- Arthur, vas-tu me dire ce qui te tourmente ? Depuis hier soir, tu as la tête du Jugement Dernier. Qu’est-ce qui te préoccupe ?

- Ah, c’est donc cela le coup de la marmite ! Dans une femme, il y a toujours un flic !

- Arthur réponds ! En disant cela, elle s’avance vers lui avec son maillet.

Témoins de la scène, les enfants comptent les points. C’est maman qui va gagner. Arthur fait un pas en arrière. Elle a gagné !

- Il va mourir.

Sophie interloquée esquisse un sourire goguenard.

- On ne meurt pas d’un rhume, notre Michel ne va pas mourir pour cela ! Rémy, prépare un whisky pour papa.

- Qui va mourir ? demande-t-elle.

- Daniel !

- Quoi ? Daniel est malade ?

Elle fixe son Arthur. Il est solide comme un roc, sa rondeur et son air de chien battu lui donnent un air bonhomme. Mais malheur à qui s’y laisse prendre. Il aime surprendre l’importun. Ses étudiants l’adorent. Il enseigne le latin et le grec. Il est l’un de ces professeurs qui font taire un amphithéâtre par leur seule présence.

- Non, il n’est pas malade.

- Les enfants, le repas est retardé. Que se passe-t-il ?

- Je l’ai rencontré en allant chez Privas dans l’après-midi d’hier, je devais y prendre livraison d’une commande. J’allais lui rappeler notre soirée tarot, mais le voyant si triste j’y renonçai. Il revenait d’une entrevue avec Pancho, le nouveau proviseur du lycée Notre Dame des Désolés, il lui avait signifié son incapacité à l’accueillir comme professeur de religion. Une fois de plus les baronnets du parvis étaient intervenus. Il me dit : « Mon cher Arthur, il n’y a pas grand chose à espérer de ce diocèse. Quand aurons-nous un évêque ? Quand aurons-nous un pasteur ? Quand aurons-nous des saints ? » Il poursuivit : « Il est bien douloureux lorsqu’on aime l’Eglise d’en être rejeté. Mais que pourrions-nous attendre d’une hiérarchie veule, obéissante à des pouvoirs de cul de basse-fosse qui poursuit sa cour au monde, en prédateur d’Espérance ?

Il conclut par cette parole : « Je suis le serviteur inutile qui s’offre au rejet de tous. Seul Dieu aura le dernier mot, et quel mot ! J’ai peur pour beaucoup, car Dieu a fait de moi un appât de sa justice. » Il me prit alors dans ses bras, me remercia pour mon amitié et invoqua la bénédiction de Dieu. Je sus à cet instant qu’il me léguait sa souffrance filiale pour l’Eglise, sa mission : être avec Marie et Jean au pied de la Croix.

L’été dernier, quand nous lisions à haute voix Platon sur les berges de la Têt, il s’interrompit abrupto et me dit : « Le sceau qui manque à ta vie, mon cher Arthur, tu le recevras bientôt. » Je crois qu’il me le donna en m’embrassant. Sa mort est proche Sophie, elle accomplira toute sa vie et Dieu demandera des comptes.

- Mais que lui reproche-t-on ?

- D’être ce qu’il est. L’Esprit-Saint le lui a fait savoir.

C’était à l’époque où il se trouvait au séminaire. Son crétin de supérieur, devant les pères et une partie de la communauté, l’a interpelé en ces termes : «Daniel, je vous reproche d’être ! »

Quoiqu’évêque maintenant, ce crétin reste un crétin. Dieu se sert souvent des plus grandes misères des uns pour prophétiser sur les âmes qu’il aime d’un amour de prédilection.

Toute sa vie n’aura été que déchirement.

- Ne te mets pas dans cet état.

- Je sais qu’il mourra prochainement. Crois-moi, sa mort brûlera bien des consciences.

- Viens, rejoignons nos enfants, passons à table.

Les enfants attendaient en lisant. Sophie s’attarde tremblante devant sa cuisinière. Elle sait que son Arthur ne se trompe que rarement, que sa compréhension des choses contient une dimension prophétique. Prenant sa posture habituelle, les bras écartés, les mains posées sur son plan de travail, le regard sur le laurier rose du voisin elle prie : « Seigneur hâte ton retour. »

A l’instant où elle franchit le pas de sa cuisine, l’interphone retentit. Elle se presse jusqu’à la table, c’est Rémy qui va ouvrir et revient en larmes, suivi de Joseph : « Tonton Daniel a eu un accident, il est mort. »

Sophie entoure son filleul de ses bras, l’assoit, lui tend un verre d’eau. Arthur, immobile, pleure. Il fixe l’if que la tempête torture.

Il en est certain, tout commence. Son regard croise celui de sa femme qui saisit son expression de feu qu’elle connait trop pour ne pas redouter le cri de colère qui déjà retentit jusqu’au trône de la Sagesse. Dieu l’exauce souvent. Perpignan, tu vas trembler !

- Comment cela est-il arrivé ? interroge Sophie.

- Une voiture qui roulait trop vite l’a percuté. Mais ce qu’il y a d’étrange, c’est que la police dit que, selon des témoins, il se serait suicidé.

- Cela n’a aucun sens !

Arthur qui a entendu, se lève si brusquement que tout le monde sursaute.

- Cela suffit, c’en est trop ! Je serai son homme lige. Ne crains rien Joseph, on ne salira pas la mémoire de ton père ni celle de mon ami. Je ferai tomber les foudres de Dieu. Que Dieu juge pour l’honneur de son Nom !

Médusés, tous gardent un silence atterré. Le repas refroidi n’est plus appétissant. Joseph est le premier à revenir à lui, il fait mouvement pour retourner auprès de sa mère. Sophie se secoue, dit aux enfants de venir les rejoindre chez tonton Daniel. Elle accompagnera Joseph avec son Arthur ; pas question de le laisser seul. L’orage éclate.

- Même le temps est devenu fou, de l’orage maintenant ! grogne Arthur. On prend ma voiture, les enfants prendront la tienne.

Ils arrivent chez Daniel et Marguerite-Marie et trouvent les enfants serrés contre leur mère. La maison rayonne d’amour et de paix, comme si rien ne s’est passé. Une délicate fragrance de roses et de lys embaume subitement le salon alors qu’on n’y voit aucun bouquet de fleurs fraîches. Joseph se redresse et proclame avec son indéfinissable sourire :

- Papa ne s’est pas suicidé, debout tous. Papa est monté au ciel, à l’instant nous le savons.

C’est le chef de famille qui a parlé. La mère le fixe de son regard brûlant et sourit.

- Tu as raison mon fils ! Sophie, veux-tu m’accompagner à la morgue ? Je dois l’identifier.

- Je viens. S’adressant à Joseph, elle poursuit, « Mettez-vous un film, ne craignez pas, restez en paix, car pour nous qui avons aimé Daniel, c’est l’heure de Dieu. Arthur, tu restes avec eux. »

« Ma vengeance est mienne. » a dit le Seigneur. Pour l’heure, elle s’incarne dans deux femmes.

 

Chapitre 3e

perpignan-sous-la-pluie Daniel Coron 

Perpignan sous la pluie

Marguerite-Marie et Sophie se connaissent depuis la maternelle du Cours La Reine et leur amitié date de ce temps là. Toutes les deux sont filles de viticulteurs. Elles s’étaient promis d’épouser l’homme de leur cœur, d’avoir un maximum d’enfants et de ne se marier qu’après l’obtention de leur CAPS, l’une en histoire, l’autre en anglais. Leur caractère entier et franc ne leur avait pas facilité la fréquentation de la bonne société, ce dont elles se fichaient éperdument. Elles étaient issues de familles catholiques pratiquantes, tant pour les hommes que pour les femmes, et chacun des enfants avait été prié de voyager. Aussi les conjoints étaient-ils étrangers à la région, ce qui avait été considéré comme une grâce.

Elles montent dans un taxi, trop lasses et tendues pour conduire. La tempête bat son plein, le tonnerre gronde, le ciel vire au violet avec des nuances de vert et de rouge brûlé. Il fait presque nuit et il n’est pas quatorze heures. Le chauffeur peine à conduire.

- Que sais-tu de cet accident ? demande Sophie.

- Il traversait dans le passage piéton, quand déboula à toute vitesse une voiture qui ne put l’éviter. Il se serait alors retourné vers elle et jeté sous ses roues.

- Cela n’a pas de sens ! Qui est le chauffard ?

- Le fils Pancho, le directeur du lycée Notre-Dame-des Désolés.

- Est-ce qu’il confirme que Daniel s’est jeté sous sa voiture ?

- Non, il affirme au contraire que c’est bien lui qui l’a

percuté.

- Mais pourquoi cette contradiction ?

- C’est le mystère !

Le silence retombe. La pluie redouble de force. Le taxi roule au pas. Marguerite-Marie revoit sa rencontre avec son Daniel. C’était lors d’une conférence du « philosophe-paysan » Gustave Thibon. Les images s’accélèrent : leur mariage, la naissance du premier. Il proclama à cette occasion que sa fille était une victoire sur le monde et dans sa joie, il avait embrassé la sage-femme qui leur avait fait promettre d’être de tous les autres accouchements. La sage-femme devint une amie qui mit au monde leurs six enfants.

- Mon Dieu Sophie, je dois avertir Claire ! Il ne faut pas qu’elle l’apprenne par la presse.

- Tu veux le faire toi-même ou je l’appelle ?

- Je vais le faire, et je te la passerai.

Claire avait mis au monde les enfants de Sophie, sept en six grossesses. Tout le quartier avait cessé de la saluer. Il n’était pas pardonnable d’avoir plus de deux enfants. Oui, mais de toute la rue, seul son foyer tenait encore.

A cette nouvelle, Claire, surnommée affectueusement Clairon, âgée de quatre-vingt-cinq ans, hurle. Daniel était son fils de cœur, elle n’avait pas pu avoir d’enfant. Elle s’en prend  à Dieu en catalan ce qui fait sourire la cour angélique : « Tu dois avoir honte ! C’est moi que devais prendre. Et si tu me l’avais fait savoir, nous te l’aurions arraché. » Bref, prenant la terre à témoin, elle promet qu’elle demandera des comptes à Dieu de l’autre côté… Elle est la tata de leurs enfants à qui on confie ses peines à toute heure. Elle décide de rejoindre toute la famille.

Marguerite-Marie, professeur d’histoire, se défend d’un sentiment inhabituel de paix. Elle en ressent de la culpabilité. Mais elle se laisse vaincre par cette force.

Sophie, professeur d’anglais, s’efforce de vaincre sa peine, elle doit mettre de l’ordre dans tous ces évènements. Son Arthur n’ayant cessé de la surprendre, l’expérience la contraint à prendre très au sérieux ses sentences. Pourquoi veut-on faire passer la mort de Daniel pour un suicide ? Quelle volonté perverse peut le haïr au point de le tuer une seconde fois ?

Elle se surprend à se laisser gagner par la joie ! Ça non

plus ce n’était pas rationnel : « Ô mon Dieu, pourquoi forces-tu mon cœur à ta joie ? Faudra-t-il toujours que ta demeure s’ouvre à la pointe scandaleuse des éclats de ta lumière, bousculant nos ténèbres rassurantes ? Seras-tu toujours le scandale de l’amour ? »

Sophie pleure d’une rosée bienfaisante. Enfin, le taxi les dépose à l’institut médico-légal. Le chauffeur est prié de les attendre. L’immeuble vieillot, la façade abandonnée, froide, renforce le tragique de cette journée lamentable.

Elles s’enfoncent dans les couloirs glacés, humides. Les couleurs défraîchies, un vert sale qui s’enlise dans un bleu patiemment lessivé et improbable, accentuent le découragement des vivants. Deux sergents les attendent et un inspecteur en civil. C’est inattendu pour un accident ou pour un suicide. Ils les saluent d’un garde-à-vous parfait, ce qui a pour effet de les figer sur place. L’inspecteur Philaplomb rompt cette immobilité en les saluant avec une cordialité un peu trop soutenue. Son visage grave, crispé, contredit cette chaleur et renforce un sentiment pénible qui met tout ce monde mal à l’aise. Il les invite à le suivre dans la salle des visiteurs. Le médecin légiste vient au-devant d’elles avec l’allure compassée du poinçonneur des Lilas. Il les observe un instant en silence.

Un silence des entrées de cimetière ? Non, ce silence-là est plus froid, plus méthodique. C’est celui de la science, de l’objet qu’on étudie :

- Madame Coron ?

- C’est moi-même.

- Voulez-vous venir par ici.

- Mon amie m’accompagne.

- Bien entendu !

Le corps nu, allongé sur la table métallique de dissection, est recouvert d’un drap blanc, marqué au monogramme de l’hôpital. Ce n’est déjà plus le présent et l’avenir vient de dire son au revoir. Est-il encore une personne ? Cette salle glacée estompe déjà sa mémoire. Le médecin, impersonnel et solennel, éloigne ses assistants d’un signe de la tête, soulève précautionneusement le drap, jusqu’au haut des épaules, le rabattant pour former le revers, l’humanité jaillit dans cette solitude polaire.

- Est-ce bien votre mari, madame ?

- Oui, c’est bien le corps de mon mari.

Marguerite-Marie se fige, Sophie la prend par la taille. Elle ne comprend pas que son amour l’ait quittée sans lui avoir dit au revoir : « Pourquoi faut-il que tu sois seul au centre de cette pièce ? Ton nom s’efface, ici tu n’es plus qu’un numéro !

Que deviendront nos chamailleries qui prenaient leur entourage à contre-pied. Où sera notre complicité, le sourire du matin juste à l’instant où le sucre glisse dans la tasse à café ? Et ces silences dans le brouhaha des jeux d’enfants, où vais-je les retrouver ? Tu ne te moqueras plus de moi pour mes incroyables créneaux qui font les délices des voisins et des enfants. Non, je suis seule au milieu de nulle part… Le monde est mon désert ! » Le médecin recouvre la tête de Daniel « Tu ne contempleras plus le visage de nos enfants ! Tu ne recueilleras plus leurs rires. Qui se souviendra de leurs sourires espiègles ? »

Doucement, l’inspecteur entraîne ces dames vers le bureau du médecin-légiste. Les deux sergents à l’extérieur interdisent la porte à tout intrus.

- Madame Coron, je ne puis pas vous remettre le corps pour le moment. Nous avons besoin de faire des examens complémentaires.

- Ce n’est pas qu’un corps, c’est toujours mon époux, il a un nom. Pourquoi ne le pouvez-vous pas, puisqu’il s’agit d’un accident ?

- Oui, mais sa mort étant publique, nous devons respecter les procédures et nous sommes contraints de tenir compte des témoignages contradictoires. Madame, et vous son amie, pensez-vous que Daniel avait une tendance suicidaire? Marguerite-Marie est si surprise par cette question qu’elle en reste la bouche ouverte. Sophie répond à sa place.

- Non, Daniel n’avait aucune tendance suicidaire. Il était habité par la passion de la vie et, voyez-vous, c’était un catholique. Il ne se serait jamais suicide, il n’en avait aucune raison.

- Mon époux, Monsieur, n’était pas suicidaire. Ces témoignages n’ont aucun sens pour nous et ils sont bien cruels.

- Ces contradictions nous contraignent à garder le corps quelques jours encore, le temps d’y voir plus clair. Madame Coron, je reprendrai contact avec vous demain. Ne craignez rien, mon métier me met au service de la vérité, dit l’inspecteur.

Le médecin-légiste et l’inspecteur les reconduisent jusqu’au taxi. Leur attitude de respect profond mélangé à de la crainte, leur donne une impression irréelle. Une fois dans le véhicule, elles se demandent ce que tout ceci peut vouloir dire. Pourquoi l’inspecteur s’est-il cru obligé de rappeler que son métier le met au service de la vérité, se demandent-elles.

La tempête se calme. Le retour est plus rapide, et chacune s’abandonne à une réflexion muette. Soudainement, Marguerite-Marie s’exclame :

- Cela n’a toujours pas de sens ! Sophie qu’en penses-tu ?

- Tu m’as fait sursauter ! Ce que j’en pense ? C’est que tout ceci n’est pas compréhensible. Nous devrions attendre et faire confiance. Il me semble que ces deux fonctionnaires étaient dans un grand embarras.

- Que vais-je dire aux enfants ?

- La vérité toute simple, tu répètes ce qu’ils nous ont dit. Nos enfants feront la part des choses. Mon problème immédiat, c’est Arthur.

- Qu’a-t-il dit ?

- Il savait que Daniel allait mourir, et moi je redoute que sa mort soit l’occasion pour Dieu de faire connaître sa justice immanente.

- Resteras-tu à mes côtés ?

- Quelle question ! Oui, je reste près de toi.

Elles retombent dans le silence, se tenant par la main comme pour résister à la tentation du précipice. Enfin, la maison ! Joseph et Arthur les attendent sur le seuil, aux aguets. Il leur eût paru inconcevable que la porte fût close à leur arrivée…

L’inspecteur Philaplomb et le médecin légiste se retrouvent dans le bureau :

- Cher inspecteur, nous sommes en présence d’un cas pas ordinaire. Pour moi, il est mort de mort naturelle. La seule trace du choc avec la voiture est un hématome superficiel au bas de la fesse droite qui n’a rien à voir avec la vitesse du véhicule ni avec l’état du corps. Il a pu se faire cet hématome n’importe où.

- Qu’allez-vous faire ? Le témoignage qui laisse supposer qu’il puisse s’agir d’un suicide est officiellement enregistré, c’est une déposition. Ce que je ne m’explique pas, c’est comment la presse en a eu vent ? Ce n’est pas quelqu’un de nos services, c’est donc l’un des déposants, mais qui ? Le bâtonnier est trop avisé pour l’avoir fait, mais il est suffisamment vicieux pour l’avoir suggéré à quelqu’un.

- Mais comment le savez-vous, le journal ne paraîtra que demain ?

- J’ai été informé par un ami. C’est vraiment étrange. On voudrait me dire d’être prudent qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

- Au sujet du bâtonnier Burdigou, je vous affirme qu’il n’a guère bonne presse dans la haute bourgeoisie dans laquelle il aimerait tant être admis. Il est pourtant évident qu’elle n’en veut pas.

- Comment interpréter cette attitude ?

- Je l’ignore, mais je sais qu’aucun membre de cette société très honorable ne lui confierait la moindre affaire. J’en suis membre, tout en n’en étant pas tout à fait, car ma résidence principale est à Carcassonne, et être du terroir est important ici. Je serai bientôt invité dans une de ces grandes maisons, j’essaierai d’en savoir plus, mais je ne vous promets rien.

- Vous m’en avez dit assez pour me mettre en alerte maximum.

- Pour ma partie professionnelle, je contacterai mon maître, celui qui m’a formé. Il est à la retraite, mais il est toujours assermenté, et il arrive qu’il soit appelé dans les cas litigieux. Je vais le faire venir.

- Bien, je vous donne le bonsoir. Je retourne chez moi, demain sera un autre jour.

L’inspecteur est pour la première fois confronté à une affaire qui défie le bon sens et la logique. Il n’est guère porté vers l’étrange, il déteste ce qui échappe à la raison dans une enquête.  Toute reproduction même partielle interdite

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également dans le réseau librairie Chapitre.

21 janvier 2013

LES CONCIABULES HIPPONIENS

Classé dans : LES CAHIERS DE DOMANOVA — domanova @ 22 h 11 min

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL

LES CAHIERS DE DOMA NOVA


LES CONCILIABULES HIPPONIENS

DE LA CRÉATION…

LES CONCIABULES HIPPONIENS dans LES CAHIERS DE DOMANOVA la-creation

MARC CHAGALL


 Évolutionnisme – Créationnisme ?

(TOUTE REPRODUCTION MÊME PARTIELLE EST STRICTEMENT INTERDITE)

Ce cahier vous sera prochainement proposé en support papier.

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AVERTISSEMENT

 

Ces Cahiers de Doma Nova sont une des réponses possibles à l’appel de Benoît XVI quant à la ré-évangélisation de l’Europe. C’est mon ami Alain Poret  qui me proposa leur création.

Ces cahiers  traiteront d’un seul sujet à la fois, ils sont ouverts aux auteurs confirmés ou amateurs qui rejettent les idéologies et possèdent un appétit insatiable pour la Vérité et la Liberté. Il nous importe peu de collaborer avec des non-diplômés, nous recherchons des passionnés, des esprits de qualité qui soient capables de se délivrer de courants dominants ; qu’ils soient aventureux, capables de s’engager hors des voies balisées.  L’esprit qui nous anime est celui de la liberté, considérant qu’aucun sujet ne saurait échapper à la curiosité intellectuelle ; il est aussi celui de la Vérité et de la Rigueur. Liberté, Vérité et Rigueur sont les trois appuis qui nous permettent d’échapper au politiquement correct avec cette recherche esthétique qui consiste à aborder un sujet austère en ayant le souci du beau.

Nous avons le souci de renouveler la transmission écrite du savoir, surtout la Doctrine Catholique, soit sous la forme d’un dialogue, lorsque le sujet s’y prête, soit dans une prose claire sans pour autant tomber dans le simplisme. Si l’expression écrite est l’auxiliaire de l’oralité, cet art doit aujourd’hui contribuer à la préservation de notre culture et résister à la décadence de notre littérature face à l’envahissante sous-culture anglo-saxonne, ce mondialisme de la décadence[1].

 Dire tout de Dieu par l’homme et dire tout de l’homme avec Dieu.  Telle est notre devise ; l’âne et l’ânon n’en ont-ils pas témoigné en portant la Mère de ce Dieu fait Homme !

 

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Introduction à la Création

 

La compréhension de la Création visible et invisible est très difficile, non à cause des différentes directions et spécialisations des sciences, mais parce que dans le domaine intellectuel la dictature idéologique reste très forte, sédiment de l’inacceptable  politiquement correct. Il dissimule et active la paupérisation de la vie intellectuelle causée par un affaissement conjoint de la vie spirituelle, morale et du rejet compulsif de la recherche de la vérité.

La compréhension du créé est aussi piégée par deux antagonisme – l’évolutionnisme et le créationnisme – qui rendent difficile une approche raisonnée du sujet. Tous les deux se développent sur des souches idéologiques induisant dogmatisme, ultras-catholiques et rejoignant de fait, et parfois dans l’ignorance, les cabalas lucifériennes, contribuant à l’affaissement, volontaire ou non, des grâces messianiques etc. Il ne s’agit que de pestilences, en autant de métastases produites par une tumeur mère, la scolastique occamienne[2].

Les découvertes scientifiques récentes, le renouveau métaphysique initié par le Pape Jean-Paul II ainsi que celui de la mystique apportent un matériau déterminant qui renvoie dos à dos les tenants de l’évolutionnisme substantiel et ceux du créationnisme[3] fondamentaliste. L’apport d’un renouveau scripturaire initié par les travaux de Fernand Crombette[4], dégagé de la critique historique moderne, délivré de traductions idéologiques et contributives à la décadence de la culture chrétienne, est déterminant. Il faut aussi souligner les travaux de Pierre Perrier sur l’Araméen, langue[5] qui servit originellement à la rédaction des Evangiles.

Notre discours est dialogué ; il s’appuie sur la Bible et les révélations privées de la bienheureuse Anne Catherine Emmerich, et sur la  Somme Théologique  de saint Thomas d’Aquin qui reste essentielle pour la compréhension de  Dieu et de l’acte de l’homme. L’œuvre de St Thomas est une source et une force intellectuelle majeure qui est une excellente thérapie pour se libérer des infestations occamiennes et ses prolongements idéologiques.   

Les dialogues se déroulent dans les Pyrénées Orientales, au sanctuaire marial de Doma Nova sur la commune de Rodés. Il fut longtemps le haut lieu de la dévotion mariale ; abandonné après la révolution, il a été remplacé par  Notre Dame de l’Ermitage sur la commune de Font-Romeu-Odeillo.

 Il y a de cela quelques années Doma Nova fut habité par un ermite, le Père Patrick de Vergeron de la Fraternité Saint Jean, qui marqua son passage par sa bienveillance et son rayonnement spirituel et intellectuel. Nous lui dédions ce premier cahier, car il a la bienveillance et la générosité d’être mon directeur d’études Ces travaux en métaphysique, ces engagements contribuent à maintenir l’espérance dans le quotidien de ceux qui, comme moi, acceptons la mission de veilleur, de témoin sous le manteau de Marie, l’Immaculée Conception.

Les personnages intervenants sont :

-         Père Edouard

-         Basile

-         Théophile

-         Auguste

-         Anne

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La Création angélique


Père Édouard :

-                  Mon cher Théophile, tandis que le Soleil pâle et flamboyant incendie la chaîne des Corbières, tu me disais ton inquiétude au sujet de la création angélique, car il t’apparut que ta réponse à une question posée par l’un de tes étudiants sur ce sujet était insatisfaisante. En arguant de l’autorité du Magistère, il t’a semblé que tu fuyais. L’existence des anges et du monde des esprits est pourtant de foi[6]. Dieu en est leur Créateur.

Théophile :

-                  Oui, mais la Bible ne dit rien quant au processus de leur création. Ils sont mentionnés pour la première fois en Gn. 16,7 :

 « L’ange de Yahweh la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Sur. » 

 Selon saint Thomas d’Aquin,  Il est nécessaire d’admettre l’existence de créatures incorporelles. […] Dieu produit la créature par son intelligence et sa volonté, nous l’avons expliqué plus haut. La perfection de l’univers exige donc qu’il existe des créatures intellectuelles.[7]

Nous connaissons leurs actions au travers de l’histoire des hommes et dans la progression de la Révélation, mais rien quant à leur création.

Anne :

-                  La bienheureuse Anne Catherine Emmerich reçut une révélation à leur sujet :

 « Je vis d’abord apparaître devant moi un espace de lumière infini, et, très haut dans cet espace, comme un globe lumineux semblable à un Soleil, je sentis que dans ce globe se trouvait l’unité des trois divines Personnes. En mon for intérieur, je nommai ceci le Consentement (divin) et j’en vis procéder comme une Opération : alors furent appelés à l’existence les Chœurs d’Esprits, infiniment éclatants, et puissants, et beaux, qui apparaissaient sous le globe lumineux comme des anneaux, des cercles concentriques brillants. Ce monde de lumière se tenait au-dessous du Soleil supérieur comme un autre Soleil[8] » 

Théophile :

-                 A la question : pourquoi Dieu a-t-il créé les anges[9] ? J’ai donné la réponse convenue : ils sont le fruit de sa libéralité, ce qui est juste. C’est une réponse insuffisante, un peu courte.   

Père Édouard :

-                 Dieu crée les anges à son image, car ce sont des créatures intellectuelles. Ils sont intelligents ce qui leur confère la propriété de liberté et c’est pour cela que nous disons qu’ils sont à l’image de Dieu, car Il puise dans sa liberté tout ce qu’Il crée[10].

Il ne les crée pas pour la seule satisfaction de sa Gloire et de son amour. La liberté est une propriété propre aux créatures intelligentes, elle est signifiée par leur capacité à choisir quant à son usage.

Les anges sont conscients de leur être, de leur existence. Leur création est ordonnée au service divin et à la collaboration de l’acte créateur de Dieu. Ils ne sont pas créés seulement pour embellir. 

Basile :

-                 Nous savons que Dieu veut faire alliance avec l’homme, le prince de la Terre. Si Dieu a ce projet pour l’humanité, comment pourrions-nous ne pas concevoir qu’Il attende des anges une collaboration à son œuvre[11] ? Et nous savons qu’il en a été ainsi ; les anges ont exécuté son projet de la création visible. Il veut que tout être intelligent et raisonnable adhère librement et de volonté à son vouloir d’amour ; si cela est vrai pour l’homme, pourquoi n’en n’aurait-il pas été de même pour les anges avant nous puisqu’ils sont créés libres ?

Auguste :

-                 Edouard et Basile veulent t’indiquer que pour répondre à la question sur les anges, il faut avoir présent à l’esprit l’intention de Dieu sur l’homme. C’est par ce chemin que nous pouvons comprendre les raisons de leur création et leur nature. Leur existence ne se révèle-t-elle pas par rapport à l’homme ? Mais oui, Dieu créa les mondes invisible et visible par sa libéralité, car cette réponse rappelle que le Créateur n’a pas de besoin à satisfaire ; il est la plénitude.

Anne :

-                 Catherine Emmerich, selon ses visions, décrit un second Soleil inférieur au premier. Les anges sont distincts de leur Créateur[12], ils sont en sa Présence, mais non confondus avec Lui. Elle écrit à leur sujet :

 « D’abord, ces Chœurs évoluèrent tous, comme animés par l’amour issu du divin Soleil. Soudain, je vis une partie de tous les Chœurs se fixer en eux-mêmes, abîmés en leur propre beauté. Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mêmes ; ils se tournaient sur eux-mêmes, se complaisaient en eux-mêmes. Au commencement, tous les Esprits étaient tirés d’eux-mêmes par un mouvement supérieur à eux maintenant, une partie d’entre eux se fixaient en eux-mêmes, immobiles. Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, tandis que les autres Esprits s’écartaient d’eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits. Mais je ne vis pas ceci comme s’ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s’immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose. Lorsque ces Esprits furent précipités vers l’abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible. Mais l’espace qu’ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu’ils avaient eu en partage en haut, si bien qu’ils m’apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.[13] »

Père Édouard :

-                 La révolte angélique était en puissance en ceux qui la décidèrent ; ils avaient le choix de la surmonter. Ils agirent en toute liberté parce qu’ils se complaisaient en eux-mêmes. Ils se sourirent.  

Ils ont reçu l’agent intellect[14]. Ces esprits sont responsables de leur choix ; ils sont justiciables devant la Justice de Dieu et le seront de celle des hommes. Toute créature intelligente est consciente de l’usage qu’elle fait de sa liberté.

Auguste :

-                 Dieu sollicite une libre adhésion, un libre consentement à ce qu’Il est et à son projet. La décision des anges est immédiate dès la saisie de la vérité ; pour l’homme son libre consentement à Dieu prend le temps de la réflexion, il n’est pas dans l’éternité. Dieu n’est pas un dictateur ni un esclavagiste[15], Il ne s’impose pas : « Jésus donc dit aux Douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ?[16] » 

Théophile :

-                 Sur quel support intellectuel Dieu a-t-il sollicité leur adhésion ?

Basile :

-                 Les anges sont des esprits intellects, ils ont une capacité foudroyante à saisir la vérité. Le support de la sollicitation ne pouvait qu’être intellectuel et concerner un projet extérieur à eux, mais qui engageait leur condition et l’idée qu’ils se faisaient ou qu’ils avaient de Dieu. Leur liberté en fut excitée ; elle fut la pierre d’achoppement pour ceux qui oublièrent qu’ils n’étaient que créatures. Ils jugèrent leur Créateur.

Anne :

-                 A. C. Emmerich décrit :

«  D’abord, ces Chœurs évoluèrent tous, comme animés par l’amour issu du divin Soleil. Soudain, je vis une partie de tous les Chœurs se fixer en eux-mêmes, abîmés en leur propre beauté. Ces Esprits ressentaient un plaisir propre, ils voyaient toute beauté en eux-mêmes ; ils se tournaient sur eux-mêmes, se complaisaient en eux-mêmes. […], une partie d’entre eux se fixaient en eux-mêmes, immobiles. Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, […][17] »

Ce passage souligne que les anges sont capables de saisir immédiatement la vérité. La matière intellectuelle qui servit de support, selon la Tradition et l’Ecole Franciscaine, était le projet de la création matérielle ordonnée à l’homme, lui-même ordonné en vue de l’Incarnation. On imagine très bien ce qu’ont pu ressentir les anges qui se complaisaient en eux-mêmes, se figeaient dans leur beauté. Dieu veut se faire homme ! Un Dieu volontairement abaissé !  « Ego non serviam[18] ! »  s’est écrié Lucifer et tous ceux qui le suivirent dans sa révolte[19]. Ils ne  pouvaient concevoir que la Toute Puissance divine abandonne sa gloire pour une créature dont la nature serait inférieure à eux, purs esprits. Comment comprendre que Dieu décide de sa kénose[20] ? Ils ne se contentèrent pas de leur refus de servir Dieu, mais tentèrent de le déposséder de son trône, de sa Gloire[21], le considérant comme indigne de rester leur supérieur. L’orgueil aveugle ! Ces révoltés comme ceux qui continuèrent de servir avaient eu les mêmes lumières sur le projet de la création matérielle et de l’homme, chacun est allé selon son orgueil et d’autres selon l’humilité…

A.C. Emmerich décrit :

 « Et au même moment, je vis tous ces Esprits précipités vers l’abîme et s’obscurcissant, tandis que les autres Esprits s’écartaient d’eux et évoluaient de façon à combler leurs rangs, qui étaient plus petits. Mais je ne vis pas ceci comme s’ils les pourchassaient en sortant du cadre de la vision : tandis que les premiers s’immobilisaient et tombaient, les autres, toujours en mouvement, occupaient leurs rangs, et tout ceci était une même chose.[22] » 

Père Édouard :

-                 Nous regrettons qu’il n’y ait rien de plus précis sur l’usage que font les anges de leur liberté ; car cet usage est unique. Il n’y a pas de retour ni de regrets possibles à cause de leur faculté intellectuelle bien plus éveillée que la nôtre et de leur saisie hors du temps.

Anne :

-                  La décision qu’ils prennent est sans repentance :

 « Lorsque ces Esprits furent précipités vers l’abîme, je vis apparaître, en bas, un disque de ténèbres qui me sembla devoir constituer leur séjour, et je compris que leur chute était irrémissible. Mais l’espace qu’ils occupaient à présent en bas était bien plus restreint que celui qu’ils avaient eu en partage en haut, si bien qu’ils m’apparaissaient étroitement serrés les uns contre les autres.[23] » 

Basile :

-                 Le lieu de leur damnation éternelle fut créé à l’instant de leur révolte. Les anges révoltés ont voulu prendre possession du royaume du ciel ; il est normal qu’ils aient un lieu qui leur soit propre[24], correspondant à leur nouvel état spirituel et de conscience. Ces événements se passèrent avant la création visible. C’est le monde de ténèbres, sans amour ni espérance. Un monde sans joie, constitué par les états de conscience. Les anges-démons conservent leurs qualités originelles, leurs dons ; le Créateur ne se repend pas de ce qu’Il donne.

Ils ont conçu de contrer le projet de Dieu, de le détruire pour empêcher l’Incarnation. Lucifer veut être adoré à la place de Dieu, c’est pourquoi il Le singe. Il lui faut cette gloire. Il veut un  fils à lui, l’inverse du Rédempteur, c’est l’Antéchrist ; et ce qui arrivera à cause de la malice de beaucoup parmi les hommes.

Il est regrettable qu’on n’accorde pas plus d’importance au rôle des anges-démons dans l’économie du salut, c’est une clef à incorporer dans notre réflexion pour comprendre l’attention que nous devons porter à l’usage que nous faisons de notre liberté.

Auguste :

-                 Dès que Dieu crée la Matière Primordiale, les démons s’y opposent. Ils veulent son échec. Ils n’ont pas le pouvoir de créer la vie, mais ils essayeront de s’y introduire, de Le dessaisir de sa création autant qu’il leur sera possible et que Dieu le voudra bien[25]. L’antimatière, les trous noirs, les univers doubles ou parallèles ont les démons pour auteurs. Ces univers, ces champs de forces ne sont que destructeurs[26], mais Dieu n’est pas destruction, il n’y a pas de mal en lui.

Les anges ont toutes les possibilités sauf celle qui est propre à Dieu, la vie ; ils ne peuvent insuffler l’animation. Les anges-démons ont leur création comme ils ont leurs églises.

Anne :

-                Selon A. C. Emmerich, les anges fidèles supplièrent Dieu de maintenir son projet :

«  Aussitôt après la chute, je vis les Esprits des cercles lumineux s’humilier devant le globe de la Divinité et demander avec soumission que ce qui était tombé fût de nouveau rétabli. […].J’eus cependant connaissance de ceci, qui est la déclaration de Dieu et son jugement éternel : tant que les Chœurs déchus ne seront pas rétablis quant au nombre, il y aura un combat. […] je n’ai plus été capable d’avoir la moindre pitié pour le diable car je l’ai vu se précipiter avec violence dans l’abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise.[27] » 

Ce passage semble dire que la création visible dont celle de l’homme serait due à la supplication des anges ; ce n’est pas vraisemblable. Qu’ils aient prié Dieu de ne pas renoncer à son projet sur lequel ils ont eu à lui exprimer leur adhésion, c’est certainement vrai. Mais on ne peut faire dépendre la création de l’homme de la seule nécessité de combler le vide laissé par les anges révoltés[28], car celle des anges est en vue de l’homme qui sera au-dessus d’eux par la grâce et les jugera. Que la fin des temps soit déterminée en partie par le nombre d’humains équivalent à celui des anges déchus c’est possible, mais il n’est pas recevable de croire que la création de l’homme soit explicitement en lien avec la chute des anges. Une telle proposition s’oppose à toute la tradition, elle n’est pas vraisemblable.

Elle ajoute ceci à la fin du chapitre sur les anges :

 « Après cette transformation intérieure, je n’ai plus été capable d’avoir la moindre pitié pour le diable, car je l’ai vu se précipiter avec violence dans l’abîme, dans le libre exercice de sa volonté mauvaise. Et je n’ai plus été aussi fâchée contre Adam, j’ai toujours pensé qu’il avait été prédestiné. [29] »

Père Édouard :

-                 Il y a un fait établi, au début de la vie spirituelle, nous ressentons des empressements de commisération envers toutes les créatures perdues, on les plaint[30]. C’est une tentation qui peut handicaper la vie spirituelle. En effet, nous tombons facilement sous la dictature des affects, des sensibleries désordonnées[31] et si nous n’y prenons garde, nous pouvons nous éloigner insensiblement de la sainte doctrine. Nous tombons dans un orgueil spirituel si fort qu’il nous fait  perdre le salut, car  la tentation  de juger l’acte de Dieu s’insinue en nous et peut nous amener à chercher la justification de nos faiblesses.

D’autre part, il y a danger à insulter les anges déchus qui demeurent des créatures de Dieu et méritent le respect[32]. C’est là une attitude exigeante, elle fait comprendre que la charité embrasse au-delà du temps et de l’espace. Le verbe est puissance en action, acte qui résonne dans tout l’univers[33].

Anne :

-                 La pitié envers les anges déchus est une nécessité non sur leur décision de rejeter Dieu, mais sur le sort qu’ils ont préféré, comme l’exprime l’expression populaire  c’est pitié à voir !  ; ce sentiment participe à la garde du cœur ; il nous alerte sur l’usage de notre liberté.

La seule prédestination d’Adam et Eve et de leur descendance est la vision béatifique. On peut considérer qu’à cause de la lutte éternelle entre Lucifer et Dieu, il soit un enjeu, et de ce point de vue, c’est lui qui a seul les clefs de son éternité. Adam a le dernier mot quant à sa délibération intérieure sur le bien et le mal ce qui est vrai pour tous les hommes. (à suivre…)


[1] Selon Rivarol la vocation de notre langue est de devenir  « la langue humaine » en raison de son admirable clarté.

[2] Occam est un religieux franciscain, philosophe ; il combattit la scolastique thomiste et proposa qu’on ne pouvait comprendre Dieu en dehors de la Révélation ; il empêcha le développement de la métaphysique, rejeta l’union de la raison et de la foi. Sa pensée hérétique contribua aux fondements du protestantisme ; il favorisa la mise au second plan de la recherche de la vérité et l’émergence des idéologies. Il est considéré comme le père de la pensée moderne. Il mourut sans repentance.

[3] Récemment, aux USA, un mouvement fondamentaliste protestant a gagné un procès qui autorise ou impose d’enseigner la théorie évolutionniste et le créationnisme ; on devrait s’en réjouir. Mais il y a une objection, elle vient de la déclaration des responsables créationnistes. Ils affirment leur intention de faire prévaloir l’autorité de la foi sur la science. C’est inacceptable et non conforme aux fondements raisonnables du mouvement anti-évolutionniste. Cette proclamation d’intention est substantiellement  une erreur condamnée par le Magistère et que l’on désigne par « fidéisme ». Le créationnisme consiste à proposer une théorie scientifique qui part du principe que Dieu est l’auteur de la Création et s’oppose donc à l’évolutionnisme substantielle. Elle affirme que chaque espèce est l’objet d’une création propre, ce que confirment les récentes découvertes scientifiques, mais elle reconnaît dans le génome une faculté d’adaptation qui ne change rien substantiellement à la nature du vivant, ce qui explique la multitude des races d’oiseaux et qu’à l’intérieur de celles-ci il y ait des diversités non-substantielles.

[4] Orientaliste, de nationalité Belge, ce savant soutenait une théorie originale et audacieuse qui se fonde sur la  découverte d’une erreur commise par Champollion quant à la traduction de la Pierre de Rosette ; il entreprit de retraduire l’Ancien Testament en considérant les mots et termes coptes que Champollion lui-même avait identifiés  et au sujet duquel il entretint le Pape Léon XII  qui l’encouragea à une nouvelle traduction de  l’Ancien Testament.

[5] Cette langue fut parlée jusqu’au VIe siècle de Lisbonne à Shanghai ; langue du commerce et qui permit l’évangélisation de la Chine, bien avant le bouddhisme  dès 62 après J.C.

[6] CEC n°328 : «L’existence des êtres spirituels, non-corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition. » 

[7] Som. Q.50 art.1

[8] A. C. Emmerich, Les mystères de l’Ancienne Alliance, La Création, sec. La chute des anges. 

[9] On estime le nombre des anges créés à trois mille milliards et qu’il en est tombé mille milliards ; sources mystiques. Padre Pio parlant des anges, qu’il connaissait bien, il disait de leur nombre  que  « mille d’entre eux tenaient sur une tête d’épingle. »

[10] Dieu est Acte Pur.

[11] Les esprits angéliques sont de purs esprits, ils ont donc la possibilité d’agir sur la matière puisque celle-ci est inférieure en qualité ; l’illustration de cette faculté est admirablement donnée dans l’épisode de la libération de saint Pierre jeté en prison à Jérusalem.

[12] Dieu seul est créateur ; aucun autre esprit ne l’est pour tous les univers visibles et invisibles. Il faut tordre le cou à cette redite erronée selon laquelle « Lucifer aurait siégé au sein de la Sainte Trinité, l’unique Dieu » C’est une absurdité tirée d’une mystique de sucrerie arrosée d’eau de roses pour âme pleurnicharde.

[13] Ibidem

[14] Som. T1, Q.n°59, la volonté des anges – art. 3 : «Seul, celui qui possède une intelligence peut agir par un jugement libre, car il connaît la raison universelle de bien, et à partir de là, il peut juger si ceci ou cela est bon. C’est pourquoi, en tout être où il y a l’intelligence, il y a aussi libre arbitre. Le libre arbitre se trouve donc chez l’ange, et d’une manière plus excellente que chez l’homme, comme il en est pour l’intelligence. » Salut.1 : « […] Certes, dans es anges, il y a choix ou élection ; mais l’ange n’a pas besoin de la recherche délibérative du conseil ; la saisie immédiate de la vérité lui suffit. »

[15] Le concept d’esclave de Dieu, de soumis est ambigu ; en effet, qu’il s’agisse des anges ou de l’homme, Dieu demande foi et obéissance dans un mouvement de totale liberté puisqu’Il nous veut ses amis. La foi chrétienne n’est pas une foi d’esclave et la foi juive qui, selon les périodes historiques de l’A. T., peut sembler l’être, ne l’est pas fondamentalement : la foi d’Abraham n’est pas une foi d’esclave, mais d’homme libre : « homme de grandeur ! » Les Pères du IIe C.V. ont souligné l’importance de reconnaître la liberté de conscience ; ils n’ont fait que mettre en relief ce qui avait été oublié dans l’Évangile, à aucun moment Jésus n’impose que l’on croie en Lui.

[16] Jn.6,67

[17] Ibidem

[18] « Je ne servirai pas ! »

[19] Dans une certaine mesure, on peut dire que les anges révoltés le furent par un amour orgueilleux et possessif  de Dieu ; ils projetèrent sur lui le contentement qu’ils avaient d’eux-mêmes.

[20] La kénose est cette disposition que décrit saint Paul : « Lui qui, subsistant en forme de Dieu, n’a pas estimé comme une usurpation d’être l’égal à Dieu, mais Il s’est anéanti, prenant forme d’esclave, devenant semblable aux hommes. Et par son aspect reconnu pour un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » Elle ne saurait se rapporter aux Trois Personnes de la Sainte Trinité, car Dieu est Dieu. « Kénose – du grec Kenosis, tiré de Kenos, vide, dépouillé,- ,Terme technique du langage théologique ayant pour origine l’expression grecque utilisée par saint Paul(Ph.2,7) pour signifier le dépouillement du Christ,[,,,] pour se faire homme, [,,,] De manière plus habituelle, et notamment dans la théologie catholique, la Kénose désigne le fait pour le Fils, tout en demeurant Dieu, d’avoir abandonné pour son Incarnation tous ceux des attributs de Dieu qui l’auraient empêché de vivre la condition ordinaire des hommes. » (Théo, p.683 – édit.1889) Proposer que Dieu puisse s’humilier n’a pas de sens, car Il n’a pas de supérieur à lui. L’humilité que l’on doit tenir envers un supérieur ou envers un inférieur est étroitement liée à Dieu, car c’est à Lui seul que revient toute gloire et action de grâce. »

[21] Ap. 12, 7-9 : « Et il y eut un combat dans le ciel, Michel et ses anges combattaient contre le dragon; et le dragon et ses anges combattaient ; mais ils ne purent vaincre, et leur place même ne se trouva plus dans le ciel.  Et il fût précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre, il fût précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

[22] Ibidem. A. C. Emmerich, sur certains points manifestement importants, semble préservée de l’influence culturelle de son temps, de son milieu et de l’imaginaire populaire. On retrouvera cet état spécifique dans d’autres révélations. Il y aurait un grand intérêt scientifique à faire l’exégèse de toutes ses visions qui pourrait être une référence pour aborder les autres révélations privées. Anne-Catherine reçut cette vision alors qu’elle était enfant : « Depuis que, petite enfant, j’avais vu cette chute des Esprits, ». La sobriété de ses relations, surtout concernant des sujets difficiles, dénotent une maturité intellectuelle qui n’est pas ordinaire de trouver chez une enfant. Il me paraît important de souligner que ces révélations privées sont un sérum mis à notre disposition pour lutter contre toutes les formes d’errances dans les domaines de la foi. On ne peut ignorer ce don du ciel qui n’ajoute rien à la Révélation, mais vient l’éclairer d’une singulière et admirable lumière. « Dieu est simple même dans les choses les plus complexes. »

[23] Ibidem.

[24] Le lieu dit des enfers, de la damnation, ne serait pas la Terre, mais un lieu extérieur à elle, un lieu spirituel, dont la géographie est constituée par les états de conscience propre à chaque damné et selon la nature du péché ; ce qui semble logique puisque le damné est celui qui se coupe de Dieu et de la société des hommes en fonction de la qualité de son péché. Le damné est celui qui use de sa liberté pour rejeter Dieu, pour rejeter la Miséricorde ; Dieu respecte cette décision.

[25] Lucifer est damné, mais à cause de la justice divine et de la liberté conférée à l’homme et de la possibilité qu’il a de se repentir de ses fautes, Dieu accorde pour le temps de l’homme, une certaine liberté aux anges déchus, celle-ci commence des leur exclusion de la Présence divine, et ils s’en prennent immédiatement à la Création visible.

[26]Au CERN, une expérience a été tentée après avoir découvert qu’il existe bien plus que 21 modes d’antimatière. Ils n’ont pu découvrir ces univers doubles que par des pratiques illicites faisant appel aux puissances infernales ; le savoir interdit ! Ils voulurent tenter d’intervenir dans ces champs d’antimatière afin d’en changer le comportement ; l’expérience échoua, non sans dégâts que l’on mit sur le compte d’une fuite d’hélium qui est utilisé pour le refroidissement. (Informations certaines, venant des acteurs eux-mêmes.)

Som. Quest. 49, art.1.rep.3-4 : « Le mal a une cause défectueuse de manière différente, suivant qu’il s’agit d’agents volontaires ou d’agent naturels. L’agent naturel agit d’après ce qu’il est, à moins d’un empêchement extérieur, et cela même est chez lui une sorte de défaut. […]Ce défaut n’est pas une faute ; mais la faute vient de ce que le sujet opère avec un tel défaut. Le mal n’a pas de cause en soi, mais seulement par accident, on vient de le dire.» Cf.2 : « La déficience de l’action volontaire n’a pas de contrepartie ; elle ne saurait être justifiée, sa malice est inexcusable. »

[27] Ibidem. C’est d’une extraordinaire candeur, naïveté, mais tout à fait conforme aux instruments que Dieu se choisis.

[28] L’origine de cette proposition semble venir des écrits apocryphes, elle ne peut être retenue comme une donnée de foi venant de la Tradition ; ici nous avons à affaire à un apport de la culture ambiante.

[29] Ibidem.

[30] Denzinger : Anathématismes contre Origène – Concile de Constantinople – (n°409-7et411-9) : « Si quelqu’un dit ou tient que le Christ Seigneur sera dans le siècle à venir crucifié pour les démons, comme pour les hommes, qu’il soit anathème. – Si quelqu’un dit ou pense que le châtiment des démons  et des impies est temporaire, et qu’il prendra fin après un certain temps, ou bien qu’il y aura restauration des démons et des impies, qu’il soit anathème. »

[31] On trouve, malheureusement, cet état spirituel dans des courants où du Renouveau charismatique et dans la société en général tant celle-ci se trouve dans un profond désordre dû au rejet de la vérité raisonnable et à l’abandon de la morale naturelle.

[32] Lors d’une de ses apparitions, la Vierge Marie recommanda aux voyants de ne pas insulter Lucifer qui venait de se manifester à eux, les effrayant, c’est tout ce qu’il peut faire pour le juste.

[33] La parole est plus puissante que l’écrit ; la parole de l’homme se mesure à l’aune de la Parole du Verbe.

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